La SNCF prévoit un milliard d’euros pour produire de l’énergie solaire

by gguigs

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  1. La SNCF a longtemps possédé des barrages, elle va se mettre au photovoltaïque. L’entreprise publique a annoncé ce jeudi la création d’une nouvelle filiale, baptisée « SNCF Renouvelables », destinée à la production d’énergie solaire pour couvrir une partie de ses besoins en électricité.
    Elle compte pour cela s’appuyer sur les ressources de son immense patrimoine foncier, qui comprend 12 millions de mètres carrés de bâti et plus de 100.000 hectares. Le groupe a déjà identifié plus de 1.000 hectares « éligibles à l’installation de panneaux photovoltaïques ».

    L’objectif est d’installer, sur ces 1.000 hectares, une capacité de 1.000 MWc (Mégawatts-crête) d’ici à 2030, « soit l’équivalent d’un gros réacteur nucléaire », a affirmé le président du groupe ferroviaire, Jean-Pierre Farandou, lors d’une conférence de presse. « C’est la production du leader actuel de l’énergie solaire », a-t-il rajouté sans le nommer.
    De quoi permettre à l’entreprise d’assumer elle-même une part de ses besoins en électricité, qui sont énormes. La SNCF est, en effet, le premier client industriel d’EDF, avec une consommation annuelle de 9 TWh, dont 8 pour assurer la circulation des trains. Ce qui a créé une grosse angoisse chez les financiers du groupe lorsque les prix ont explosé l’an dernier, augmentant de 700 millions d’euros sur un an la facture pour l’énergie de traction.

    Avec ces 1.000 hectares de panneaux solaires, le groupe affirme qu’il sera capable de produire, en moyenne annuelle, l’équivalent de 15 à 20 % de ses besoins actuels en électricité. Seule une part servira à de l’autoconsommation : la production du solaire atteint son maximum en milieu de journée, alors que les pics de besoins du ferroviaire se trouvent au début et en fin de journée.
    La SNCF devrait donc revendre une partie de sa production et réfléchit également à des solutions de stockage. L’entreprise a déjà pris langue avec des spécialistes de la production d’hydrogène, confie un responsable.

    Un investissement d’un milliard
    Des panneaux solaires ont déjà été déployés sur une centaine de parkings de petites gares, ainsi qu’aux abords de plusieurs gares comme Nîmes, Valence ou encore Avignon. Mais il s’agissait de partenariats, la SNCF se contentant de louer ses surfaces. « Aujourd’hui, nous changeons de posture », se félicite Jean-Pierre Farandou.
    Le patron de l’entreprise ferroviaire estime l’investissement nécessaire à un milliard d’euros, soit 100 à 150 millions par an. Des sommes qu’il s’estime tout à fait capable de financer sur fonds propres, même si des partenariats avec des industriels ou des collectivités locales ne sont pas à exclure. L’opération s’annonce plus que rentable : « Un panneau solaire, ça s’amortit sur dix à quinze ans, et ça dure trente ans », résume-t-il.

    Sur le plan industriel, pas question de servir de débouchés aux sociétés chinoises. « Nous rechercherons la possibilité de travailler avec l’industrie française et européenne » annonce Jean-Pierre Farandou, en jouant sur des clauses sociales et environnementales pour leur réserver des commandes. De quoi assurer des volumes à des entreprises en quête de décollage. Une perspective saluée par Agnès Pannier-Runacher et Clément Beaune, présents pour adouber cette initiative au nom du gouvernement.

    L’autosuffisance visée pour 2050
    A plus long terme, le groupe salive devant la perspective de panneaux solaires linéaires, promis par les industriels à l’horizon 2030. Cela permettrait à l’entreprise de passer à 10.000 hectares équipés, en utilisant les terrains le long des voies ferrées. De quoi viser l’autosuffisance en 2050.
    Jean-Pierre Farandou, qui est dans l’entreprise publique depuis quarante ans, se rappelle sans doute que la SNCF a possédé jusqu’au début du siècle la SHEM, une filiale qui exploitait des barrages dans le Massif central et l’Ariège avec une puissance installée de 800 Mégawatts. La société a été vendue à la demande de Bercy pour financer un énième plan de relance du fret. L’entreprise a eu à plusieurs reprises depuis l’occasion de s’en mordre les doigts.

  2. J’étais étonné d’appendre que la
    SNCF utilise une puissance électrique équivalente à 9 “gros” réacteurs nucléaires pour faire avancer ses trains.

  3. Je ne vois pas comment ils peuvent fixer une capacité de production et un budget sans avoir trouvé de fournisseurs, ça me paraît extrêmement casse-gueule

  4. C’est con ils avaient des barrages dans les Pyrénées qu’ils ont vendu à Suez.

  5. Très bonne initiative ! Est-ce que ça leur permettra de marger plus sur les billets une fois l’investissement amorti ?

  6. Je met permet de [mettre le lien vers un fil Twitter intéressant](https://twitter.com/sleguilFR/status/1677225980522385408) qui parle du pourquoi ce qu’ils font c’est pas si génial avec la manière dont c’est pensé. Il est là le soucis c’est que faire de l’énergie “verte” c’est cool, le faire au détriment de la biodiversite bah c’est pas une bonne chose non..

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