« Qui est Édith Cresson ? » : une naturalisation refusée après des erreurs au test de culture générale

by OrdinaryMidnight5

6 comments
  1. > Citer le nom du ministre de l’Economie. Vous avez indiqué « Darmanin »

    Imaginez perdre la nationalité pour ça.

  2. Si jamais paywall :

    Dix ans de résidence en France, un bac pro, deux emplois cumulés « avec double cotisation pour l’État »… Mais pour la préfecture de Haute-Vienne, Antoine* ne justifie pas de la culture générale suffisante pour devenir français. Il a vu sa [demande de naturalisation](https://www.leparisien.fr/societe/la-nationalite-francaise-classee-meilleure-du-monde-faut-il-prendre-ce-barometre-au-serieux-22-11-2019-8199558.php) refusée par la préfecture le 25 juillet et a déposé un recours en raison de plusieurs incohérences au cours son entretien.

    Cet Albanais, aujourd’hui âgé de 25 ans, est arrivé en France en 2012 avec ses parents et sa sœur. Pendant quatre mois, la famille était à la rue, avant d’obtenir un logement à Limoges (Haute-Vienne). Celui qui était à l’époque adolescent a alors commencé à suivre sa scolarité en France en classe de 4e, avant d’obtenir un brevet des collèges, puis un bac pro commerce.

    Un parcours d’insertion sans embûches
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    Il a dans la foulée été [embauché en tant que serveur](https://www.leparisien.fr/societe/dabord-refusee-car-il-travaillait-trop-la-naturalisation-dun-habitant-de-reims-finalement-accordee-04-05-2021-XMFFJDLTI5CE5BLVVE7IVPQGMU.php) au sein d’un restaurant de la ville limousine, tout en créant en parallèle son autoentreprise de nettoyage de véhicules. Très actif dans la vie associative locale, il joue également au football dans un club près de Limoges.

    Après plus de dix années dans l’Hexagone, le jeune homme au français impeccable effectue une [demande de naturalisation](https://www.leparisien.fr/politique/qui-sont-les-113000-personnes-devenues-francaises-en-2019-04-09-2020-8378427.php) auprès de la préfecture de Haute-Vienne. Son dossier est constitué, avec toutes les pièces nécessaires : diplômes, bulletins de salaire, déclarations fiscales… Rien ne manque. Antoine va même jusqu’à réviser l’histoire de France avec un de ses clients, ancien professeur d’histoire-géo. Pour ses proches, il ne fait aucun doute qu’il présente toutes les qualités requises pour [obtenir la nationalité française](https://www.leparisien.fr/sports/football/psg/je-me-sens-tres-francais-tout-en-restant-italien-marco-verratti-veut-demander-la-nationalite-francaise-15-07-2022-WUYV6ZEH6VFUTBO7BISYAQXO4Y.php).

    « On m’a demandé ce que je pensais de Karim Benzema »
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    Arrive le jour de l’entretien en préfecture, le 6 juin. « On me rend alors l’intégralité de mon dossier, puisque la préfecture n’en a plus besoin. Puis commence l’entretien avec la fonctionnaire. Elle est chargée d’évaluer mon assimilation. » Le début de 45 longues minutes pour Antoine.

    Après quelques questions sur l’histoire de France auxquelles le jeune homme répond bien – « Première Guerre mondiale, Deuxième Guerre mondiale, Napoléon, la Marseillaise, des questions sur Limoges [et le Limousin](https://www.leparisien.fr/haute-vienne-87/a-limoges-les-trolleybus-redeviennent-tendance-cest-ecolo-donc-coherent-07-08-2023-IRQDSDXLIZGINE55LEOQ4KW2NY.php) », égraine-t-il – l’entretien bascule soudainement dans un volet qui touche à sa vie privée.

    « La fonctionnaire m’a demandé quelle était ma religion, ce que je pensais de Karim Benzema ou encore si je préférais la France ou l’Albanie. Je regrette de ne pas avoir pu filmer l’entretien », déplore-t-il. Des éléments mis en avant par son avocate dans le recours que celle-ci a formulé le 10 août auprès de la Sous-direction de l’accès [à la nationalité française](https://www.leparisien.fr/paris-75/paris-cours-de-naturalisation-pour-les-collegiens-du-xixe-arrondissement-15-03-2019-8032632.php?ts=1692973164872), auquel Le Parisien a pu avoir accès.

    Des questions soudainement beaucoup plus poussées
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    « J’ai compris que la personne que j’avais en face de moi n’allait pas donner suite à ma demande, résume Antoine, las. Elle me posait des questions toujours plus dures pour que je ne puisse pas répondre », estime-t-il. Parmi la longue liste de dix-sept questions auxquelles le jeune homme de 25 ans n’a pas correctement répondu, selon les autorités : la fonction d’Édith Cresson, l’identité de plusieurs ministres ou encore la localisation des villes d’Arromanches et de Nouméa, comme en atteste le compte rendu de refus de la préfecture que Le Parisien a pu consulter, et dont une partie est reproduite ci-dessous.

    [Image](https://www.leparisien.fr/resizer/9hOo4lXMcXzOn-2YP3D5LQtmkO8=/622×1149/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/leparisien/AAEKSGTBRZCQTKAXV6B6TUGYEE.jpg)

    Antoine affirme par ailleurs qu’il n’a jamais répondu « 110 » à la question sur le nombre de pays au sein de l’Union européenne, mais bien 27. « Je peux totalement entendre que la préfecture ne donne pas droit à ma demande, c’est leur droit de refuser [de me naturaliser](https://www.leparisien.fr/politique/etre-francaise-c-est-juste-un-bonheur-cinq-citoyens-naturalises-vendredi-au-pantheon-04-09-2020-8378259.php). Mais je ne peux pas accepter que des choses fausses soient écrites sur le compte rendu et qu’on me pose des questions illégales ou injustes », soutient le serveur.

