Le Figaro donne la parole à un raciste, quelle surprise
**ENTRETIEN EXCLUSIF – Après les émeutes, «le pronostic vital du pays est engagé», affirme l’ancien directeur général de la DGSE au Figaro Magazine.**
Pierre Brochand a été directeur général de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) de 2002 à 2008, ainsi qu’ambassadeur de France, notamment en Hongrie et en Israël. Sa parole est extrêmement rare dans les médias. En exclusivité pour Le Figaro Magazine, il livre son regard sur les émeutes, un moment charnière de notre histoire.
Selon lui, nous vivons la révolte contre l’État national français d’une partie significative de la jeunesse d’origine extra-européenne présente sur son territoire. Cette explosion est le résultat de décennies d’aveuglement et de propagande envers une immigration de peuplement dont on n’a jamais mesuré les conséquences. Il analyse le cocktail fatal que devait constituer la rencontre entre une société des individus fondée sur l’ouverture et la démocratie et l’arrivée de diasporas entières au bagage culturel totalement différent. Est-il trop tard?
Auteur d’une intervention remarquée à l’Amicale gaulliste du Sénat, l’ancien directeur de la DGSE – qui est intervenu lors d’un colloque de la Fondation Res Publica sur le thème: «Pour une véritable politique de l’immigration» – invite à ne pas commettre les mêmes erreurs que par le passé et livre ses pistes pour sortir de cette crise inédite dans l’histoire de la France.
**LE FIGARO MAGAZINE. – Dans votre intervention au Sénat en novembre 2022, vous évoquiez plusieurs scénarios provoqués par l’immigration incontrôlée qui sévit dans notre pays depuis des années: interdiction, absorption, négociation, séparation, affrontement. Les émeutes qui se sont produites pendant cinq jours montrent-elles selon vous que c’est le scénario de l’affrontement qui domine?**
**Pierre BROCHAND.** – Au vu de ce qui s’est passé ces jours derniers, j’aurais du mal à vous contredire. Je voudrais aussi indiquer d’entrée de jeu que je n’ai pas l’habitude de commenter l’actualité à chaud, source d’erreurs ou d’à-peu-près. Mais quand les circonstances imposent à l’esprit un événement charnière de cette envergure, il est difficile de résister à la tentation.
Pour en revenir à «l’affrontement», il survient inéluctablement lorsque tout le reste est abandonné, inopérant, dépassé. Car, vous l’avez rappelé, quand un groupe humain cherche à s’installer chez un autre, il n’y a que cinq possibilités. Reprenons-les brièvement, afin de remonter la chaîne des causes qui conduit à nos malheurs d’aujourd’hui.
«L’interdiction», à savoir la fermeture des frontières au nom du principe de précaution (la voie polonaise), n’a jamais été sérieusement envisagée chez nous, les frères jumeaux de l’humanisme et de l’économisme se donnant la main pour y veiller.
De même, l’«assimilation» a été rapidement abandonnée, sans tambour ni trompette, par renoncement à nous-mêmes, mais aussi nécessité, face à des flux trop massifs pour qu’elle puisse fonctionner.
D’où l’enthousiasme pour «l’intégration», sorte de compromis miracle, d’inspiration anglo-saxonne, où chacun fait un pas vers l’autre, tout en gardant son quant-à-soi. Force est de reconnaître que cette démarche n’a que médiocrement réussi en France. D’une part, et à l’inverse de l’assimilation, le contrat minimal qui la sous-tend – «respect des lois» contre «emploi» – fait peser l’essentiel de l’effort sur le pays d’accueil, en matière de débours financiers comme d’entorses à ses principes (mérite et laïcité). D’autre part, l’accès au travail ne peut être que limité, pour des immigrants à très faible qualification et qui, parfois, s’auto-excluent du marché pour des raisons qui leur sont propres. De sorte que les «intégrés», certes plus nombreux que les «assimilés», ne sont pas pour autant majoritaires.
La «séparation» n’est que le résultat de ce bilan insatisfaisant. Ce qui n’est guère surprenant, puisque la partition est la pente naturelle de toute société «multi», où chacun vote avec ses pieds et se recroqueville auprès des siens. Je ne connais pas d’exception à cette règle d’airain, en particulier quand les appartenances relèvent de civilisations différentes. Règle qui se borne, d’ailleurs, à acter l’effondrement de la confiance sociale, proportionnel à la «diversité» ambiante.
