La «cagnotte de la honte», ainsi qualifiée par la gauche, a collecté plus de 1,6 million d’euros en faveur de la famille de l’agent de police qui a tué Nahel. Les donateurs affirment exprimer ce que la majorité pense tout bas.
«Je ne donne jamais aux cagnottes. C’est la première fois.» Par son don de 20 euros, Camille, 30 ans, a voulu apporter sa pierre à l’élan de solidarité en faveur du policier de Nanterre. Mis en examen pour homicide volontaire après avoir tiré sur le jeune Nahel au cours d’un refus d’obtempérer, l’agent a été placé en détention provisoire. Sa famille, dont l’adresse a été diffusée sur les réseaux sociaux, a été exflitrée. Et tandis que les émeutes urbaines secouaient la France, la collecte initiée par le polémiste Jean Messiha, qualifiée de «cagnotte de la honte» par la gauche, a grossi jour après jour. À sa clôture mardi à minuit, elle avait atteint la somme de 1,6 million d’euros.
Un succès fulgurant qui embarrasse jusque dans les rangs de la majorité : «Le fait que ce soit une personne proche de l’extrême droite qui a lancé cette cagnotte ne contribue pas sans doute à apporter de l’apaisement», a jugé la première ministre Élisabeth Borne. Pourtant, parmi les quelque 85.099 participants, ceux interrogés par Le Figaro affirment unanimement n’avoir prêté aucune attention à son initiateur. Leur geste a signifié autre chose. «C’est un peu le référendum qu’on ne veut pas nous faire faire», explique Camille.
«Nous sommes la majorité silencieuse»
À La Trinité, Bertrand, 59 ans, dont le père était gendarme, y a vu lui aussi une manière d’exprimer pacifiquement ce qu’il pense tout bas. «J’ai 59 ans, je fais partie de ces vieilles générations qui ne reconnaissent plus la France telle qu’elle était», s’excuse presque le Breton joint par téléphone. «La seule voix qu’il nous reste, c’est ce genre d’action. On ne va pas descendre dans la rue pour l’instant. Mais ça pourrait arriver», avance-t-il. «Si des gens continuent à saccager et piller, ce sera moins pacifique…».
«Franchement, on est bien contents qu’ils soient là quand on a des pépins», renchérit Charlotte, 31 ans, à propos des policiers. La jeune illustratrice a voulu, par le geste plus que par la petite somme de 5 euros, soutenir la profession tout entière. «Une amie est commissaire de police. Quand je discute avec elle, je réalise l’abnégation qu’il faut pour ce métier, avec ses conditions de vie assez dures et des salaires au lance-pierre. Qu’est-ce qu’on veut ? Les dégoûter ? Heureusement qu’il y en a qui font encore ce métier !». Ce geste était ainsi «une manière de me mobiliser sans aller dans la rue», conclut-elle. «Un pied de nez au gouvernement», grince la Parisienne, écœurée par la réaction de l’exécutif, «tellement désinvolte et tellement politique !».
«La goutte d’eau»
Charlotte n’est pas seule. Selon le dernier sondage Odoxa pour Le Figaro , près des trois quarts des Français critiquent l’action du gouvernement durant les émeutes, quand les deux tiers louent celle des forces de l’ordre. «La majorité silencieuse s’est exprimée, glisse Jules, 23 ans, elle n’a pas les moyens de le faire autrement, car elle sait bien que les autres moyens seraient mal vus – descendre dans la rue, se protéger nous-mêmes».
Sur les réseaux sociaux, beaucoup des donateurs affichent des idées pro-police, proches d’Éric Zemmour et Marine Le Pen. Mais pas seulement. Marie-Dominique, fidèle électrice d’Emmanuel Macron, revendique son geste dans un long post Facebook. «Oui, j’ai donné pour la cagnotte (…) en me fichant royalement de qui l’avait initiée. J’aurais donné pareillement quel que soit l’initiateur», assume-t-elle.
Jointe par Le Figaro, la mère de famille précise son intention. Son geste a été exclusivement orienté en soutien de la femme et des enfants du policier auteur du tir. «Ils ne sont pour rien dans ce qu’il s’est passé. Même s’il y avait une bavure du chef de famille, ils ont besoin de vivre», estime la retraitée habitant à Avignon. Jean Messiah ? «Je ne savais même pas qui c’était». Dans sa famille, on a toujours voté socialiste de père en fils. Elle-même confie ne plus vouloir voter pour la majorité. «Je suis lasse. Le gouvernement a pris position trop vite, manqué de discrétion, laissé passer des mots excessifs sur le policier. Alors qu’on ne savait rien des circonstances, poursuit-elle, à côté de ça, personne ne parle de la Mercedes hors de prix du jeune, des plaques polonaises, de l’absence de permis… Quand on connaît les histoires de drogue, on sait ce que ça veut dire. C’est tout juste si on n’a pas organisé des funérailles nationales. Et ce policier qui a été tout de suite accablé, traité, maltraité… C’est la goutte d’eau».
