Les nouveaux faits d’armes du député LREM Simian, toujours protégé par l’Assemblée Nationale

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  1. ~~Le palmarès~~ L’article :

    **Faux signalements sur des personnes âgées, demande de logement social pour un collaborateur, propositions suggestives à une collaboratrice… Le député Benoît Simian, bientôt jugé pour « harcèlement » sur son épouse, a aussi fait l’objet de plusieurs alertes sur son comportement dans d’autres dossiers, a découvert Mediapart. Sans que cela ne provoque de réactions de l’Assemblée nationale.**

    Jusqu’où Benoît Simian sera-t-il prêt à aller en utilisant sa casquette de député ? Soupçonné de « harcèlement » sur son épouse, le parlementaire de Gironde, élu sous les couleurs de La République en marche (LREM) en 2017, sera jugé le 24 mars 2022 par le tribunal correctionnel de Bordeaux. Mais, alors que l’Assemblée nationale a refusé de lever son immunité parlementaire en décembre 2020, Mediapart révèle que plusieurs signalements sur le comportement problématique de l’élu ont été adressés ces dernières années aux autorités, sans que cela n’amène de réactions.

    Une collaboratrice parlementaire du député, en arrêt maladie comme une autre de ses collègues, a en outre saisi, en septembre 2021, le déontologue de l’Assemblée nationale pour dénoncer l’attitude du député à son égard. Un an plus tôt, le maire d’une commune du Médoc, dans la circonscription de Benoît Simian, a pour sa part dénoncé, documents à l’appui, les agissements du parlementaire auprès du président de l’Assemblée, Richard Ferrand, qui n’en a rien fait.

    On apprend dans cette dénonciation que le député a utilisé sa casquette de parlementaire pour mettre la pression sur son épouse, malgré les mesures de protection prises à son endroit, ou qu’il a effectué de fausses alertes sur des personnes âgées résidant dans la commune. Le plus proche collaborateur de Benoît Simian, également en indélicatesse avec la justice, fait par ailleurs l’objet d’une procédure de composition pénale (sanction pour éviter un procès), après avoir reconnu des faits de violence sur un habitant de la commune.

    Tour d’horizon des signalements :

    **Une collaboratrice contrainte de dormir avec le député**

    À la rentrée de septembre 2020, Benoît Simian embauche une nouvelle collaboratrice parlementaire, Nathalie*, qu’il avait rencontrée quand il était encore chez LREM. Le député traverse alors une mauvaise passe : il est en instance de divorce, et la justice lui a interdit au mois d’août d’approcher son épouse, en raison du sérieux des allégations de harcèlement formulées par cette dernière – interdiction qu’il ne respecte pas, comme Mediapart le révèle à l’époque.

    Nathalie* gère les affaires du député à l’Assemblée, mais Benoît Simian souhaite aussi lui faire découvrir la circonscription du Médoc dans laquelle il est élu. Mi-octobre 2020, elle s’y rend pour un déplacement de trois jours avec le député sur le terrain. Le premier soir, ils dînent chez les parents de Benoît Simian. Au moment de se coucher, surprise, une seule chambre est disponible, celle que le député occupait quand il était adolescent.

    La jeune femme refuse de dormir avec lui dans le lit, elle passera donc la nuit emmitouflée sur le sol. Ce que Benoît Simian a reconnu, récemment, lors d’un échange avec sa collaboratrice à l’Assemblée, le 1er septembre 2021, au cours duquel il lui a précisé que, si elle le lui avait demandé, il lui aurait laissé son lit. Sollicité par Mediapart, le député précise avoir dormi sur place avec son employée parce qu’ils avaient, selon lui, consommé de l’alcool et qu’ils ne pouvaient pas prendre la route. Il conteste aussi tout comportement déplacé à l’égard de sa salariée.

    Le second soir, Benoît Simian annonce à Nathalie qu’ils dormiront encore ensemble, dans la même chambre d’hôtel, selon le récit que la collaboratrice en a fait ensuite. L’élu aurait expliqué à la jeune femme qu’il n’a plus de domicile depuis son divorce, et qu’il rencontre des problèmes d’argent, quand bien même les députés disposent de 5 373 euros d’avance de frais de mandat tous les mois.

