« La crise du logement est violente. Les chiffres sont encore pires que ce qu’on pouvait anticiper »

by Kemoule

6 comments
  1. du moment que rbnb se porte bien, peu importe que les travialleurs galèrent à se loger.

  2. Paywall? Paywall!

    Je pige jamais le principe de poster du paywall sans partager en commentaire

    Le but c’est de débattre uniquement sur le titre ?

  3. >On alerte aussi sur les conséquences : il y aura moins de production de logements neufs, une raréfaction des possibilités de location et, au bout du compte, les plus modestes, les plus fragiles, vont se retrouver dehors

    Je corrige juste, m^ême les CSP+, ne peuvent pas acheter et galère à la location. C’est vraiment la folie…

  4. « La crise du logement est violente. Les chiffres sont encore pires que ce qu’on pouvait anticiper »

    Emeline Cazi et Véronique Chocron

    Véronique Bédague, la PDG du groupe immobilier Nexity, alerte depuis plusieurs mois sur la situation très dégradée du logement en France. Elle estime, dans un entretien au « Monde », ne pas avoir été entendue par l’exécutif et prévient que la crise va se durcir, aggravant les risques sociaux qui vont avec.

    Patronne de Nexity, l’un des plus importants groupes français d’immobilier, Véronique Bédague analyse la crise du logement qui frappe le pays. L’ancienne directrice du cabinet de Manuel Valls à Matignon, pressentie pour être première ministre au printemps 2022 (elle a finalement refusé), ne cache pas la gravité de la situation et fustige l’immobilisme du pouvoir actuel.Ce n’est pas la première fois que vous sonnez l’alarme sur la crise du logement, mais celle-ci s’aggrave.

    Quelle est la nature de cette crise ?

    J’ai alerté dès le mois d’octobre [2022]. J’adresse à ce moment-là une lettre au président de la République, au premier ministre et aux ministres concernés. Je les mets en garde sur ce qui est en train d’arriver maintenant : une restriction majeure des crédits immobiliers, avec des prêts en recul de 45 % sur un an. Dans n’importe quelle industrie où les clients se voient coupés de leurs moyens de paiement dans une telle proportion, quelqu’un regarderait ce qui se passe. On alerte aussi sur les conséquences : il y aura moins de production de logements neufs, une raréfaction des possibilités de location et, au bout du compte, les plus modestes, les plus fragiles, vont se retrouver dehors. Il y a aujourd’hui 2 000 enfants à la rue en France, ça me choque.

    L’histoire était écrite, elle a lieu. C’est la chronique d’une crise annoncée, et elle est violente. Les chiffres sont encore pires que ce qu’on pouvait anticiper. Entre avril 2022 et mars, les réservations de logements neufs ont chuté de 45 %, et c’est encore plus fort pour les maisons individuelles. Il y a 13 % de logements mis en chantier en moins, et le mouvement va s’accentuer, avec un effet sur l’emploi dans le secteur du bâtiment et travaux publics [BTP]. Dans notre métier de promoteur, on voit à l’avance ce qui va se produire. Nous n’avons pas été entendus. Il fallait traiter la crise alors qu’elle était en train de se nouer, et non pas attendre qu’elle soit installée, parce que alors, cela coûte beaucoup plus cher.

    Comment la situation évolue-t-elle en cette rentrée ?

    La production de crédits ralentit encore, donc nous allons enregistrer moins de réservations, et nous lancerons moins de chantiers. Or, le logement neuf met de l’huile dans les rouages, il permet le mouvement. Pourtant, on dissuade l’investissement immobilier, qui n’est pas traité à égalité avec les autres placements. Il est surtaxé. Et l’avantage Pinel [qui permettait aux particuliers acquérant des appartements neufs pour les louer à des locataires modestes de bénéficier d’une réduction d’impôt] a été supprimé.Donc il y aura moins de mouvements dans le parc ancien, en raison de la hausse des taux, mais aussi parce que l’option du neuf n’existe quasiment plus. Le logement social est également grippé. Or, la crise du neuf a un impact sur ce parc : dans la production globale de Nexity, 30 % sont des logements sociaux. Donc quand j’arrête de produire, j’entraîne avec moi le logement social.Il manque également des logements pour les étudiants…

    Une étude d’opinion vient de montrer que 12 % des étudiants renoncent à une formation parce qu’ils ne trouvent pas de logement. Il a été demandé aux promoteurs de produire beaucoup moins de studios et de deux-pièces parce que les maires préfèrent des grands appartements familiaux. Or, les petites surfaces sont très demandées par les couples séparés, ces gens-là sont salariés et donc prioritaires sur les étudiants sur ces produits. Donc les jeunes sont renvoyés vers les résidences étudiantes, qui ne sont pas suffisantes. Les nôtres étaient complètes dès fin juillet.

    Combien de temps cette crise va-t-elle durer ?

