**Bruxelles devrait parallèlement accorder au gaz le label d’énergie de transition, à l’issue de négociations en faux-semblants avec Paris et Berlin.**
Ce devait être tranché avant la fin de l’année. Lors du conseil européen des 21 et 22 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement européens avaient pressé la Commission de décider, d’ici à la fin novembre, du sort qui serait réservé au nucléaire et au gaz dans la taxonomie, ce classement des activités économiques en fonction de leurs émissions de CO2 et de leurs conséquences sur l’environnement. Ursula von der Leyen, la présidente de l’exécutif communautaire, avait promis que ce serait chose faite avant leur prochain rendez-vous, prévu le 16 décembre.
Il n’en a finalement rien été. L’ancienne ministre d’Angela Merkel, qui gère le dossier en direct avec Paris et Berlin depuis qu’elle s’est fait bousculer par les Vingt-Sept, n’a en effet cessé de repousser son arbitrage, qu’on attend désormais pour janvier. Elle devrait finaliser sa proposition d’ici au 30 décembre, afin de la soumettre (pour simple avis), comme le veut la procédure, à un groupe d’experts. Et, si tout se passe comme prévu, la Commission présentera son projet le 18 janvier.
De la décision de Bruxelles dépendra la capacité des secteurs du nucléaire et du gaz à financer leurs futurs investissements. A l’heure où les Européens ont décidé d’atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément à l’accord de Paris, où la dépendance au gaz russe inquiète de plus en plus, et où les prix de l’énergie flambent, il s’agit là d’un enjeu crucial.
« Nous sommes très proches de la finalisation de notre travail sur [la taxonomie], qui inclura à la fois le gaz et le nucléaire », a affirmé le commissaire au marché intérieur, Thierry Breton, dans un entretien au quotidien allemand Die Welt, le 17 décembre. Dans les grandes lignes, « l’arbitrage politique est arrêté », abonde un diplomate. Il semble, en effet, acquis que l’atome sera considéré comme une énergie verte et le gaz comme une énergie de transition. Mais à certaines conditions, qui, elles, restent encore à caler et qui s’apparentent à un véritable casse-tête chinois pour Ursula von der Leyen.
**Une affaire stratégique pour la France**
La taxonomie, « c’est un tout petit sujet », a voulu minimiser Olaf Scholz, lors d’une conférence de presse commune avec Emmanuel Macron, à l’issue du conseil européen du 16 décembre. Le chancelier allemand a confié à l’un de ses interlocuteurs qu’il ne « va pas embêter Emmanuel avec ça ». Le président français, lui, est à la manœuvre depuis des mois pour défendre la cause du nucléaire, arguant sans relâche qu’il s’agit là d’une énergie bon marché, à bas carbone et stable, ce qui est précieux, en ces temps de lutte contre le réchauffement climatique et de flambée des prix de l’énergie. Pour la France, qui se prépare à renouveler son parc nucléaire, l’affaire est stratégique.
Certes, mais Olaf Scholz, dont le pays a fait le choix de sortir du nucléaire, doit aussi veiller à ne pas (trop) fâcher sa coalition. Et là, la chose n’est pas simple : les Verts sont contre le nucléaire mais aussi contre le gaz, qui émet du CO2 ; le SPD, lui, peut vivre avec le gaz mais il est très remonté contre l’atome… Dans ce contexte, le chancelier ne peut se permettre de se montrer, publiquement du moins, compréhensif vis-à-vis de Paris. D’ailleurs, lors du conseil du 16 décembre, il s’est montré très ferme sur son refus d’intégrer le nucléaire dans la taxonomie. Dans ce contexte, Bruxelles doit veiller à donner des arguments à Berlin, afin que l’arbitrage final ne fasse pas imploser la toute jeune coalition allemande.
