Je suis un empoisonneur…(voilà, un bon titre bien provoque comme on les aime)

Bonjour rFrance, alors voilà, il y a quelques heures, un [post](https://www.reddit.com/r/france/comments/161nmbb/destruction_du_vin_en_exc%C3%A9dent_la_subvention_ira/) relayant des nouvelles de la viticulture a été posté ici et je suis, comme souvent, un peu atterré par les commentaires. Je suis un empoisonneur, enfin, un vigneron de métier (le domaine est en polyculture en vérité, avec des céréales). Et pour donner une idée d’où je parle, je me situe sur l’appellation Sancerre, donc une appellation en très bonne santé si on la compare à d’autres.

Donc le post en question partage un article du Figaro qui nous apprend que l’enveloppe allouée à la destruction du vin en excédent va être augmentée pour atteindre 200 millions d’euros.

Dans les commentaires du post, c’est la fête. Pêle-mêle, on nous accuse de pleurer constamment pour des subventions, d’empoisonner évidemment, de produire un produit obsolète, de voir là-dedans la main du Lobby du vin, que les vignerons seraient des biens lotis, d’être des exploiteurs. L’image du petit bourgeois se retrouve énoncée en même temps que l’idée que le petit viticulteur, sage et attentif, qui aurait anticipé les changements à l’avance, lui.

Bref, les commentaires ne sont pas une sinécure pour moi. Je me rends compte qu’on nous connaît bien mal ou en encore que le jugement s’effectue uniquement sur les vignerons que l’on voit à côté de chez soi et que la vue d’ensemble est quasi inexistante.

Alors 200 millions, c’est vrai que c’est un budget et je suis d’accord qu’on pourrait faire de belles choses avec ça. Mais c’est aussi peanuts si on le compare à ce que rapporte la viticulture française : la viticulture française est le deuxième secteur dans notre balance commerciale à hauteur de 13 milliards d’Euros en 2019, derrière l’aéronautique. C’est aussi un secteur qui emploie beaucoup directement et indirectement avec 500 000 emplois. Donc 200 millions, ramené sur ces 19 milliards, c’est 1,5% de cette somme. Vraiment, ce n’est pas grand-chose. On peut aussi le voir comme un transfert d’argent entre les vignobles qui vont bien, qui rapportent à l’Etat, et ceux qui sont à la peine.

Maintenant, il faut regarder un peu plus en détail quels vignobles vont bénéficier de cette somme : des vignobles en surproduction. Globalement, ce sont les vignobles du Sud où on a trop planté et/ou trop produit : le Bordelais où l’on s’est enflammé à l’export avant de voir les marchés se contracter (US, Chine) et le Languedoc qui subit, je crois, la baisse de la consommation de vin rouge (-32% en 10 ans, pas évident à anticiper, et plombé par la hausse des coûts). Alors, est-ce que c’est à l’Etat d’intervenir et de redistribuer un peu d’argent ? Certains diront que non, d’autres oui. Pour l’Etat, il semble que ce soit oui et il semble aussi souhaitable que ça ait lieux de mon point de vue. D’abord parce que des domaines qui se cassent la gueule, ce n’est pas souhaitable sauf si on souhaite voir des emplois disparaître et une concentration des terres (je ne vous apprends rien, un domaine qui coule et disparaît finit racheté par un autre, quand ce n’est pas un gros groupe type LVMH, Castel, etc qui rachète). Ces vignobles qui ont besoin de l’intervention de l’Etat sont des vignobles qui sont en pertes de vitesse, qui font face à des difficultés structurelles et il ne semble pas inintéressant pour l’Etat de jouer son rôle en orientant les actions des individus (prime d’arrachage, subvention pour distillation) afin de conserver en bonne santé un secteur qui ramène de la money au pays.

Petite précision : l’article parle de destruction de vin, mais il s’agit plutôt d’une transformation puisque l’on va distiller l’alcool pour pouvoir l’utiliser ailleurs.

Quelques points que je voudrais adresser en dehors de ça :

Les viticulteurs seraient des exploiteurs, y compris de main d’œuvre étrangère : les vignerons emploient de la main d’œuvre étrangère, c’est un fait. La saisonnalité du travail rend le besoin en main d’œuvre difficile à gérer avec de gros piques pour les accolages et les vendanges. Pas mal de domaines cherchent donc des saisonniers pendant ces périodes et ce n’est pas toujours simple. Les zones rurales comme celle de mon appellation n’ont pas un taux de chômage énorme et il est difficile de demander à un intérimaire de faire 45km matin/soir pour venir travailler dans les vignes. Certains vignobles sont très loin de gros centres urbains.

