Anticor, un improbable trio derrière la perte de l’agrément ministériel

by BurningNature

3 comments
  1. Quelqu’un aurait la bonté de nous donner l’accès à cet article.

    Merci d’avance.

  2. **Anticor, un improbable trio derrière la perte de l’agrément ministériel**

    Le 23 juin, la décision du tribunal administratif de Paris est tombée comme un couperet : l’association anticorruption s’est vu retirer son agrément qui lui permet d’agir en justice. Chez Anticor, qui dénonce « une grave atteinte à la démocratie », certains s’interrogent sur les motivations de ceux qui ont provoqué ce revers judiciaire.Eric Dupond-Moretti a déjà vécu pire déplacement. Ce vendredi 23 juin à Valenciennes, sous un ciel ensoleillé, le ministre de la justice, cravate bordeaux et costume sombre, affiche sa mine des bons jours. L’ancien avocat pénaliste s’est rendu sur les terres de son enfance pour annoncer la construction d’une prison, dans la banlieue de la sous-préfecture nordiste. Une manière d’illustrer la lutte que l’Etat mène contre la surpopulation carcérale et de vanter la création de six cents emplois. Yves Dusart, le maire (divers droite) de Saint-Saulve, la commune concernée, a le bon goût de soutenir le projet. Que demander de plus ?Ce même jour, à 200 kilomètres de là, une autre nouvelle égaye la journée du ministre. Le tribunal administratif de Paris vient de porter un coup rude à l’une de ses bêtes noires, après la plainte inattendue de deux retraités. En annulant l’agrément ministériel qui permet à Anticor d’être partie civile dans plus de cent cinquante dossiers politico-financiers en France, la juridiction prive de son pouvoir urticant l’un des plus actifs poils à gratter de la République.C’est cet agrément qui avait permis à l’association anticorruption de porter plainte, à l’automne 2020, contre le nouveau garde des sceaux, accusé de « prise illégale d’intérêts » pour avoir, quelques semaines après son arrivée place Vendôme, ordonné des enquêtes administratives visant des magistrats contre lesquels il avait été en conflit lorsqu’il était avocat. En juillet 2021, l’affaire a valu à Eric Dupond-Moretti une mise en examen. Elle doit se conclure par un procès devant la Cour de justice de la République, prévu du 6 au 17 novembre. Certes, les déboires d’Anticor ne changent rien aux tracas judiciaires du ministre. Mais le résultat est là : pour un temps, l’association est presque devenue inoffensive.

    **Les plus proches du chef de l’Etat**

    A l’Elysée, la nouvelle n’a attristé personne. Car, depuis la délivrance, en 2015, d’un premier agrément renouvelable tous les trois ans à Anticor, l’association n’a pas épargné les poids lourds de la Macronie. Certains, parmi les plus proches du chef de l’Etat, en ont fait les frais. A commencer par Richard Ferrand, solide soutien des premiers pas d’En marche ! et pilier de la majorité présidentielle. En mai 2017, Anticor porte plainte contre lui pour « prise illégale d’intérêts » dans un dossier immobilier.L’enquête, classée par le parquet de Brest, est relancée en novembre, quand l’association dépose une nouvelle plainte et se constitue partie civile. Deux ans plus tard, les poursuites valent à Richard Ferrand, alors président de l’Assemblée nationale, d’être mis en examen. Au terme de multiples rebondissements, le dossier sera clos pour cause de prescription. Mais l’actuel président du bureau exécutif de Renaissance en a gardé une rancune tenace contre cette « sorte de parquet privé », comme il a qualifié l’association.En juin 2018, c’est au tour d’Alexis Kohler, le secrétaire général de l’Elysée, souvent décrit comme le « second cerveau » du chef de l’Etat, d’être visé par plusieurs plaintes d’Anticor, notamment pour avoir omis de déclarer ses liens familiaux avec le principal actionnaire de l’opérateur de fret maritime italo-suisse Mediterranean Shipping Company alors qu’il était sous-directeur de l’Agence des participations de l’Etat. Il est mis en examen quatre ans plus tard pour « prise illégale d’intérêts ». L’affaire est toujours en cours.

