Elections sénatoriales 2023 : les enjeux d’un scrutin où Les Républicains sont les grands favoris

by Folivao

3 comments
  1. **Les oppositions vont tenter de profiter de l’absence de maillage territorial d’Emmanuel Macron lors d’un scrutin où la majorité est minée par les divisions.**

    Pour le Sénat qui évolue sous la domination de la droite depuis le début de la Ve République – à l’exception d’une parenthèse socialiste de trois ans entre 2011 et 2014 –, les élections prévues dimanche 24 septembre ne bouleverseront probablement pas les grands équilibres. Si l’Hémicycle sera renouvelé de moitié comme tous les trois ans, l’issue du scrutin sénatorial ne fait guère de doute : Les Républicains (LR), avec leurs alliés centristes, conserveront sans doute la majorité absolue au Palais du Luxembourg. Et comme ils en ont pris l’habitude désormais, les sénateurs éliront dans la foulée l’élu (LR) des Yvelines, Gérard Larcher, à la présidence de l’institution, pour la cinquième fois depuis 2008.

    A l’occasion de cette élection au suffrage universel indirect, 79 000 grands électeurs – dont 95 % d’entre eux sont désignés par les conseils municipaux – vont élire 170 sénateurs dans 42 départements métropolitains et d’outre-mer dont Paris ainsi qu’à Saint-Pierre-et-Miquelon, en Nouvelle-Calédonie et dans six des douze territoires pour les Français établis hors de France. Si le mode de scrutin diffère selon la taille du département – scrutin majoritaire à deux tours ou proportionnelle –, la droite va une nouvelle fois profiter d’un corps électoral stable du fait de son maillage territorial important après sa victoire aux élections municipales de 2020.

    « Il ne peut pas y avoir de grandes embardées », anticipe Bruno Retailleau, le président du groupe LR au Sénat, qui devrait conserver, à quelques sièges près, autour de 145 élus. « Le prisme de cette élection est essentiellement local, explique Jean-Jacques Urvoas, professeur de droit public à l’université de Brest et ancien ministre de la justice. Les maires et leur conseil municipal reçoivent tout le monde pendant la campagne. Et ils attendent des retours sur investissement de la part des sénateurs : qu’est-ce que vous allez faire pour notre territoire ? »

    A Féchain, dans le Nord, le maire divers gauche, Alain Wallart, se débat depuis des années avec l’administration des Bâtiments de France pour pouvoir rénover l’école municipale. La proximité d’un roc de 7 tonnes, qui servait de polissoir au néolithique, impose des règles d’urbanisme très strictes qui contrecarrent les projets de l’élu. « Personnellement, je voterai pour le sénateur qui m’a beaucoup aidé au sujet de ces soucis, explique-t-il. Cela me paraît évident. »

    **Profiter de la défiance contre Macron**

    Dans un scrutin où les relations interpersonnelles entre les élus locaux et les candidats sont au moins aussi importantes que l’étiquette politique, les postulants de la majorité sénatoriale s’attachent à faire vivre une campagne loin de la scène nationale et de ses vicissitudes. « Tout l’enjeu de la majorité sénatoriale, c’est de dire que c’est une élection locale. Mais il faut remettre dans cette élection un enjeu national », estime le président du groupe écologiste au Sénat, Guillaume Gontard.

    Parfois, les deux sont liés. Certains maires, qui sont autant de grands électeurs pour les sénatoriales, saisiront l’opportunité du scrutin pour faire passer un message sans ambiguïté sur les difficultés de l’exercice de la fonction. Sous-jacent depuis des années, leur malaise s’est exacerbé ces dernières années. Les édiles se sentent abandonnés par l’Etat. Ils protestent contre le manque de moyens, à commencer par la perte d’indépendance fiscale, eux qui doivent affronter au plus près du terrain les crises qui se succèdent : sociale, sanitaire, énergétique. La suppression de la taxe d’habitation, versée jusqu’ici aux municipalités, ou l’adoption en juin au Parlement de la proposition de loi visant à faciliter la mise en œuvre des objectifs de zéro artificialisation nette font partie des sujets de mécontentements chez les élus locaux.

