**Dans la nuit du 1er au 2 juillet, le jeune homme a été touché par un tir de LBD qui lui a causé un grave traumatisme crânien. Il dit aussi avoir été « tabassé », avec plus de 60 jours d’arrêt de travail à la clef. Six policiers soupçonnés de ces « violences en réunion » ont été placés en garde à vue mardi.**
Le visage esquinté et la tête bandée, Hedi peine encore à réaliser ce qui lui est tombé dessus, dans la nuit du 1er au 2 juillet dernier. « Ils m’ont tiré dessus et m’ont tabassé, puis ils m’ont laissé pour mort par terre », résume-t-il, attablé en terrasse du restaurant tenu par ses parents, dans les Bouches-du-Rhône.
Vendredi 14 juillet, au lendemain de sa sortie de l’hôpital de la Timone, à Marseille, Hedi est un homme détruit. Pourtant, il affirme garder en mémoire les violences qu’il a subies. « C’était une équipe de la BAC, ils étaient au moins quatre, rembobine-t-il. On les a croisés au croisement d’une ruelle vers le cours Lieutaud. » L’endroit exact, le jeune homme de 22 ans ne l’a plus en tête.
Après que des agents de l’IGPN ont recueilli son témoignage, lors de deux auditions organisées durant son hospitalisation, sept policiers ont été placés en garde à vue mardi 18 juillet. D’après La Provence, trois de ces policiers appartiennent à la BAC Sud de Marseille et trois autres, parmi lesquels un officier, à la BAC centre. L’un des agents a été libéré rapidement, tandis que la garde à vue des six autres était prolongée.
Le 5 juillet, le parquet de Marseille avait ouvert une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction, pour des « violences en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique » ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours. Il a confié l’enquête à la police judiciaire (PJ) de Marseille et à l’IGPN.
**« La scène décrite est une scène de barbarie », commente Jacques-Antoine Preziosi, l’avocat de Hedi. « Deux gosses parfaitement socialisés, sans casier, qui travaillent, descendent à Marseille pour se distraire. Ils ne sont ni des manifestants ni des pilleurs. Ils tombent sur cinq ou six cinglés qui les agressent. Il se trouve que ce sont des fonctionnaires de l’État français. Nous attendons que l’enquête ait lieu et que justice se fasse, qu’on identifie ces gens-là et qu’on les juge**. »
#Un tir de LBD et un passage à tabac
Le soir des faits, Hedi donne « un coup de main » à ses parents à l’occasion de la « fête des terrasses ». Il quitte le restaurant seul en voiture, aux alentours de 1 h 15 ou 1 h 30 du matin. « Je suis descendu à Marseille pour rejoindre des camarades, on s’est retrouvés au Vieux-Port », se souvient-il.
Là, il découvre une « scène de film ». « Il y avait un hélicoptère, on a eu l’idée de le suivre, ce qui n’était pas très malin, concède Hedi. Mais bon, un hélicoptère qui survole le ciel à Marseille dans un tel chaos, on n’en voit pas tous les jours. » Lui et Lilian, son ami, arpentent les rues du centre-ville en suivant l’engin des yeux.
Hedi assure qu’ils n’ont pas pris part aux révoltes mais croisé la route d’autres jeunes qui y participaient, certains cagoulés, d’autres pas. Ils avancent dans l’obscurité de la nuit, sans lumière de la ville. Au croisement d’une ruelle située près du cours Lieutaud, ils tombent nez à nez avec les agents de la BAC.
#Je me souviens de leur matraque, de leurs gants à coque et de leur arme de service à la taille.
*Hedi, 22 ans*
« On leur a dit bonsoir, mais on a vite compris qu’ils étaient énervés et fermés à la discussion. » Selon le récit de Hedi, les policiers n’ont pas répondu. L’un d’eux aurait agrippé son lanceur de balle de défense (LBD), un autre se serait saisi de sa matraque pour asséner un coup au visage de Lilian. « Il s’est protégé avec son bras, puis il a réussi à partir en cavalant. » Hedi n’y parvient pas.
Il raconte avoir vu un policier lui tirer dans la tête avec son LBD, puis avoir été traîné au sol sur environ dix mètres. L’un des hommes se serait alors agenouillé sur ses jambes pour l’immobiliser, tout en lui donnant plusieurs coups, tandis que les autres le passaient à tabac. « Je me souviens de leur matraque, de leurs gants à coque et de leur arme de service à la taille. » Il revoit aussi le sang couler sur son visage, provenant de sa blessure à la tête, comme si on lui « renversait de l’eau dessus ». « Je sentais un truc énorme dans mon crâne qui me brulait », poursuit Hedi, qui marque une pause dans son récit pour ravaler ses larmes.
« Il se montre fort, là, mais il pleure en sanglots quand il est seul avec nous à la maison », commente sa mère.
