On commémore aujourd’hui les 78 ans du bombardement de Nagasaki par les Américains, dernière utilisation de la bombe atomique dans le contexte d’une guerre.
Interview que je trouve ici très intéressante car remettant en cause la pertinence d’une politique de dissuasion nucléaire et le bien-fondé de la bombe.
(Paywall qu’on peut contourner avec mode lecture + F5)
Il y a eu sur France Culture une émission assez longue consacrée aux deux bombardement d’Hiroshima et Nagasaki. L’intérêt de l’émission était qu’elle mettait pas mal l’accent sur deux éléments : la manière dont les blessés et survivants ont été traités par la société japonaise, mais aussi la manière dont ils ont littéralement servi de sujet d’observation par l’armée américaine.
Si je retrouve le lien, je le posterai ici.
J’ai eu l’occasion de visiter le pavillon japonais au jardin botanique de Montréal. Outre les magnifiques bonsaïs pluri centenaire, il y avait a l’intérieur une exposition assez unique, le titre m’échappe mais si je devais résumer ce serait : les bombes vues par les enfants.
Des enfants témoins de ces crimes de guerres avaient dessinés leur vision de l’événement. C’était glaçant de réalisme : les corps pâles flottant dans les eaux, les gens carbonisés qui hurlent de douleur, la destruction de la ville, des parents qui ont utilisés leur corps pour sauver leur bébé mais qui au final les ont étouffé sous leur poid…
Rare ont été les dessins si simpliste qui m’ont autant touché, c’est naïf dans le dessin et c’est pourtant ça qui rend si tragique ces œuvres d’arts
Info que je laisse au passage : 77% des victimes de Nagasaki étaient des femmes et des enfants.
Ta première partie (“de la pure propagande”) n’est aussi “que ton opinion”, basée sur pas grand chose à part “de la pure propagande anti-américaine”.
Les grandes décisions de ce type (1ere guerre mondiale, blocus de Cuba) sont prises pour un ensemble de raisons, notamment des processus Allisonniens (= bureaucratiques autant que rationnels). Seuls les naïfs et les idéologues croient aux raisons uniques.
Les deux consultations decisives (Comité Interimaire “scientifique” et Etat Major “militaire”) mentionnent toutes les deux les pertes Américaines que la non-utilisation de la bombe va entraîner, même si d’autres arguments “pour” flottent en appui (et notamment effectivement celle d’améliorer le standing Américain et éviter les guerres futures, argument d’ailleurs qui ne fait pas l’unanimité, d’autres membres du comité évoquant le risque s’ouvrir la boîte de Pandore). Dans tous les cas, ce débat n’existe que dans le Comité Intérimaire – les généraux eux ne se posent même pas la question sauf Marshall (et quoi qu’en disent leurs écrits ultérieurs, souvent cités mais à lire à la lumière d’une lutte de pouvoir au début des années 50 dont l’objet est “qui/quelle bureaucratie doit contrôler la bombe, cf Kaplan “Wizards of Armageddon” “) ; et encore une fois c’est un argument complémentaire pas principal.
De plu, l’Union Soviétique est en vérité peu mentionné (les élites Américaines ont encore peu réalisés que la Guerre Froide arrive ; Churchill est plus lucide que Truman écarté du pouvoir jusqu’à la mort de Roosevelt). En revanche, la correspondance privée de Truman sont une autre source, avec notamment une mention sordide de l’impact électoral de ne pas utiliser la bombe (“on se fera accuser lors de la prochaine campagne de ne pas avoir utiliser toutes les armes à notre disposition si on ne l’utilise pas”) ; je ne sais plus si c’est un courrier envoyé par Truman ou reçu par le parti.
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On commémore aujourd’hui les 78 ans du bombardement de Nagasaki par les Américains, dernière utilisation de la bombe atomique dans le contexte d’une guerre.
Interview que je trouve ici très intéressante car remettant en cause la pertinence d’une politique de dissuasion nucléaire et le bien-fondé de la bombe.
(Paywall qu’on peut contourner avec mode lecture + F5)
Il y a eu sur France Culture une émission assez longue consacrée aux deux bombardement d’Hiroshima et Nagasaki. L’intérêt de l’émission était qu’elle mettait pas mal l’accent sur deux éléments : la manière dont les blessés et survivants ont été traités par la société japonaise, mais aussi la manière dont ils ont littéralement servi de sujet d’observation par l’armée américaine.
Si je retrouve le lien, je le posterai ici.
J’ai eu l’occasion de visiter le pavillon japonais au jardin botanique de Montréal. Outre les magnifiques bonsaïs pluri centenaire, il y avait a l’intérieur une exposition assez unique, le titre m’échappe mais si je devais résumer ce serait : les bombes vues par les enfants.
Des enfants témoins de ces crimes de guerres avaient dessinés leur vision de l’événement. C’était glaçant de réalisme : les corps pâles flottant dans les eaux, les gens carbonisés qui hurlent de douleur, la destruction de la ville, des parents qui ont utilisés leur corps pour sauver leur bébé mais qui au final les ont étouffé sous leur poid…
Rare ont été les dessins si simpliste qui m’ont autant touché, c’est naïf dans le dessin et c’est pourtant ça qui rend si tragique ces œuvres d’arts
Info que je laisse au passage : 77% des victimes de Nagasaki étaient des femmes et des enfants.
Ta première partie (“de la pure propagande”) n’est aussi “que ton opinion”, basée sur pas grand chose à part “de la pure propagande anti-américaine”.
Les grandes décisions de ce type (1ere guerre mondiale, blocus de Cuba) sont prises pour un ensemble de raisons, notamment des processus Allisonniens (= bureaucratiques autant que rationnels). Seuls les naïfs et les idéologues croient aux raisons uniques.
Les deux consultations decisives (Comité Interimaire “scientifique” et Etat Major “militaire”) mentionnent toutes les deux les pertes Américaines que la non-utilisation de la bombe va entraîner, même si d’autres arguments “pour” flottent en appui (et notamment effectivement celle d’améliorer le standing Américain et éviter les guerres futures, argument d’ailleurs qui ne fait pas l’unanimité, d’autres membres du comité évoquant le risque s’ouvrir la boîte de Pandore). Dans tous les cas, ce débat n’existe que dans le Comité Intérimaire – les généraux eux ne se posent même pas la question sauf Marshall (et quoi qu’en disent leurs écrits ultérieurs, souvent cités mais à lire à la lumière d’une lutte de pouvoir au début des années 50 dont l’objet est “qui/quelle bureaucratie doit contrôler la bombe, cf Kaplan “Wizards of Armageddon” “) ; et encore une fois c’est un argument complémentaire pas principal.
De plu, l’Union Soviétique est en vérité peu mentionné (les élites Américaines ont encore peu réalisés que la Guerre Froide arrive ; Churchill est plus lucide que Truman écarté du pouvoir jusqu’à la mort de Roosevelt). En revanche, la correspondance privée de Truman sont une autre source, avec notamment une mention sordide de l’impact électoral de ne pas utiliser la bombe (“on se fera accuser lors de la prochaine campagne de ne pas avoir utiliser toutes les armes à notre disposition si on ne l’utilise pas”) ; je ne sais plus si c’est un courrier envoyé par Truman ou reçu par le parti.