C’est ainsi que se constituent les «diasporas», noyaux durs, ni assimilés, ni intégrés, à tendance non coopérative, véritables poches du tiers-monde, où se développe une double dynamique de dissidence, sans corde de rappel. D’un côté, la pression sociale que génèrent ces entités, en faveur des mœurs, croyances et modes de vie d’origine, les écarte de plus en plus de ceux du pays d’accueil: d’où un phénomène de divergence générationnelle, jamais vu auparavant, mais que les troubles actuels valident sans discussion. D’un autre côté, ces enclaves ne cessent de s’auto-engendrer, en «boule de neige», grâce à un taux d’accroissement naturel élevé et un engrenage d’aspiration juridique par le biais, entre autres, du regroupement familial.
Cette marche vers la sécession a tétanisé nos élites, qui en ont vite perçu le potentiel explosif. Mais, au lieu de la bloquer, puis de mener une stratégie patiente de roll back, elles se sont contentées d’un containment à court terme, à coups de subventions et reniements clientélistes, enrobés dans un discours fumeux de dénégation ou d’euphémisation, visant à acheter la paix sociale au jour le jour.
Mais tant va la cruche à l’eau qu’elle se casse. Quand les diasporas, en gonflant démesurément (au bas mot 5 millions d’admissions supplémentaires depuis 2005), atteignent une masse critique qui les rend confusément conscientes de leur force irrésistible, quand les compromissions et les concessions unilatérales deviennent autant d’aveux de faiblesse appelant à la transgression, quand ces contre-sociétés portent l’audace à s’ériger en souverainetés concurrentes sur un même espace «un et indivisible», eh bien, le couvercle de la Cocotte-Minute finit par sauter, dès que l’occasion se présente.
En 2005, une première éruption en chaîne avait servi d’avertissement. Hors la tentative d’apaisement budgétaire par la «politique de la ville», il n’en a été tenu aucun compte. Le déchaînement des jours derniers, d’une tout autre envergure, n’est que l’aboutissement de cet aveuglement.
**Qu’est-ce qui vous semble différent par rapport au scénario de 2005?**
Je veux être honnête avec vos lecteurs. Je ne possède aucune information qu’ils n’ont pas. Je m’efforce seulement d’analyser les choses, selon deux principes très simples: d’une part, les causes entraînent des conséquences («ce qui doit arriver arrive»), d’autre part, le seul critère décisif pour évaluer une situation de conflit est le rapport de force. Il n’est pas inutile de rappeler, d’abord, que des émeutes isolées sont monnaie courante depuis quarante ans, aux quatre coins du pays, sous l’étiquette technocratique de «violences urbaines». Au point que plus personne ne leur prête attention, comme si elles faisaient partie du paysage. Erreur fatale.
L’embrasement de 2005 nous a enseigné qu’il suffisait d’une étincelle pour mettre le feu à la plaine. On a donc retrouvé ces jours-ci plusieurs traits de ce qui s’est passé il y a dix-huit ans.
Même démarrage, consécutif à une présumée «bavure» policière. Même violence polymorphe à triple finalité: «métapolitique» (contre tout ce qui représente la France et son État), utilitaire (pillages d’envergure), gratuite (vandalisme nihiliste). Mêmes auteurs quasi-exclusifs: les jeunes hommes de banlieue, où ils font régner la loi du plus fort. Même ressemblance apparente avec les flambées racialisées des «ghettos» américains. Même prédilection pour la nuit, à l’instar de toutes les guérillas du monde. Même cadre exclusivement urbain.
Même restriction, de part et d’autre, quant à l’usage des armes les plus létales, à la différence, cette fois, des États-Unis. Mais, aussi, même impuissance des forces de l’ordre, pourtant mobilisées à leur maximum, à calmer une mer démontée. On veut également croire au caractère pareillement spontané de cette explosion «façon puzzle», sans coordinateur national, ni encadrement militant: on ne discerne toujours pas de comité central, de «shura» islamique ou de syndicat de dealers, à la manœuvre derrière les «casseurs». On ne discerne pas non plus l’émergence d’un mouvement ayant le retentissement et la pérennité de «Black Lives Matter», la tentative de récupération initiale par le clan Traoré relevant de la parodie.