Afin de satisfaire sa majorité, « Olaf Scholz souhaite que le mot transition soit d’une manière ou d’une autre accolé au nucléaire. Le nucléaire n’est pas une énergie de transition, mais on peut considérer que les centrales de troisième génération sont une technologie de transition », explique une source européenne. Reste à savoir jusqu’à quand les investissements dans ce type d’installations seront éligibles à la taxonomie : 2040 disent certains, 2050 répond Paris, qui veut se caler sur l’échéance à laquelle l’Union européenne s’est engagée à la neutralité carbone. La Commission cherche aussi à encadrer la question du traitement des déchets qui pose problème en matière d’environnement. « Les Français recyclent déjà une partie des déchets nucléaires dans l’usine de la Hague [Manche]. La question, c’est d’aller plus loin et de définir un calendrier pour le recyclage de ces déchets », explique un diplomate.
Quant au gaz, il sera éligible à la taxonomie comme énergie de transition s’il remplace le charbon et s’il respecte certaines normes techniques. Il s’agit notamment de définir, pour les centrales, un seuil maximal d’émission de CO2 et un nombre maximal d’heures d’activité. Il faut également déterminer à partir de quelle année le gaz ne sera plus une énergie de transition.
**Compromis difficile**
Sur tous ces sujets, au-delà des débats entre les Verts et le SPD allemands, Bruxelles doit aussi composer avec de nombreux Etats membres, à commencer par les pays d’Europe de l’Est, Pologne et Hongrie en tête, qui comptent sur le gaz pour fermer leurs centrales à charbon, tout en ayant à cœur de construire une Europe moins dépendante du gaz russe. Et qui militent pour une taxonomie qui ne serait pas trop contraignante avec le gaz.
C’est donc un compromis très difficile que doit trouver Ursula von der Leyen, qui a fait du Green Deal sa marque de fabrique et qui a aussi beaucoup à perdre dans l’histoire. Tout en préservant Berlin d’une crise politique, il lui faut s’attacher à ne pas coaliser contre sa proposition des intérêts divers parmi les Vingt-Sept, qui en viendraient à représenter la majorité qualifiée nécessaire pour la faire tomber.
Berlin votera très certainement contre le texte que la Commission présentera le 18 janvier, ainsi que Vienne et Luxembourg, qui sont également farouchement antinucléaires. Mais « l’idée c’est que Berlin aura néanmoins implicitement validé la copie de Bruxelles. Ce qui veut dire que Berlin continuera à soutenir Ursula von der Leyen et que la coalition ne sera pas mise en péril », décrypte un haut fonctionnaire.
En octobre, la présidente de la Commission a pensé, un temps, qu’elle pourrait rendre son verdict avant le départ d’Angela Merkel, qui « était prête à prendre en partie le blâme », explique un diplomate. Mais Olaf Scholz a souhaité qu’il n’en soit pas ainsi. Peut-être lui arrive-t-il, aujourd’hui, de le regretter.
Les Allemands en sueur (à cause du réchauffement climatique provoqué par leur charbon)
Oh putain enfin
Bonne nouvelle !
Maintenant, il faut construire de nouvelles centrales avec plus d’efficacité.
Et continuer la recherche !
Les allemands et les belges:
“cool on va pouvoir acheter de l’électricité française et se donner bonne conscience sans avoir de centrale sur notre territoire !!”
ITER ! le Turfu !
Quand tu regardes les Simpson, tu vois bien que c’est une énergie de couleure verte.
Ce qui confirme exactement ce que je dis depuis longtemps : l’UE, c’est la France et l’Allemagne. Si la France veut vraiment quelque chose, elle l’a. L’abandon relatif du nucléaire dans la politique de l’UE depuis des années n’est pas que de la faute de l’Allemagne, c’est tout autant de la faute de nos politiques qui ne se sont jamais emparé du sujet pour le défendre. L’UE a été l’idiot utile Hollande qui ne voulait pas fâcher les verts et à mis le sujet sous le tapis, laissant le camp pro nucléaire sans leader en Europe. C’est le cas pour la quasi totalité des critiques formulées contre l’union : le problème ne vient pas de l’union, le problème vient de nos politiques qui poussent pour que l’union aille dans un certain sens puis la blame sur les effets négatifs liés à la direction qu’ils lui ont donnés (le meilleur exemple étant le libéralisme à outrance).
