Enquête sur la sulfureuse agence d’e‑réputation prestataire du candidat Macron

by Goypride

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  1. **Lors de la dernière présidentielle, le chef de l’État a eu recours à Net’Wash, agence de réputation en ligne. Entre manipulation de l’information, promotion de mouvements accusés de dérives sectaires, défense d’autocrates africains, ses méthodes posent question.**

    Six mille euros sur une note de 16,7 millions d’euros. Parmi les dépenses électorales d’Emmanuel Macron engagées lors de la présidentielle de 2022, la facture (voir le document ci‐dessous) aurait pu passer inaperçue… Entre les locations de salles pour des meetings, les impressions de tracts et d’affiches ou les tournages de clips, le président candidat a fait surveiller, pendant trois mois, trois pages Wikipédia : la sienne, celle de son épouse, Brigitte Macron, et celle du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, considéré parfois comme le « cerveau » du chef de l’État.

    Pour cette mission décrite comme « passive » et facturée, donc, 6 000 euros, les stratèges de La République en marche ont fait appel à une société baptisée First One Digital et domiciliée à Valence, en Espagne. Mais savaient‐ils seulement à qui ils avaient affaire ?

    En mars dernier, au détour d’un article sur la validation des comptes de campagne de l’élection présidentielle, Le Monde notait que cette entreprise avait été « épinglée pour ses modifications abusives des notices » de Wikipédia (nous y reviendrons). Surtout, notre enquête sur ce prestataire originaire de la région lyonnaise, spécialiste de la réputation en ligne, ou « e‑réputation », révèle des méthodes sulfureuses, illégale pour au moins une d’entre elles, au service de clients tout aussi sulfureux : candidats d’extrême droite, repris de justice, autocrates africains. 

    Ces méthodes font écho à celles d’Avisa Partners, géant français de « l’influence digitale », mis en cause ces dernières années pour ses nombreuses campagnes de désinformation, même si Stéphane Alaux, fondateur de First One Digital, s’en défend. « On n’a rien à voir avec cette grosse boîte [Avisa Partners – ndlr] et on n’est pas Wagner [le groupe russe de mercenaires – ndlr] !, rétorque ce dernier à Mediacités. On essaie juste de sauver des PME et de faire en sorte que des personnes qui ont fait des erreurs puissent retrouver du boulot. » Une présentation partielle et un brin candide, loin de résumer la réalité des activités du prestataire de La République en marche.

    #« VIP digital bodyguard »

    Totalement inconnue du grand public, First One Digital – ou plutôt « Net’Wash », marque avec laquelle la société commercialise ses services – propose à ses clients de maîtriser leur image sur Internet. L’entreprise leur promet notamment de « reprendre le contrôle des premières pages Google » d’une recherche associée à leur nom. Net’Wash revendique entretenir la « réputation » numérique de chefs d’entreprise, personnalités politiques et autres VIP. On croise aussi parmi ses protégés un magistrat, le président du Togo ou encore un célèbre cancérologue lyonnais bien connu des lecteurs de Mediacités (lire plus bas).

    La marque Net’Wash a été déposée en 2012 par Stéphane Alaux, alors dirigeant d’E‑visibilité.com, une société fondée plusieurs années auparavant à Beynost (Ain), commune limitrophe de la métropole de Lyon, et d’un cabinet de consulting (le cabinet Richelieu). Lui aussi inconnu du grand public, cet expert autoproclamé de la réputation en ligne se considère comme « un des précurseurs du référencement sur Internet en France ».

    Sur le site de son agence, l’homme à la barbe blanche fournie se définit également comme un « VIP digital bodyguard » (un « garde du corps numérique pour VIP ») et s’affiche avec des hommes et femmes politiques – Emmanuel Macron, Marine Le Pen, Nicolas Dupont‐Aignan ou Jean‐François Copé –, d’autres célébrités – l’humoriste Jean‐Marie Bigard ou la chanteuse Marianne James –, ou encore des figures du monde patronal, comme Sophie de Menthon, présidente du lobby Ethic. Stéphane Alaux se targue enfin d’être « consultant » pour France 2 ou M6, après quelques passages télévisés.

  2. “sulfureux”, c’est un synonyme de “corrompu” ?

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