Au centre de formation du FC Sochaux, l’horreur et rien d’autre
Si l’ambiance autour du FC Sochaux est triste et pesante depuis quelques jours, celle qui règne au centre de formation de Seloncourt, est irréelle. Vendredi, la plupart des jeunes ont fait leurs bagages. Et des salariés, eux, ont passé la journée à pleurer. « Un cauchemar », résume le directeur.
Il faut être sacrément costaud, ou n’avoir aucun cœur, pour ne pas être secoué par les scènes qui se déroulent au centre de formation du FC Sochaux vendredi après-midi. Sur le parking, des jeunes s’enlacent pour se dire au revoir, bien conscients que, malgré les promesses, ils risquent de ne jamais se revoir, parce que c’est la vie qui veut ça. À l’intérieur du château, on croise des éducateurs historiques sonnés par les dernières nouvelles et ce probable dépôt de bilan qui entraînerait, de facto, la fermeture de la structure de Seloncourt. Certains salariés ont les yeux rougis, d’autres pleurent carrément, des mouchoirs usagés traînant un peu partout sur les bureaux.
Ici, on forme des jeunes footballeurs. Quelques grands noms du football français sont passés entre ces murs, les plus récents étant les vice-champions du monde Ibrahima Konaté et Marcus Thuram, dont les portraits trônent dans la pièce de vie du château. Bref, ici on ne parle que de football et d’éducation. D’ailleurs, vendredi encore, tous les jeunes pensionnaires tendent la main pour dire bonjour et tiennent la porte derrière eux. Comme quoi, tout n’est pas perdu. Mais l’ambiance est irréelle. Vraiment. « C’est terrible », souffle Armelle Leleu, bénévole, qui encadre les stages d’été , lesquels continuent pour une semaine encore.
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« Un entraînement dans un climat de fête des morts »
Sylvain Matrisciano parle, lui, de « cauchemar ». Après « une soirée de colère et une nuit blanche », le nouveau directeur est au travail avec tous les salariés et éducateurs. « On prend le bouillon », sourit-il timidement. Eric Hély, ancien directeur, revenu pour entraîner les U15, donne un coup de main. « Une dernière séance d’entraînement a eu lieu en matinée, dirigée par Sylvain Monsoreau, Pierre-Alain Frau et Michaël Isabey, dans un climat de fête des morts. Désormais, nous organisons le retour de chaque jeune sous contrat ou convention dans sa famille ». Samedi matin, un car ramènera les joueurs de région parisienne chez eux. « Il faut retrouver une structure sportive et scolaire. On leur signe des attestations pour faire des essais ailleurs… »
Car l’avenir des pensionnaires du centre de formation du FCSM est, désormais, « le seul souci » des dirigeants. « On veut préserver leurs chances de réussite. Même si ce ne sera pas au FC Sochaux », souffle Sylvain Matrisciano. La discussion est interrompue par des éclats de rire qui s’échappent des escaliers du château. « Ils sont jeunes, ils ont plus de fraîcheur, de naïveté. Les plus matures saisissent la gravité de la chose, d’autres moins », indique le patron du centre. « On était bien ici », sourit timidement un gamin de 17 ans, juste avant le grand départ.
« Il faut rassurer les parents des locaux »
Pour l’instant, les grandes manœuvres ne concernent « que » 70 joueurs U16 à U19. Elles devraient se poursuivre jusqu’en début de semaine prochaine, le temps de régulariser toutes les situations. Puis, dans quelques jours, ce sera au tour des plus jeunes de reprendre le chemin de l’entraînement, sous l’égide de l’association FCSM. « Jean-Claude Vienot et ses équipes sont au travail. On se met à leur disposition pour les aider et les conseiller », dit Sylvain Matrisciano. « Il faut rassurer les parents des locaux : il y aura encore un club, une préformation, une école de foot, une section féminine… »
Dehors, les embrassades continuent. « C’est un deuil », sanglote une salariée, qui n’a pas quitté son mouchoir depuis notre arrivée. Vraiment, il faut n’avoir aucun cœur pour souiller une telle institution et plonger autant de gens dans la détresse.
Un professeur du centre de formation : « On tombe de haut »
Comme un quarantaine de collègues, Cyprien Mathis enseigne au lycée privé du centre de formation du FCSM, en plus de ses heures dans un autre établissement. « J’enseigne l’histoire-géographie depuis trois ans, à raison de quatre heures par semaine », explique-t-il. Egalement supporter du club, il « tombe de haut » avec la rétrogradation et le possible dépôt de bilan. « C’était un bonheur d’aller enseigner là-bas. On a échangé avec quelques collègues depuis hier, on tombe de haut, on était prêt à repartir… On pense surtout aux salariés, pour nous c’était juste une activité secondaire ».
L’horreur, je m’attendais à des histoires sordides, j’ai été limite soulagé quand j’ai lu que c’était un dépôt de bilan.
