Il est utile de revenir à la source de cette idée “récupérée” par le gouvernement. A l’origine, elle vient de l’association “Mieux voter” qui l’avait défendue dans une Tribune pour Le Monde en février 2019.
En voici le contenu :
>*« Le Monde » a demandé à des contributeurs de proposer, chaque jour, une idée pour changer la France. Aujourd’hui, l’association « Mieux voter ». Collectif*
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>**Tribune.** La création d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) a émergé comme une revendication phare des « gilets jaunes », pour permettre de révoquer des élus, de proposer et d’abroger une loi, ou de modifier la Constitution. Passionnément commenté dans le débat public, le RIC dérange et ravive la tension entre la démocratie représentative et la démocratie directe. Nombreux sont ceux qui s’inquiètent des risques de dérive autoritaire d’un instrument de consultation populaire hautement manipulable et otage de l’affect des « foules ».
>
>Les reproches faits au référendum sont en partie fondés. Sa logique binaire, « oui » ou « non », peut engendrer une polarisation excessive et nocive de l’électorat. A l’heure des « fake news » et des réseaux sociaux, elle rend aussi les campagnes référendaires plus vulnérables vis-à-vis des manipulations massives. D’autre part, s’il a le mérite de clore la discussion, le référendum peut paradoxalement devenir embarrassant pour la démocratie quand, par sa tournure définitive et tranchante, il gêne la suite du débat public. Si le référendum n’est pas l’outil miracle pour refonder la démocratie, alors que faire ?
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>**Un usage encadré**
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>Quels que soient les risques associés au référendum, aucun d’entre eux n’est insurmontable si son usage est encadré. Et si beaucoup a été dit sur la nécessité d’organiser la délibération collective autour du référendum, rien n’a été imaginé quant aux modalités du vote lui-même. Or, ce point est capital. Le référendum, des citoyens ou des élus, pourrait prendre une tout autre tournure et devenir un outil de pacification et de construction du consensus s’il pouvait être pratiqué avec « le jugement majoritaire », une méthode qui permet aux électeurs d’évaluer les différentes options soumises au vote plutôt que de dire « oui » ou « non ».
>
>Plus question de logique binaire et réductrice : il s’agirait d’évaluer un ensemble d’options alternatives soumises au référendum, à l’aide des fameuses mentions prévues par le jugement majoritaire (« excellent », « bien », « passable », « insuffisant », « à rejeter »). La délibération en amont du référendum en serait profondément transformée et moins sujette aux phénomènes de polarisation excessive de l’opinion et de manipulation. La votation référendaire donnerait une image claire de l’état de l’opinion sur une question donnée, dans toutes ses nuances.
>
>Concrètement, plutôt que de demander à la population si elle est « pour » ou « contre » une taxe sur les carburants, on lui demanderait d’exprimer son opinion sur plusieurs manières de taxer le carburant et l’énergie, qu’elle devrait chacune évaluer (« Que pensez-vous d’une taxe sur le carburant des seules voitures ? » « d’une taxe sur le kérosène des avions ? » « d’une redistribution intégrale des recettes aux ménages ou d’un investissement dans la transition écologique ? », etc.). Avec le jugement majoritaire, le référendum se transforme en « préférendum ».
>
>**Mieux associer les citoyens**
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>A l’échelle locale, les votes citoyens au jugement majoritaire trouveraient également toute leur place, pour réaliser des consultations citoyennes, des référendums locaux ou des budgets participatifs. Pour l’aménagement du territoire aussi, la possibilité d’organiser des RIC au jugement majoritaire améliorerait radicalement le processus de réflexion et de concertation en amont, alors que partout en France des projets d’aménagements soulèvent des oppositions farouches, dont certaines basculent en conflits ouverts, comme à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ou Sivens (Tarn), bientôt à la Montagne d’or en Guyane ou à Europacity dans le Val-d’Oise.
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>Il y a fort à parier que si les citoyens étaient plus et mieux associés à l’aménagement de leur espace de vie, l’intelligence collective et la rigueur démocratique permettraient de parvenir à des projets acceptés par tous. A l’échelle communale, régionale et nationale, des pratiques de démocratie participative et directe doivent être inventées pour recréer du commun et mettre un terme à la verticalité de nos institutions. Un référendum amélioré, s’il venait à être appliqué, pourrait ouvrir la voie vers une démocratie en phase avec notre société et ses aspirations, une démocratie à la hauteur des enjeux du XXIe siècle.
>
>Chloé Ridel, Rida Laraki, Paloma Moritz et les membres du collectif « Mieux voter ».
J’attends impatiemment de voir l’organisation de la journée d’élections ainsi que le dépouillement.
Ce n’est pas “son idée”
ça c’est le truc pour faire de la mousse puisque l’on sait que c’est impossible à mettre en oeuvre. En plus avec moins de 50% de votants la signification est nulle.
Avec un peu de chance, tous les responsables politiques vont profiter de ce moment pour organiser une consultation intelligente et mesurée des français, en évitant les pièges de la retraite et de l’immigration entre autres, pour faire émerger une nouvelle dynamique. On pourrait être à l’orée d’un nouveau souffle démocratique !
En revanche, malgré mon grand optimisme, je n’arrive pas à balayer l’idée que tous les groupes vont juste vouloir défendre leur bout de gras et ne vont pas bosser ensemble. La montagne va-t-elle accoucher d’une souris ? Je ne l’espère pas mais c’est tout de même le plus probable malheureusement
Les macronistes sont vraiment les pires raclures de fond de chiottes en termes de vol d idées aux adversaires politiques à des fin de communication.
Ça passe son temps à soi disant défendre la propriété et sa s accapare le contenu intelllectuel des autres comme les cancres qu ils sont.