Clairement, la main d’œuvre étrangère rend service. Je sais qu’à Sancerre, pendant les vendanges, il y a habituellement environ 900 bulgares qui viennent vendanger à la main. On n’a juste pas le choix et ils ne vendangent que 10% de la surface du vignoble, le reste est à la machine. Clairement, les campagnes françaises ont beaucoup changé et l’exode rural du siècle dernier fait qu’aujourd’hui, à la campagne, il n’y a plus assez de personnes pour répondre au besoin de main d’œuvre. Quand on trouve des français, on trouve également de tout : des jeunes qui en veulent, d’autres non, certains increvables mais aussi pas mal qui vont avoir envie de lâché au bout de 2-3 jours (le plus rapide que j’ai vu étant en 1 jour là où j’ai fait mon BTS : il a été sur la table de trie pendant une journée (pas fatiguant, pas captivant non plus j’avoue), on ne l’a jamais revu). Ce n’est donc pas simple. Le métier est physique, comme tout métier en extérieur. J’ajouterai, c’est un truc que j’ai entendu et ça demanderait vérification, que dans le temps, beaucoup de fonctionnaires et étudiants étaient dispos pour les vendanges car la rentrée était début octobre. Aujourd’hui, on aurait bien besoin de ces étudiants et d’ailleurs certains étudiants seraient peut-être contents de pouvoir les faire, my 2 cents…

Maintenant, oui, comme dans tous les corps de métier, il y a des moutons noirs qui exploitent effectivement la main d’œuvre étrangère dans la plus grande illégalité (je n’arrive pas à retrouver d’articles mais j’ai souvenir d’une filière illégale à Chalon-sur-Saône qui avait été condamnée/démantelée il y a quelques années, j’essaierai de retrouver).

Les vignerons sont-ils bien lotis : la situation est hyper hétérogène sur l’ensemble du territoire. Certains vignobles stagnent, d’autres sont sur une pente ascendante tandis que d’autres souffrent. La Bourgogne est un fleuron à ce titre et le prix du vin, comme celui des terres, est en mode skyrocket. Le Bordelais et le Languedoc souffrent tandis que la vallée de la Loire se porte assez bien (avec toutefois des situations très variables d’un bout à l’autre). Certains viticulteurs et domaines sont donc très rémunérateurs dans certaines régions, clairement. Le revers de la médaille pour les régions qui vont bien ou progressent, c’est l’augmentation de la valeur foncière. Je vais citer ma région en exemple parce que c’est ce que je connais bien : la valeur d’un HA d’AOC Sancerre a doublé en 20 ans (à l’heure actuelle, on fleurte à 280K€/Ha). Comme dirait un de mes camarades de classe : « bah c’est super, si tu vends tout, t’es millionnaire ! ». Alors oui, c’est super hein mais quand tu veux maintenir l’exploitation familiale, simplement conserver ce qu’a exploiter ta famille depuis quelques générations, ça pose plutôt un problème de succession qu’il faut alors bien bien anticiper. Ça explique aussi l’augmentation du prix de la bouteille dans les régions qui progressent bien. Parce qu’il y a le foncier à assumer par la suite, en plus des investissements constants que demande ce métier. Je sais pour avoir déjà lu ça sur le sub que certains voudraient plus de droits de successions, j’avoue que ce n’est pas simple à entendre pour moi car sans les pactes Dutreil et autres mesures dans les régions où le foncier est cher, clairement on n’aurait pas toujours les trésoreries pour transmettre nos domaines. Dès lors, qui met la main dedans, qui la banque va-t-elle suivre sans soucis parce qu’allonger 20 millions d’euros pour le domaine de 50 hectares, c’est sans danger ? Les gros groupes…( [Boulanger rachète Brochard à Sancerre](https://www.terredevins.com/actualites/la-societe-jacques-bollinger-rachete-le-domaine-hubert-brochard)parce que la famille était grande, que la succession n’a pas été anticipée).

Dans le même temps, certains vignerons peinent à vivre et à pérenniser leurs activités et ont besoin de cette subvention pour vider les cuves, refaire un peu de trésorerie j’imagine et se permettre d’évoluer tout en maintenant un outil de production. Cela peut être dû à un problème structurel, parfois amplifié par de mauvais choix individuels, et collectifs. Dans le sud ou certaines régions, le foncier vaut beaucoup, beaucoup moins chers, et le vin produit également nécessairement. Pour ceux que ça intéresse, il y a un barème publié au journal officiel : [https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046151659](https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000046151659) (chercher Vignes). Clairement, si l’Etat ne fait rien, on aura pas une faillite et une disparition des vignes dans ces coins là, en tout cas pas totalement, par contre, l’accaparement par des groupes qui ont les moyens se poursuivra. Je vais dire de la merde mais avec la force de frappe marketing que peut avoir LVMH, c’est pas compliqué pour eux d’acheter quelques centaines/milliers d’hectares en Languedoc et de réussir à le vendre et ptet même d’en faire un truc luxe en 10 ans…parce que eux, ils auront la tréso pour se laisser 10 ans pour atteindre leurs objectifs.

D’ailleurs deux mots sur le poncif : « que le petit viticulteur, sage et attentif, aurait anticipé les changements à l’avance, lui. »

C’est vraiment, vraiment mal connaître le métier de vigneron. Les tendances, même sur dix ans, sont difficiles à anticiper et savoir quoi faire même quand on les observe est tout un art. Pour rappel : la vigne est une plante pérenne, il lui faut entre 3 et 5 ans pour entrer en production. On ne pilote pas une exploitation viticole très facilement. Autres éléments à prendre en compte : tous les viticulteurs ne sont pas vignerons et sont parfois/souvent liés à des caves coopératives qui ont alors des contrats pluriannuels. Enfin, tous les vignerons ne sont pas propriétaires des terres qu’ils exploitent : dès lors, on paie un fermage à son propriétaire. Imaginez que vous souhaitez arracher une parcelle, que vous voulez la laisser reposer 2 ans histoire de, ou 7 ans parce qu’elle était atteinte de court noué, ça ne va pas être simple de payer ce fermage sans rentrer d’argent en face. Difficile de faire avaler au propriétaire que là, le fermage, ce serait cool de l’annuler.

