Le titre enfonce une porte ouverte mais j’ai quand même quelques trucs à dire.

1. En France la majeure partie de la population vie en ville. En 2021 seulement [18,76% de la population française est dite “rurale”](https://fr.statista.com/statistiques/473813/population-rurale-en-france/#:~:text=Au%20cours%20de%20cette%20p%C3%A9riode,dans%20des%20villes%20en%202021). La grande majorité des français vivent donc dans les villes c’est à dire loin des milieux naturels. Pour ceux qui habitent dans les grandes villes, certains ont même jamais vu une vache ou une poule. Dans leur environnement, à part des arbres et du gazon ils connaissent pas grand chose au végétal. C’est caricaturé mais tout ça c’est pour dire que vivre en ville ne permet pas de se former des connaissances même basiques sur les environnements naturels. Quand on habite au milieu du béton, qu’on vie dans un bureau, dans la voiture/transports et à la maison on ne voit rien de la nature.
2. En ville la nature est fausse. Les pelouses et les espaces verts sont entretenus et arrosés. Les arbres morts/malades sont coupés et remplacés. Les espèces et types de végétaux sont choisis spécialement pour être adaptés à la ville. Ceci en plus de l’argument précédent fait qu’une personne qui a pour environnement quotidien la ville n’est pas en capacité d’apprendre ceux à quoi un milieu naturel est sensé ressembler, encore moins à repérer quand il va mal. La ville provoque une telle déprivation de nature que les gens deviennent incapables de dire quelle espèce il est normal de rencontrer dans leur région.
3. En fait c’est encore pire parce que même si une personne ne passe pas la plupart de son temps dans un environnement urbain, la campagne elle-même n’est plus naturelle. Les champs sont artificiels et à perte de vue, les forêts sont entretenues si ne sont pas carrément en monoculture. La nature “naturelle” n’existe tout simplement plus à proximité des zones d’habitation et de travail.

Par conséquent l’éducation environnementale est complètement bloquée par le manque de matière donnée au quotidien. Aujourd’hui j’entend des gens dire qu’il faut de l’éducation écologique à l’école mais déjà il faudrait remettre de la nature dans leur quotidien non? Réussir à remettre de la nature dans les villes c’est pas qu’un enjeu d’urbanisme, c’est la condition nécessaire à toute éducation environnementale.

On ne peut pas attendre d’une personne qu’elle comprenne les enjeux de climat quand elle ne sait même pas de quel animal vient sa viande et que les seuls arbres qu’elle a vue dans sa vie sont ceux du bord de la route.

Ou alors solution plus radicale, désengorger les villes et remettre les gens à la campagne.

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1. Si les gens connaissent pas les environnements naturels de leur propre pays et de leur propre région, alors on ne peut pas attendre d’eux qu’ils aient une image fidèle de l’environnement à l’étranger. Aujourd’hui la France et l’Europe du Nord sont encore très largement épargnés par les effets du réchauffement climatique. Les effets que l’on voit sont ceux qui nous sont montrés à la télévision: en Grèce, en Espagne, en Algérie. Or dans la tête des gens ces incendies géants c’est normal. Parce que c’est pays c’est des “pays du Sud”, parce qu’il fait “naturellement chaud” là-bas. Rien que l’Espagne, dans la tête d’énormément de monde l’Espagne est déjà un pays largement désertique. Quand on leur dit que le pays est entrain de devenir un désert pour de vrai dans leur tête c’est normal. Ils ne s’imaginent pas qu’il y a des grandes forêts là-bas. Encore pire pour l’Algérie, quand on parle de l’Algérie à quelqu’un, cette personne pense: désert, oasis, touareg, etc… Ils se rendent pas compte qu’il y a des forêts là-bas, pareil pour le Maroc et la plupart des pays nord-africains.
2. La télévision déforme tout à travers le prisme des vacances. On se plaint déjà tous ici des sujets qui parlent de la canicule en nous montrant des vendeurs de glace. En réalité c’est pire que ça. Quand il y a des catastrophes naturelles comme les feux on nous parle des conséquences sur le tourisme. Quand le niveau des océans monte, on va dans les îles du pacifique et on nous dit que les belles plages de sable vont disparaître; sans nous dire que les gens qui habitent là à l’année sont entrain de perdre leur maison ET LEURS TERRES. Quand on nous parle des glaciers qui fondent on nous parle aussi des stations de ski, etc…

Il faut à tout prix informer la population non seulement sur les milieux naturels qui les entourent mais aussi sur les milieux naturels qui sont sensés exister à l’étranger. Il faut vaincre ces clichés régionaux: en Espagne il y a beaucoup de forêts, c’est pas sensé être désertique; au Maghreb c’est pas que du désert, il y a des forêts, des rivières, des animaux; non le climat méditerranéen n’est pas sensé être aussi chaud, etc… Ca ne sert à rien de montrer des images choc si les gens les interprètent avec leur vision de consommateur. Il faut aussi recréer des zones réellement naturelles, non exploitées et accessibles aux visiteurs. On nous dit toujours que c’est important pour les espèces, etc… mais c’est surtout important pour que les gens se rendent compte à quel point ils vivent dans un milieu artificiel. **Une forêt où il n’y a pas de petits arbres ni même on tronc d’arbre mort au sol c’est pas naturel.**

On dit souvent que nos dirigeants ou nos médias sont déconnectés mais on parle pas du tout d’à quel point la population citadine elle-même est déconnectée. On a enfermé les gens dans des cages de béton, ils n’ont jamais vu l’animal duquel vient leur steak, ils ont une idée fausse de ce que sont les écosystèmes à l’étranger.

Aujourd’hui en matière de conscience environnementale et écologique, l’ennemis numéro un c’est la ville. Il faut à tout prix résoudre cette fracture entre ville et campagne pour que les gens comprennent ce qu’il se passe.

Je devrais aussi ajouter qu’évidemment si les gens n’ont pas de temps libre pour sortir ni d’énergie cérébrale pour connecter leurs neurones c’est peine perdue mais le capitalisme est plus fort que tout.

by Mechanizen

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