Hedi estime que ce calvaire a duré cinq minutes. Il précise avoir supplié les policiers d’arrêter et ne se souvient d’aucune parole de leur part, en raison du « brouhaha ». « Je criais en disant que j’étais gentil, que j’avais mes papiers, qu’ils pouvaient me fouiller pour voir que je n’avais rien de dangereux sur moi. Mais ils n’ont pas voulu arrêter. »
Après avoir été abandonné, il aurait trouvé, avec l’adrénaline, la force de se relever et de courir, courir encore, sans vraiment savoir où il allait ; tentant d’appeler son ami Lilian par téléphone pour pouvoir le rejoindre quelque part. « J’essayais de lui envoyer ma localisation avec Snapchat, mais avec le stress, je n’y arrivais pas. On a fini par se retrouver par hasard devant une alimentation. »
>À sa sortie de l’hôpital, il devait rejoindre une maison de rééducation à Avignon, mais la famille a refusé. « Avec tout ce qu’il a vécu, on refuse qu’il soit loin de nous », explique Leila, qui lui a trouvé une autre maison de repos tout près d’ici.
Dommage, c’est important la rééducation physique après un tel traumatisme. Une maison de repos ce n’est pas vraiment la même chose.
Une bonne vieille ratonnade à l’ancienne.
Les tirs de LDB à la tête devraient être automatiquement qualifiés de tentative de meutre, ca calmerait peut être quelques cow-boys.
Pour le reste, que dire, une dissolution de l’unité ? à quoi bon, si c’est pour retrouver les mêmes dans d’autres unités similaires recomposées.
Après les “arrestations musclées” là on a la tentative de meurtre en réunion puis juste ils se barrent.
Ils font vraiment un travail “merveilleux”.
Je me souviens quand des gens sur reddit étaient contre les émeutes et nous disaient qu’il n’y avait aucun lien avec Nahel et les violences policières.
Ca va être trèèèèès compliqué de revenir en arrière après tous ces blessés. Ca va être compliqué de reconstruire la réputation de la police.
Alliance va se battre bec et ongle contre des réformes sur la police, mais l’état ne va pas pouvoir rester les bras croisés.
A mon avis, les formateurs des écoles de police sont en train de se poser plein plein de question sur comment former les futurs policiers, et ils doivent commencer à douter.
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**Dans la nuit du 1er au 2 juillet, le jeune homme a été touché par un tir de LBD qui lui a causé un grave traumatisme crânien. Il dit aussi avoir été « tabassé », avec plus de 60 jours d’arrêt de travail à la clef. Six policiers soupçonnés de ces « violences en réunion » ont été placés en garde à vue mardi.**
Le visage esquinté et la tête bandée, Hedi peine encore à réaliser ce qui lui est tombé dessus, dans la nuit du 1er au 2 juillet dernier. « Ils m’ont tiré dessus et m’ont tabassé, puis ils m’ont laissé pour mort par terre », résume-t-il, attablé en terrasse du restaurant tenu par ses parents, dans les Bouches-du-Rhône.
Vendredi 14 juillet, au lendemain de sa sortie de l’hôpital de la Timone, à Marseille, Hedi est un homme détruit. Pourtant, il affirme garder en mémoire les violences qu’il a subies. « C’était une équipe de la BAC, ils étaient au moins quatre, rembobine-t-il. On les a croisés au croisement d’une ruelle vers le cours Lieutaud. » L’endroit exact, le jeune homme de 22 ans ne l’a plus en tête.
Après que des agents de l’IGPN ont recueilli son témoignage, lors de deux auditions organisées durant son hospitalisation, sept policiers ont été placés en garde à vue mardi 18 juillet. D’après La Provence, trois de ces policiers appartiennent à la BAC Sud de Marseille et trois autres, parmi lesquels un officier, à la BAC centre. L’un des agents a été libéré rapidement, tandis que la garde à vue des six autres était prolongée.
Le 5 juillet, le parquet de Marseille avait ouvert une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction, pour des « violences en réunion par personnes dépositaires de l’autorité publique » ayant entraîné une ITT supérieure à 8 jours. Il a confié l’enquête à la police judiciaire (PJ) de Marseille et à l’IGPN.
**« La scène décrite est une scène de barbarie », commente Jacques-Antoine Preziosi, l’avocat de Hedi. « Deux gosses parfaitement socialisés, sans casier, qui travaillent, descendent à Marseille pour se distraire. Ils ne sont ni des manifestants ni des pilleurs. Ils tombent sur cinq ou six cinglés qui les agressent. Il se trouve que ce sont des fonctionnaires de l’État français. Nous attendons que l’enquête ait lieu et que justice se fasse, qu’on identifie ces gens-là et qu’on les juge**. »
#Un tir de LBD et un passage à tabac
Le soir des faits, Hedi donne « un coup de main » à ses parents à l’occasion de la « fête des terrasses ». Il quitte le restaurant seul en voiture, aux alentours de 1 h 15 ou 1 h 30 du matin. « Je suis descendu à Marseille pour rejoindre des camarades, on s’est retrouvés au Vieux-Port », se souvient-il.