    Elle peut durer longtemps. Concernant le crédit immobilier, on peut espérer que les taux de la Banque centrale européenne vont se stabiliser, et qu’avec l’ajustement du taux d’usure les banques vont recommencer à prêter. Les optimistes nous disent que, début 2024, nous pouvons espérer la reprise du flux de crédits immobiliers.Mais le temps de l’immobilier est un temps long. Les Français vont se sentir bloqués, sans possibilité de mobilité, les plus modestes vont devoir renoncer à la petite maison qu’ils voulaient s’offrir, parce qu’il n’y a plus de prêts à taux zéro [PTZ]… Cette crise-là va se durcir, il va y avoir un vrai sentiment de frustration parmi les Français. Ceux qui ont des moyens se logeront, mais les jeunes, les nouveaux entrants ne peuvent plus acheter et ont du mal à trouver une location. Des étudiants rentrent chez leurs parents, pour eux, ce n’est pas un progrès. On ne traite pas bien nos jeunes.

    La crise va-t-elle se régler par une chute des prix ?

    Aux Etats-Unis, les prix de l’immobilier augmentent, alors que les taux y sont plus élevés. C’est parce qu’il n’y a pas d’offre. Ici aussi, le marché est en déséquilibre, on manque de logements. Je ne vois donc pas comment les prix pourraient baisser de 20 %, le chiffre souvent avancé par les experts.En revanche, un autre phénomène se produit. Auparavant, la valeur d’un bien était liée à sa localisation. Désormais s’ajoute le facteur de la qualité énergétique, et, dans un marché où la part des passoires thermiques est très élevée, cela peut avoir un vrai effet sur le marché et expliquer la baisse actuelle des prix.

    Comment les ménages pourront-ils alors acquérir un logement ou simplement se loger ?

    Comme aux Etats-Unis, les ménages vont consacrer une part plus importante de leur budget aux dépenses immobilières. La hausse actuelle des salaires en France va les aider. Il n’est par ailleurs pas impossible que les taux redescendent. Et chez Nexity, on se bat pour mieux maîtriser nos coûts de production.

    Cette crise est-elle comparable aux précédentes, notamment à celle des années 1990 ?

    Ce qui change aujourd’hui, c’est la relative indifférence, ou le manque de moyens, de la sphère publique. L’exécutif continue à dire qu’il faut faire des économies sur le logement, ça, c’est inédit dans un moment de crise très rapide. Le gouvernement passe son chemin. En 2008, on a réglé la situation avec le dispositif Scellier – un avantage fiscal important – et des achats massifs, par la Caisse des dépôts, d’appartements neufs qui ne trouvaient pas preneurs.

    Là, on nous explique que les particuliers qui investissent dans l’immobilier sont déjà dans un paradis fiscal et qu’il faut surtout ne rien faire. Heureusement, Action Logement [le puissant collecteur de la participation des entreprises à l’effort de logement] fait son job, en se substituant aux acheteurs qui n’ont pas pu aller au bout de leur projet d’acquisition dans le neuf.

    Quel est le rôle des banques dans cette crise ?

    Elles sont très contraintes par les nouvelles règles du Haut Conseil de stabilité financière. [Celui-ci] a pris des décisions sur le taux d’effort maximal des ménages qui s’endettent très défavorables à l’investissement immobilier. Cela a joué un rôle important dans la crise, même si ce n’est pas la seule cause.

    Qui a encore accès à la propriété aujourd’hui ?

    Les ménages qui ont beaucoup de moyens. Le recentrage du PTZ sur les zones les plus tendues est en réalité une coquille vide, car les plus modestes n’ont de toute façon pas accès à l’immobilier dans ces territoires les plus attractifs. Ces prêts sociaux seraient utiles dans les zones non tendues. Donc il n’y aura plus de PTZ, c’est le principe de l’économie budgétaire.

  5. On ne manque pas de logement, c’est simplement regarder l’arbre qui cache la forêt.

    Janco disait il y a peu qu’une proportion non négligeable de logement sont sous-occupés, où une fois les enfants partis, les parents restent d’une maison avec 3 chambres à coucher.

    Il y a des endroits en France dont la proportion de logements secondaires est tellement non marginales, que des zones sont mortes en hiver mais bien trop vivantes en été.

    Pour la France je ne sais pas, mais ici au Pays-Bas, les immeubles neufs sont accaparés par de grands groupes comme des banques, qui font main mise sur tous les logements neufs “””abordables”””, et de fait, uniquement les penthouse à X millions sont mis en vente.

    Derniers exemples en date, la Terrace Tower de Rotterdam, uniquement en location, et la rénovation de l’ancien QG d’une banque, Blaak 333, en très grande majorité uniquement à la location.

    Pendant covid, près de 70% des logements dans les grandes villes NL étaient achetés par des investisseurs.

    Et pour finir encore une fois sur janco, il me semble qu’il mentionait qu’il y avait plus de constructions neuves que de nouveaux ménages sur le marché, et pourtant on manquerai de logement ?

    Mon cul.

  6. >La crise du logement est violente.

    En effet, c’est un cauchemar.

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