# Le service presse de TotalEnergies met les gaz face aux médias
Le groupe pétrolier muscle sa communication avec les journalistes
Depuis quelques mois, TotalEnergies réagit de plus en plus souvent publiquement à des articles de presse le visant, entre autres nouvelles mesures. Un mode de communication plus agressif mis en œuvre avec l’aide du groupe Havas, d’apparence transparent, mais qui laisse dubitatifs des journalistes ayant enquêté sur le groupe pétrolier.
*”Nous souhaitons corriger plusieurs erreurs et contre-vérités.”* *”Nous souhaitons apporter des éléments de clarification.”* On peut trouver fréquemment ce type de réponses sur le compte Twitter de TotalEnergies. Ils paraissent en général à la suite de révélations concernant des scandales dont le groupe pétrolier est à l’origine, ou auxquels il est lié. Le 24 mai dernier par exemple, *Mediapart* [publie sur Twitter](https://twitter.com/Mediapart/status/1661056898484023296) la vidéo d’une interview de l’activiste climatique Camille Étienne, accompagnée de cette citation : *”TotalEnergies était au courant depuis les années 70 que leur business-model était basé sur la destruction de la vie sur Terre, ils ont donc fabriqué du climatoscepticisme.”* La société [réagit le lendemain](https://twitter.com/TotalEnergies/status/1661360929991262209) en commençant par *”pour rétablir quelques vérités”*. Avant de proposer une réponse à la fois factuellement exacte et pour autant très éloignée de la responsabilité réelle de la firme pétrolière, qui [savait effectivement dès 1970](https://www.france24.com/fr/plan%C3%A8te/20211020-climat-total-%C3%A9tait-conscient-d%C3%A8s-1971-des-cons%C3%A9quences-n%C3%A9fastes-de-ses-activit%C3%A9s) l’impact délétère de son activité sur la planète.
Un type de communication de crise développé depuis quelques mois, le plus souvent sur Twitter, mais aussi par communiqué de presse lorsqu’il faut apporter une réponse plus détaillée. Selon les journalistes interrogé·es par *Arrêt sur images*, TotalEnergies n’hésite plus à tenter de contredire publiquement les articles de presse et reportages, tout en continuant de répondre systématiquement en privé aux journalistes qui sollicitent le service presse du groupe.
Le journaliste du *Monde* Julien Bouissou rappelle de son côté auprès d’*ASI* que *”Total fait le minimum requis”* en matière de communication financière pour une entreprise cotée en bourse… elle a donc fait un autre choix pour sa communication non-financière. Selon une recension d’*ASI*, TotalEnergies semble surtout prendre au sérieux, et répondre, aux enquêtes dont le groupe estime qu’elles toucheront un large public. Les révélations du *Monde* font ainsi presque systématiquement l’objet d’une réponse par communiqué de presse, à l’instar du scandale Adani, donc, ou de l’enquête sur les activités en Russie du géant pétrolier – qui [fournirait du gaz à l’armée russe](https://www.lemonde.fr/international/article/2022/08/24/comment-le-gaz-de-totalenergies-sert-de-carburant-aux-avions-de-combat-russes-en-ukraine_6138867_3210.html) pour combattre en Ukraine.
Idem pour l’émission *Cash Investigation*, suite à laquelle TotalEnergies avait apporté une réponse étoffée par communiqué de presse et sur Twitter. Avec, là encore, les questions des journalistes et les réponses de Total. *”Lorsque le sujet évoqué est complexe, nous met en accusation ou comporte de fausses informations, nous souhaitons dans un souci de transparence et d’exhaustivité, publier sur notre site web l’intégralité des réponses apportées aux journalistes”*, commente le service presse du groupe, joint par *ASI*. Au contraire, lorsqu’il s’agit de médias considérés comme moins influents, tels que *Mediapart* qui a pourtant publié une multitude d’articles sur Total, l’entreprise ne répond pas aux accusations de manière détaillée.
Une bonne chose, le droit de réponse et de contradiction est important en société, encore plus dans le monde des RS où le titre aguicheur est roi. À chacun ensuite de se faire son avis avec les éléments des deux côtés.
90% du truc c’est juste Total qui a du se dire que ça serait bien d’avoir un service de presse efficace.
Répondre aux articles, vouloir garder des traces écrites des échanges, demander à relire des articles avant publication et faire du fact checking pour éviter le putaclic c’est ce que fait n’importe quel service de presse d’une grosse boite.
Quand tu choisis de t’acheter un bon service de presse au lieu d’un bon service client…
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# Le service presse de TotalEnergies met les gaz face aux médias
Le groupe pétrolier muscle sa communication avec les journalistes
Depuis quelques mois, TotalEnergies réagit de plus en plus souvent publiquement à des articles de presse le visant, entre autres nouvelles mesures. Un mode de communication plus agressif mis en œuvre avec l’aide du groupe Havas, d’apparence transparent, mais qui laisse dubitatifs des journalistes ayant enquêté sur le groupe pétrolier.
*”Nous souhaitons corriger plusieurs erreurs et contre-vérités.”* *”Nous souhaitons apporter des éléments de clarification.”* On peut trouver fréquemment ce type de réponses sur le compte Twitter de TotalEnergies. Ils paraissent en général à la suite de révélations concernant des scandales dont le groupe pétrolier est à l’origine, ou auxquels il est lié. Le 24 mai dernier par exemple, *Mediapart* [publie sur Twitter](https://twitter.com/Mediapart/status/1661056898484023296) la vidéo d’une interview de l’activiste climatique Camille Étienne, accompagnée de cette citation : *”TotalEnergies était au courant depuis les années 70 que leur business-model était basé sur la destruction de la vie sur Terre, ils ont donc fabriqué du climatoscepticisme.”* La société [réagit le lendemain](https://twitter.com/TotalEnergies/status/1661360929991262209) en commençant par *”pour rétablir quelques vérités”*. Avant de proposer une réponse à la fois factuellement exacte et pour autant très éloignée de la responsabilité réelle de la firme pétrolière, qui [savait effectivement dès 1970](https://www.france24.com/fr/plan%C3%A8te/20211020-climat-total-%C3%A9tait-conscient-d%C3%A8s-1971-des-cons%C3%A9quences-n%C3%A9fastes-de-ses-activit%C3%A9s) l’impact délétère de son activité sur la planète.