Dans l’idée ça l’est. C’est une énergie decarbonee et les déchet intraitables sont relativement limités en volume (le reste est recyclé et repasse dans le réacteur).
Par contre cette partie intraitable est une merde extrêmement toxique et pour extrêmement longtemps.
Comme énergie de transition ça se discute.
Tout le monde nous disait que c’était impossible, mais ils ne connaissaient pas la France.
En meme temps le KW/H en France emet 4 fois moins de CO2 que le KW/H danois avec leurs eoliennes.
” accorder au gaz le label d’énergie de transition”
Si les français décident de “frexquitter” l’UE, il ne faudra pas que les Allemands s’en étonnent après ça.
Je suis rarement vulgaire, mais là on en est à cinq et demi sur l’échelle de fdp.
> qui comptent sur le gaz pour fermer leurs centrales à charbon, tout en ayant à cœur de construire une Europe moins dépendante du gaz russe
Comment on fait ça ? C’est quoi les autres sources possible du gaz ?
Pour tous les pro-nuke ou ceux qui se posent des questions, je vous invite à mater le documentaire “La colère dans le vent” sur les conséquences de l’exploitation de l’uranium au Niger par Orano.
Mais aussi à vous renseigner sur les conditions de sûreté de cette industrie en France (notamment sa consommation d’intérimaires jetables ou la dissimulation systématique des accidents), la façon dont l’implantation des centrales s’est décidée (“Plogoff, des pierres contre des fusils” est édifiant), comment la France (seule au monde) minimise sa quantité de déchets par la réutilisation d’une partie d’entre eux sous forme d’un combustible de mauvaise qualité endommageant les installations (mox) ou même simplement sur le fond du problème de l’enfouissement de déchets à Bure qui n’est pas plus sérieux techniquement que lorsqu’on a balancé des masses de restes d’obus en haute marne post-première guerre mondiale.
Edit: j’ai oublié de parler d’un sujet que je ne maitrise pas mais qui me semble important. L’entretien par la France d’une armée importante (la plus importante de l’UE) capable d’intervenir loin et rapidement est lié notamment à la nécessité de défendre ses intérêts (en l’occurence son approvisionnement en uranium) au Niger par exemple ou… au Mali, son voisin (qui n’a pas d’uranium mais dont la déstabilisation aurait évidemment menacé le Niger). Je ne pense pas que ces coûts soient comptés, même en partie, pour calculer l’impact carbone du nucléaire. Ils sont pourtant conséquents.
C’est qui qui a fait une grosse cagnotte pour graisser la patte de la commission et réaliser le rêve de /r France ?
#Un peu de contexte de la part de quelqu’un suivant le dossier:
Il s’agit d’une législation qui met en place un système de classification pour définir quels investissements sont “durables” et sous quelles conditions.
C’était pensé d’abord pour les marchés financiers (et éviter le **greenwashing**) mais on voit déjà que cet outil pourrait avoir des conséquences plus larges dans le futur (qui mérite l’accès aux fonds UE, un soutien législatif, etc.) pour les secteurs couverts (vus comme “gentils”) ou non couverts (risque d’être perçus comme “dinosaures” tant que la classification reste binaire).
En effet, **plusieurs États comptent sur le gas naturel pour remplacer leurs centrales charbon** (ex: Pologne) **ou sur le nucléaire** (ex: France) et comptent bien voir ces énergies couvertent favorablement par la législation.