Violation de la présomption d’innocence
Plusieurs donateurs expliquent avoir été choqués du haro général autour du policier, au détriment de la présomption d’innocence. «Tout s’est emballé de manière explosive», juge Claude, retraité d’Ivry-sur-Seine, adhérent de Reconquête. Avec sa femme, ils ont respectivement donné 10 et 20 euros. «C’est la première fois que je donne à une cagnotte – et si elle s’avère être vraiment taxée à 60%, c’est aussi la dernière», s’esclaffe-t-il, en référence au près d’un million d’euros d’impôts que la famille pourrait se voir imposer sur la somme finale.
Dans le Calvados, Josiane, 64 ans, a donné 15 euros, «pour que cette famille ne manque de rien». Pourtant, elle est loin d’être «pro-flic». Cette mère seule avait pourtant déjà eu des déboires avec la police lors d’une sombre affaire dans laquelle les agents avaient pris le parti de ses harceleurs, certainement parce qu’elle était «une femme», juge-t-elle. «Je n’en ai pas gardé une animosité contre la police en général, je vois au cas par cas. En revanche, je suis profondément anti-racaille, et ça, ce sera jamais du cas par cas».
Avant de sortir sa carte bancaire, la Normande a tout de même attentivement scruté les trois vidéos qui ont circulé sur le déroulé du drame, pour, dit-elle, se faire sa propre opinion. «J’ai vu le jeune homme essayer de continuer sa course. En le voyant conduire comme un bolide, je me suis remémoré l’affaire Palmade, mais aussi mon accident. J’ai été moi-même victime d’un chauffard, j’en suis ressortie invalide à vie. Pour moi c’était clair : le policier a cherché à protéger le citoyen honnête».
Qualifiée de «cagnotte de la honte» par divers responsables de gauche, la collecte est désormais clôturée. La veille de sa fermeture, Paul, Arlois de 49 ans, a fait un second don. «Parce que j’estime qu’il était important que cette cagnotte résonne».
Les témoignages sont à la limite d’une chronique de Guillaume Meurice.
Quand bien même on est “pro” police, j’ai du mal à voir comment donner autant d’argent à un seul agent ayant abattu quelqu’un comme ça puisse aider la profession.
Pour moi ça n’envoie qu’un message de soutien quand au fait de tuer les délinquants, ce qui est très inquiétant.
nooo les pauvres fachos, c’est leurs seul moyens de s’exprimer :'(
Comme quoi y’en a de l’argent pour soutenir les familles en situation difficile.
Ivre, une macroniste participe à une cagnotte en faveur d’un Etat de non droit
*, déclarent-ils dans un article complet du Figaro.*
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La «cagnotte de la honte», ainsi qualifiée par la gauche, a collecté plus de 1,6 million d’euros en faveur de la famille de l’agent de police qui a tué Nahel. Les donateurs affirment exprimer ce que la majorité pense tout bas.
«Je ne donne jamais aux cagnottes. C’est la première fois.» Par son don de 20 euros, Camille, 30 ans, a voulu apporter sa pierre à l’élan de solidarité en faveur du policier de Nanterre. Mis en examen pour homicide volontaire après avoir tiré sur le jeune Nahel au cours d’un refus d’obtempérer, l’agent a été placé en détention provisoire. Sa famille, dont l’adresse a été diffusée sur les réseaux sociaux, a été exflitrée. Et tandis que les émeutes urbaines secouaient la France, la collecte initiée par le polémiste Jean Messiha, qualifiée de «cagnotte de la honte» par la gauche, a grossi jour après jour. À sa clôture mardi à minuit, elle avait atteint la somme de 1,6 million d’euros.
Un succès fulgurant qui embarrasse jusque dans les rangs de la majorité : «Le fait que ce soit une personne proche de l’extrême droite qui a lancé cette cagnotte ne contribue pas sans doute à apporter de l’apaisement», a jugé la première ministre Élisabeth Borne. Pourtant, parmi les quelque 85.099 participants, ceux interrogés par Le Figaro affirment unanimement n’avoir prêté aucune attention à son initiateur. Leur geste a signifié autre chose. «C’est un peu le référendum qu’on ne veut pas nous faire faire», explique Camille.
«Nous sommes la majorité silencieuse»
À La Trinité, Bertrand, 59 ans, dont le père était gendarme, y a vu lui aussi une manière d’exprimer pacifiquement ce qu’il pense tout bas. «J’ai 59 ans, je fais partie de ces vieilles générations qui ne reconnaissent plus la France telle qu’elle était», s’excuse presque le Breton joint par téléphone. «La seule voix qu’il nous reste, c’est ce genre d’action. On ne va pas descendre dans la rue pour l’instant. Mais ça pourrait arriver», avance-t-il. «Si des gens continuent à saccager et piller, ce sera moins pacifique…».