Mais, au-delà de ces similitudes avec le passé, les différences sont éclatantes et vont toutes dans le sens d’une exceptionnelle aggravation de «quantité», mais aussi de «qualité».
En termes d’amplitude, les statistiques officielles donnent à penser – aux historiens de le vérifier – que rien de comparable ne s’est produit dans les villes françaises depuis la Révolution de 1789 ou, au minimum, les semaines ayant suivi la Libération. En particulier, on ne peut être qu’effaré par l’extraordinaire prolifération de la dimension délinquante, sorte de jaillissement paroxystique de la surcriminalité endémique des diasporas. Malheureusement, ces informations taisent le nombre de protagonistes, que l’on peut évaluer très approximativement entre 100.000 et 200.000 personnes (en appliquant le ratio optimiste de 1 % aux effectifs appréhendés chaque nuit). Estimation au doigt mouillé, mais qui permet, au moins, de mettre en doute le cliché rassurant de «l’infime minorité».
Ah tiens c est Pierre Brochand le con dans Le Dîner de Cons 2?
Il est méchant
Monsieur Brochand
Il est mignon
Monsieur Pignon
“immigration de peuplement massive”, pour éviter de balancer un “grand remplacement” qui a un peu moins la côte ces jours ci.
Une supercherie évidemment acceptable pour le figaro.
>Tout dépend, en réalité, de ce que l’on entend par «être membre de l’équipe» d’Eric Zemmour. Pierre Brochand a ainsi bien été cité, par plusieurs de nos confrères, comme ayant conseillé Eric Zemmour pour la présidentielle de 2022. Dans un [article publié le 2 décembre 2021 sur le site d’Europe 1](https://www.europe1.fr/politique/ambassadeurs-hauts-fonctionnaires-qui-est-derriere-eric-zemmour-4080131), l’ancien journaliste Victor Chabert ([aujourd’hui porte-parole de Marine Le Pen](aujourd’hui porte-parole de Marine Le Pen)) incluait explicitement Pierre Brochand dans «l’équipe» du candidat d’extrême droite, écrivant ainsi : «Dans cette équipe qui travaille pour Eric Zemmour, il y a des ambassadeurs en exercice et des diplomates soumis à un devoir de réserve très strict. Ils ne veulent pas que l’on connaisse leur nom pour ne pas être sanctionnés. D’autres contributeurs, eux, ne sont pas exposés parce qu’ils sont à la retraite. C’est le cas du général de la Chesnais, général quatre étoiles et ancien numéro deux de l’armée de terre [qui deviendra son directeur de campagne], ou de Pierre Brochand, ancien patron de la DGSE. Cette équipe a déjà produit des propositions concrètes : 75 à 80 depuis le début de la tournée littéraire d’Eric Zemmour».
Cette manière de dire *jeunesse extra-européene* pour pas dire les jeunes arabes et noirs frisent légèrement le gros facho de ses morts.
Une parole claire et courageuse, c’est agréable. Espérons que nos dirigeants aient ce courage politique.
Oh, une grosse merde.
On donne la parole à des racistes et adeptes du grand-remplacement maintenant sur r/france ?
Parce que là, c’est pas n’importe quel facho ni contenu, c’est une tribune d’un théoricien complotiste, c’est bof
Je pense que le déferlement d’accusations de racisme dès que quelqu’un évoque des problèmes liés à l’immigration afin de complètement ignorer et disqualifier son discours ( comme on le voit sur ce fil ) est un sérieux problème.
*il pleut*
La droite : le grand remplacement !
Un homme raciste par obligation, c’est pas facile pour lui…
Vous comprenez mieux maintenant, quand on vous parle de racisme d’État ?
La DGSE conseille l’exécutif, elle décide en grande partie de l’implémentation concrète de la politique française et parfois même de l’orientation globale pour certaines question.
Le figaro. Incapable de remettre en question l’acapparement des ressources par une infime poignée de la population
[removed]
C’est tellement simple… d’oublier qu’il y a un monde des des histoires autour de nous et des phénomènes qui touchent nos sociétés.
Oui il y a eu une immigration “massive” ces 80 dernières années.