Si on prend les tendances du moment, par exemple, c’est une baisse du rouge en consommation, une augmentation du rosé et des effervescents en général. Que faire quand on est vigneron ? Est-ce que je me mets à faire du rosé ou est-ce que je reste sur ce que je sais faire ? Et si dans 10 ans j’ai investi dans du matériel, dans le matériel nécessaire pour faire de l’effervescent et que ça se casse la gueule parce que tout le monde en aura plein le cul de boire des bulles ? C’est ça la difficulté.

Bon ce post est déjà super long, je ne sais quoi rajouter. J’ai écris ça au fil de ma pensée alors ce n’est pas parfait. N’hésitez pas, je suis dispo encore un peu cet aprèm pour répondre à des questions, mon post est certainement très incomplet mais j’espère avoir pu vous donner un peu d’éclairage sur certains sujets qui concerne mon métier !

Édit 1h45 : petit édit juste pour dire que j’ai essayé de répondre à un maximum de personne !

by Landriaz

41 comments
  1. Merci pour ta perspective. J’ai trouvé ça très intéressant.

  2. > un article du Figaro […] les commentaires du post […]

    Les commentaires de la presse française sont le plus souvent ignobles, je ne connais comme exception que les articles sans commentaires. Et je pense que le Figaro remporte la palme en la matière.

    Oui, le milieu agricole est un milieu difficile, sinon il n’y aurait pas le taux de suicide qu’il y a (un [bon film sur le sujet](https://fr.wikipedia.org/wiki/Au_nom_de_la_terre), fictif, mais réaliste). Je pense que presque tout le monde en est conscient, sauf les trolls et autres personnes qui ont pour occupation d’agresser les gens sur internet, à travers des commentaires minables.

  3. Comme convenue je viens poster mon expérience de viticulteur,
    J’ai 32ans,une dizaine d’année que j’ai fini mon BTS viti-oeno.
    Aujourd’hui, je suis viticulteur en Occitanie, j’apporte exclusivement en cave coopérative, j’en suis venu à ce métier car mon père est viticulteur aussi, j’ai pas repris son exploitation car il est pas encore à la retraite et j’ai donc fait un emprunt pour acheter des terres aux anciens qui partaient à la retraite, j’ai de la chance que mon père soit déjà installé car sans ça je n’aurais jamais pu faire ce métier.
    L’investissement est trop gros quand on arrive avec rien, sans matériels et terres.
    Je ne sais pas trop quoi raconter, mais je suis là si vous avez des questions.
    Pour cette histoire de subvention je reste plutôt mitigé sur son utilité réelle, le problème étant que ça a pas couvrir la totalité des Hl en trop, faire baisser leur prix et faire un levier de pression pour les négoces pour aligner les prix sur ceux de la subvention. Ça reste une solution de secours mais en aucun cas une vrai aide pour le secteur.

  4. Merci pour ce texte très intéressant. J’avais fait les vendanges dans une petite exploitation du Beaujolais (le patron bossait à l’usine une partie de l’année) pour payer mes études. C’était dur mais j’en garde d’excellents souvenirs.

  5. T’as pas tant adressé la question du poison… Alors que c’est pas mal la raison pour laquelle les gens en consomment de moins en moins. La vie est compliquée pour tout le monde bichon. Toi tu dois exploiter des bulgares tout en venant te justifier sur reddit et exposer tous tes problèmes de riches (comme gérer la sucession d’un domaine qui s’est valorisé! dur!), et tu nous parle de Jean-Paul Glandu qui a pas su finir sa semaine de travail pour expliquer pourquoi c’est dur. Moi je fais partie d’une génération qui ne peut même pas imaginer avoir ce que tu as car on se fait tondre a ras tellement fréquemment que même l’accès à un logement devient inaccessible pour la plupart, donc un domaine, du vin, un patron qui chiale qu’on veut plus bosser. Ou qui réfute être riche parce que “si je vend tout j’ai plus rien à part plein d’argent”. Pas convaincu. J’ai fait deux saisons de vendanges payé au lance pierre dans des conditions dégueulasses et clairement je laisse ca aux bulgares.

  6. Le bordelais ils se tapent pas le phyloxera (je crois? Edit: c’est le mildiou) du siècle aussi cette année ? J’ai de la famille un peu dans le milieu et on m’a dit ça. Ça permettrait ptet un peu de contextualiser l’enveloppe aussi.
    (Au delà du fait qu’une enveloppe de 200millions pour un si grand secteur c’est pas monstrueux, même si faut voir comment c’est utilisé / à qui c’est distribué / si ça engage des contraintes écologiques en contrepartie )

  7. Ben quand même oui, tu fabrique et vend un produit qui tue des gens, l’alcool est un toxic qui provoque des problèmes de santé et de santé public graves. Question problème provoqué, c’est entre la coke et l’héro, dans le top 5 avec le crack et la meth. Question dangerosité, souvent dans le top 3 parfois en première place.

