
Aliments : la France, championne des prix élevés. En moyenne, les produits alimentaires sont 15 % plus chers dans l’Hexagone que dans le reste de l’Union européenne. Voici pourquoi

Aliments : la France, championne des prix élevés. En moyenne, les produits alimentaires sont 15 % plus chers dans l’Hexagone que dans le reste de l’Union européenne. Voici pourquoi
16 comments
Celles et ceux qui ont passé leurs vacances en Espagne, au Royaume-Uni ou même en Allemagne s’en sont peut-être rendu compte. La facture au supermarché a été plus légère là-bas qu’en France. Les statistiques d’Eurostat sont formelles : notre pays figure parmi les plus chers de l’Union européenne pour ce qui concerne les achats alimentaires.
Certes, le Danemark, le Luxembourg et l’Autriche culminent à des niveaux plus élevés. Mais la France est juste derrière : nous payons en moyenne nos courses 15 % de plus que les autres pays. Plus inquiétant, cet écart ne cesse de croître : il était de +8 % en 2013, et de +12 % en 2016. À niveau de vie comparable, les Allemands achètent leur alimentation 14 % moins cher que les Français.
[https://imgur.com/eK1xAcb](https://imgur.com/eK1xAcb)*Eurostat/60 Millions*
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Pourquoi une grande nation agroalimentaire comme la nôtre, qui maîtrise quasiment tous les maillons de la chaîne, de la culture des matières premières jusqu’à la distribution, en passant par les industries de transformation, n’offre-t-elle pas des prix plus abordables ? D’autant que 80 % des aliments que nous consommons sont cultivés et transformés dans notre pays, rappelle l’Association nationale des industries alimentaires (Ania).
**60 % des aliments sont vendus en hypermarché**
Première explication : la prédominance des hypermarchés dans notre pays. Même s’ils existent dans d’autres pays, la France reste le berceau de ces magasins de plus de 2 500 m² où l’on vend tout sous le même toit. Au point que près de 60 % des produits de grande consommation sont vendus en hyper, soit deux fois plus qu’en Allemagne où le format des petites surfaces, notamment discount, domine.
Qui dit hypermarché, dit plus large gamme de prix. « Les hypers accueillent davantage de produits premium, régionaux ou locaux qui tirent les indices vers le haut, même s’ils coexistent avec une offre d’appel à bas prix », observe l’Institut de liaisons des entreprises de consommation (Ilec).
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**Multinationale ou PME, même traitement**
Une analyse partagée par Dominique Amirault, président de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France (FEEF), qui regroupe la quasi-totalité des fournisseurs en produits alimentaires de la grande distribution. « En France, les consommateurs ont accès à une grande diversité de produits, la plupart étant fabriqués par des PME. La demande de produits locaux, éthiques, authentiques, est actuellement très forte. Et ces produits ne sont pas moins chers que les autres. »
Dominique Amirault constate également des différences dans les rapports avec les distributeurs. « En Allemagne, Aldi achète très bas mais en très grande quantité, en acceptant de répercuter nos coûts. Il existe ailleurs un meilleur équilibre entre les différents fournisseurs, alors qu’en France, les centrales ne font pas de différences de traitement entre la multinationale et la PME. »
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**Une cherté à relativiser sur les grandes marques**
Mais certains relativisent la cherté hexagonale pour les produits de grande consommation. Ils s’appuient sur une enquête du ministère de l’économie du Luxembourg, qui compare chaque année les prix des marques présentes dans les trois pays limitrophes, Belgique, Allemagne et France. Il s’agit de références identifiables par un code-barres et donc comparables entre elles, soit 10 000 produits environ. L’édition 2020 montre que les prix français sont plutôt compétitifs.
Selon cette enquête, sur les produits frais, notre pays est 6 % moins cher que l’Allemagne et 14 % que la Belgique. Au rayon épicerie, la France fait jeu égal avec l’Allemagne et se trouve à près de dix points sous la Belgique. Pour le rayon des liquides, nous payons 3 % moins cher que les Allemands, 13 % de moins que les Belges.
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**Hors de prix : les fruits et légumes et la viande**
Si la France n’est finalement pas si mal placée pour ce qui concerne les grandes marques à code-barres, il en va tout autrement pour la viande (30 % plus chère que la moyenne de l’Union) et les fruits et légumes (+27 %).
Cette fois, l’explication avancée par les acteurs de la filière touche aux coûts de production. « Les PME françaises supportent des contraintes supérieures, que ce soit pour le coût du travail ou la fiscalité, affirme Dominique Amirault. Nous avons, par exemple, une taxe due avant toute production, qui n’existe pas ailleurs. D’autre part, les PME sont contraintes par un niveau de sécurité au travail plus élevé que certains autres pays. »
Le concombre français, 75 % plus cher à produire
En France, le coût de l’heure de travail s’établit à 37,30 €, contre une moyenne de 27,80 € dans l’Union européenne, et 37 € en Allemagne. Dans la production agricole, les écarts de coûts de production entre la France et les autres pays atteignent des sommets pour le concombre (+75 %), les nectarines (+55 %), les carottes (+45 %) ou même les pommes (+42 %), selon Eurostat.