    **A l’indignation s’est mêlée l’incompréhension**

    Enfin, Emmanuel Macron lui-même s’est déjà retrouvé inquiété : en mars 2017, Anticor saisit la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique au sujet du patrimoine de l’ancien ministre de l’économie (2014-2016). Il n’y aura pas de suite judiciaire à cette saisine, pas plus qu’après la plainte déposée en 2018 concernant d’éventuelles dérives dans les comptes de campagne du vainqueur de la présidentielle – ceux de Benoît Hamon (Génération. s), Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Marine Le Pen (Rassemblement national) aussi étaient visés. Mais voilà de quoi crisper l’exécutif.Interrogé le 25 février 2023 sur sa confiance accordée à Alexis Kohler par un journaliste de l’émission d’investigation « Complément d’enquête », le chef de l’Etat laisse entrevoir le fond de sa pensée. « Son affaire a été classée après l’enquête préliminaire. C’est Anticor qui a rouvert une procédure et, ce que je vois, c’est que la procédure n’est pas en train d’aboutir », observe-t-il alors, sans s’embarrasser de nuances – l’ouverture d’une enquête n’appartient pas à l’association – ni de la séparation des pouvoirs.Avant d’ajouter : « Dans ces cas-là, je peux détruire n’importe qui avec une question d’exemplarité. Demain, je peux vous faire une procédure. Anticor, ils ne font que ça. Et les procédures, ils les font durer, ils les font durer, ils les font durer. Même si les gens à la fin ne sont pas condamnés, vous les foutez en l’air. » Fin juin, aucune personnalité du camp présidentiel ne s’est émue en public des déboires d’Anticor.Les dirigeants de l’ONG, eux, ont immédiatement dénoncé dans un communiqué une « grave atteinte à la démocratie ainsi qu’aux libertés associatives ». A l’indignation s’est mêlée l’incompréhension. Anticor ne peut plus lancer de nouveaux fronts judiciaires. Ses dossiers les plus récents, ceux ouverts après le printemps 2021, sont fragilisés. Pourtant, en avril de la même année, quand l’exécutif avait, après moult hésitations et à reculons, renouvelé in extremis son agrément, l’association et ses soutiens avaient ressenti un énorme soulagement. Fin juin 2023, le tribunal administratif de Paris est venu rappeler une vérité juridique : l’arrêté, signé par Jean Castex, alors premier ministre, était bancal. Le gouvernement ne pouvait pas renouveler l’agrément à Anticor tout en critiquant explicitement le non-respect de certains critères.

    **Une brochette de personnages truculents**

    Et si la chute d’Anticor n’était pas seulement l’histoire d’un simple camouflet judiciaire ? Ces trois dernières années, l’association a été mêlée à un drôle d’imbroglio. Le scénario qui s’est déroulé a des airs de polar politique, avec son lot de surprises et de zones d’ombre, pimenté par une brochette de personnages truculents.Deux obscurs retraités, du genre opiniâtre et rancunier partis en guerre contre Anticor : l’un, Yves Sassiaut, friand de questions aux accents complotistes, selon un adhérent qui l’a bien connu ; l’autre, Claude Bigel, passionné de comptabilité, de handball et adepte des rapports de force. Mais aussi un ténor du barreau parisien et proche de la Macronie, Me Frédéric Thiriez, devenu leur allié de circonstance. Un climat de tensions et de défiance, entre un pouvoir politique agacé et une association minée par d’interminables querelles internes. Et, comme dans les séries américaines à rebondissements, un coup de billard à trois bandes découvert sur le tard. Avec un épilogue en forme d’interrogation : le retrait de l’agrément d’Anticor serait-il le crime parfait ? Depuis sa création, en juin 2002, dans la foulée du choc politique du second tour de la présidentielle opposant Jacques Chirac à Jean-Marie Le Pen, l’association a rarement eu la partie facile. A l’époque, cette structure cofondée par le juge d’instruction Eric Halphen et Séverine Tessier, alors membre du Parti socialiste, regroupe des élus de tout bord. Ses membres cherchent à sensibiliser les partis politiques aux questions éthiques, à leur faire signer des chartes.

  3. Ceux/celui/celle de chez anticor responsable de ce problème ont démissionnés ?

    (mensonge en disant qu’ils ne connaissaient pas le nom de l’un de leur donateur)

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