    Comme les marchands de tabac, c’est la vérité. D’accord c’est ton métier, tu en tire ton argent, mais faut pas se voiler la face, sois pas outré quand les gens le disent, on est beaucoup à avoir vu des vies détruite par cette merde.

    [https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyt.2020.592199/full](https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpsyt.2020.592199/full)

    [https://fr.wikipedia.org/wiki/Classification_des_psychotropes](https://fr.wikipedia.org/wiki/Classification_des_psychotropes)

  8. Merci pour ce post détaillé. Est-ce que tu saurais ce qui est pulvérisé sur les vignes et qui sent si fort (à des dizaines de mètres autour des vignes) ? Une odeur qui reste longtemps, même après une forte pluie. De Juin à Aout il faut accélérer quand on se balade près d’une vigne (et dans le sud c’est pas facile de trouver une balade sans vignes :))

  9. Le milieu viticole est très hétérogène, je sais j’y ai travaillé pendant plusieurs années. Et du côté de la profession.

    Toutefois je trouve ton post très représentatif de l’idée que je me fais du milieu : beaucoup de justification, mais aucune action.

    On prends toujours l’exemple de ceux qui galèrent le plus : ceux en coopérative, ceux qui vendent du moux… mais pourquoi on parle pas des empires qui font couler les petits viticulteurs ? Pourquoi on parle des décisions idiotes qui ont amenès à la faillite d’aujourd’hui ? Pourquoi on parle pas du prix de la bouteille ? Des vins que j’achetais en coopérative sont passés de 5 à 10 euros en même pas 10 ans ! Faut pas s’étonner qu’on puisse plus en acheter… Alors oui le gaz augmente, l’essence augmente et par la même occasion les phytos, le liège, le verre… En fait toutes cette augmentation le consommateur les subit aussi !

    Tu parles du corps-noué, tu sais combien la profession investit pour la recherche et le développement en agronomie VERSUS le budget marketing ? Quand je bossais c’était un facteur x10. Alors ça vient pleurer quand il a une épidémie mais ça refuse d’investir pour la recherche.

    L’apotéose reste les larmes qui concernent les travailleurs saisonniers… Mais quelle blague. Déjà c’est impossible de se loger quand on est saisonnier en région viticole. Champagne, Bourgogne, Bordeaux, Beaujolais, Loire, Languedoc… tous part pour les touristes! Faut vivre en camion au bout d’un champs pour mettre de côté 100 balles par moi. Ou alors passer sa paye en essence pour aller vivre dans une plaine à 50km. Sans parler du fait des conditions de travail ignoble payé le salaire minimum, sans parler du fait qu’avant tout était du travail non-déclaré et que c’est plus possible de le faire avec des travailleurs étrangers à cause des contrôles, d’où les salaires de merde. D’ailleurs le problème de la main d’oeuvre et de “les jeunes ils veulent plus bosser” concernent tous les corps de métier….

    Alors certes mon expérience se base sur une région, à 100km de cette région c’est très différent… mais plutôt que pleurer auprès du public, des consommateurs ; ça serait bien de se tourner vers la profession qui gaspille le pognon et vit sa meilleure vie. Après j’ai vu trop de viticulteurs millionaire radins à mort, qui veulent pas embaucher, qui se remettent jamais en question, qui font des investissements de merde et qui se plaignent alors que le reste de la profession agricole : maraichers, éleveurs etc… peuvent même pas se payer à la fin du mois.

  10. Question naive qui vient de quelqu’un pas du tout informé sur ton métier: pourquoi est-ce que c’est plus “rentable” que l’état subventionne le “recyclage” de ces vins plutôt que de vendre du bon rouge marque repère ? ou d’exporter de l’équivalent villageoise sur ces segments de prix?

    Pourquoi la grande distribution ne vend pas du raisin à 1/2€ le kilo pour l’écouler quand meme en tant que denrée alimentaire?

  11. Ce que je ne comprend pas c’est pourquoi on subventionne le vin.

    Il y a deux raisons majeurs qui rendent la chose incompréhensible :

    1 – Les vignerons ne sont pas les seules à souffrir de la sécheresse et des variations climatiques. Donc pourquoi les aider eux ? Et les autres ?

    2 – Le vin est un produit à visée récréatif, ce n’est pas nécessaire pour survivre, il est donc anormal de le prioriser sur d’autres biens de consommations courantes.

    Si je devais parier sur ce qu’il s’est passé, probablement que les viticulteurs avait 2-3 contacts avec la presse locale, ils sont allées pleurer que “*tout est mal, c’est la fin, on peut rien y faire, L’état doit faire quelque chose*”. Et Macron en Grand-seigneur les as aidé en leur filant 200 millions pour les apaiser. Ce qui fait que cette aide est plus lié à l’actualité qu’à un véritable besoin impérieux d’aider la filière.