Pour l’abattage et la découpe de viande, Allemands, Néerlandais ou Belges recourent à des travailleurs détachés originaires d’Europe centrale ou de l’Est. « Ils sont recrutés par des sociétés d’intérim locales et travaillent en prestation de services aux conditions de leur pays d’origine », observe Patrick Dedinger, inspecteur général de l’agriculture, auteur d’un rapport sur les écarts de compétitivité en Europe. L’introduction d’un salaire minimum en Allemagne, y compris pour les travailleurs détachés, a réduit l’écart du coût du travail avec la France.
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**Une inflation provoquée par la loi Egalim de 2018**
Enfin, la loi Egalim, adoptée en France fin 2018, a renchéri tous les prix alimentaires avec l’imposition d’une marge de 10 % sur le seuil de revente à perte. L’objectif ? Que cet argent payé par le consommateur et encaissé par les distributeurs soit restitué aux producteurs agricoles.
Sauf que « la loi a déclenché une inflation qui est venue accroître les marges de l’industrie agroalimentaire et de la distribution, sans revalorisation des prix pour les producteurs », lit-on dans un [bilan de la loi Egalim](https://www.fnab.org/images/bilan_ega_VF.pdf) publié fin 2020 par un collectif de 26 associations et syndicats.
D’après leurs estimations, le budget alimentaire des ménages aura augmenté de 1,6 milliard d’euros en deux ans. Sur le lait de consommation et la viande de bœuf, « les marges de l’agro-industrie et de la distribution ont augmenté alors qu’aucune progression n’est observée sur le prix payé aux producteurs. Au contraire, celui-ci s’est même dégradé », indique le rapport.
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**Volailles et charcuteries, les vaches à lait des distributeurs ?**
Accusée d’avoir profité de sa situation pour faire des profits indus, la grande distribution préfère avancer les chiffres de l’Observatoire de la formation des prix et des marges, organisme du ministère de l’agriculture, créé suite à la crise des prix agricoles en 2008.
Parmi les rayons rentables, la volaille et la charcuterie génèrent un bénéfice de 5,5 % net. Les fruits et légumes frais dégagent environ 2,5 % net, les produits laitiers entre 0,5 et 1 % net. Mais la boulangerie est à zéro et la poissonnerie perd 4,7 % net. Au total, l’ensemble des rayons alimentaires frais rapportent 1,6 % net du chiffre d’affaires pour les grandes surfaces en 2019. Ce qui peut paraître peu… sauf que ces chiffres d’affaires s’expriment en milliards.
Des chiffres qui n’éteindront pas le débat, et sur lesquels 60 Millions aura l’occasion de revenir plus précisément, afin de s’approcher de la vérité sur les marges des uns et des autres.
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***• 20/10/2021***
***• Lionel Maugain***
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Osef quand c’est de la bonne bouffe
“Voici pourquoi”
Ah bha j’espère bien que l’article va l’expliquer, sinon je sais pas ce dont il va parler
Je suis inquiet de la prolifération des titres putaclick sur r/france. Qu’est-ce que Zemmour propose pour gérer ce problème ?
Je vis en dehors de la France depuis presque 15 ans et c’est très clair: faire les courses en France coute un bras. Le seul pays qui peut faire la compèt dans mon expérience est la Belgique, où tout est absolument cher (+ services merdiques).
#SwitzerlandEntersTheChat (OK, on n’est pas dans l’UE, mais les prix, chez nous, sont surréalistes !)
J’achète tous mon matériel high-tech en Allemagne, Italie, Espagne et Angleterre.
Les prix français sont risibles. Toujours 10-20% plus chers.
*rigole nerveusement en Suisse*
Il y a quand même une différence flagrante de qualité des produits avec nos voisins. Pour avoir vécu au Royaume-Uni c’est un autre monde, en dehors du fait que presque tout sauf le bacon, les oeufs et quelques legumes est importé, le goût de nos produits n’a rien à voir, que ce soit le pain, le fromage, le bœuf ou nos fruits presque tout est meilleur chez nous. Et par contre tu peux trouver une qualité plus proche de nos standards dans les marchés fermiers mais là c’est hors de prix.
J’avais remarqué, en allant rendre visite à un ami à Amsterdam, que la majorité des fruits et légumes en ventes dans les supérettes étaient originaires de France.Chez nous, on trouve beaucoup de fruits et légumes venant d’Espagne et du Maroc.