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Football
Au centre de formation du FC Sochaux, l’horreur et rien d’autre
Si l’ambiance autour du FC Sochaux est triste et pesante depuis quelques jours, celle qui règne au centre de formation de Seloncourt, est irréelle. Vendredi, la plupart des jeunes ont fait leurs bagages. Et des salariés, eux, ont passé la journée à pleurer. « Un cauchemar », résume le directeur.
Il faut être sacrément costaud, ou n’avoir aucun cœur, pour ne pas être secoué par les scènes qui se déroulent au centre de formation du FC Sochaux vendredi après-midi. Sur le parking, des jeunes s’enlacent pour se dire au revoir, bien conscients que, malgré les promesses, ils risquent de ne jamais se revoir, parce que c’est la vie qui veut ça. À l’intérieur du château, on croise des éducateurs historiques sonnés par les dernières nouvelles et ce probable dépôt de bilan qui entraînerait, de facto, la fermeture de la structure de Seloncourt. Certains salariés ont les yeux rougis, d’autres pleurent carrément, des mouchoirs usagés traînant un peu partout sur les bureaux.
Ici, on forme des jeunes footballeurs. Quelques grands noms du football français sont passés entre ces murs, les plus récents étant les vice-champions du monde Ibrahima Konaté et Marcus Thuram, dont les portraits trônent dans la pièce de vie du château. Bref, ici on ne parle que de football et d’éducation. D’ailleurs, vendredi encore, tous les jeunes pensionnaires tendent la main pour dire bonjour et tiennent la porte derrière eux. Comme quoi, tout n’est pas perdu. Mais l’ambiance est irréelle. Vraiment. « C’est terrible », souffle Armelle Leleu, bénévole, qui encadre les stages d’été , lesquels continuent pour une semaine encore.
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« Un entraînement dans un climat de fête des morts »
Sylvain Matrisciano parle, lui, de « cauchemar ». Après « une soirée de colère et une nuit blanche », le nouveau directeur est au travail avec tous les salariés et éducateurs. « On prend le bouillon », sourit-il timidement. Eric Hély, ancien directeur, revenu pour entraîner les U15, donne un coup de main. « Une dernière séance d’entraînement a eu lieu en matinée, dirigée par Sylvain Monsoreau, Pierre-Alain Frau et Michaël Isabey, dans un climat de fête des morts. Désormais, nous organisons le retour de chaque jeune sous contrat ou convention dans sa famille ». Samedi matin, un car ramènera les joueurs de région parisienne chez eux. « Il faut retrouver une structure sportive et scolaire. On leur signe des attestations pour faire des essais ailleurs… »
Car l’avenir des pensionnaires du centre de formation du FCSM est, désormais, « le seul souci » des dirigeants. « On veut préserver leurs chances de réussite. Même si ce ne sera pas au FC Sochaux », souffle Sylvain Matrisciano. La discussion est interrompue par des éclats de rire qui s’échappent des escaliers du château. « Ils sont jeunes, ils ont plus de fraîcheur, de naïveté. Les plus matures saisissent la gravité de la chose, d’autres moins », indique le patron du centre. « On était bien ici », sourit timidement un gamin de 17 ans, juste avant le grand départ.
« Il faut rassurer les parents des locaux »
Pour l’instant, les grandes manœuvres ne concernent « que » 70 joueurs U16 à U19. Elles devraient se poursuivre jusqu’en début de semaine prochaine, le temps de régulariser toutes les situations. Puis, dans quelques jours, ce sera au tour des plus jeunes de reprendre le chemin de l’entraînement, sous l’égide de l’association FCSM. « Jean-Claude Vienot et ses équipes sont au travail. On se met à leur disposition pour les aider et les conseiller », dit Sylvain Matrisciano. « Il faut rassurer les parents des locaux : il y aura encore un club, une préformation, une école de foot, une section féminine… »
Dehors, les embrassades continuent. « C’est un deuil », sanglote une salariée, qui n’a pas quitté son mouchoir depuis notre arrivée. Vraiment, il faut n’avoir aucun cœur pour souiller une telle institution et plonger autant de gens dans la détresse.
Un professeur du centre de formation : « On tombe de haut »
Comme un quarantaine de collègues, Cyprien Mathis enseigne au lycée privé du centre de formation du FCSM, en plus de ses heures dans un autre établissement. « J’enseigne l’histoire-géographie depuis trois ans, à raison de quatre heures par semaine », explique-t-il. Egalement supporter du club, il « tombe de haut » avec la rétrogradation et le possible dépôt de bilan. « C’était un bonheur d’aller enseigner là-bas. On a échangé avec quelques collègues depuis hier, on tombe de haut, on était prêt à repartir… On pense surtout aux salariés, pour nous c’était juste une activité secondaire ».
L’horreur, je m’attendais à des histoires sordides, j’ai été limite soulagé quand j’ai lu que c’était un dépôt de bilan.