    Il faut aussi se faire une raison, souffrir des variations du marché, c’est pas de chance en effet. Mais il faut pas oublier que la France est exportatrice de vin, donc on est dans une situation de surproduction en permanence, et ceux qui n’arrivent pas à se placer y passe, c’est logique.

    C’est peut-être triste à dire mais si vous arrivez pas à vendre du vin, il faut lâcher l’affaire ou changer de type de production pour qu’elle soit plus adéquate avec le nouveau climat et la demande.

  12. Récapitulons: tu produis donc bien un poison mortel, tu exploites bien de la main d’œuvre étrangère à pas cher (ben oui, pourquoi s’emmerder à payer les gens correctement), tu rejettes les accusations selon lesquelles les exploitants viticoles seraient des bourgeois, tout en nous expliquant que tu as hérité d’un domaine et que c’est pas de bol, il a pris de la valeur. Et tu espères une seule seconde que quiconque va te prendre au sérieux ?

    Dis-nous donc combien vaut ton exploitation et combien tu te rémunères pour empoisonner les gens, qu’on rigole un coup. Crois moi, la majorité de la population a autrement plus de soucis.

  13. Pour ce qui est de l’empoisonnement, je laisse ici les figures [1](https://bmjopen.bmj.com/content/bmjopen/2/4/e000774/F1.large.jpg) (personal harm scores) et [2](https://bmjopen.bmj.com/content/bmjopen/2/4/e000774/F2.large.jpg) (social harm scores) de [Taylor M, Mackay K, Murphy J, et al. (2012) Quantifying the RR of harm to self and others from substance misuse: results from a survey of clinical experts across Scotland](https://bmjopen.bmj.com/content/2/4/e000774).

    > The high rankings of alcohol and tobacco in this study reflect the common recognition that chronic use of alcohol and tobacco cause illness and death, contributing to 90% of drug-related deaths in the UK. Every year in the UK, tobacco smoking causes around 100 000 premature deaths, reducing average life expectancy in regular smokers by 10 years, with population-based studies suggest that smoked tobacco is the most addictive commonly used drug. Alcohol is a growing problem in Scotland where there is one of the fastest growing rates of liver cirrhosis in the world, having doubled since 1990 and being twice that of England and Wales. Alcohol misuse is also known to be a risk factor for suicide, and the National Confidential Inquiry into suicides indicated that 58% of individuals dying by suicide in Scotland had a history of alcohol misuse and in 17% alcohol dependence was the primary diagnosis. The report also shows that there is a substantially higher rate of homicides and suicides in Scotland compared with England and Wales, which can be largely attributed to high levels of alcohol and drug misuse, both in the general population and among people with mental health problems. Cause and effect cannot be attributed here though, as the pathways to suicide and to homicide are complex and multiple. In this study, alcohol was the only drug to rate higher on social harm than personal harm reflecting the enormous burden to the healthcare system posed by alcohol and also the negative effects on rates of crime, work place absences and on family life including domestic violence.

    Après, si les vignerons arrivent à faire ce métier tout en étant en paix avec eux-mêmes, tant mieux. C’est pas comme si la demande allait subitement disparaître de toute façon. Mais faut juste éviter de se mettre la tête dans le sable.

  14. > la valeur d’un HA d’AOC Sancerre a doublé en 20 ans (à l’heure actuelle, on fleurte à 280K€/Ha). Comme dirait un de mes camarades de classe : « bah c’est super, si tu vends tout, t’es millionnaire ! ». […] Je sais pour avoir déjà lu ça sur le sub que certains voudraient plus de droits de successions, j’avoue que ce n’est pas simple à entendre pour moi […]

    Il y a des beaucoup de choses intéressantes dans le poste mais j’avoue que ce n’est pas simple à entendre pour moi quand des millionnaires viennent nous expliquer qu’ils ont besoin des aides de l’état, et souvent qu’ils ont même besoin de plus d’aides, et que non ils ne faut pas qu’ils payent plus de taxes.

    J’ai aussi un peu de mal avec l’idée de présenter ces aides comme un truc qui sauvent les petits producteurs face aux grands groupes car justement ces groupes profitent toujours très largement des aides et souvent beaucoup plus que les petits producteurs. En valeur absolue car ils ont simplement de terre et en valeur relative car leurs exploitations coutent souvent moins cher par hectare que celle des petits.

    > Alors 200 millions, c’est vrai que c’est un budget et je suis d’accord qu’on pourrait faire de belles choses avec ça. Mais c’est aussi peanuts si on le compare à ce que rapporte la viticulture française : la viticulture française est le deuxième secteur dans notre balance commerciale à hauteur de 13 milliards d’Euros en 2019, derrière l’aéronautique. C’est aussi un secteur qui emploie beaucoup directement et indirectement avec 500 000 emplois. Donc 200 millions, ramené sur ces 19 milliards, c’est 1,5% de cette somme. Vraiment, ce n’est pas grand-chose. On peut aussi le voir comme un transfert d’argent entre les vignobles qui vont bien, qui rapportent à l’Etat, et ceux qui sont à la peine.

