Un journaliste mis en examen après avoir fait du journalisme

by Intemperie07

4 comments
  1. Se pourrait-il que peut-être, je dis bien peut-être, les juges connaissent un peu mieux leur propre boulot que le péquin moyen, que des éléments les incitent à poursuivre l’enquête, que Yoan Sthul-Jäger n’ait pas seulement pris des photos, et qu’on ne sache pas tout de la situation, voire même qu’on en sache moins après avoir lu 3 paragraphes, que les juges eux mêmes ?

  2. Et une GAV dans le 4ème sous-sol de la SDAT c’est pas commun : cellules insonorisées, caméra dans la cellule qui filme en permanence, double porte blindée, on t’y amène et ressort les yeux bandés, etc

    Même ceux qui y bossent ne supportent pas d’y faire un tour.

    >Le médecin par qui j’ai l’obligation d’être examiné au 3e jour me confie qu’il évite le plus possible de devoir se retrouver dans les arcanes de ce blockaus où tout est « infiniment pesant ». L’ensemble des personnes qui interviennent ici, policiers enquêteurs d’élites, policiers matons, avocats, paraissent d’ailleurs pour une fois unanimes quant à leur répugnance à venir travailler en ces lieux ou chaque ouverture de porte est sujet à une demande d’autorisation et le moindre déplacement de l’une d’entre nous d’une porte à l’autre à une fouille au corps.

    Il y a plein de récits très précis de la part d’activistes écolos dispos pour se faire une idée.

    Une vague idée des moyens mis à disposition pour la dernière vague d’attestations, dont le journaliste fait partie :

    >Tous les moyens à leur disposition reliés à la téléphonie et à l’univers numérique semblent avoir été mis en œuvre : écoute des appels et retranscriptions des SMS, prélèvements de tous les numéros composés et des antennes relais sur lesquels les téléphones ont borné, demande de géolocalisation en direct, étude du trafic internet et des sites visités par des téléphones, ordinateurs, boxs, demandes croisées auprès de Facebook, Twitter, Instagram pour connaître le type d’activités à des moments donnés, recherche de méta-données sur des photos publiées sur des sites, analyse de voix sur des vidéos, recoupements avec des écoutes demandées dans d’autres enquêtes politiques…

    >Un logiciel espion classé secret défense a même été mis, avec la complicité de la DGSI, à l’intérieur d’un smartphone, probablement lors d’une intrusion dans l’appartement de la victime, afin d’accéder à son insu à ses conversations chiffrées sur Signal, au stockage de ses données et à ce qui apparaissait sur son écran. Des demandes de prise de contrôle de ce type ont été faites sur d’autres téléphones apparemment sans résultats. L’ensemble des téléphones, clés USB et ordinateurs saisis lors des perquisitions ont subit des tentatives de forçage avec plus ou moins de succès suivant les appareils et surtout la longueur des codes de chiffrement en protégeant l’accès. Des essais de déchiffrement vont probablement se poursuivre à la suite des gardes-à-vue avec des dispositifs plus poussés.

    >Au-delà du règne moderne de la téléphonie numérique et dans un périmètre de plusieurs kilomètres autour des lieux des faits, des objets et déchets en tout genre ont été ramassés, avec l’appui de la garde nationale, et mis en laboratoire pour y trouver traces d’ADN et empreintes. Dans ce même périmètre des demandes d’images de caméras de bus, commerces et caméras de rue privées ou publiques ont été faites puis analysées pour y déceler des comportements et dispositions corporelles jugées dissimulatoires, avant de faire des tentatives de recoupement avec des bases photographiques accessibles aux enquêteurs comme le TAJ (Traitement d’Antécédents Judiciaires). Des demandes de poses de bornes GPS sous des véhicules et de pauses de micros à l’intérieur de ceux-ci ont été effectuées, ainsi que des demandes de photos de certains passages de véhicules sur des péages, des observations des comportements de certains lors de rassemblements et réunions publiques, et une analyse minutieuse d’une foule de textes et autres posts sur les réseaux sociaux. Des filatures pédestres et motorisées quotidiennes avec photos à l’appui ont été mise en œuvre. Et comme le temps de la garde à vue leur offre encore de nouvelles opportunités, j’apprendrai par la suite qu’il a été proposé à une personne arrêtée que sa garde-à-vue se conclue immédiatement et de recevoir des sommes d’argents régulières si elle acceptait de devenir indic.

    Pour faire sauter les chiffrements, les flics ont recours au CAT (Centre d’assistance technique) pour des besoins importants et quand c’est sur des chiffrements plus complexes ou pour les enquêtes très avancées il y a les analystes forensic et enquêteurs NTECH de l’IRCGN (mobilisés à Sainte Soline pour l’exploitation de l’adn et sur l’expérimentation des produits marquants codés/adn de synthèse). C’est le même institut qui a enquêté sur les crimes de guerre à Bucha (avec leur laboratoire d’investigation mobile).

  3. >”Dans les faits, ce reporter photographe a suivi les militants pour un travail journalistique diffusé ensuite dans plusieurs médias dont Libération. Connu pour son suivi des questions environnementales, Joan Jäger-Sthul avait l’habitude de documenter les actions des militants de Soulèvements de la terre. (…) Le SNJ rappelle qu’un journaliste ne doit pas être assimilé à un militant alors qu’il est présent dans le but de rendre compte.”

    [https://france3-regions.francetvinfo.fr/centre-val-de-loire/indre-loire/tours/degradation-en-bande-organisee-yoan-jager-sthul-photojournaliste-tourangeau-mis-en-examen-apres-une-action-de-sabotage-dans-une-usine-lafarge-2818160.html](https://www.20minutes.fr/societe/4053213-20230915-journaliste-mis-examen-apres-avoir-fait-journalisme)

  4. Les flics réfléchissent rarement sur qui ils tapent et pourquoi ils embarquent. Je couvrais une manifestation étudiante avec téléphone portable léger et brassard visible, un flic m’a hurlé dessus en me filmant qu’on allait voir, lui aussi il pouvait me filmer. Un autre a (je crois) tenté de faire un geste vers moi quand j’étais proche du cordon de policiers.

    Je suppose que depuis ce jour, je dois être fiché quelque part.

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