CHRONIQUE. L’appel à la bienveillance, une forme de violence ?

by Le_Pouffre_Bleu

5 comments
  1. Tant de masturbation avec les mots pour passer laborieusement de :

    > Cette semaine, c’est à six reprises qu’on a pu entendre ce mot lors de l’interview que le président a donnée au journaliste Hugo Travers, sur Youtube. Extraits choisis : “Il y a tout ce que l’on doit faire, et qu’on est en train de développer; pour mettre plus de bienveillance dans notre système scolaire et estudiantin.” “Moi je suis pour la bienveillance et la tranquillité.” “On a besoin d’avoir une école bienveillante.”

    à

    > Regardez ce que disait de tout cela Emmanuel Kant. Dans son essai Sur le lieu commun, il écrit : “Un gouvernement qui serait fondé sur le principe de la bienveillance envers le peuple, tel celui du père envers ses enfants”, où les individus seraient donc considérés comme “des mineurs, incapables de décider de ce qui leur est vraiment utile ou nuisible”, “est le plus grand despotisme que l’on puisse concevoir”.

    Evidemment que Clément Viktorovitch ne supporte pas d’entendre parler de bienveillance en politique. Sa famille politique prône explicitement la conflictualisation.

  2. Cet article m’inspire deux choses : Tout d’abord, l’omniprésence de l’amour et de la bienveillance pour aller chercher le bien-être, le bonheur, la bonté et d’autres mots en B partout m’horripile. Il faut être bienveillant avec les autres mais attention aussi avec soi-même, l’amour de soi c’est important ! Allez bouffer vos morts, parfois je me sens comme un gros tas de merde et la seule chose qui me fera me sentir mieux c’est de boucher mes artères avec des chips et de cracher mon chewing-gum dans les cheveux d’un bébé. Mais j’irai pas jusqu’à voir dans cet appel à la bienveillance une “violence” dans la vie de tous les jours, en politique peut-être…

    Deuxièmement, j’ai un peu l’impression que l’auteur va chercher tout ce qui peut être décortiqué dans les paroles de Macron pour essayer de trouver un truc qui peut être utilisé pour faire de lui un despote en herbe. Je respecte énormément Viktorovitch, alors je vais y réfléchir et je changerai peut-être d’avis plus tard, mais j’ai l’impression à chaud que si Macron disait “J’aime les chatons” on aurait droit à des articles sur la cruauté d’avoir un animal de compagnie et l’impact désastreux des chats sur la biodiversité.

  3. Life Pro Tip : Sur les applis de rencontre, fuir comme la peste les gens qui utilisent le mot “bienveillance”.

  4. Non, c’est une micro aggression.
    En vrai c’est juste qu’il avait la flemme de faire un article sur les sujets de l’interview.

  5. >Que signifie le mot bienveillance ? Il est dérivé du latin benevolentia. Vouloir faire le bien d’autrui. Ce qui implique, évidemment, de prétendre savoir ce qui est bon pour l’autre.

    Une démarche bienveillante peut consister à demander à l’autre ce dont il a besoin. Pour moi, etre bienveillant c’est justement etre conscient qu’on ne sait pas ce qui est bon pour l’autre.

    >Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si la mise en avant de ce terme provient, initialement, du monde du management.

    Mouais, je suis dubitatif. En effet le monde de l’entreprise le met en avant depuis quelque temps mais ça trainait ailleurs depuis longtemps.

    >La bienveillance, c’est le procédé rhétorique déployé par ceux qui ont intérêt au statu quo, pour disqualifier l’expression des luttes et des conflits.

    Ou comment jeter le bébé avec l’eau du bain.

    C’est moi ou on a un problème avec les penseurs de plateaux télé ? Ils finissent par dériver dans leurs délires.

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