D’abord les Portugais, puis les les Algériens, puis différents réfugiés…
C’est un phénomène naturel qui existe depuis aussi longtemps que l’Homme est devenu sédentaire : les peuples bougent toujours. Pikachu face.
La France a eu des colonies et a créé des les liens culturels et de sangs avec l’Afrique, pour le meilleur et pour le pire.
Si nous en sommes là aujourd’hui au niveau de l’immigration c’est grâce ou cause diraient certains, de notre histoire. La France d’aujourd’hui c’est notre héritage.
En revanche la misère sociale et l’impossibilité pour nos institutions de traiter nos concitoyens de manière égale se voit. Et certains en plus de se sentir citoyens de seconde zone sont les cibles toutes désignées de tous les mots de notre nation. Ils n’ont strictement aucune raison de suivre les règles et on s’étonne qu’ils prennent une revanche sur une vie qui leur est inaccessible, interdite.
Quelle bande de blaireaux. Tout ça pour faire vivre la droite.
Sidéré par le nombre de bas votes qui fusent sur les com qui dénoncent le biais légèrement extrême droitiste de ce Mr Brochand.
Ya une vague de soldats en chaussures avec fermeture éclair qui se trimballe sur le sous.
J’émets juste une hypothèse, comme ça, mais le discours de rejet hors de la société, largement majoritaire dans la politique française et peut-être aussi dans la population (en tout cas ce fût longtemps le cas), des minorités ethniques d’origine étrangère, tout spécialement lorsque les populations d’origines sont à majorité musulmane, a amené les membres de ces populations nés en France à fonder une société mineure parallèle après les premières générations des années 1950/1960. Quand aux immigrés plus récents, pourquoi auraient ils besoin de s’intégrer à la société française s’il peuvent déjà trouver dans cette société parallèle quelque chose de familier qui remlit les besoins de communauté ?
Donc les problèmes d’aujourd’hui sont le résultat du racisme systémique d’hier. Racisme systémique qui se poursuit (cf. les propos du monsieur).
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Le Figaro donne la parole à un raciste, quelle surprise
**ENTRETIEN EXCLUSIF – Après les émeutes, «le pronostic vital du pays est engagé», affirme l’ancien directeur général de la DGSE au Figaro Magazine.**
Pierre Brochand a été directeur général de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) de 2002 à 2008, ainsi qu’ambassadeur de France, notamment en Hongrie et en Israël. Sa parole est extrêmement rare dans les médias. En exclusivité pour Le Figaro Magazine, il livre son regard sur les émeutes, un moment charnière de notre histoire.
Selon lui, nous vivons la révolte contre l’État national français d’une partie significative de la jeunesse d’origine extra-européenne présente sur son territoire. Cette explosion est le résultat de décennies d’aveuglement et de propagande envers une immigration de peuplement dont on n’a jamais mesuré les conséquences. Il analyse le cocktail fatal que devait constituer la rencontre entre une société des individus fondée sur l’ouverture et la démocratie et l’arrivée de diasporas entières au bagage culturel totalement différent. Est-il trop tard?
Auteur d’une intervention remarquée à l’Amicale gaulliste du Sénat, l’ancien directeur de la DGSE – qui est intervenu lors d’un colloque de la Fondation Res Publica sur le thème: «Pour une véritable politique de l’immigration» – invite à ne pas commettre les mêmes erreurs que par le passé et livre ses pistes pour sortir de cette crise inédite dans l’histoire de la France.
**LE FIGARO MAGAZINE. – Dans votre intervention au Sénat en novembre 2022, vous évoquiez plusieurs scénarios provoqués par l’immigration incontrôlée qui sévit dans notre pays depuis des années: interdiction, absorption, négociation, séparation, affrontement. Les émeutes qui se sont produites pendant cinq jours montrent-elles selon vous que c’est le scénario de l’affrontement qui domine?**
**Pierre BROCHAND.** – Au vu de ce qui s’est passé ces jours derniers, j’aurais du mal à vous contredire. Je voudrais aussi indiquer d’entrée de jeu que je n’ai pas l’habitude de commenter l’actualité à chaud, source d’erreurs ou d’à-peu-près. Mais quand les circonstances imposent à l’esprit un événement charnière de cette envergure, il est difficile de résister à la tentation.
