Pierre C., condamné en janvier 2022 pour «injure publique à caractère racial», a été autorisé à passer le concours d’officier et l’a réussi. En attendant son procès en appel, la Direction de la police nationale souligne que l’agent avait déjà été «sanctionné administrativement».
**Traiter une personne de «bicot», être condamné pour cela, puis monter en grade. Libération révèle qu’un agent condamné en janvier 2022 à six mois de prison avec sursis pour «injure publique à caractère racial», et qui attend désormais son procès en appel, a quand même pu passer et réussir le concours interne d’officier de police en 2023.**
Dans la liste, datée du 9 juin, des admis à la session 2023 du concours, que nous avons consultée, Pierre C. figure à la dix-septième place de la liste complémentaire. Celle-ci, explique une source policière à Libération, est systématiquement validée depuis plusieurs années, permettant ainsi un recrutement plus important. Pierre C. devrait désormais pouvoir suivre une formation d’un an et demi pour devenir lieutenant, un grade qui le fait évoluer dans la catégorie des officiers, lui permettant à terme de devenir capitaine de police.
#Présomption d’innocence
L’année précédente, Pierre C. passait également avec succès l’examen d’officier de police judiciaire. Problème, ce policier, jusqu’ici gardien de la paix, est bien connu du grand public car il est l’auteur de cette phrase qui avait choqué à l’époque et pour laquelle il a été condamné le 6 janvier 2022 : «Un bicot, ça ne nage pas !» Ce dernier a fait appel de la décision et doit être jugé à nouveau les 13 et 14 septembre prochains. Il bénéficie donc de la présomption d’innocence.
Le 26 avril 2020, vers 1 h 30 du matin, des policiers avaient interpellé à L’Ile-Saint-Denis un homme de nationalité égyptienne soupçonné de vol de matériel sur un chantier et qui avait tenté, selon des sources policières, de prendre la fuite en se jetant dans la Seine. «Un bicot comme ça, ça nage pas», avait déclaré un des policiers, selon une vidéo diffusée par le journaliste Taha Bouhafs, et visiblement filmée après que les fonctionnaires ont sorti l’homme du fleuve. «Ha ! Ha ! Ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied», pouvait-on également entendre.
Contactée, la direction générale de la police nationale (DGPN) indique à Libération que «lors de l’admissibilité au concours, il est précisé que celle-ci se fait sous réserve de l’agrément définitif qui comprend une enquête administrative et /ou de sécurité et de la visite médicale». «Les fichiers ne sont consultés qu’après les épreuves d’admission, continue la DGPN. Le refus d’agrément qui s’ensuivrait entraînerait l’invalidation de l’admission.» Or, la condamnation de Pierre C. est évidemment déjà connue dans la police nationale. Selon une source policière, Pierre C. n’aurait même pas dû être autorisé à passer le concours. La DGPN se défend en rappelant que «Pierre C. a déjà été sanctionné administrativement». L’agent ainsi qu’un collègue impliqué dans la même affaire ont effectivement été exclus cinq jours le 14 octobre 2020. Une sanction plus importante que celle préconisée par l’IGPN. Avant cela, Pierre C. avait également été suspendu huit mois à titre conservatoire, ce qui ne correspond pas à une sanction.
#«Six mois avec sursis, normalement, tu es révoqué»
Légalement, Pierre C. ayant fait appel d’une décision de justice, il est dans son bon droit en passant des concours internes. La DGPN a raison de préciser qu’il a déjà été – légèrement – sanctionné. Mais quelle est la limite de l’acceptable pour continuer à porter l’uniforme ? Une source policière indique qu’à partir de «six mois avec sursis, normalement, tu es révoqué». Une affirmation difficile à vérifier dans les faits. Dans la hiérarchie des sanctions administratives, la révocation est la plus haute marche pour un fonctionnaire et s’applique pour «les manquements à la déontologie et les comportements qui nuisent à la réputation de l’administration». Le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l’Etat précise «l’agent n’a alors droit à aucune indemnité».
Néanmoins, à titre de comparaison, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, déclarait l’an dernier au sujet d’un policier qui avait traité de «grosse pute» une femme ayant porté plainte pour agression sexuelle qu’il n’avait «plus sa place» dans la police nationale. «Ce policier a sali non seulement toutes les femmes qui essayent de déposer plainte […] mais il a sali, il a craché sur l’uniforme de la République de ses 250 000 autres collègues policiers et gendarmes», assénait le ministre au micro d’Europe 1. «Je pense que ce monsieur n’a plus sa place dans la police nationale», ajoutait Darmanin, précisant toutefois qu’il n’est «pas le seul à décider car il y a des recours juridictionnels».