    Ce passage me dérange aussi beaucoup car il y a aussi les aides pour le gel, pour la grêle, pour les maladie, pour les orages, la PAC et surement de très nombreuses autres aides. Je ne les remet pas en question la légitimité ou le bénéfice de ces aides, je n’arrive même pas à trouver le montant et je n’ai pas la moindre idée de l’impact, mais par contre présenter une aide ponctuelle par rapport à un chiffre annuel en ignorant toutes les autres aides est assez malhonnête.

  15. Quelqu’un peut il m’expliquer vite fait ce qu’est du vin en excédent? Merci

  16. Je pense surtout qu’on donne un peu trop d’importances à une industrie non essentielle. L’alcool c’est surtout récréatif, ça coûte cher, le traitement chimique de vos plantations c’est vraiment de la merde écologiquement, et en plus de ça c’est une substance addictive au même titre que la tabac qui essaie de se donner une bonne image.

    > Les tendances, même sur dix ans, sont difficiles à anticiper

    Comme dans tous les métiers. Les habitudes de consommation changent, les gens ont plus d’argent pour se permettre d’acheter vos biens non essentiels. C’est la vie. Mais on n’a pas tous la chance d’avoir un lobby pour nous aider à recevoir des aides, pour faire des campagnes marketing agressives et sortir des études bidons sur les bienfaits du vin.

    Ça me fait étrangement penser aux agriculteurs des betteraves sucrières qui pleuraient sur l’interdiction d’un pesticide hyper agressif écologiquement. Et qui ont eu un passe-droit car les patrons de cette industrie ont pleins de petits copains au gouvernement. Faudrait quand même pas faire baisser leurs bénéfices hein ? Surtout que l’agroalimentaire en a besoin pour faire ses produits ultra-transformés et pleins de sucre !

    Vous êtes dans une industrie merdique. Ne vous étonnez pas si les gens ne vous ont pas dans leurs cœurs.

  17. Alors c’est bien de t’être donné du mal, mais le genre de posteurs qui te traite d’empoisonneur, il veut pas chercher à comprendre, il veut juste s’indigner facilement sur internet du haut de son perchoir moral.
    C’est facile et il se sent mieux après.

  18. C’est payé combien vendangeur, et pour quelles conditions de travail op ?

  19. 200 millions… Vous etes charmant OP mais vous voyez ce que ça fait déja un millions OP?

  20. Je viens de la branche polyculture-élevage, c’est un post très intéressant !

    Mais à voir beaucoup de commentaires, la filière agricole n’est pas sortie de la crise avec si peu de soutien … Il y a vraiment une grosse mésentente, notamment sur la richesse des exploitants.

  21. J’y connais rien, mais à doigt mouillé, le climat nous dicte que faire du vin est un luxe qu’on doit savourer, donc il faudra diminuer les surfaces viticoles et faire des céréales à la place si on veut pas crever de faim.

    C’est bien beau de défendre et raconter ton métier, mais ce qui était rentable hier doit changer pour nous permettre de vivre demain, donc le modèle capitalistique croissant doit être mis de coté pour faire face à la sécurité alimentaire, surtout avec les sécheresses.

    En tout cas c’est bien d’admettre qu’on fait venir des migrants sans jamais vouloir subventionner des nationaux moins performants pour peut-être remettre en question ce modèle de rendement économique à tout prix, alors qu’on a plein de chomeurs (moi y compris) qui aimerait bien profiter d’un emploi saisonnier alors qu’on les traite d’assistés. Je sais pas quel est le taux horaires de ces bulgares, et c’est marrant que tu l’évoques pas.

    J’ai pas lu l’autre fil, mais ton poteau sonne exactement comme un lobbyiste (qui d’ailleurs n’est pas un représentant d’une grande boite, un lobbyiste c’est aussi le petit exploitant qui défend son métier), qui prétend apporter des nuances pour défendre son lopin de terre, sans évoquer le climat ou les pesticides utilisés, qui sont surement des sujet abordés dans l’autre fil. Et meme s’ils sont pas évoqués, voir que tu n’en parles pas beaucoup (ou pas du tout?) est assez étrange.

    Bref, on sort d’une canicule, et on a surement des vignes brulées (?), donc forcément ca fait discuter. On pourrait aussi discuter de Poutine qui bloque du blé Ukrainien, c’est pas directement lié, mais pas loin.

  22. J’ai bien aimé ta partie sur la main d’œuvre. Jamais de votre faute. On se demande bien pourquoi les interimaires veulent pas faire 45kms. Ha oui, ils ont jamais voulu les faire, sauf qu’avant ils étaient logé. Les bulgares qui vous sauvent des méchants français ont bons dos.
    Et ouais quand on les parque dans de la merde, qu’on leur ponctionné le.salaire pour payer le logement dont on est propriétaire et les 35h c’est respecté à la lettre (encore mieux on a
    Paie au rendement pour être sûr qu’en plus ils cravacher comme des chiens pour prendre un smic à la chinoise)

    “Mais mais y a aussi des viticulteurs pauvres 🙁 ) toujours les mêmes excuses. On critique des milieux qui sont toujours victimaires. On dirait le.poste du CRS qui a jamais vu de racisme à la police et qui ne connaissaient que des crs de gauche.

  23. Merci pour ce beau post informé, enfin. Ce que je retiens : soit on aide les petites productions locales sur du court-moyen terme, soit on fait en sorte que les méga corporations rachètent tout.

