[Extrait de l’enquête Mediapart 18 juillet 2020] “Le Squale, opérations secrètes : Épisode 4 : Le maître espion, l’Afrique et le «parrain des parrains»”

[Extrait de l’enquête Mediapart 18 juillet 2020] "Le Squale, opérations secrètes : Épisode 4 : Le maître espion, l’Afrique et le «parrain des parrains»"
by u/Goypride in france



by Goypride

4 comments
  1. Pourquoi c’est important aujourd’hui ⬇️

    **Personnages :**

    #Paul-Antoine Tomi :

    **Paul-Antoine Tomi aka “Tomi le Corse”** est comissaire divisionnaire et haut-responsable à la préfecture de police de Paris, c’est celui qui est en charge de gérer les manifestations à Paris. C’est aussi lui qui était en charge de la fameuse finale au stade de France. Il est sous les ordres de **Alexis Marsan**, chef de l’état-major de la DOPC (il est lui aussi accusé de nombreuses magouilles et de violences, c’est un ancien militaire qui est dans le fantasme d’une France chrétienne sous la menace d’une guerre civilisationnelle).

    Un des cas de violence dont il est accusé :

    *« Je m’en fous, je suis de la police » : le bras droit du préfet Lallement visé par une enquête pour des violences sur un cycliste*
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070722/je-m-en-fous-je-suis-de-la-police-le-bras-droit-du-prefet-lallement-vise-par-une-enquete-pour-des-violence

    **Retour sur Tomi le Corse :**

    >L’identité du policier matraqueur a été tenue confidentielle durant plusieurs jours jusqu’aux révélations de StreetPress, qui s’est illustré ces derniers mois avec des enquêtes dénonçant plusieurs faits de violences policières en France.

    >Dans son article, le site d’information rappelle que le commissaire Tomi est notamment le responsable direct des unités BRAV-M de la préfecture de police, dont les méthodes d’intervention sont régulièrement mises en cause par des spécialistes et observateurs du maintien de l’ordre en France. Il a aussi fait partie des fonctionnaires de police décorés en 2019 de la médaille de la sécurité intérieure à la suite des manifestations de « gilets jaunes ». La même année, il a participé à l’élaboration du schéma national du maintien de l’ordre.

    >Mais avec le dévoilement du nom de Paul-Antoine Tomi, c’est tout un curriculum vitae déjà riche en sourdes polémiques qui a resurgi. Car Paul-Antoine Tomi n’est pas exactement n’importe qui, en tout cas pas un policier tout à fait comme les autres, ainsi que Mediapart a pu le documenter depuis 2015.

    >Paul-Antoine Tomi a longtemps été affecté à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, aujourd’hui DGSI), l’un des principaux services secrets français, sous les ordres de son directeur Bernard Squarcini, dont il est un proche.

    https://www.streetpress.com/sujet/1612197174-commissaire-filme-matraquer-manifestant-traine-autres-casseroles-violences-policieres

    #Frédéric Veaux

    **L’actuel directeur général de la Police Nationale et celui qui a pris la défense des policiers marseillais hier.** Il est proche de Squarcini et du milieu barbouze corse. Il doit son poste grâce à ces réseaux, et n’a aucune compétence particulière. Cf la vidéo.

    #Alexis Marsan :

    >**Muté des RG après avoir utilisé son arme dans une cité**

    >**Alexis Marsan, un ancien militaire qui a fait l’essentiel de sa carrière dans le maintien de l’ordre, est un des premiers bénéficiaires de ce grand ménage. Le nom de cet habitué du terrain et du contact apparaît pour la première fois dans la presse il y a vingt ans : en 2002, il est blessé d’un coup de couteau à l’abdomen lors d’une manifestation alors qu’il était jeune commissaire. Au milieu des années 2000, il fait par la suite un passage à la direction centrale des renseignements généraux (DCRG), avant d’être brutalement muté chez les CRS après un épisode trouble, relaté en octobre 2006 dans une dépêche AFP où son identité n’est pas citée.**

    >L’incident aurait eu lieu le 12 octobre précisément, alors qu’Alexis Marsan était « en exercice de filature » avec son supérieur. « Témoins d’un vol à l’arraché », les deux hommes seraient intervenus avant d’être pris à partie par « une trentaine de jeunes ». Ils font alors usage de leur arme de service, des tirs qui leur valent quelques semaines plus tard d’être écartés des renseignements généraux.

    >Cela n’empêche pas l’inspecteur général Marsan de continuer à monter rapidement dans la hiérarchie, jusqu’à être **nommé en 2020 directeur adjoint de la DOPC de la préfecture de police, où il occupe un rôle clé sous la direction de Jérôme Foucaud, un haut gradé sans expérience du maintien de l’ordre, propulsé là à la faveur du scandale Benalla** – c’est lui qui a signé le « télégramme » qui a entériné le dispositif de maintien de l’ordre de la finale de la Ligue des champions.

