Mon parcours en hôpital psychiatrique : « J’ai appris que n’importe qui pouvait se retrouver dans une telle situation »

by FrankExchange0fViews

1 comment
  1. Je ne peux pas lire l’article derrière le paywall, mais effectivement, pour avoir fait un séjour en centre d’accueil psychiatrique d’urgence, on se rend compte très vite à quel point on peut rapidement glisser.

    Pendant une phase anxio-dépressive, j’ai eu une recrudescence de mes idées suicidaires, je me suis présenté de mon propre chef aux urgences psychiatrique, et j’ai été placé donc dans ce centre pour quelques jours.

    Pendant le temps où j’y ai séjourné, j’ai été bourrés de cachetons du matin au soir et je n’ai rencontré aucun médecin, seulement un interne complètement dépassé et un infirmier qui menait la danse.

    On avait régulièrement des entretiens avec les deux membres du personnel soignant sus-cités, et je leur avoue avoir refusé la prise d’anxiolitique ce midi-là pour garder un minimum de lucidité.
    L’infirmier rentre dans une colère noire, m’invective en disant que mon comportement est dangereux, que ce n’est pas à moi de décider comment je dois être médicamenté.
    Je peux comprendre sur le fond, et je me doute aussi qu’avec peu de moyens c’est plus facile de surveiller des zombis, mais j’essaie juste de leur expliquer que j’ai l’impression de perdre pied avec la réalité et que je voudrais juste pouvoir me concentrer suffisamment longtemps pour pouvoir lire, que ce serait bien de pouvoir baisser un peu les doses.
    L’entretien se poursuit dans un climat tendu et j’ai plus l’impression de passer un interrogatoire que d’être dans un échange comme on pourrait en avoir chez le psy, quand l’infirmier m’accuse de mentir sur une de mes réponses parce-que “ce que je dis ne colle pas avec mes autres symptômes”.
    Étant persuadé d’être de bonne foi, je commence à flipper parce-que soit il a raison et du coup je suis vraiment “devenu fou”, soit j’ai raison et je suis dans la merde parce qu’ils sont persuadés que je suis “devenu fou”.

    Me sentant un peu perdu, je vais dans ma chambre pour essayer de faire une sieste en espérant y voir plus clair à mon réveil. Au bout de 10 minutes, l’infirmier débarque, me réveille et me somme d’enlever mon gilet à capuche car il a des tirettes dont je pourrais me servir pour me pendre.
    Je lui fais remarquer que si je voulais me pendre, j’utiliserais plus les lacets de mes chaussures

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