Or, les listes des activités couvertes sont définies par la Commission européenne mais le Parlement UE et le Conseil (=gouvernements) peuvent s’y opposer. Ça voudrait dire que la Commission devrait recommencer le travail à zéro.
**Ça crée une possibilité de bras de fer sur un gros dossier** et plusieurs États ont joué là-dessus:
Ils ont laissé planer la menace pendant un temps qu’ils retoqueraient la 1ère liste proposée par la Commission s’ils ne voyaient pas de garantie que gas et nucléaire seraient couverts dans un futur proche.
**La Commission est susceptible de plier l’échine du fait de la pression de gouvernements nationaux**.
NUCLÉAIRE
Juste 30 ans de retard. Mais bon, vieux motard que jamais.
Hmmm je pensais avoir senti un tremblement de terre ici en Allemagne. Alors, ceci explique cela !
Mais à vrai dire je n’arrive pas du tout à comprendre la peur qu’ont presque tous les allemands à cet égard. A ma connaissance il n’y a jamais eu d’accident nucléaire en Allemagne… peut-être que cela revient au fait que l’Allemagne fut presque un champs de bataille nucléaire lors de la guerre froide.
Et pour la privatisation des barrages voulu par l’UE ça en est où ?
Ça empêche EDF d’investir dans son outil de production et ça coupe court à tout nouveau projet de STEP comme redenat
J’espère que ça va finalement se faire, ce bordel est repoussé tout le temps.
Ça a toujours été vert, n’est-ce pas ?
Vous ne voulez pas qu’une centrale électrique s’effondre à cause d’une mauvaise gestion, mais à part ça, c’est super écologique.
Hipipip! Houra! Hipipip! Houra! Hipipip! Houra!
…. ça change quoi dans la pratique, sur le terrain, ce classement par la commission européenne (je ne le vois pas dans l’article) ?
On arrête pas le progrès… après tout, il y a des endroits ou la Pizza est considérée comme un légume alors pourquoi pas…
25 comments
**Bruxelles devrait parallèlement accorder au gaz le label d’énergie de transition, à l’issue de négociations en faux-semblants avec Paris et Berlin.**
Ce devait être tranché avant la fin de l’année. Lors du conseil européen des 21 et 22 octobre, les chefs d’Etat et de gouvernement européens avaient pressé la Commission de décider, d’ici à la fin novembre, du sort qui serait réservé au nucléaire et au gaz dans la taxonomie, ce classement des activités économiques en fonction de leurs émissions de CO2 et de leurs conséquences sur l’environnement. Ursula von der Leyen, la présidente de l’exécutif communautaire, avait promis que ce serait chose faite avant leur prochain rendez-vous, prévu le 16 décembre.
Il n’en a finalement rien été. L’ancienne ministre d’Angela Merkel, qui gère le dossier en direct avec Paris et Berlin depuis qu’elle s’est fait bousculer par les Vingt-Sept, n’a en effet cessé de repousser son arbitrage, qu’on attend désormais pour janvier. Elle devrait finaliser sa proposition d’ici au 30 décembre, afin de la soumettre (pour simple avis), comme le veut la procédure, à un groupe d’experts. Et, si tout se passe comme prévu, la Commission présentera son projet le 18 janvier.
De la décision de Bruxelles dépendra la capacité des secteurs du nucléaire et du gaz à financer leurs futurs investissements. A l’heure où les Européens ont décidé d’atteindre la neutralité carbone en 2050 conformément à l’accord de Paris, où la dépendance au gaz russe inquiète de plus en plus, et où les prix de l’énergie flambent, il s’agit là d’un enjeu crucial.
« Nous sommes très proches de la finalisation de notre travail sur [la taxonomie], qui inclura à la fois le gaz et le nucléaire », a affirmé le commissaire au marché intérieur, Thierry Breton, dans un entretien au quotidien allemand Die Welt, le 17 décembre. Dans les grandes lignes, « l’arbitrage politique est arrêté », abonde un diplomate. Il semble, en effet, acquis que l’atome sera considéré comme une énergie verte et le gaz comme une énergie de transition. Mais à certaines conditions, qui, elles, restent encore à caler et qui s’apparentent à un véritable casse-tête chinois pour Ursula von der Leyen.