    >Depuis 2018, c’est Alexis Marsan qui dirige d’une main de fer les opérations lors des manifestations les plus sensibles. À la préfecture de police, certains louent « son côté sympathique et sa bonne connaissance du terrain ». D’autres décrivent **un homme « dans une logique d’hubris », habité par une « vision violente » du maintien de l’ordre, dont l’impulsivité, le « manque d’anticipation » et « le manque de sérénité » ont créé un climat délétère.** « Quand il lance sur les ondes lors d’une manif un peu compliquée “Rentrez-leur dedans !”, vous imaginez ce qui se passe dans la tête du jeune gardien de la paix », expose l’un de ses anciens subalternes.

    >**”Défoncez-moi les gens qui sont à la place du rond-point.”**
    *Alexis Marsan sur les ondes, lors d’un rassemblement de gilets jaunes*

    >Certains de ses « services », comme on les appelle à la PP, sont restés dans les annales. À commencer par la manifestation de gilets jaunes qui a abouti au saccage de l’Arc de triomphe le 1er décembre 2018. Le dispositif qu’il avait mis au point avait fait l’objet d’un « retex » (retour d’expérience) au vitriol rédigé par l’une des sections syndicales de la DOPC. **Lui sont reprochés dans ce document, déjà, des choix stratégiques « inadaptés », « des fautes tactiques majeures » et une « hypercentralisation du commandement ».** « Un seul décideur, si brillant soit-il, ne peut à lui seul gérer un dispositif aussi complexe », « l’organisation et les techniques de maintien de l’ordre sur l’agglomération parisienne doivent être repensées en urgence », concluait l’auteur de ce rapport, aujourd’hui à la retraite, qui, contacté par Mediapart, n’a pas souhaité ajouter de commentaire.

    >**« Le préfet Lallement et Marsan se rejoignent sur des pratiques très musclées du maintien de l’ordre », déplore un commandant de police qui a régulièrement participé aux opérations les samedis de rassemblements des gilets jaunes. « On a toujours craint le pire, c’est-à-dire qu’il y ait un mort.** Lorsque Lallement est arrivé en 2019 à Paris, il a trouvé son alter ego avec Marsan. Il faut “aller au contact des manifestants”, les “impacter” comme ils le disent, voire les “percuter”. Il suffit de voir le nombre de blessés parmi les gilets jaunes. C’est honteux », ajoute-t-il. 

    >**« Impactez-les fort », « mettez-les minables »**

    >Si ce commandant accepte de témoigner aujourd’hui, en préservant son anonymat, « c’est que les événements du Stade de France ont été la goutte d’eau ». « On doit se préparer aux JO et avant il risque d’y avoir des manifestations à la rentrée. Qu’allons-nous faire ? Gazer, matraquer, mutiler ? », s’interroge-t-il, avant d’égrener les surnoms attribués à **Alexis Marsan par ses détracteurs : « le boucher », « l’opportuniste », « le courtisan sans foi ni loi »**

    >Le nom d’Alexis Marsan revient dans plusieurs affaires, notamment celle concernant les blessures de Gabriel Pontonnier, 21 ans, dont la main a été mutilée par une grenade explosive GLI-F4, le 24 novembre 2018, au cours de l’acte 2 des gilets jaunes en bas des Champs-Élysées. Le même jour, un autre manifestant, Pierre, avait également été grièvement blessé par une GLI-F4 tirée par un CRS.  

    >Interrogé par l’IGPN en septembre 2021, Alexis Marsan précise que l’ordre de recourir aux grenades explosives, transmis oralement par le préfet, n’a donné lieu à aucune note et qu’il l’a lui-même relayé sur les ondes radio. Le 10 février 2022, jugeant l’usage d’une grenade à l’égard de Gabriel Pontonnier disproportionné, le juge d’instruction a mis en examen l’auteur du tir, le major Jacky D., sans retenir la responsabilité des hauts fonctionnaires de la préfecture.

    >« Ce n’est pas simple de caractériser une infraction pénale imputable à la hiérarchie, le droit pénal étant d’interprétation stricte », nous explique un magistrat. « Le sujet est celui de la complicité, qui pourrait être retenue contre la hiérarchie en fonction de la nature de l’ordre, de sa précision et de sa distance par rapport aux faits. Cette question est légitime même si l’appréciation n’est pas évidente en pratique. La responsabilité de la hiérarchie peut également être recherchée au niveau disciplinaire. »

    >Outre le recours à ces grenades décriées, les investigations sur l’auteur de la mutilation de Gabriel Pontonnier rapportent également la **violence des ordres donnés depuis la salle de commandement de la préfecture : « venir impacter très fort, très fort les manifestants », « les mettre minables ». « Défoncez-moi les gens qui sont à la place du rond-point »**, lance-t-on depuis la préfecture.  

    *Révélations sur la clique qui a conduit la préfecture de police à sa perdition*
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170622/revelations-sur-la-clique-qui-conduit-la-prefecture-de-police-sa-perdition

  2. C’est fou comme on arrive pas à se débarrasser de cette mafia corse dans la police. Merci Pasqua, merci Sarko (son padawan) et merci à Darmanin (le padawan de Sarko).

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