    Nathalie accepte de dormir avec lui dans la chambre, dans deux lits jumeaux, n’ayant pas d’autre choix. Le soir, alors qu’elle prend sa douche, le député tente, selon elle, d’entrer dans la salle de bain en essayant d’ouvrir la porte coulissante qui la sépare du reste de la chambre. Elle s’y oppose fermement. Sollicitée, la collaboratrice n’a pas souhaité revenir publiquement sur cet épisode.

    Le député livre quant à lui une autre version des faits. Il explique à Mediapart avoir seulement sollicité sa collaboratrice pour lui « demander du dentifrice », sans aucune volonté d’entrer dans la salle de bain pendant sa douche. Il soutient aussi, dans un premier temps, avoir fait chambre à part ce soir-là. Mais une facture justificative adressée à l’Assemblée, document que Mediapart a pu consulter, montre bien qu’une seule chambre a été payée pour les deux personnes. Relancé sur l’existence de cette facture, Benoît Simian confirme finalement avoir dormi avec sa collaboratrice parce que l’hôtel était « full ».

    Ces événements interviennent alors que la relation entre le député et sa salariée était déjà particulière. Entre septembre 2020 et janvier 2021, le député a multiplié les messages intimes auprès de son assistante. Des petits mots glissés au milieu d’échanges professionnels : « tu me manques », « je pense à toi », « je te trouve très très belle », « j’aime pas quand tu t’énerves, enfin ça dépend… », « le calme de ton absence est assourdissant. Il est aussi puissant que l’amour que je te porte ». Il lui propose, sur le ton de la blague, de s’afficher ensemble dans le magazine Paris Match, ou de partir en croisière dans l’océan Pacifique pour écrire un livre politique. La collaboratrice ne bronche pas et rappelle qu’elle est en couple. « J’ai toujours été attiré par l’inaccessible en fait… », lui écrit-il le 20 novembre 2020.

    En septembre 2021, alors que les relations avec le député se sont progressivement dégradées, elle décide de saisir le déontologue de l’Assemblée nationale. « Je suis irascible et je pleure régulièrement depuis un mois. J’en suis à mon troisième arrêt de travail en un mois et le médecin m’a prescrit des médicaments pour réduire le stress et pouvoir dormir. J’ai des boules au ventre de stress, je suis fatiguée et parfois j’ai l’impression que ma tête vacille », témoigne-t-elle. Dans un document de six pages, rédigé avec le cabinet de ressources humaines qui accompagne l’Assemblée, elle décrit sa situation puis échange à plusieurs reprises en septembre, octobre puis novembre avec le déontologue, sans que cela n’aboutisse sur la moindre décision à ce jour.

    Benoît Simian justifie pour sa part la dégradation des relations avec sa collaboratrice par des « divergences politiques » et des problèmes liés à l’organisation du télétravail. Le député a plusieurs fois exprimé le fait que « la confiance s’est rompue » avec Nathalie.

    Dans son signalement, la collaboratrice alerte aussi sur la situation d’une collègue, également en arrêt maladie, et que le député n’aurait « cessé de déprécier à tort ». Elle demande aussi à l’Assemblée, qui n’a rien fait jusque-là, de prendre en compte le passif du député : le téléphone « grave danger » accordé par la justice à son épouse, mais aussi des précédents au sein de son équipe parlementaire depuis 2017. Au moins un autre collaborateur avait, dans le passé, déjà alerté la précédente déontologue de l’Assemblée sur le comportement de Benoît Simian, selon nos informations.

  2. La vache, quel crevard mais quelle histoire rocambolesque. Le pompon c’est quand même le coup de la box abonnée puis résiliée au nom de sa femme, c’est d’une mesquinerie…

  3. Il a l’air complètement taré ce type… J’me sentirais tellement pas en confiance si j’étais son ex-femme, la pauvre…

    Merci pour ce post, j’pense que j’vais m’abo chez Mediapart

  4. Ce type m’a tout l’air d’être un immonde salopard, sans doute doublé d’un pervers narcissique. Et le pire c’est qu’il passe son temps à commettre tous ces méfaits en étant rémunéré avec nos impôts. Abject.

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