Lejeune au « JDD » : Bolloré écrase ses négos sur les grévistes

by Goypride

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  1. **Lejeune au « JDD » : Bolloré écrase ses négos sur les grévistes
    Refusant, selon nos informations, une charte éthique bannissant le racisme, Lagardère rompt les négociations. Geoffroy Lejeune sera là dès le 1er août.**

    Symbole criant, hurlant même, d’une direction du Journal du dimanche arc-boutée sur la nomination du journaliste d’extrême droite Geoffroy Lejeune à la tête de la rédaction. Selon nos informations, d’un trait, elle a biffé la proposition faite par les représentants des grévistes d’étendre à la direction de la rédaction l’interdiction de tout propos raciste. Terrible aveu de Lagardère News refusant ainsi d’un coup de stylo d’interdire dans les pages d’un futur JDD aux mains de Lejeune ce qui est pourtant déjà proscrit par la loi. Comment s’étonner alors que, quelques heures plus tard, la direction décide de rompre les négociations qui se tiennent depuis trente-deux jours, faisant entrer le conflit dans une zone inconnue ?

    Le communiqué est tombé ce lundi soir en deux versions. L’une interne, pour la rédaction ; l’autre quelques minutes plus tard, pour l’extérieur. Trop bonne, la direction qui n’avait pas daigné accorder à ses salariés la primeur de la nomination de Geoffroy Lejeune via un communiqué qui a provoqué des boutons dont les cicatrices sont encore à vif (lire l’épisode 46, « “Le JDD” se prend un coup de Lejeune »). De l’une à l’autre version, la même teneur et les mêmes mots : « La direction de Lagardère News prend acte, avec regrets, de l’absence d’accord avec la SDJ (Société des journalistes) et les organisations syndicales. » Elle annonce surtout que Geoffroy Lejeune « prendra la direction effective de la rédaction le 1er août » et que, d’ici là, il est « au travail et prépare avec la direction les éditions à venir du JDD ». Retour donc à la case départ, un mois plus tôt, comme si trente-deux jours de grève, cinq non-parutions et un site d’infos en carafe n’avaient servi à rien, comme si les douze réunions de négociations qui se sont tenues n’avaient été que du vent : Geoffroy Lejeune arrive et pis c’est tout.

    Et ce nonobstant l’actuelle charte de déontologie signée en 2020 par Constance Benqué, présidente de Lagardère Media News (qui regroupe Le JDD, Paris Match et Elle International) qui, en annexe, dit observer « l’ensemble des principes énoncés dans la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes, adoptée à Munich en 1971 » – une des deux chartes qui font référence dans la profession. Dont l’article 4 stipule : « L’équipe rédactionnelle doit être obligatoirement informée de toute décision importante de nature à affecter le vie de l’entreprise. Elle doit être au moins consultée, avant toute décision définitive , sur toute mesure intéressant la composition de la rédaction. » Quand on voit le peu de cas fait de la déontologie par la direction du groupe Lagardère, on comprend mieux qu’elle soit au cœur du nœud qui entrave les négociations.

    #Personne ne peut contester le droit de l’actionnaire de nommer le directeur de la rédaction. C’est la loi.

    *La version interne – et plus brutale – du communiqué d’Arnaud Lagardère*

    Dans le communiqué interne publié ce lundi, les journalistes ont tout de même eu droit à une attention particulière. « L’actionnaire qui nomme le directeur de la rédaction ne fait que respecter la loi », déclare Arnaud Lagardère dans la version publique. « Personne ne peut contester le droit de l’actionnaire de nommer le directeur de la rédaction. C’est la loi », déclare le même Arnaud Lagardère dans la version interne, plus brutale. Alors que si, ils commencent à être nombreux à contester ce droit : plusieurs députés, de La France insoumise au Modem en passant par le parti présidentiel, ont proposé la semaine dernière une loi donnant justement aux rédactions un droit d’agrément sur leur responsable (lire l’épisode précédent, « Bolloré : une loi contre le pas de l’oie au “JDD” »). Surtout, ils sont 98 % de la rédaction du JDD à, chaque jour, refuser de se voir diriger par un militant d’extrême droite, Geoffroy Lejeune. Refuser de voir ce journal, centriste les bons dimanches, assez clairement de droite les autres – une tendance de plus en plus accentuée depuis que Vincent Bolloré est entré au capital du groupe Lagardère –, passer à l’extrême droite.

    Une prise de contrôle anticipée d’ailleurs formellement interdite, puisque l’OPA de Vivendi sur Lagardère n’est pas encore effective. Et il se trouve que, ce mardi, la Commission européenne a annoncé ouvrir formellement une enquête pour soupçon de ce qui s’appelle le « gun jumping ». « À ce stade, écrit la commissaire Margrethe Vestager en charge de la concurrence, la Commission a recueilli suffisamment d’éléments pour ouvrir une procédure formelle d’examen visant à déterminer si Vivendi a respecté nos procédures. » On serait Margrethe, on relirait l’épisode 38 de L’héritier où on a recueilli aussi pas mal d’éléments… La procédure est longue mais la peine encourue, lourde : jusqu’à 10 % du chiffre d’affaires. En revanche, elle n’empêche pas l’OPA d’être validée.

    #La direction du « JDD » a mis une « rupture conventionnelle collective » sur la table : plutôt renoncer à des dizaines de journalistes qu’à Geoffroy Lejeune

    Au JDD, les négociations ont de toute façon achoppé sur les deux seules revendications de la rédaction : renoncement à Geoffroy Lejeune et indépendance éditoriale. Puisque le premier point ne se discutait pas côté direction, comme attendu, comme éprouvé déjà dans les précédents conflits opposant une rédaction à Vincent Bolloré (i-Télé, le service des sports de Canal+, Europe 1, Paris Match), une « rupture conventionnelle collective » était sur la table : plutôt renoncer à des dizaines de journalistes qu’à Geoffroy Lejeune, voici un chèque, voici la porte. Difficile à évaluer encore mais ce serait la quasi-totalité de la rédaction, rien de moins, qui serait prête à s’en aller. Ce qui se négociait, c’était le calendrier : la direction de Lagardère News – représentée dans les négos par le DRH Stéphane Egloff, son adjointe Carole Gilioli et Pierre-Emmanuel Ferrand, directeur du numérique – a repoussé l’entrée en fonction de Lejeune à la fin août. En face, les journalistes ont tenté de la retarder encore un peu plus, jusqu’à ce que soient terminées les négociations sur le plan de départs, jusqu’à octobre, histoire de n’avoir pas à travailler sous les ordres de Lejeune. Les conditions de départ, elles aussi, se marchandaient. « Bien au-delà des obligations légales », avance la direction, à savoir de l’ordre de celles pratiquées à i-Télé (deux mois de salaire par année de travail), quand la rédaction cherchait, elle, à obtenir un plancher minimum pour les salariés les plus jeunes et des garanties pour les plus vieux. Refus là aussi.

  2. > Bolloré écrase ses négos sur les grévistes, refusant, selon nos informations, une charte éthique bannissant le racisme

    Petit rappel que Bolloré est un danger pour l’humanité.

  3. Lejeune est un sac de pus. Ok.

    Mais au delà de ça, faut quand même être le super saiyan des forceurs pour continuer à vouloir prendre la tête d’un journal alors que toute l’équipe rédactionnelle a expliqué qu’ils ne voulaient pas voir ta gueule.

    Cette histoire de Lejeune/JDD c’est un mix entre le clip “Tellement je t’aime” de Faudel et un épisode du cartoon Pépé le Putois.

  4. Visiblement ça n’aime pas quand les gens lui disent non. Eh.

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