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Il est utile de revenir à la source de cette idée “récupérée” par le gouvernement. A l’origine, elle vient de l’association “Mieux voter” qui l’avait défendue dans une Tribune pour Le Monde en février 2019.
En voici le contenu :
>*« Le Monde » a demandé à des contributeurs de proposer, chaque jour, une idée pour changer la France. Aujourd’hui, l’association « Mieux voter ». Collectif*
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>**Tribune.** La création d’un référendum d’initiative citoyenne (RIC) a émergé comme une revendication phare des « gilets jaunes », pour permettre de révoquer des élus, de proposer et d’abroger une loi, ou de modifier la Constitution. Passionnément commenté dans le débat public, le RIC dérange et ravive la tension entre la démocratie représentative et la démocratie directe. Nombreux sont ceux qui s’inquiètent des risques de dérive autoritaire d’un instrument de consultation populaire hautement manipulable et otage de l’affect des « foules ».
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>Les reproches faits au référendum sont en partie fondés. Sa logique binaire, « oui » ou « non », peut engendrer une polarisation excessive et nocive de l’électorat. A l’heure des « fake news » et des réseaux sociaux, elle rend aussi les campagnes référendaires plus vulnérables vis-à-vis des manipulations massives. D’autre part, s’il a le mérite de clore la discussion, le référendum peut paradoxalement devenir embarrassant pour la démocratie quand, par sa tournure définitive et tranchante, il gêne la suite du débat public. Si le référendum n’est pas l’outil miracle pour refonder la démocratie, alors que faire ?
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>**Un usage encadré**
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>Quels que soient les risques associés au référendum, aucun d’entre eux n’est insurmontable si son usage est encadré. Et si beaucoup a été dit sur la nécessité d’organiser la délibération collective autour du référendum, rien n’a été imaginé quant aux modalités du vote lui-même. Or, ce point est capital. Le référendum, des citoyens ou des élus, pourrait prendre une tout autre tournure et devenir un outil de pacification et de construction du consensus s’il pouvait être pratiqué avec « le jugement majoritaire », une méthode qui permet aux électeurs d’évaluer les différentes options soumises au vote plutôt que de dire « oui » ou « non ».
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>Plus question de logique binaire et réductrice : il s’agirait d’évaluer un ensemble d’options alternatives soumises au référendum, à l’aide des fameuses mentions prévues par le jugement majoritaire (« excellent », « bien », « passable », « insuffisant », « à rejeter »). La délibération en amont du référendum en serait profondément transformée et moins sujette aux phénomènes de polarisation excessive de l’opinion et de manipulation. La votation référendaire donnerait une image claire de l’état de l’opinion sur une question donnée, dans toutes ses nuances.
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>Concrètement, plutôt que de demander à la population si elle est « pour » ou « contre » une taxe sur les carburants, on lui demanderait d’exprimer son opinion sur plusieurs manières de taxer le carburant et l’énergie, qu’elle devrait chacune évaluer (« Que pensez-vous d’une taxe sur le carburant des seules voitures ? » « d’une taxe sur le kérosène des avions ? » « d’une redistribution intégrale des recettes aux ménages ou d’un investissement dans la transition écologique ? », etc.). Avec le jugement majoritaire, le référendum se transforme en « préférendum ».
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>**Mieux associer les citoyens**
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>A l’échelle locale, les votes citoyens au jugement majoritaire trouveraient également toute leur place, pour réaliser des consultations citoyennes, des référendums locaux ou des budgets participatifs. Pour l’aménagement du territoire aussi, la possibilité d’organiser des RIC au jugement majoritaire améliorerait radicalement le processus de réflexion et de concertation en amont, alors que partout en France des projets d’aménagements soulèvent des oppositions farouches, dont certaines basculent en conflits ouverts, comme à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ou Sivens (Tarn), bientôt à la Montagne d’or en Guyane ou à Europacity dans le Val-d’Oise.
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>Il y a fort à parier que si les citoyens étaient plus et mieux associés à l’aménagement de leur espace de vie, l’intelligence collective et la rigueur démocratique permettraient de parvenir à des projets acceptés par tous. A l’échelle communale, régionale et nationale, des pratiques de démocratie participative et directe doivent être inventées pour recréer du commun et mettre un terme à la verticalité de nos institutions. Un référendum amélioré, s’il venait à être appliqué, pourrait ouvrir la voie vers une démocratie en phase avec notre société et ses aspirations, une démocratie à la hauteur des enjeux du XXIe siècle.
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>Chloé Ridel, Rida Laraki, Paloma Moritz et les membres du collectif « Mieux voter ».
J’attends impatiemment de voir l’organisation de la journée d’élections ainsi que le dépouillement.
Ce n’est pas “son idée”
ça c’est le truc pour faire de la mousse puisque l’on sait que c’est impossible à mettre en oeuvre. En plus avec moins de 50% de votants la signification est nulle.
Avec un peu de chance, tous les responsables politiques vont profiter de ce moment pour organiser une consultation intelligente et mesurée des français, en évitant les pièges de la retraite et de l’immigration entre autres, pour faire émerger une nouvelle dynamique. On pourrait être à l’orée d’un nouveau souffle démocratique !
En revanche, malgré mon grand optimisme, je n’arrive pas à balayer l’idée que tous les groupes vont juste vouloir défendre leur bout de gras et ne vont pas bosser ensemble. La montagne va-t-elle accoucher d’une souris ? Je ne l’espère pas mais c’est tout de même le plus probable malheureusement
Les macronistes sont vraiment les pires raclures de fond de chiottes en termes de vol d idées aux adversaires politiques à des fin de communication.
Ça passe son temps à soi disant défendre la propriété et sa s accapare le contenu intelllectuel des autres comme les cancres qu ils sont.