**Une affaire stratégique pour la France**
La taxonomie, « c’est un tout petit sujet », a voulu minimiser Olaf Scholz, lors d’une conférence de presse commune avec Emmanuel Macron, à l’issue du conseil européen du 16 décembre. Le chancelier allemand a confié à l’un de ses interlocuteurs qu’il ne « va pas embêter Emmanuel avec ça ». Le président français, lui, est à la manœuvre depuis des mois pour défendre la cause du nucléaire, arguant sans relâche qu’il s’agit là d’une énergie bon marché, à bas carbone et stable, ce qui est précieux, en ces temps de lutte contre le réchauffement climatique et de flambée des prix de l’énergie. Pour la France, qui se prépare à renouveler son parc nucléaire, l’affaire est stratégique.
Certes, mais Olaf Scholz, dont le pays a fait le choix de sortir du nucléaire, doit aussi veiller à ne pas (trop) fâcher sa coalition. Et là, la chose n’est pas simple : les Verts sont contre le nucléaire mais aussi contre le gaz, qui émet du CO2 ; le SPD, lui, peut vivre avec le gaz mais il est très remonté contre l’atome… Dans ce contexte, le chancelier ne peut se permettre de se montrer, publiquement du moins, compréhensif vis-à-vis de Paris. D’ailleurs, lors du conseil du 16 décembre, il s’est montré très ferme sur son refus d’intégrer le nucléaire dans la taxonomie. Dans ce contexte, Bruxelles doit veiller à donner des arguments à Berlin, afin que l’arbitrage final ne fasse pas imploser la toute jeune coalition allemande.
Afin de satisfaire sa majorité, « Olaf Scholz souhaite que le mot transition soit d’une manière ou d’une autre accolé au nucléaire. Le nucléaire n’est pas une énergie de transition, mais on peut considérer que les centrales de troisième génération sont une technologie de transition », explique une source européenne. Reste à savoir jusqu’à quand les investissements dans ce type d’installations seront éligibles à la taxonomie : 2040 disent certains, 2050 répond Paris, qui veut se caler sur l’échéance à laquelle l’Union européenne s’est engagée à la neutralité carbone. La Commission cherche aussi à encadrer la question du traitement des déchets qui pose problème en matière d’environnement. « Les Français recyclent déjà une partie des déchets nucléaires dans l’usine de la Hague [Manche]. La question, c’est d’aller plus loin et de définir un calendrier pour le recyclage de ces déchets », explique un diplomate.
Quant au gaz, il sera éligible à la taxonomie comme énergie de transition s’il remplace le charbon et s’il respecte certaines normes techniques. Il s’agit notamment de définir, pour les centrales, un seuil maximal d’émission de CO2 et un nombre maximal d’heures d’activité. Il faut également déterminer à partir de quelle année le gaz ne sera plus une énergie de transition.
**Compromis difficile**
Sur tous ces sujets, au-delà des débats entre les Verts et le SPD allemands, Bruxelles doit aussi composer avec de nombreux Etats membres, à commencer par les pays d’Europe de l’Est, Pologne et Hongrie en tête, qui comptent sur le gaz pour fermer leurs centrales à charbon, tout en ayant à cœur de construire une Europe moins dépendante du gaz russe. Et qui militent pour une taxonomie qui ne serait pas trop contraignante avec le gaz.
C’est donc un compromis très difficile que doit trouver Ursula von der Leyen, qui a fait du Green Deal sa marque de fabrique et qui a aussi beaucoup à perdre dans l’histoire. Tout en préservant Berlin d’une crise politique, il lui faut s’attacher à ne pas coaliser contre sa proposition des intérêts divers parmi les Vingt-Sept, qui en viendraient à représenter la majorité qualifiée nécessaire pour la faire tomber.