Pour en revenir à «l’affrontement», il survient inéluctablement lorsque tout le reste est abandonné, inopérant, dépassé. Car, vous l’avez rappelé, quand un groupe humain cherche à s’installer chez un autre, il n’y a que cinq possibilités. Reprenons-les brièvement, afin de remonter la chaîne des causes qui conduit à nos malheurs d’aujourd’hui.
«L’interdiction», à savoir la fermeture des frontières au nom du principe de précaution (la voie polonaise), n’a jamais été sérieusement envisagée chez nous, les frères jumeaux de l’humanisme et de l’économisme se donnant la main pour y veiller.
De même, l’«assimilation» a été rapidement abandonnée, sans tambour ni trompette, par renoncement à nous-mêmes, mais aussi nécessité, face à des flux trop massifs pour qu’elle puisse fonctionner.
D’où l’enthousiasme pour «l’intégration», sorte de compromis miracle, d’inspiration anglo-saxonne, où chacun fait un pas vers l’autre, tout en gardant son quant-à-soi. Force est de reconnaître que cette démarche n’a que médiocrement réussi en France. D’une part, et à l’inverse de l’assimilation, le contrat minimal qui la sous-tend – «respect des lois» contre «emploi» – fait peser l’essentiel de l’effort sur le pays d’accueil, en matière de débours financiers comme d’entorses à ses principes (mérite et laïcité). D’autre part, l’accès au travail ne peut être que limité, pour des immigrants à très faible qualification et qui, parfois, s’auto-excluent du marché pour des raisons qui leur sont propres. De sorte que les «intégrés», certes plus nombreux que les «assimilés», ne sont pas pour autant majoritaires.
La «séparation» n’est que le résultat de ce bilan insatisfaisant. Ce qui n’est guère surprenant, puisque la partition est la pente naturelle de toute société «multi», où chacun vote avec ses pieds et se recroqueville auprès des siens. Je ne connais pas d’exception à cette règle d’airain, en particulier quand les appartenances relèvent de civilisations différentes. Règle qui se borne, d’ailleurs, à acter l’effondrement de la confiance sociale, proportionnel à la «diversité» ambiante.
C’est ainsi que se constituent les «diasporas», noyaux durs, ni assimilés, ni intégrés, à tendance non coopérative, véritables poches du tiers-monde, où se développe une double dynamique de dissidence, sans corde de rappel. D’un côté, la pression sociale que génèrent ces entités, en faveur des mœurs, croyances et modes de vie d’origine, les écarte de plus en plus de ceux du pays d’accueil: d’où un phénomène de divergence générationnelle, jamais vu auparavant, mais que les troubles actuels valident sans discussion. D’un autre côté, ces enclaves ne cessent de s’auto-engendrer, en «boule de neige», grâce à un taux d’accroissement naturel élevé et un engrenage d’aspiration juridique par le biais, entre autres, du regroupement familial.
Cette marche vers la sécession a tétanisé nos élites, qui en ont vite perçu le potentiel explosif. Mais, au lieu de la bloquer, puis de mener une stratégie patiente de roll back, elles se sont contentées d’un containment à court terme, à coups de subventions et reniements clientélistes, enrobés dans un discours fumeux de dénégation ou d’euphémisation, visant à acheter la paix sociale au jour le jour.
Mais tant va la cruche à l’eau qu’elle se casse. Quand les diasporas, en gonflant démesurément (au bas mot 5 millions d’admissions supplémentaires depuis 2005), atteignent une masse critique qui les rend confusément conscientes de leur force irrésistible, quand les compromissions et les concessions unilatérales deviennent autant d’aveux de faiblesse appelant à la transgression, quand ces contre-sociétés portent l’audace à s’ériger en souverainetés concurrentes sur un même espace «un et indivisible», eh bien, le couvercle de la Cocotte-Minute finit par sauter, dès que l’occasion se présente.
En 2005, une première éruption en chaîne avait servi d’avertissement. Hors la tentative d’apaisement budgétaire par la «politique de la ville», il n’en a été tenu aucun compte. Le déchaînement des jours derniers, d’une tout autre envergure, n’est que l’aboutissement de cet aveuglement.