Là, il découvre une « scène de film ». « Il y avait un hélicoptère, on a eu l’idée de le suivre, ce qui n’était pas très malin, concède Hedi. Mais bon, un hélicoptère qui survole le ciel à Marseille dans un tel chaos, on n’en voit pas tous les jours. » Lui et Lilian, son ami, arpentent les rues du centre-ville en suivant l’engin des yeux.
Hedi assure qu’ils n’ont pas pris part aux révoltes mais croisé la route d’autres jeunes qui y participaient, certains cagoulés, d’autres pas. Ils avancent dans l’obscurité de la nuit, sans lumière de la ville. Au croisement d’une ruelle située près du cours Lieutaud, ils tombent nez à nez avec les agents de la BAC.
#Je me souviens de leur matraque, de leurs gants à coque et de leur arme de service à la taille.
*Hedi, 22 ans*
« On leur a dit bonsoir, mais on a vite compris qu’ils étaient énervés et fermés à la discussion. » Selon le récit de Hedi, les policiers n’ont pas répondu. L’un d’eux aurait agrippé son lanceur de balle de défense (LBD), un autre se serait saisi de sa matraque pour asséner un coup au visage de Lilian. « Il s’est protégé avec son bras, puis il a réussi à partir en cavalant. » Hedi n’y parvient pas.
Il raconte avoir vu un policier lui tirer dans la tête avec son LBD, puis avoir été traîné au sol sur environ dix mètres. L’un des hommes se serait alors agenouillé sur ses jambes pour l’immobiliser, tout en lui donnant plusieurs coups, tandis que les autres le passaient à tabac. « Je me souviens de leur matraque, de leurs gants à coque et de leur arme de service à la taille. » Il revoit aussi le sang couler sur son visage, provenant de sa blessure à la tête, comme si on lui « renversait de l’eau dessus ». « Je sentais un truc énorme dans mon crâne qui me brulait », poursuit Hedi, qui marque une pause dans son récit pour ravaler ses larmes.
« Il se montre fort, là, mais il pleure en sanglots quand il est seul avec nous à la maison », commente sa mère.
Hedi estime que ce calvaire a duré cinq minutes. Il précise avoir supplié les policiers d’arrêter et ne se souvient d’aucune parole de leur part, en raison du « brouhaha ». « Je criais en disant que j’étais gentil, que j’avais mes papiers, qu’ils pouvaient me fouiller pour voir que je n’avais rien de dangereux sur moi. Mais ils n’ont pas voulu arrêter. »
Après avoir été abandonné, il aurait trouvé, avec l’adrénaline, la force de se relever et de courir, courir encore, sans vraiment savoir où il allait ; tentant d’appeler son ami Lilian par téléphone pour pouvoir le rejoindre quelque part. « J’essayais de lui envoyer ma localisation avec Snapchat, mais avec le stress, je n’y arrivais pas. On a fini par se retrouver par hasard devant une alimentation. »
>À sa sortie de l’hôpital, il devait rejoindre une maison de rééducation à Avignon, mais la famille a refusé. « Avec tout ce qu’il a vécu, on refuse qu’il soit loin de nous », explique Leila, qui lui a trouvé une autre maison de repos tout près d’ici.
Dommage, c’est important la rééducation physique après un tel traumatisme. Une maison de repos ce n’est pas vraiment la même chose.
Une bonne vieille ratonnade à l’ancienne.
Les tirs de LDB à la tête devraient être automatiquement qualifiés de tentative de meutre, ca calmerait peut être quelques cow-boys.
Pour le reste, que dire, une dissolution de l’unité ? à quoi bon, si c’est pour retrouver les mêmes dans d’autres unités similaires recomposées.
Après les “arrestations musclées” là on a la tentative de meurtre en réunion puis juste ils se barrent.
Ils font vraiment un travail “merveilleux”.
Je me souviens quand des gens sur reddit étaient contre les émeutes et nous disaient qu’il n’y avait aucun lien avec Nahel et les violences policières.
Ca va être trèèèèès compliqué de revenir en arrière après tous ces blessés. Ca va être compliqué de reconstruire la réputation de la police.
Alliance va se battre bec et ongle contre des réformes sur la police, mais l’état ne va pas pouvoir rester les bras croisés.
A mon avis, les formateurs des écoles de police sont en train de se poser plein plein de question sur comment former les futurs policiers, et ils doivent commencer à douter.