Berlin votera très certainement contre le texte que la Commission présentera le 18 janvier, ainsi que Vienne et Luxembourg, qui sont également farouchement antinucléaires. Mais « l’idée c’est que Berlin aura néanmoins implicitement validé la copie de Bruxelles. Ce qui veut dire que Berlin continuera à soutenir Ursula von der Leyen et que la coalition ne sera pas mise en péril », décrypte un haut fonctionnaire.
En octobre, la présidente de la Commission a pensé, un temps, qu’elle pourrait rendre son verdict avant le départ d’Angela Merkel, qui « était prête à prendre en partie le blâme », explique un diplomate. Mais Olaf Scholz a souhaité qu’il n’en soit pas ainsi. Peut-être lui arrive-t-il, aujourd’hui, de le regretter.
Les Allemands en sueur (à cause du réchauffement climatique provoqué par leur charbon)
Oh putain enfin
Bonne nouvelle !
Maintenant, il faut construire de nouvelles centrales avec plus d’efficacité.
Et continuer la recherche !
Les allemands et les belges:
“cool on va pouvoir acheter de l’électricité française et se donner bonne conscience sans avoir de centrale sur notre territoire !!”
ITER ! le Turfu !
Quand tu regardes les Simpson, tu vois bien que c’est une énergie de couleure verte.
Ce qui confirme exactement ce que je dis depuis longtemps : l’UE, c’est la France et l’Allemagne. Si la France veut vraiment quelque chose, elle l’a. L’abandon relatif du nucléaire dans la politique de l’UE depuis des années n’est pas que de la faute de l’Allemagne, c’est tout autant de la faute de nos politiques qui ne se sont jamais emparé du sujet pour le défendre. L’UE a été l’idiot utile Hollande qui ne voulait pas fâcher les verts et à mis le sujet sous le tapis, laissant le camp pro nucléaire sans leader en Europe. C’est le cas pour la quasi totalité des critiques formulées contre l’union : le problème ne vient pas de l’union, le problème vient de nos politiques qui poussent pour que l’union aille dans un certain sens puis la blame sur les effets négatifs liés à la direction qu’ils lui ont donnés (le meilleur exemple étant le libéralisme à outrance).
Dans l’idée ça l’est. C’est une énergie decarbonee et les déchet intraitables sont relativement limités en volume (le reste est recyclé et repasse dans le réacteur).
Par contre cette partie intraitable est une merde extrêmement toxique et pour extrêmement longtemps.
Comme énergie de transition ça se discute.
Tout le monde nous disait que c’était impossible, mais ils ne connaissaient pas la France.
En meme temps le KW/H en France emet 4 fois moins de CO2 que le KW/H danois avec leurs eoliennes.
” accorder au gaz le label d’énergie de transition”
Si les français décident de “frexquitter” l’UE, il ne faudra pas que les Allemands s’en étonnent après ça.
Je suis rarement vulgaire, mais là on en est à cinq et demi sur l’échelle de fdp.
> qui comptent sur le gaz pour fermer leurs centrales à charbon, tout en ayant à cœur de construire une Europe moins dépendante du gaz russe
Comment on fait ça ? C’est quoi les autres sources possible du gaz ?
Pour tous les pro-nuke ou ceux qui se posent des questions, je vous invite à mater le documentaire “La colère dans le vent” sur les conséquences de l’exploitation de l’uranium au Niger par Orano.