    Que ce soit à droite ou à gauche, les différentes formations vont ainsi tenter de profiter de cette défiance contre la politique menée par Emmanuel Macron. « Une chose est sûre, c’est qu’à la rentrée prochaine l’ambiance ne sera pas porteuse pour le macronisme, les maires ont eu l’impression désagréable d’être instrumentalisés », assure Bruno Retailleau. Un constat partagé par le président du groupe socialiste au Sénat, Patrick Kanner : « Macron n’est pas considéré comme un pair par les élus locaux, ils ont le sentiment qu’il ne les comprend pas. »

    **« Pas défendus sur nos sujets »**

    Confrontés à des concitoyens de plus en plus exigeants, voire violents, les élus locaux ont traversé les émeutes des banlieues avec le sentiment d’avoir endossé le costume un peu large de bouc émissaire de la République. Ce malaise sera par exemple une composante du vote de François Grosdidier, maire (anciennement LR) de Metz, ou de celui de Natacha Bouchart, maire (divers droite) de Calais (Pas-de-Calais). « C’est une évidence, confie-t-elle. Nous ne sommes pas vraiment défendus sur nos sujets. » Tant et si bien que l’élue, pourtant ralliée à Emmanuel Macron en 2022, envisage « clairement » de ne pas voter pour le candidat Renaissance sortant, Michel Dagbert.

    Mais d’autres grands électeurs refusent de se « situer dans le registre de la réaction » pour justifier leur vote – qui est obligatoire lors des élections sénatoriales. C’est le cas du maire divers gauche de Mons-en-Barœul (Nord), Rudy Elegeest. Bien qu’il ait vu son hôtel de ville à peine rénové être en partie incendié, l’édile refuse de lier son vote à ces événements. « Nous sommes là pour les bons et les mauvais moments », estime-t-il, assurant que son vote « relèvera de facteurs, [il] l’espère, plus “rationnels” ».

    C’est aussi le cas de la maire écologiste d’Auray (Morbihan), Claire Masson. L’élue a mal vécu les démêlés de ses collègues de Callac (Côtes-d’Armor) ou de Saint-Brevin-les-Pins (Loire-Atlantique) avec l’extrême droite. Elle y voit une menace pour les choix démocratiques et aura cela en tête en septembre en glissant son bulletin dans l’urne. Sans oublier, naturellement, des « motivations écologistes liées au réchauffement climatique et à un besoin de justice sociale ». Au-delà des préoccupations locales, beaucoup de maires se prononceront en fonction d’enjeux de politique nationale. « Si on envoie un parlementaire de droite au Sénat, il ne votera pas pour inscrire l’IVG dans la Constitution, il aura voté pour la réforme des retraites… », souligne Guillaume Gontard.

    Unis dans l’Hémicycle pendant la bataille contre le report de l’âge légal à 64 ans, trois groupes de gauche – socialistes, écologistes et communistes – partiront unis dans une quinzaine de départements après avoir conclu un accord début juillet. Le groupe écologiste de douze élus devrait notamment tirer profit de ces sénatoriales pour accroître son nombre proportionnellement au gain réalisé aux municipales de 2020. De leur côté, les socialistes et les communistes visent la « stabilité » avec respectivement 64 et 15 sénateurs. Les trois partis n’ont pas souhaité inclure La France insoumise (LFI) dans leur alliance, autant du fait de leur désaccord politique avec Jean-Luc Mélenchon que de l’absence d’ancrage local du mouvement « insoumis ».

  2. Ah parce que les sénateurs LR ne font pas partie de la majorité. Première nouvelle.

  3. >Elections sénatoriales 2023 : les enjeux d’un scrutins ~~où Les Républicains sont les favoris~~ où les bourgeois vont voter entre eux pour le parti de la bourgeoisie.

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    A chaque fois, tout le temps (sauf 2011-2014).

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