«Franchement, on est bien contents qu’ils soient là quand on a des pépins», renchérit Charlotte, 31 ans, à propos des policiers. La jeune illustratrice a voulu, par le geste plus que par la petite somme de 5 euros, soutenir la profession tout entière. «Une amie est commissaire de police. Quand je discute avec elle, je réalise l’abnégation qu’il faut pour ce métier, avec ses conditions de vie assez dures et des salaires au lance-pierre. Qu’est-ce qu’on veut ? Les dégoûter ? Heureusement qu’il y en a qui font encore ce métier !». Ce geste était ainsi «une manière de me mobiliser sans aller dans la rue», conclut-elle. «Un pied de nez au gouvernement», grince la Parisienne, écœurée par la réaction de l’exécutif, «tellement désinvolte et tellement politique !».
«La goutte d’eau»
Charlotte n’est pas seule. Selon le dernier sondage Odoxa pour Le Figaro , près des trois quarts des Français critiquent l’action du gouvernement durant les émeutes, quand les deux tiers louent celle des forces de l’ordre. «La majorité silencieuse s’est exprimée, glisse Jules, 23 ans, elle n’a pas les moyens de le faire autrement, car elle sait bien que les autres moyens seraient mal vus – descendre dans la rue, se protéger nous-mêmes».
Sur les réseaux sociaux, beaucoup des donateurs affichent des idées pro-police, proches d’Éric Zemmour et Marine Le Pen. Mais pas seulement. Marie-Dominique, fidèle électrice d’Emmanuel Macron, revendique son geste dans un long post Facebook. «Oui, j’ai donné pour la cagnotte (…) en me fichant royalement de qui l’avait initiée. J’aurais donné pareillement quel que soit l’initiateur», assume-t-elle.
Jointe par Le Figaro, la mère de famille précise son intention. Son geste a été exclusivement orienté en soutien de la femme et des enfants du policier auteur du tir. «Ils ne sont pour rien dans ce qu’il s’est passé. Même s’il y avait une bavure du chef de famille, ils ont besoin de vivre», estime la retraitée habitant à Avignon. Jean Messiah ? «Je ne savais même pas qui c’était». Dans sa famille, on a toujours voté socialiste de père en fils. Elle-même confie ne plus vouloir voter pour la majorité. «Je suis lasse. Le gouvernement a pris position trop vite, manqué de discrétion, laissé passer des mots excessifs sur le policier. Alors qu’on ne savait rien des circonstances, poursuit-elle, à côté de ça, personne ne parle de la Mercedes hors de prix du jeune, des plaques polonaises, de l’absence de permis… Quand on connaît les histoires de drogue, on sait ce que ça veut dire. C’est tout juste si on n’a pas organisé des funérailles nationales. Et ce policier qui a été tout de suite accablé, traité, maltraité… C’est la goutte d’eau».
Violation de la présomption d’innocence
Plusieurs donateurs expliquent avoir été choqués du haro général autour du policier, au détriment de la présomption d’innocence. «Tout s’est emballé de manière explosive», juge Claude, retraité d’Ivry-sur-Seine, adhérent de Reconquête. Avec sa femme, ils ont respectivement donné 10 et 20 euros. «C’est la première fois que je donne à une cagnotte – et si elle s’avère être vraiment taxée à 60%, c’est aussi la dernière», s’esclaffe-t-il, en référence au près d’un million d’euros d’impôts que la famille pourrait se voir imposer sur la somme finale.
Dans le Calvados, Josiane, 64 ans, a donné 15 euros, «pour que cette famille ne manque de rien». Pourtant, elle est loin d’être «pro-flic». Cette mère seule avait pourtant déjà eu des déboires avec la police lors d’une sombre affaire dans laquelle les agents avaient pris le parti de ses harceleurs, certainement parce qu’elle était «une femme», juge-t-elle. «Je n’en ai pas gardé une animosité contre la police en général, je vois au cas par cas. En revanche, je suis profondément anti-racaille, et ça, ce sera jamais du cas par cas».
Avant de sortir sa carte bancaire, la Normande a tout de même attentivement scruté les trois vidéos qui ont circulé sur le déroulé du drame, pour, dit-elle, se faire sa propre opinion. «J’ai vu le jeune homme essayer de continuer sa course. En le voyant conduire comme un bolide, je me suis remémoré l’affaire Palmade, mais aussi mon accident. J’ai été moi-même victime d’un chauffard, j’en suis ressortie invalide à vie. Pour moi c’était clair : le policier a cherché à protéger le citoyen honnête».
Qualifiée de «cagnotte de la honte» par divers responsables de gauche, la collecte est désormais clôturée. La veille de sa fermeture, Paul, Arlois de 49 ans, a fait un second don. «Parce que j’estime qu’il était important que cette cagnotte résonne».
Les témoignages sont à la limite d’une chronique de Guillaume Meurice.
Quand bien même on est “pro” police, j’ai du mal à voir comment donner autant d’argent à un seul agent ayant abattu quelqu’un comme ça puisse aider la profession.
Pour moi ça n’envoie qu’un message de soutien quand au fait de tuer les délinquants, ce qui est très inquiétant.
nooo les pauvres fachos, c’est leurs seul moyens de s’exprimer :'(
Comme quoi y’en a de l’argent pour soutenir les familles en situation difficile.
Ivre, une macroniste participe à une cagnotte en faveur d’un Etat de non droit
*, déclarent-ils dans un article complet du Figaro.*