Mais aussi à vous renseigner sur les conditions de sûreté de cette industrie en France (notamment sa consommation d’intérimaires jetables ou la dissimulation systématique des accidents), la façon dont l’implantation des centrales s’est décidée (“Plogoff, des pierres contre des fusils” est édifiant), comment la France (seule au monde) minimise sa quantité de déchets par la réutilisation d’une partie d’entre eux sous forme d’un combustible de mauvaise qualité endommageant les installations (mox) ou même simplement sur le fond du problème de l’enfouissement de déchets à Bure qui n’est pas plus sérieux techniquement que lorsqu’on a balancé des masses de restes d’obus en haute marne post-première guerre mondiale.
Edit: j’ai oublié de parler d’un sujet que je ne maitrise pas mais qui me semble important. L’entretien par la France d’une armée importante (la plus importante de l’UE) capable d’intervenir loin et rapidement est lié notamment à la nécessité de défendre ses intérêts (en l’occurence son approvisionnement en uranium) au Niger par exemple ou… au Mali, son voisin (qui n’a pas d’uranium mais dont la déstabilisation aurait évidemment menacé le Niger). Je ne pense pas que ces coûts soient comptés, même en partie, pour calculer l’impact carbone du nucléaire. Ils sont pourtant conséquents.
C’est qui qui a fait une grosse cagnotte pour graisser la patte de la commission et réaliser le rêve de /r France ?
#Un peu de contexte de la part de quelqu’un suivant le dossier:
Il s’agit d’une législation qui met en place un système de classification pour définir quels investissements sont “durables” et sous quelles conditions.
C’était pensé d’abord pour les marchés financiers (et éviter le **greenwashing**) mais on voit déjà que cet outil pourrait avoir des conséquences plus larges dans le futur (qui mérite l’accès aux fonds UE, un soutien législatif, etc.) pour les secteurs couverts (vus comme “gentils”) ou non couverts (risque d’être perçus comme “dinosaures” tant que la classification reste binaire).
En effet, **plusieurs États comptent sur le gas naturel pour remplacer leurs centrales charbon** (ex: Pologne) **ou sur le nucléaire** (ex: France) et comptent bien voir ces énergies couvertent favorablement par la législation.
Or, les listes des activités couvertes sont définies par la Commission européenne mais le Parlement UE et le Conseil (=gouvernements) peuvent s’y opposer. Ça voudrait dire que la Commission devrait recommencer le travail à zéro.
**Ça crée une possibilité de bras de fer sur un gros dossier** et plusieurs États ont joué là-dessus:
Ils ont laissé planer la menace pendant un temps qu’ils retoqueraient la 1ère liste proposée par la Commission s’ils ne voyaient pas de garantie que gas et nucléaire seraient couverts dans un futur proche.
**La Commission est susceptible de plier l’échine du fait de la pression de gouvernements nationaux**.
NUCLÉAIRE
Juste 30 ans de retard. Mais bon, vieux motard que jamais.
Hmmm je pensais avoir senti un tremblement de terre ici en Allemagne. Alors, ceci explique cela !
Mais à vrai dire je n’arrive pas du tout à comprendre la peur qu’ont presque tous les allemands à cet égard. A ma connaissance il n’y a jamais eu d’accident nucléaire en Allemagne… peut-être que cela revient au fait que l’Allemagne fut presque un champs de bataille nucléaire lors de la guerre froide.
Et pour la privatisation des barrages voulu par l’UE ça en est où ?
Ça empêche EDF d’investir dans son outil de production et ça coupe court à tout nouveau projet de STEP comme redenat
J’espère que ça va finalement se faire, ce bordel est repoussé tout le temps.
Ça a toujours été vert, n’est-ce pas ?
Vous ne voulez pas qu’une centrale électrique s’effondre à cause d’une mauvaise gestion, mais à part ça, c’est super écologique.
Hipipip! Houra! Hipipip! Houra! Hipipip! Houra!
…. ça change quoi dans la pratique, sur le terrain, ce classement par la commission européenne (je ne le vois pas dans l’article) ?
On arrête pas le progrès… après tout, il y a des endroits ou la Pizza est considérée comme un légume alors pourquoi pas…
Verte comme l’uranium