Une ligne rouge semblait tout de même être tracée par le ministre de l’Intérieur, qui estimait que «toute personne ayant été condamnée pour violences conjugales ou “trafic de stups” ne [peut] pas rester dans la police nationale ou dans la gendarmerie nationale». Le racisme semble lui exclu du logiciel déontologique de Gérald Darmanin qui, par ailleurs, s’est illustré après la mort de Nahel, français d’origine maghrébine, à Nanterre. Après avoir dénoncé «des images extrêmement choquantes et apparemment non conformes à ce que nous souhaitons» en matière de maintien de l’ordre, le ministre a choisi de soutenir financièrement le policier mis en examen pour homicide volontaire en le suspendant, lui permettant ainsi d’être payé malgré son placement en détention provisoire.
Il faut séparer le policier.
* *Butter un mec hors légitime défense* : + 1 million d’euro
* *Insulte raciste* : promotion
Complétement cheaté cette classe, j’arrête de jouer jusqu’au prochain patch perso.
Ils comprennent toujours pas pourquoi on les compare aux poulets, mais c’est plus facile pour eux de réussir leur vie que pour n’importe qui d’autre muni d’un cerveau
C’est pas la vie qui est cheaté c’est leur classe de base.
Vivement le correctif…
Ça me fait penser à la série Hpi ou une femme munis de biais cognitifs développé et clairement anti flic doit aider des policiers sur des enquêtes
A la lecture de l’article, ca parait au final plutôt logique.
La fonction publique en France à un mode de fonctionnement et on l’applique a la lettre, pas de cas par cas. Ici le flic est techniquement encore innocent, il n’y a pas de raison au yeux de la lois de l’interdire de se présenter à un concours… C’est complètement con, mais c’est comme cela que ca fonctionne.
Et puis le passage sur Darmanin est un peu con aussi. On. sait tous que Darmanin est une grande gueule qui dit pleins de trucs, mais n’associe jamais cela a des actes. Le flic qui avait traité la femme de pute, n’avait au final rien eut, parce que Darmanin n’avait jamais suivi le dossier, il avait juste fait une déclaration.
Donc bon prétendre qu’il y a une différence entre le racisme et le reste c’est faux. Dans tout les cas, Darmanin n’en a rien a foutre, le racisme n’est pas une exception.
Ahaha évidement !
Vivement la prochaine émeute qu’on viennent pleurer sur les policiers.
Dédicace au rageux de droite
Titre un peu trompeur. Il n’a pas été promu suite à cette affaire, il a simplement passé le concours et l’a réussi. Comme n’importe qui aurait put le faire.
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Pour rappel : [“un bicot comme ça, ça ne nage pas !” vidéo](https://youtu.be/5dbDX6UmBN0)
Notre police républicaine, mesdames et messieurs.
Pierre C., condamné en janvier 2022 pour «injure publique à caractère racial», a été autorisé à passer le concours d’officier et l’a réussi. En attendant son procès en appel, la Direction de la police nationale souligne que l’agent avait déjà été «sanctionné administrativement».
**Traiter une personne de «bicot», être condamné pour cela, puis monter en grade. Libération révèle qu’un agent condamné en janvier 2022 à six mois de prison avec sursis pour «injure publique à caractère racial», et qui attend désormais son procès en appel, a quand même pu passer et réussir le concours interne d’officier de police en 2023.**
Dans la liste, datée du 9 juin, des admis à la session 2023 du concours, que nous avons consultée, Pierre C. figure à la dix-septième place de la liste complémentaire. Celle-ci, explique une source policière à Libération, est systématiquement validée depuis plusieurs années, permettant ainsi un recrutement plus important. Pierre C. devrait désormais pouvoir suivre une formation d’un an et demi pour devenir lieutenant, un grade qui le fait évoluer dans la catégorie des officiers, lui permettant à terme de devenir capitaine de police.
#Présomption d’innocence
L’année précédente, Pierre C. passait également avec succès l’examen d’officier de police judiciaire. Problème, ce policier, jusqu’ici gardien de la paix, est bien connu du grand public car il est l’auteur de cette phrase qui avait choqué à l’époque et pour laquelle il a été condamné le 6 janvier 2022 : «Un bicot, ça ne nage pas !» Ce dernier a fait appel de la décision et doit être jugé à nouveau les 13 et 14 septembre prochains. Il bénéficie donc de la présomption d’innocence.
Le 26 avril 2020, vers 1 h 30 du matin, des policiers avaient interpellé à L’Ile-Saint-Denis un homme de nationalité égyptienne soupçonné de vol de matériel sur un chantier et qui avait tenté, selon des sources policières, de prendre la fuite en se jetant dans la Seine. «Un bicot comme ça, ça nage pas», avait déclaré un des policiers, selon une vidéo diffusée par le journaliste Taha Bouhafs, et visiblement filmée après que les fonctionnaires ont sorti l’homme du fleuve. «Ha ! Ha ! Ça coule, tu aurais dû lui accrocher un boulet au pied», pouvait-on également entendre.
