> […] un billet (a été, ndlr) publié par son créateur, soulignant que la crise économique créée par la pandémie allait provoquer une augmentation des vols, ce qui rendait nécessaire pour les magasins de s’équiper de son logiciel.
> […] Au-delà du discours marketing sordide, le dispositif est clairement illégal.
> […] La Quadrature du Net n’est d’ailleurs pas la seule à souligner l’illégalité du système. La CNIL le redit clairement […] quand elle souligne que les caméras de Veesion « devraient être encadrées par un texte ». Or ce texte n’existe pas.
> […] Veesion est d’ailleurs tout à fait au courant de cette illégalité. Cela ressort explicitement de sa réponse à une consultation de la CNIL obtenu par LQDN où Veesion s’alarme de l’interprétation du RGPD par la CNIL qui pourrait menacer « 500 emplois en France » .
> Plus surprenant, le gouvernement a lui aussi reconnu l’illégalité du dispositif. Selon nos informations, dans le cadre d’une réunion avec des professionnels du secteur, une personne représentant le ministère de l’Intérieur a explicitement reconnu que la vidéosurveillance algorithmique dans les supermarchés était interdite.
> […] Tout cela ne semble pas gêner l’entreprise. Sur leur site, ils annoncent équiper plus de 2500 commerçants, dans 25 pays. Et selon les informations de Streetpress, les clients en France sont notamment Leclerc, Carrefour, G20, Système U, Biocoop, Kiabi ou encore la Fnac.
J’ai été sur le site de Veesion pour voir ce qu’il proposait et, *en l’état*, ça ne paraît pas contraire à la RGPD (nb : j’ai faits les 2h d’autoformation RGPD de ma boite, je suis donc expert 😉 ) :
Le logiciel analyse les gestes et comportement (donc pas biométriques) d’une personne pour détecter l’action de voler, comme le ferait un opérateur humain, et prévient les vigiles ensuite pour intercepter la personne.
Nulle part, il est dit qu’ils collectent des donnés biométriques (taille, sexe, reconnaissance faciale), ni qu’ils en stockent, ce qui serait la illegal. Ou qu’ils les croisent avec le système de caisses pour récupérer des identités (cartes bancaires, cheques’ etc.), ce qui serait encore plus illégal.
Ça pourrait servir aussi à analyser de manière anonymisée les parcours des clients dans les rayons pour le marketing (bon, ils font ça déjà d’une manière ou d’une autre).
2 comments
> La surveillance biométrique de l’espace public ne cesse de s’accroître.
> […] L’une des entreprises les plus en vue sur le sujet, c’est Veesion, une start-up française dont on parlait déjà il y a deux ans ([ici](https://www.laquadrature.net/2021/05/31/videosurveillance-biometrique-dans-nos-supermarches/)) et qui vient de faire l’objet d’un article de [Streetpress](https://www.streetpress.com/sujet/1687789862-leclerc-fnac-biocoop-commerces-videosurveillance-intelligence-artificielle-illegal).
> […] un billet (a été, ndlr) publié par son créateur, soulignant que la crise économique créée par la pandémie allait provoquer une augmentation des vols, ce qui rendait nécessaire pour les magasins de s’équiper de son logiciel.
> […] Au-delà du discours marketing sordide, le dispositif est clairement illégal.
> […] La Quadrature du Net n’est d’ailleurs pas la seule à souligner l’illégalité du système. La CNIL le redit clairement […] quand elle souligne que les caméras de Veesion « devraient être encadrées par un texte ». Or ce texte n’existe pas.
> […] Veesion est d’ailleurs tout à fait au courant de cette illégalité. Cela ressort explicitement de sa réponse à une consultation de la CNIL obtenu par LQDN où Veesion s’alarme de l’interprétation du RGPD par la CNIL qui pourrait menacer « 500 emplois en France » .
> Plus surprenant, le gouvernement a lui aussi reconnu l’illégalité du dispositif. Selon nos informations, dans le cadre d’une réunion avec des professionnels du secteur, une personne représentant le ministère de l’Intérieur a explicitement reconnu que la vidéosurveillance algorithmique dans les supermarchés était interdite.
> […] Tout cela ne semble pas gêner l’entreprise. Sur leur site, ils annoncent équiper plus de 2500 commerçants, dans 25 pays. Et selon les informations de Streetpress, les clients en France sont notamment Leclerc, Carrefour, G20, Système U, Biocoop, Kiabi ou encore la Fnac.
J’ai été sur le site de Veesion pour voir ce qu’il proposait et, *en l’état*, ça ne paraît pas contraire à la RGPD (nb : j’ai faits les 2h d’autoformation RGPD de ma boite, je suis donc expert 😉 ) :
Le logiciel analyse les gestes et comportement (donc pas biométriques) d’une personne pour détecter l’action de voler, comme le ferait un opérateur humain, et prévient les vigiles ensuite pour intercepter la personne.
Nulle part, il est dit qu’ils collectent des donnés biométriques (taille, sexe, reconnaissance faciale), ni qu’ils en stockent, ce qui serait la illegal. Ou qu’ils les croisent avec le système de caisses pour récupérer des identités (cartes bancaires, cheques’ etc.), ce qui serait encore plus illégal.
Ça pourrait servir aussi à analyser de manière anonymisée les parcours des clients dans les rayons pour le marketing (bon, ils font ça déjà d’une manière ou d’une autre).