Projets d’attaques : Europol et la DGSI alertent sur le terrorisme d’extrême droite en France

by autruip

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  1. Dans un récent bilan, la police européenne souligne que la moitié des projets d’attaques d’extrême droite déjoués dans l’UE en 2022 l’ont été en France. Un risque réel et en augmentation, confirme le patron de la sécurité intérieure, qui fait état d’une «ultradroite» forte d’environ 2 000 individus.

    La moitié des projets d’attaques terroristes et un tiers des arrestations pour ce motif : selon le dernier rapport d’Europol faisant le bilan de la situation et des tendances du terrorisme au sein de l’Union européenne en 2022, paru fin juin, la France est en première ligne vis-à-vis de la menace terroriste d’extrême droite. Le patron de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), Nicolas Lerner, dans une interview au Monde parue dimanche, établit le même constat. «Depuis le printemps, nous assistons à une résurgence très préoccupante des actions violentes ou des intimidations de la part de l’ultradroite», même si la menace jihadiste reste actuellement la plus importante.

    D’un point de vue chiffré, la police européenne a recensé deux projets d’attaques terroristes d’extrême droite déjoués en France au cours de l’année écoulée, sur un total de quatre (dont un a conduit à la commission d’un attentat ayant fait deux morts le 12 octobre 2022 en Slovaquie) au sein de l’Union européenne. Mais aussi 16 arrestations pour ce motif, toujours dans l’Hexagone, sur un total de 45 à l’échelle de l’UE. Avec les chiffres les plus élevés sur ces deux critères, comme l’année dernière, la France ressort bien comme le pays où la menace d’«ultradroite» (un terme policier) est la plus manifeste. Devant l’Allemagne (une attaque déjouée et onze interpellations) et l’Italie (pas de projet concret d’attaque mais six arrestations).

    **Armes à feu, cryptomonnaies et messageries chiffrées**

    Ces projets déjoués en France ont notamment en commun la jeunesse des aspirants terroristes présumés. Le premier, qui a été appréhendé le 3 juin 2022 à Bourg-Saint-Andéol (Ardèche), était âgé de 20 ans. Il se revendiquait de l’idéologie nationale-socialiste et cherchait à s’en prendre «aux juifs, aux noirs, aux femmes, à la communauté LGBT». Il cherchait à se procurer des armes pour perpétrer une tuerie de masse, selon les enquêteurs. Le second, âgé lui de 19 ans, a été interpellé à Bouzonville (Moselle) et est suspecté d’avoir voulu s’en prendre à des policiers ou des synagogues. Lui se réclamait de l’accélérationnisme, ce courant qui incite ses partisans à tout faire pour déstabiliser le «système» et précipiter le déclenchement de la «guerre civile raciale». Ce jeune homme possédait une arme à feu et tentait de s’en procurer d’autres, ainsi que des explosifs.

    Dans son rapport annuel, Europol met une nouvelle fois en avant des schémas de radicalisation où Internet joue un rôle important. Notamment car c’est le lieu d’échange des cryptomonnaies, pour lesquelles la mouvance affiche un grand intérêt, les voyant comme une alternative d’un système bancaire qui serait «tenu par les juifs». Mais le Web sert surtout pour la diffusion de la propagande et des échanges entre éléments potentiellement violents, via des applications de messagerie chiffrées et des réseaux sociaux plus confidentiels que les géants du genre. Europol note ainsi la publication de deux nouveaux «manuels terroristes» sur Telegram en 2022. De tendance accélérationniste, ceux-ci expliquent comment des «attaques par des acteurs isolés sur des cibles faciles et des attaques à grande échelle contre des infrastructures vitales, telles que le réseau électrique, télécommunications et transport pétrolier» peuvent «contribuer au déclenchement d’une “guerre raciale”».

    **«Reprendre la rue» à la gauche**

    Pour le patron de la DGSI, Nicolas Lerner, le contexte politique en France joue également dans l’augmentation du risque terroriste d’extrême droite. Dans l’interview au Monde publiée dimanche, il estime que si la campagne présidentielle, «marquée par des débats faisant écho aux préoccupations traditionnelles de l’extrême droite, a plutôt eu tendance à canaliser les énergies […], les choses ont changé depuis six à huit mois sous l’effet de différents facteurs, dont la radicalité de certains discours politiques extrêmes, mais aussi la conviction de certains militants que seule l’action violente est susceptible de déboucher sur des résultats».

    Faisant état d’une mouvance d’«ultradroite» forte d’environ 2 000 personnes, le patron du renseignement intérieur a rappelé que «dix actions terroristes, d’inspiration néonazie, accélérationniste, raciste ou complotiste, ont été déjouées depuis 2017 en France, avec des cibles aussi variées que des citoyens de confession musulmane ou juive, des élus ou des francs-maçons». Selon lui, «des profils d’un genre nouveau, complotistes ou conspirationnistes, sont venus s’agréger à des groupuscules d’ultradroite [dont] ils ne partagent pas nécessairement l’intégralité de l’idéologie» tout en «se retrouvant dans la désignation de boucs émissaires communs». Et s’il souligne lui aussi l’importance de surveiller les éléments isolés radicalisés, Nicolas Lerner estime que «le risque peut aussi provenir de l’action de petites cellules constituées en marge d’associations ou de groupes préexistants, qui considèrent que le discours qui y est tenu n’est pas assez radical».

    Au-delà de la menace terroriste en elle-même, Nicolas Lerner pointe également une montée de la violence d’extrême droite dont une partie est dirigée contre des maires, citant les exemples de Saint-Brévin-Les-Pins ou Callac. Mais aussi le désir des militants de la mouvance de «reprendre la rue» après des mois de manifestations de gauche.

  2. C’est assez dingue, entre la réaction aux émeutes, et tout ce qu’il se passe avec l’extrême droite en ce moment, on commence à sentir comme un air de fin de Weimar en France…

    Enfin bon, comme dirait Ruffin, les années 30 c’est le fascisme en Italie, le nazisme en Allemagne et le Front Populaire en France, tout n’est pas perdu

  3. Ah bon, je pensais que c’était LFI et l’extrême gauche qui semaient le chaos ?!

    Je suis choqué !

  4. >«le risque peut aussi provenir de l’action de petites cellules constituées en marge d’associations ou de groupes préexistants, **qui considèrent que le discours qui y est tenu n’est pas assez radical**».

    J’ai déjà entendu un individu inquiétant déclarer que Marine Le Pen était trop “molle”, mais à priori ils le connaissent déjà.

  5. Y’avais une époque ou l’extreme gauche était championne du terrorisme, aujourd’hui entre les islamistes et les néo-nazis c’est devenu un passe temps d’extreme droite

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