    Pour moi la réponse est assez simple. J’espère que pour vous aussi.

  24. Quand je lis que le rosé est considéré comme du vin, je signale à la modération.

  25. Ben ouais. C’est jamais facile de voir son métier partir à vaut l’eau. Mais c’est comme ça.

    Et désolé mais je préférais voir les 200M investis dans des écoles plutôt que des fabricants de pinard.

    Comme disait le grand philosophe Didier Super: yen a des biens.

    Mais dans le vin, y’a quand même un sacré paquet de raclures qui passent leur temps à se plaindre en garant leur Cayenne dans leur domaine. ( j’habite à Lyon, et je traîne parfois en bourgogne)

    Y’a 20 ans j’avais des potes experts en PABX, quand est arrivée là VoIP, ils ont vu les commandes s’écrouler, bah ils se sont formés à autre chose et sont partis faire autre chose. T’as entendu parler d’un fond de subvention pour sauver la téléphonie analogique ? Non. Méritaient ils qu’on sauve leur métier? Doit on sauver le vin au mépris du reste parce que c’est de la culture franco française?

    J’en sais rien.

    Cependant, merci de ton témoignage. Y’a du boulot à faire côté de l’état, c’est certain.

  26. Votre récit offre une plongée profonde et détaillée dans les enjeux de l’industrie viticole et les défis auxquels font face les vignobles. Votre point de vue en tant que vigneron apporte une lumière vive sur les considérations économiques et pratiques complexes en jeu. Comprendre les subtilités et les situations variées au sein de l’industrie est crucial avant de porter un jugement ou de former des opinions. Vos perspectives apportent un éclairage précieux à la discussion.

  27. Je remarque que sur le sujet de l’exploitation, tu n’as rien dit sur les salaires. Ils sont payés combien vos 900 bulgares indispensables ? Au smic, avec les cotisations patronales ?

  28. OP c’est peine perdu pour toi car , sur reddit, Air France, ici on ne boit pas d’alcool car c’est mal, en plus t’es un peu trop capitaliste.
    T’aurais pu écrire je suis un meurtrier ou même facho tiens…

  29. Le problème des subventions à aux viticulteurs, comme au reste de l’agriculture, c’est que c’est un milieu qui vote massivement à droite, mais qui chouine sans cesse pour toucher des subventions.

    Assumez les gens. Si vous êtes de droite, la fameuse main invisible du marché règlera vos problèmes sans que le contribuable ait à mettre la main à la poche.

    Prix trop bas ? Une partie d’entre vous feront faillite et, la production diminuera, ce qui mécaniquement entraînera les prix à la hausse.

    C’est le système que vous préconisez pour le reste de la société en votant à droite mais que vous refusez de voir appliquer à votre propre secteur d’activité.

  30. Bon, je profites du passage d’un viticulteur pour discuter d’un sujet qui me tient à coeur: le vin sans sulfites et l’hypocrisie des messages indiqués sur l’étiquette.

    Ma compagne est allergique aux sulfites et est vraiment très sensible à des doses très faibles. Par contre un vin vraiment sans sulfites ajoutés, que l’on obtient chez certains producteurs à qui on fait confiance, ne lui pose pas de problèmes.

    Souvent, il est marqué sur une bouteille de vin la mention sans sulfites ou encore “sans sulfites ajoutés selon la réglementation européenne.” Et pourtant le viticulteur a rajouté des sulfites dans son vin.

    En fait, si la quantité est en-dessous d’une certaine norme, le viticulteur a le droit de mettre cette mention.Malheureusement, dans ce cas ma compagne ne va pas se sentir bien après quelques gorgées, et c’est moi qui devra finir la bouteille…

    Comment en est-on arrivé là? Pourquoi ne pas simplement autoriser la mention sans sulfites ajoutés seulement si on a pas ajouté de sulfites, comme le bon sens le voudrait?

    Pour faire encore plus con, on trouve parfois des bouteilles de vin avec la mention “vinifié sans sulfites” OR le viticulteur à rajouté des sulfites dans la bouteille, donc après la vinification, et donc c’est ok mais méga trompeur car les sulfites peuvent être ajoutés à plusieurs étapes. Soit on rajoute du souffre sur les raisins, soit on ajoute des sulfites pendant la vinification, soit encore on met des sulfites dans la bouteille à l’embouteillage.

    Je ne parle même pas des marchands de vins incultes qui te disent que des vins bios ou nature, ça veut dire qu’ils sont sans sulfites…

    Note: je sais bien qu’il y a aussi des sulfites naturels mais comme je l’ai dit plus haut, les vins de certains viticulteurs très stricts à ce niveau conviennent parfaitement

  31. “Mais c’est aussi peanuts si on le compare à ce que rapporte la viticulture française : la viticulture française est le deuxième secteur dans notre balance commerciale à hauteur de 13 milliards d’Euros en 2019, derrière l’aéronautique.”

    La balance commerciale c’est une pure somme comptable de macroéconomie, ça représente juste le fait que les Français boivent moins de vins étrangers que l’inverse. Les 13 milliards d’euros à part les viticulteurs personne n’en voit jamais la couleur. ça ne rapporte strictement rien aux Français.