Un type de communication de crise développé depuis quelques mois, le plus souvent sur Twitter, mais aussi par communiqué de presse lorsqu’il faut apporter une réponse plus détaillée. Selon les journalistes interrogé·es par *Arrêt sur images*, TotalEnergies n’hésite plus à tenter de contredire publiquement les articles de presse et reportages, tout en continuant de répondre systématiquement en privé aux journalistes qui sollicitent le service presse du groupe.
Le 8 février, le journaliste Adrien Pécout publie un article dans le *Monde* sur [*”les superprofits des groupes pétroliers”*](https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/02/08/les-superprofits-des-groupes-petroliers-alimentent-le-debat-sur-le-partage-de-la-valeur_6160991_3234.html). Dont Total, qui verse 17 milliards d’euros à ses actionnaires. La firme se défend en répondant sur Twitter que ce sont 9 milliards qui ont profité aux actionnaires et renvoie vers ses résultats : *”TotalEnergies a versé 9 milliards à ses actionnaires en 2022 et non 17 milliards. Les rachats d’actions ne sont pas distribués aux actionnaires, comme indiqué dans votre article.”* La multinationale préfère retweeter [l’*Opinion* et son article](https://www.lopinion.fr/economie/totalenergies-cinq-raisons-de-se-rejouir-des-superprofits) *”TotalEnergies : 5 raisons de se réjouir des superprofits”*.
Quelques semaines plus tard, Julien Bouissou et Marjorie Cessac écrivent une enquête, [encore dans le *Monde*](https://www.lemonde.fr/economie/article/2023/03/23/totalenergies-rattrape-par-le-scandale-adani-en-inde_6166635_3234.html) : *”TotalEnergies, rattrapé par le scandale Adani en Inde.”* Le conglomérat indien est accusé par un rapport détaillé du fonds spéculatif américain Hindenburg research de fraudes comptables et de manipulations ayant permis de gonfler artificiellement sa valorisation – ce fonds a [pour spécialité](https://edition.cnn.com/2023/01/30/business/nightcap-adani-hindenburg-explained/index.html) de diffuser des enquêtes financières incriminantes tout en prenant des positions à la baisse sur les sociétés concernées. Hindenburg research reproche notamment à Total, qui avait acquis 37,4 % de la filiale Adani gas en 2020, au mieux d’avoir fermé les yeux sur ces irrégularités, au pire d’en être complice. L’entreprise répond à ces accusations[ sur Twitter](https://twitter.com/TotalEnergies/status/1638914619845607427) : *”TotalEnergies rappelle que les investissements réalisés dans les entités d’Adani ont été effectués dans le plus strict respect des lois applicables.”* Le groupe pétrolier invite à lire [un long communiqué de presse](https://totalenergies.com/fr/medias/actualite/communiques-presse/adani-totalenergies-publie-sa-reponse-complete-au-journal-monde), en fait la diffusion des questions du *Monde* et des réponses de Total aux journalistes.
Le journaliste du *Monde* Julien Bouissou rappelle de son côté auprès d’*ASI* que *”Total fait le minimum requis”* en matière de communication financière pour une entreprise cotée en bourse… elle a donc fait un autre choix pour sa communication non-financière. Selon une recension d’*ASI*, TotalEnergies semble surtout prendre au sérieux, et répondre, aux enquêtes dont le groupe estime qu’elles toucheront un large public. Les révélations du *Monde* font ainsi presque systématiquement l’objet d’une réponse par communiqué de presse, à l’instar du scandale Adani, donc, ou de l’enquête sur les activités en Russie du géant pétrolier – qui [fournirait du gaz à l’armée russe](https://www.lemonde.fr/international/article/2022/08/24/comment-le-gaz-de-totalenergies-sert-de-carburant-aux-avions-de-combat-russes-en-ukraine_6138867_3210.html) pour combattre en Ukraine.
Idem pour l’émission *Cash Investigation*, suite à laquelle TotalEnergies avait apporté une réponse étoffée par communiqué de presse et sur Twitter. Avec, là encore, les questions des journalistes et les réponses de Total. *”Lorsque le sujet évoqué est complexe, nous met en accusation ou comporte de fausses informations, nous souhaitons dans un souci de transparence et d’exhaustivité, publier sur notre site web l’intégralité des réponses apportées aux journalistes”*, commente le service presse du groupe, joint par *ASI*. Au contraire, lorsqu’il s’agit de médias considérés comme moins influents, tels que *Mediapart* qui a pourtant publié une multitude d’articles sur Total, l’entreprise ne répond pas aux accusations de manière détaillée.
Une bonne chose, le droit de réponse et de contradiction est important en société, encore plus dans le monde des RS où le titre aguicheur est roi. À chacun ensuite de se faire son avis avec les éléments des deux côtés.
90% du truc c’est juste Total qui a du se dire que ça serait bien d’avoir un service de presse efficace.
Répondre aux articles, vouloir garder des traces écrites des échanges, demander à relire des articles avant publication et faire du fact checking pour éviter le putaclic c’est ce que fait n’importe quel service de presse d’une grosse boite.
Quand tu choisis de t’acheter un bon service de presse au lieu d’un bon service client…