Dans le Lot, ce samedi 5 août, deux gendarmes ont débarqué sur le marché de la petite commune de Lalbenque à la recherche d’un épouvantail fabriqué par un enfant de 10 ans.

Jean-Yves est un postier d’un petit village du Lot, la droiture d’un balai, la régularité d’une horloge. Bien sous tous rapports, il cache aussi une face plus sombre puisque anarchiste. Le postier punk arbore de larges lunettes de soleil, de la ferraille autour du cou, une crête jaune hirsute, porte un jean troué et un grand tee-shirt noir avec une inscription « ACAB », pour « All cops are bastards » (littéralement « Tous les flics sont des bâtards »), qui, plus qu’elle ne dénonce chacun des policiers, dénonce le système policier. Jean-Yves est tellement anarchiste, qu’il s’est même attiré les foudres de la gendarmerie de son village, Lalbenque, dans le Lot.

Article complet sur [Mediapart](https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/120823/l-epouvantail-qui-fait-peur-aux-gendarmes-du-lot?utm_source=global&utm_medium=social&utm_campaign=SharingApp&xtor=CS3-5)

by FroggyTheFr

8 comments
  1. Samedi 5 août, deux gendarmes en uniforme sont venus exiger sa disparition de l’espace public : Jean-Yves est un épouvantail, fait d’un vieux jean recyclé, d’une marmite en émail usée et directement issu de l’imagination d’un petit garçon de 10 ans. Il a été présenté aux habitant·es de Lalbenque lors d’un concours d’épouvantails dans le cadre du festival culturel occitan, Estiv’oc. Le dernier jour du festival, sur le marché de Lalbenque où Jean-Yves concourait pour la place du meilleur épouvantail du village, ce sont des gendarmes bien réels qui sont venus, sur demande de leur hiérarchie, réprimer un manche à balai.

    Contactée, la gendarmerie de Lalbenque assure auprès de Mediapart qu’aucune procédure n’a été lancée et ne souhaite pas commenter les faits.

    Joséphine, l’épouvantail féministe qui retrouve une seconde jeunesse après la mort de son mari, et Julia, qui adore effrayer les oiseaux et écouter les chansons de Daniel Balavoine n’ont, elles, pas été inquiétées par les services de gendarmerie.

    Jean-Yves, fan de Nirvana et des Vieux Fourneaux
    Le jeune créateur de Jean-Yves, que nous appellerons le « père de Jean-Yves » est un petit lalbenquois de 10 ans et demi. Au début, le jeune garçon trouve avec sa mère un vieux jean troué. L’occasion faisant le larron, l’enfant décide de faire un « punk ». Le garçon prend un tee-shirt noir et a pour ambition d’y dessiner le logo de Nirvana. Il craint de ne pas y arriver et décide d’y apposer plutôt un « ACAB » comme ceux que l’on voit dans la série de BD Les Vieux Fourneaux.

    Le « père de Jean-Yves » lit beaucoup. Et notamment les aventures des trois septuagénaires héros des Vieux Fourneaux, Antoine, Mimile et Pierrot. Ce dernier est un anarchiste énervé, qui assure au médecin prendre de l’« ACAB-500 » pour « anti-oppresseur ». Les trois ont des histoires de révolte et d’amour rocambolesques. Au fil des pages, « ACAB » est placardé dans les appartements, brandi en manif, glissé un peu partout dans les planches. C’est là que le garçon a puisé son inspiration.

    Sa mère, au fait des dérives policières de ces derniers mois et de ces dernières années, discute avec son fils de la signification du slogan puis s’inquiète, vérifie si l’inscription constitue en soi un délit, et la petite famille se rassure en se disant qu’ils ne devraient pas avoir d’ennuis pour un slogan inscrit sur le tee-shirt d’un épouvantail satirique créé par un enfant.

    Quand Jean-Yves est installé dans les allées du marché, des passants pensent qu’« ACAB » est son prénom et votent gaiement pour l’épouvantail « ACAB ». D’autres, plus au courant, sont bien contents de voir l’inscription barrer le tee-shirt de l’épouvantail.

    La délation du samedi matin
    Entre les courgettes, les tomates et les savons, les passant·es s’arrêtent, sourient, lâchent parfois un petit commentaire sur les épouvantails et continuent leurs courses. L’un d’eux, visiblement courroucé, s’arrête au stand du festival et se présente comme policier en civil.

    « Il nous a demandé si on savait ce que ça voulait dire “ACAB”, se rappelle Sarah, co-présidente de l’association locale Sulpic qui organise, entre autres, le festival Estiv’oc. Il nous a assuré que c’était une incitation à la haine, et nous a expliqué que c’était comme si on disait que tous les Noirs et les Arabes sont tous des cons. » Marianne*, habitante de la commune et mère de l’un des enfants qui a présenté un épouvantail, passe au stand à ce moment-là et se souvient des mêmes mots.

  2. Au-delà de ce qui pourrait être caractérisé comme une injure (une banderolle vengeresse par exemple), on a surtout des FDO qui sont incapables de faire la différence entre une chose et sa représentation (mais vu que c’est un problème socialement plus large, on peut bien comprendre qu’ils ne captent rien).

    Un épouvantail, n’est qu’un objet représentant un humain dans le but d’effrayer les oiseaux. C’est une représentation.

    Je pourrais rentrer dans les détails mais en gros, s’attaquer à la représentation d’une chose, c’est vain, c’est idiot et ça montre qu’on a autant de jugeotte qu’un chien qui s’attaque à sa propre ombre.

    En 1890, l’incroyable peintre Maurice Denis écrivait cette phrase qui a rebondi en ricochet au cours du XXème s. : ” « Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées. » ”

    Bah voilà les mecs. Cogitez là-dessus au lieu de perdre votre temps à littéralement pourchasser des hommes de paille.

  3. Pétard mais quelle bande de tocard. Il est bien triste que le maintien de l’ordre en France soit confié à des gens si stupides et fragiles qu’ils se cabrent à la moindre représentation déplaisante .

  4. ‘ On vit dans un Etat autoritaire ‘, dit la dame. La preuve, un enfant de dix ans y a été victime d’un lavage de cerveau typique de ces dictatures qui identifient des boucs émissaires.

  5. Quel sens des priorités de s’attaquer à un épouvantail fabriqué par un enfant.

  6. Tout un article pour un non événement … y avait pas une règle sur les faits divers sur r/france ?

  7. Du coup l’épouvantail fait super bien son travail. Il fait peur aux oiseaux (enfin, surtout aux poulets).

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