Depuis ce jour, j’ai toujours cru qu’on y gagnait plus à revendre notre production au pays du Nord et qu’on économisait à acheter à ceux au Sud.
Je ne sais pas si c’est en lien, mais si quelqu’un peut m’expliquer cette réalité, je suis preneur !
Je pense qu’il faudrait amener l’échelle au plan mondial et pas juste européen, le coût de l’alimentation en France est ahurissant en comparaison du smic et salaire moyen. Pour expérience personnel, c’est mois cher de faire ses course à Tokyo que dans une ville Française et ok on à plus d’accès au bio mais sinon le choix de produit reste limiter à du local et des produits génériques industriels. Sinon il faut viser les épiceries asiatique mais le prix est aléatoire.
Mais le responsables français sont et resteront toujours des billes en économie. Schématisons la production et la vente agricole de manière caricaturale:
Consommateurs <— Vendeurs (<—- Grossistes) <—- Producteurs
Notons que dans ce secteur les vendeurs (grandes surfaces) ont un pouvoir de marché énorme sur le marché vendeur / consommateur et sur le marché producteur / vendeur puisqu’ils sont peu nombreux et forment quasiment une entente sur les prix, en plus les produits agricoles ne se stockent pas. On est presque dans une situation oligopolistique.
Dans cette situation là en quoi forcer les vendeurs à vendre plus chers aux consommateurs va augmenter les prix auxquels vendent les producteurs et donc leurs marges ? Non, forcer les vendeurs à vendre plus cher va juste diminuer la consommation, donc en théorie aucun impact sur les producteurs et peut-être une légère baisse des marges des vendeurs. Sauf qu’en pratique les grandes surfaces ont un pouvoir de négotiation énorme, et donc dans le but de récupérer leur marge vont s’entendre pour baisser les prix négociés avec les producteurs.
Si on veut mieux rémunérer les producteurs ben tu peux par exemple introduire un prix minimum pour chaque produit vendu. Le salaire minimum c’est le prix minimum auquel un salarié peut vendre ses heures de travail à son entreprise ou à son patron ; Or le concept d’heures de travail n’a pas de sens pour quelqu’un qui travaille seul, un agriculteur il ne vend pas ses heures de travail aux grandes surfaces mais sa production. Donc si en discutant beaucoup on est prêts à imposer un SMIC et à le relever de temps en temps je vois pas pourquoi en principe on ne peut pas faire la même chose avec les produits agricoles. Maintenant si on fait cela il y aura des externalités : Les grandes surfaces augmenteront les prix pour le consommateur et achèteront plus à l’étranger, il faudra limiter ces externalités négatives, ce qui je l’accorde serait difficile avec la réglementation européenne.
Une autre manière de procéder serait de baisser les coûts de production, donc de baisser les normes, et / ou les taxes et impôts que doivent payer les exploitations agricoles, mais encore une fois les grandes surfaces risqueront de s’engouffrer et de négocier à la baisse les prix auxquels ils achètent.
This is very interesting. I have been living in France (Montpellier) for a week now having moved from the US (Florida), and I’m stunned by how much cheaper and way way better tasting food is here. I have been shopping at carrefour since it’s the closest one to me. Some things are way more expensive here (twice as much or more) such as batteries and lightbulbs (non-food items), but fruits, vegetables, ham, cheese, wine, beer, … are dirt cheap here.
Example, for the same pack of tomatoes, I pay 0,99€ here whereas I used to pay $4.99 in th US.
Deepl translation below
C’est très intéressant. Je vis en France (Montpellier) depuis une semaine, après avoir quitté les États-Unis (Floride), et je suis stupéfaite de voir à quel point la nourriture est moins chère et bien meilleure ici. J’ai fait mes courses à Carrefour car c’est le plus proche de chez moi. Certaines choses sont beaucoup plus chères ici (deux fois plus ou plus), comme les piles et les ampoules (articles non alimentaires), mais les fruits, les légumes, le jambon, le fromage, le vin, la bière, … sont très bon marché ici.
Par exemple, pour le même paquet de tomates, je paie 0,99€ ici alors que je payais 4,99$ aux Etats-Unis.
C’est plus cher si tu vas au supermarché mais les gens ont la flemme (ou alors pas la culture) d’acheter aux producteurs…
Pleure en expatrié en Suisse qui fait des courses en France parce que c’est moins cher ;_;
paywall
apres avoir vu le docu d’arte sur la corruption de carrefour sur les franchisés, ca ne m’étonne pas.
Personnellement, je reste toujours ultra fidèle à Aldi, meme si on trouve pas leur magasins partout. On est dans un modèle limite communiste ou chaque produit est normalisé, il n’y a pas d’alternative ou de concurrence par produit. Ils achètent leur produits en énorme quantité ce qui facilite la logistique. Pas ou très peu de marques.