**Qu’est-ce qui vous semble différent par rapport au scénario de 2005?**
Je veux être honnête avec vos lecteurs. Je ne possède aucune information qu’ils n’ont pas. Je m’efforce seulement d’analyser les choses, selon deux principes très simples: d’une part, les causes entraînent des conséquences («ce qui doit arriver arrive»), d’autre part, le seul critère décisif pour évaluer une situation de conflit est le rapport de force. Il n’est pas inutile de rappeler, d’abord, que des émeutes isolées sont monnaie courante depuis quarante ans, aux quatre coins du pays, sous l’étiquette technocratique de «violences urbaines». Au point que plus personne ne leur prête attention, comme si elles faisaient partie du paysage. Erreur fatale.
L’embrasement de 2005 nous a enseigné qu’il suffisait d’une étincelle pour mettre le feu à la plaine. On a donc retrouvé ces jours-ci plusieurs traits de ce qui s’est passé il y a dix-huit ans.
Même démarrage, consécutif à une présumée «bavure» policière. Même violence polymorphe à triple finalité: «métapolitique» (contre tout ce qui représente la France et son État), utilitaire (pillages d’envergure), gratuite (vandalisme nihiliste). Mêmes auteurs quasi-exclusifs: les jeunes hommes de banlieue, où ils font régner la loi du plus fort. Même ressemblance apparente avec les flambées racialisées des «ghettos» américains. Même prédilection pour la nuit, à l’instar de toutes les guérillas du monde. Même cadre exclusivement urbain.
Même restriction, de part et d’autre, quant à l’usage des armes les plus létales, à la différence, cette fois, des États-Unis. Mais, aussi, même impuissance des forces de l’ordre, pourtant mobilisées à leur maximum, à calmer une mer démontée. On veut également croire au caractère pareillement spontané de cette explosion «façon puzzle», sans coordinateur national, ni encadrement militant: on ne discerne toujours pas de comité central, de «shura» islamique ou de syndicat de dealers, à la manœuvre derrière les «casseurs». On ne discerne pas non plus l’émergence d’un mouvement ayant le retentissement et la pérennité de «Black Lives Matter», la tentative de récupération initiale par le clan Traoré relevant de la parodie.
Mais, au-delà de ces similitudes avec le passé, les différences sont éclatantes et vont toutes dans le sens d’une exceptionnelle aggravation de «quantité», mais aussi de «qualité».
En termes d’amplitude, les statistiques officielles donnent à penser – aux historiens de le vérifier – que rien de comparable ne s’est produit dans les villes françaises depuis la Révolution de 1789 ou, au minimum, les semaines ayant suivi la Libération. En particulier, on ne peut être qu’effaré par l’extraordinaire prolifération de la dimension délinquante, sorte de jaillissement paroxystique de la surcriminalité endémique des diasporas. Malheureusement, ces informations taisent le nombre de protagonistes, que l’on peut évaluer très approximativement entre 100.000 et 200.000 personnes (en appliquant le ratio optimiste de 1 % aux effectifs appréhendés chaque nuit). Estimation au doigt mouillé, mais qui permet, au moins, de mettre en doute le cliché rassurant de «l’infime minorité».
Ah tiens c est Pierre Brochand le con dans Le Dîner de Cons 2?
Il est méchant
Monsieur Brochand
Il est mignon
Monsieur Pignon
“immigration de peuplement massive”, pour éviter de balancer un “grand remplacement” qui a un peu moins la côte ces jours ci.
Une supercherie évidemment acceptable pour le figaro.
[Pierre Brochand, auteur d’une violente tribune anti-immigration dans «le Figaro», était-il «membre de l’équipe d’Eric Zemmour» ?](https://www.liberation.fr/checknews/pierre-brochand-auteur-dune-violente-tribune-anti-immigration-dans-le-figaro-etait-il-membre-de-lequipe-deric-zemmour-20221209_6PLCLAGWPFBCNAR46TIAYI37ZU/)
>Tout dépend, en réalité, de ce que l’on entend par «être membre de l’équipe» d’Eric Zemmour. Pierre Brochand a ainsi bien été cité, par plusieurs de nos confrères, comme ayant conseillé Eric Zemmour pour la présidentielle de 2022. Dans un [article publié le 2 décembre 2021 sur le site d’Europe 1](https://www.europe1.fr/politique/ambassadeurs-hauts-fonctionnaires-qui-est-derriere-eric-zemmour-4080131), l’ancien journaliste Victor Chabert ([aujourd’hui porte-parole de Marine Le Pen](aujourd’hui porte-parole de Marine Le Pen)) incluait explicitement Pierre Brochand dans «l’équipe» du candidat d’extrême droite, écrivant ainsi : «Dans cette équipe qui travaille pour Eric Zemmour, il y a des ambassadeurs en exercice et des diplomates soumis à un devoir de réserve très strict. Ils ne veulent pas que l’on connaisse leur nom pour ne pas être sanctionnés. D’autres contributeurs, eux, ne sont pas exposés parce qu’ils sont à la retraite. C’est le cas du général de la Chesnais, général quatre étoiles et ancien numéro deux de l’armée de terre [qui deviendra son directeur de campagne], ou de Pierre Brochand, ancien patron de la DGSE. Cette équipe a déjà produit des propositions concrètes : 75 à 80 depuis le début de la tournée littéraire d’Eric Zemmour».
