
Mediapart a réalisé une cartographie des inégalités sociales face aux canicules à Lille, Paris et Marseille. Elle révèle que les espaces urbains végétalisés de ces métropoles ont été monopolisés par les plus riches au détriment des classes populaires, assignées à vivre dans des quartiers surexposés aux chaleurs extrêmes.
https://www.mediapart.fr/journal/ecologie/120823/inegalites-climatiques-comment-les-riches-accaparent-les-espaces-verts
avaient alors frappé le pays. Et l’été 2023 a déjà débuté de manière fracassante, avec un mois de juin plus chaud que l’année précédente et une première vague de chaleur qui a balayé le Sud-Est début juillet.
Selon le dernier rapport annuel du Haut Conseil pour le climat, l’Hexagone est particulièrement exposé aux conséquences du réchauffement planétaire. La hausse du thermomètre a atteint + 1,9 °C sur la dernière décennie en France, contre près de 1,2 °C dans le monde. Comme l’a signalé l’organisme indépendant, « les deux tiers de la population française sont déjà fortement ou très fortement exposés au risque climatique ».
by lalileloluly2
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Les métropoles sont tout particulièrement soumises aux canicules à travers le phénomène dit d’îlots de chaleur. « Un îlot de chaleur se définit par la différence de température entre espaces urbanisés et non urbanisés, explique à Mediapart François Leconte, maître de conférences à l’université de Lorraine, et spécialiste du sujet. La ville, a contrario de la campagne, emmagasine beaucoup de chaleur en journée et la restitue tout au long de la nuit. Cela a un impact sur les organismes, notamment chez les personnes fragiles – seniors, personnes souffrant de troubles mentaux, enfants… »
Créant une surchauffe pouvant atteindre les + 10 °C, les îlots de chaleur urbains « sont dus à la concentration des bâtiments et à l’imperméabilisation des surfaces », selon Valéry Masson, directeur de l’équipe de recherche sur le climat en ville au Centre national de recherches météorologiques. Les matériaux urbains, comme le béton, et les activités humaines, telle la climatisation, favorisent aussi la formation de ces îlots.
À l’aide du cartographe Cédric Rossi – qui s’est déjà penché sur ce phénomène – , Mediapart a réalisé une géographie sociale des inégalités climatiques dans trois grandes métropoles françaises : Lille, Paris et Marseille.
En superposant la cartographie des espaces végétalisés de ces agglomérations avec celles des revenus des ménages et des températures de surface relevées durant l’été 2022 (Voir notre Boîte noire, notamment sur le choix des températures de surface, liées à celles de l’air), il apparaît que les habitant·es des banlieues populaires sont surexposé·es aux températures extrêmes, et sont assigné·es dans des espaces urbains minéralisés.
Aux dépens de ces ménages précaires, les quartiers les plus végétalisés et les plus frais ont été accaparés par les habitant·es riches de ces villes, qui de facto subissent le moins les chaleurs caniculaires.
À Lille, l’entre-soi des riches face à la chaleur
Deuxième agglomération française quant à la densité de population, la métropole lilloise est une longue continuité urbaine qui compte 1,2 million d’habitant·es.
La désindustrialisation a laminé ce territoire marqué par la production textile dès les années 1970. Mais la « bifurcation tertiaire » n’a pas réduit les inégalités fortes héritées de la ville industrielle. Parmi les grandes agglomérations françaises, hors région parisienne, celle de Lille est aujourd’hui la plus ségrégée.
Pour Fabien Desage, maître de conférences en science politique à l’université de Lille 2, la cartographie des inégalités climatiques produite par Mediapart « traduit spatialement le niveau extrêmement élevé d’inégalités sociales de Lille ».
Les espaces urbains où les chaleurs sont les moins fortes correspondent aux villes résidentielles bourgeoises de l’agglomération comme Bondues, Mouvaux ou Croix, et aux beaux quartiers lillois.
« Le milliardaire Bernard Arnault a eu longtemps une villa à Bondues, et les héritiers des familles du textile ou de la grande distribution, tels les Mulliez, ont marqué ce territoire, explique à Mediapart Fabien Desage. En matière de végétalisation, ces zones urbaines sont marquées par les golfs ainsi que par les quartiers arborés pavillonnaires pour très riches. Ces espaces verts ont été sanctuarisés par les plus aisés. »
Le golf de Bondues, un deux fois 18 trous de 100 hectares, est presque exclusivement réservé à ses membres et nécessite deux parrains pour y être introduit. Le quartier très huppé de Beaumont à Croix, était, selon le rapport 2022 de l’Observatoire des inégalités, le premier au classement des quartiers hors région parisienne où vivent les plus riches du pays.
Les températures montrent que les communes pauvres et post-industrielles ainsi que les quartiers populaires de Lille souffrent le plus de la chaleur. En effet, les températures de surface les plus chaudes ont été relevées à Tourcoing, où le taux de pauvreté avoisine les 30 %, ou encore à Roubaix, ville la plus pauvre de France, avec 45 % de sa population vivant sous le seuil de pauvreté.
Dans ces communes populaires et accueillant d’importantes populations immigrées – à Roubaix, 20 % des habitant·es sont de nationalité étrangère – , les espaces verts sont extrêmement réduits et la densité de population y est plus forte. Par exemple, pour une même superficie urbaine de 13 km2, la très bourgeoise ville de Bondues dénombre dix fois moins d’habitant·es que Roubaix.
« L’entre-soi résidentiel des riches est tel qu’il conduit à une assignation résidentielle des plus pauvres, commente Fabien Lesage. Il y a dans le temps un long maintien des inégalités sociales, une inertie crée par le foncier urbain. »
Les riches se logent où ils veulent et les pauvres où ils peuvent.
Rien de nouveau et ça ne risque pas de changer.
Sapristi, des endroits plus confortables sont achetés par des gens qui ont plus de moyens.
C’est in-to-lé-ra-ble.
>Et l’été 2023 a déjà débuté de manière fracassante, avec un mois de juin plus chaud que l’année précédente
Vieil article, l’été fut froid en France.https://meteofrance.fr/sites/meteofrance.fr/files/files/editorial/Bilan_definitif_juillet_2023_030823_V1.pdf
La rumeur dit aussi que les pauvres n’ont pas de clim dans leur appartement/maison 😮 IN-CROY-ABLE !!!
Savent plus quoi inventer pour écrire des articles sur le dérèglement climatique apparemment.
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Je ne comprendrais jamais les pauvres qui se font chier à vivre en ville alors que pour le même prix ils pourraient se payer plus grand à la campagne et un transport vers la ville.
Breaking News : être riche c’est mieux
Dans le titre : « …les riches… »
Premier mot : « mediapart… »
Ok bye 🤣