    Un flou total autour du déroulé des entretiens d’assimilation
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    Le problème au cœur du recours d’Antoine, c’est d’abord l’impossibilité de rapporter une preuve des échanges. Mais surtout, la position des autorités sur le déroulé des entretiens est complètement floue. Sollicitées à de multiples reprises par Le Parisien, ni la [Direction générale des étrangers en France](https://www.leparisien.fr/politique/gerald-darmanin-reprend-la-main-sur-le-droit-dasile-et-lintegration-des-etrangers-02-06-2022-23FBDCARQFCKHLYTMXR2BGTRTU.php) (DGEF) ni la préfecture de Haute-Vienne n’ont apporté de réponses à nos interrogations.

    Nous avons soulevé plusieurs incohérences entre le déroulé rapporté de l’entretien et les conditions prévues par la loi. Première d’entre elles, le discours tenu par la DGEF [elle-même en juillet auprès du Parisien](https://www.leparisien.fr/societe/quiz-auriez-vous-le-niveau-de-culture-generale-necessaire-pour-obtenir-la-nationalite-francaise-30-07-2023-47HTQ7T6TFG3ROTG4AOUBALCH4.php), qui assurait qu’il n’y avait pas de « score minimal attendu » au questionnaire de culture générale. Or, Antoine affirme avoir répondu à une « cinquantaine de questions » au total, pour 17 erreurs mentionnées par la préfecture de Haute-Vienne.

    Également, [le décret](https://www.legifrance.gouv.fr/loda/article_lc/LEGIARTI000041422360) régissant les conditions de naturalisation et le contenu de l’entretien d’assimilation prévoient que « les domaines et le niveau des connaissances attendues sont illustrés dans un livret du citoyen », un document [accessible à tous en ligne](https://www.immigration.interieur.gouv.fr/Integration-et-Acces-a-la-nationalite/La-nationalite-francaise/Le-livret-du-citoyen). Or, quand on en examine le contenu, plusieurs questions auxquelles Antoine n’a pas répondu correctement concernent des éléments non présents au sein du livret : « Où se trouve Arromanches ? », « Qui a ordonné la construction de l’Arc de Triomphe ? » ou encore « Qui était Édith Cresson ? », par exemple.

    Les autorités se murent dans le silence
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    Confrontées à ces incohérences, les deux autorités n’ont pas apporté de réponses au Parisien, la DGEF nous renvoyant à terme vers la préfecture de Haute-Vienne. Nous avons demandé plusieurs précisions quant à la légalité de certaines questions sur la vie privée du demandeur, au déroulé des entretiens [d’assimilation](https://www.leparisien.fr/societe/les-propos-de-gims-ne-sont-pas-une-bonne-preuve-dassimilation-a-la-societe-francaise-selon-darmanin-25-01-2022-HIVZS4MCJVBOTGOQ4Y4SVFZUIY.php), notamment à savoir si les fonctionnaires chargés de ceux-ci disposaient d’une liste de questions formelles ou non, ainsi que le nombre de questions à poser en moyenne.

    Nous n’avons pas obtenu de réponse non plus, malgré nos multiples requêtes, la préfecture s’est contentée de nous rappeler le décret fixant les modalités de l’entretien, ajoutant qu’il ne s’agissait « pas d’un examen ». « Il n’y a ni questionnaire-type ni score minimal attendu et les questions posées, qui tiennent compte de la condition du postulant (niveau d’études, situation socio-professionnelle, durée de résidence en France), renvoient le plus souvent aux éléments contenus dans le livret précité », a-t-elle répondu au Parisien. Une formulation quasiment identique à celle de la DGEF en juillet.

    Antoine a déposé un recours auprès de la décision de la préfecture, les autorités compétentes ont deux mois pour rendre leur décision. « Mon patron veut que je reprenne le restaurant dans lequel je travaille depuis cinq ans. Mais il est hors de question que je m’endette à hauteur d’un million d’euros en rachetant l’affaire avec seulement un titre de séjour », argumente le jeune homme de 25 ans. Un collectif de soutien au jeune homme s’est également formé localement pour appuyer sa demande auprès des autorités.

    _*Le prénom a été modifié_

  3. Franchement, je suis même pas sûr que je passerai ce test alors que j’ai vécu toute ma vie en France…

  4. >”Où se trouve Arromanche”

    Je connaissais pas perso. Il y a une ville de 465 habitants qui s’appelle “Arromanches-les-bains”, avec un “s”, dont j’imagine que 99.999% des français ignorent l’existence, qui est un des lieux du débarquement de Normandie.

    Pour le reste la difficulté des questions est variable. Il y en a certaines que je trouve un peu ridicules (les noms des ministres je comprends qu’on s’en foute), mais d’autres paraissent pas aberrantes (Jean Moulin, les symboles de république française, les mots Laïcité/Fraternité).

    J’ai regardé des questions en ligne et les mêmes sujets reviennent souvent. Ca me parait abordable. Peut-être qu’il vaudrait mieux faire un examen écrit pour éviter des situations de contestation.

  5. > la fonction d’Édith Cresson,

    Maîtresse de Mitterrand?

  6. Ca me rappelle la Ségrégation du vote des noirs par les tests d’aptitude à la lecture et à l’écriture au USA.Ke truc délibérément impossible que même l’examinateur connais pas les réponses.

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