Cette manière de dire *jeunesse extra-européene* pour pas dire les jeunes arabes et noirs frisent légèrement le gros facho de ses morts.
Une parole claire et courageuse, c’est agréable. Espérons que nos dirigeants aient ce courage politique.
Oh, une grosse merde.
On donne la parole à des racistes et adeptes du grand-remplacement maintenant sur r/france ?
Parce que là, c’est pas n’importe quel facho ni contenu, c’est une tribune d’un théoricien complotiste, c’est bof
Je pense que le déferlement d’accusations de racisme dès que quelqu’un évoque des problèmes liés à l’immigration afin de complètement ignorer et disqualifier son discours ( comme on le voit sur ce fil ) est un sérieux problème.
*il pleut*
La droite : le grand remplacement !
Un homme raciste par obligation, c’est pas facile pour lui…
Vous comprenez mieux maintenant, quand on vous parle de racisme d’État ?
La DGSE conseille l’exécutif, elle décide en grande partie de l’implémentation concrète de la politique française et parfois même de l’orientation globale pour certaines question.
Le figaro. Incapable de remettre en question l’acapparement des ressources par une infime poignée de la population
[removed]
C’est tellement simple… d’oublier qu’il y a un monde des des histoires autour de nous et des phénomènes qui touchent nos sociétés.
Oui il y a eu une immigration “massive” ces 80 dernières années.
D’abord les Portugais, puis les les Algériens, puis différents réfugiés…
C’est un phénomène naturel qui existe depuis aussi longtemps que l’Homme est devenu sédentaire : les peuples bougent toujours. Pikachu face.
La France a eu des colonies et a créé des les liens culturels et de sangs avec l’Afrique, pour le meilleur et pour le pire.
Si nous en sommes là aujourd’hui au niveau de l’immigration c’est grâce ou cause diraient certains, de notre histoire. La France d’aujourd’hui c’est notre héritage.
En revanche la misère sociale et l’impossibilité pour nos institutions de traiter nos concitoyens de manière égale se voit. Et certains en plus de se sentir citoyens de seconde zone sont les cibles toutes désignées de tous les mots de notre nation. Ils n’ont strictement aucune raison de suivre les règles et on s’étonne qu’ils prennent une revanche sur une vie qui leur est inaccessible, interdite.
Quelle bande de blaireaux. Tout ça pour faire vivre la droite.
Sidéré par le nombre de bas votes qui fusent sur les com qui dénoncent le biais légèrement extrême droitiste de ce Mr Brochand.
Ya une vague de soldats en chaussures avec fermeture éclair qui se trimballe sur le sous.
J’émets juste une hypothèse, comme ça, mais le discours de rejet hors de la société, largement majoritaire dans la politique française et peut-être aussi dans la population (en tout cas ce fût longtemps le cas), des minorités ethniques d’origine étrangère, tout spécialement lorsque les populations d’origines sont à majorité musulmane, a amené les membres de ces populations nés en France à fonder une société mineure parallèle après les premières générations des années 1950/1960. Quand aux immigrés plus récents, pourquoi auraient ils besoin de s’intégrer à la société française s’il peuvent déjà trouver dans cette société parallèle quelque chose de familier qui remlit les besoins de communauté ?
Donc les problèmes d’aujourd’hui sont le résultat du racisme systémique d’hier. Racisme systémique qui se poursuit (cf. les propos du monsieur).