  32. Vigneron en côte chalonnaise.

    Certains commentaires sont affligeants en effet mais certains soulèvent quand même des points intéressants.

    Cette aide vient aider un secteur en crise, c’est sans doute nécessaire pour plusieurs raisons que tu as donné mais il serait bon de reconnaître qu’ils ont été les principaux architectes de leur crise. Un petit mea culpa ça fait pas de mal des fois quand on vient quémander de l’aide. Quand la bulle de la cote d’or va leur péter a la gueule, ils vont nous dire “qui aurait pu prévoir ?”. C’est la même chose à chaque fois, oui les changements de cap prennent du temps, les domaines sont des paquebots, mais on a aussi un paquet de capitaines endormis à la barre.

    On sait tous que le prochain challenge c’est le changement climatique, combien sont vraiment concentrer dessus et prévoient des évolutions ? Beaucoup moins que ceux qui ignorent le problème selon moi.

    Sur le recours aux travailleurs étrangers je partage en partie ton constat. Faire appel à des français c’est beaucoup plus compliqué et tu ne sais jamais combien seront encore là le lendemain. Ceci dit, là encore, il serait bon d’accepter nos responsabilités. Les salaires ne sont pas attractifs en comparaison de la difficulté du travail, en particulier quand on prend en compte la multiplication des canicules car on sait tout les deux qu’on arrêtera pas l’accolage parce qu’on a une semaine de canicule. Pour le côté vendanges il faut aussi se souvenir qu’il n’y a pas si longtemps les vendangeurs étaient nourris (3 repas et 1 a 2 “casse croute”) et logés, que le patron payait des tournées et que l’ambiance était une raison en soi de faire les vendanges. Logés ça n’existe plus, nourris c’est rare et en général déduit de la paie, payer des coups on a plus le droit et même les casse-croûtes ont pris un coup depuis le COVID. Ne parlons pas de l’ambiance dans les gros domaines où les contremaîtres ont des sifflets. J’aurais 20 ans maintenant j’y réfléchirai à deux fois avant d’y aller.

    Le problème c’est que c’est un cercle vicieux, moins d’offre>moins de demande>moins d’offre>etc. Les travailleurs étrangers maintiennent les salaires plutôt bas et il n’y a plus du tout la même ambiance donc on fait fuire toujours plus les étudiants et comme on a plus d’étudiants on prend des travailleurs étrangers.

    Pour moi les dates sont pas si mal, la plupart des facs ont fini pour le début de l’accolage et reprennent après les vendanges (c’est quand même rare maintenant de vendanger après le 15 septembre, en tout cas par ici) le problème ne vient pas franchement de là.

  33. >Je vais dire de la merde mais avec la force de frappe marketing que peut avoir LVMH, c’est pas compliqué pour eux d’acheter quelques centaines/milliers d’hectares en Languedoc et de réussir à le vendre et ptet même d’en faire un truc luxe en 10 ans…

    Ce n’est pas de la merde. De ce que j’ai pu voir, le problème de la profession en France est la commercialisation.

    En Occitanie, la production est très hétérogène que ce soit en qualité comme en gout. Marketer ça en dehors des aficionados du vin est compliqué. Il faut des moyens pour payer le marketing, les commerciaux qui vont passer les intermédiaires et aller directement sur les marchés internationaux. Les grands domaines dans le monde sont devenus de grosses machines qui sortent des produits hyper calibrés destinés à être vendus au plus grand nombre.

    J’ai souvent entendu qu’une certaine banque avait massivement financé l’émergence de grands domaines en France susceptibles de développer cette force de frappe commerciale. Cependant je ne pense pas que LVMH puisse débarquer en Occitanie, ils l’auraient fait depuis longtemps. La région protège ses champions locaux.

  34. Oh, la main invisible n’a pas bien fait son travail de régulation, quelle surprise!

    ça reste honteux et déloyal, dans notre magnifique marché libre, de détruire, ou transformer de la matière pour éviter que le prix de la matière à la valeur la plus haute ne chute!

    C’est comme si les pays producteurs régulaient le nombre de barils de pétrole qui sortent en fonction de sa valeur.

    Attendez …

  35. Juste un p’tit com pour signaler que ton premier lien hors reddit ne fonctionne pas (il faut juste récrire l’adresse).

  36. Ça parle pas trop d’empoisonnement du coup ?

    Non parce que j’ai des potes qui bossent dans les vignes en Côte-rotie et Condrieu, et ça balance du round-up a l’atomiseur en masse sur une parcelle littéralement à 2 mètres d’une autre censée être en biodynamie, c’est une giga blague. Et s’il pleut dans la nuit, bah tout à été lavé, parti dans le Rhône alors faut traiter à nouveau.

    Et puis pour connaître du coup des familles qui ont des parcelles de côte rôtie, le prix à l’hectare c’est fois quatre par rapport aux chiffres que t’annonces, et c’est bien les derniers mecs dans l’univers qui sont dans le besoin.

  37. Oui, tu es un empoisonneur. Tour comme Philip Morris et Pablo Escobar. L’alcool est une drogue qui tue, et fait des ravages dans notre pays. Vous devriez avoir honte.

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