Contactée, la direction générale de la police nationale (DGPN) indique à Libération que «lors de l’admissibilité au concours, il est précisé que celle-ci se fait sous réserve de l’agrément définitif qui comprend une enquête administrative et /ou de sécurité et de la visite médicale». «Les fichiers ne sont consultés qu’après les épreuves d’admission, continue la DGPN. Le refus d’agrément qui s’ensuivrait entraînerait l’invalidation de l’admission.» Or, la condamnation de Pierre C. est évidemment déjà connue dans la police nationale. Selon une source policière, Pierre C. n’aurait même pas dû être autorisé à passer le concours. La DGPN se défend en rappelant que «Pierre C. a déjà été sanctionné administrativement». L’agent ainsi qu’un collègue impliqué dans la même affaire ont effectivement été exclus cinq jours le 14 octobre 2020. Une sanction plus importante que celle préconisée par l’IGPN. Avant cela, Pierre C. avait également été suspendu huit mois à titre conservatoire, ce qui ne correspond pas à une sanction.
#«Six mois avec sursis, normalement, tu es révoqué»
Légalement, Pierre C. ayant fait appel d’une décision de justice, il est dans son bon droit en passant des concours internes. La DGPN a raison de préciser qu’il a déjà été – légèrement – sanctionné. Mais quelle est la limite de l’acceptable pour continuer à porter l’uniforme ? Une source policière indique qu’à partir de «six mois avec sursis, normalement, tu es révoqué». Une affirmation difficile à vérifier dans les faits. Dans la hiérarchie des sanctions administratives, la révocation est la plus haute marche pour un fonctionnaire et s’applique pour «les manquements à la déontologie et les comportements qui nuisent à la réputation de l’administration». Le décret n° 84-961 du 25 octobre 1984 relatif à la procédure disciplinaire concernant les fonctionnaires de l’Etat précise «l’agent n’a alors droit à aucune indemnité».
Néanmoins, à titre de comparaison, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, déclarait l’an dernier au sujet d’un policier qui avait traité de «grosse pute» une femme ayant porté plainte pour agression sexuelle qu’il n’avait «plus sa place» dans la police nationale. «Ce policier a sali non seulement toutes les femmes qui essayent de déposer plainte […] mais il a sali, il a craché sur l’uniforme de la République de ses 250 000 autres collègues policiers et gendarmes», assénait le ministre au micro d’Europe 1. «Je pense que ce monsieur n’a plus sa place dans la police nationale», ajoutait Darmanin, précisant toutefois qu’il n’est «pas le seul à décider car il y a des recours juridictionnels».
Une ligne rouge semblait tout de même être tracée par le ministre de l’Intérieur, qui estimait que «toute personne ayant été condamnée pour violences conjugales ou “trafic de stups” ne [peut] pas rester dans la police nationale ou dans la gendarmerie nationale». Le racisme semble lui exclu du logiciel déontologique de Gérald Darmanin qui, par ailleurs, s’est illustré après la mort de Nahel, français d’origine maghrébine, à Nanterre. Après avoir dénoncé «des images extrêmement choquantes et apparemment non conformes à ce que nous souhaitons» en matière de maintien de l’ordre, le ministre a choisi de soutenir financièrement le policier mis en examen pour homicide volontaire en le suspendant, lui permettant ainsi d’être payé malgré son placement en détention provisoire.
Il faut séparer le policier.
* *Butter un mec hors légitime défense* : + 1 million d’euro
* *Insulte raciste* : promotion
Complétement cheaté cette classe, j’arrête de jouer jusqu’au prochain patch perso.
Ils comprennent toujours pas pourquoi on les compare aux poulets, mais c’est plus facile pour eux de réussir leur vie que pour n’importe qui d’autre muni d’un cerveau
C’est pas la vie qui est cheaté c’est leur classe de base.
Vivement le correctif…
Ça me fait penser à la série Hpi ou une femme munis de biais cognitifs développé et clairement anti flic doit aider des policiers sur des enquêtes
A la lecture de l’article, ca parait au final plutôt logique.
La fonction publique en France à un mode de fonctionnement et on l’applique a la lettre, pas de cas par cas. Ici le flic est techniquement encore innocent, il n’y a pas de raison au yeux de la lois de l’interdire de se présenter à un concours… C’est complètement con, mais c’est comme cela que ca fonctionne.
Et puis le passage sur Darmanin est un peu con aussi. On. sait tous que Darmanin est une grande gueule qui dit pleins de trucs, mais n’associe jamais cela a des actes. Le flic qui avait traité la femme de pute, n’avait au final rien eut, parce que Darmanin n’avait jamais suivi le dossier, il avait juste fait une déclaration.
Donc bon prétendre qu’il y a une différence entre le racisme et le reste c’est faux. Dans tout les cas, Darmanin n’en a rien a foutre, le racisme n’est pas une exception.
Ahaha évidement !
Vivement la prochaine émeute qu’on viennent pleurer sur les policiers.
Dédicace au rageux de droite
Titre un peu trompeur. Il n’a pas été promu suite à cette affaire, il a simplement passé le concours et l’a réussi. Comme n’importe qui aurait put le faire.