
Intersectionnalité, patriarcat, néolibéralisme : Clémentine Autain (LFI) ne veut plus employer «les mots qui mettent à distance»
by OrdinaryMidnight5

Intersectionnalité, patriarcat, néolibéralisme : Clémentine Autain (LFI) ne veut plus employer «les mots qui mettent à distance»
by OrdinaryMidnight5
7 comments
Quelqu’un peut partager l’article svp ?
Je suis un peu partagé. En théorie la stratégie peut marcher :
1. La gauche radicale s’impose comme la gauche majeure. Les trucs plus mous sont obligés de s’aligner ou de se fondre dans la droite libérale. Le problème est que cette gauche fait peur aux gens peu politisés.
2. La gauche radicale lisse sa com’, en pariant sur le fait qu’elle va conserver sa base d’électeurs –qui l’aimaient pour sa radicalité évidente et qui comprennent la concession d’image à faire– et qu’elle va acquérir des électeurs initialement plus frileux.
3. Win, ???, profit (enfin, non justement, pas profit :D), etc
Le risque évident, que Clémentine connait, c’est quand même de se perdre, de devenir les mots qu’on emploie (et qu’on se refuse à employer) et revenir à du centre-gauche libéral mou.
S’interdire des mots comme “capitalisme”, c’est vraiment pour faire plaisir aux médias (et à la bourgeoisie qui rigole bien). Je peux comprendre que c’est chiant d’avoir en face le petit sourire narquois/faussement interloqué de Léa et Apolline quand tu le prononces, mais les gens qui travaillent peuvent l’entendre, celui-là.
### Croisée des chemins
Un an après la naissance de la Nupes, la fête de l’Huma qui avait lieu ce week-end a surtout souligné les divergences plus profondes que jamais entre les alliés de gauche. Invité à débattre avec sa collègue LFI Clémentine Autain, François Ruffin a de nouveau plaidé pour un apaisement dans la forme afin de s’ouvrir à un électorat rebuté par «le bruit et la fureur» mélenchoniens. L’Opinion rapporte que le Picard a même raconté avoir «interdit dans ses campagnes que l’on parle de libéralisme, de néolibéralisme, de capitalisme». Sans surprise pour celui qui mise tout sur le social et se fait très discret sur le sociétal, il s’est attiré des sifflets en critiquant l’intersectionnalité : «Ce n’est pas en parlant de ces thématiques que le message passera dans la population.» Plus étonnant : Autain, pourtant identifiée comme l’une des représentantes de la convergence des luttes féministe, écolo, antiraciste et anticapitaliste, l’a rejoint sur ce point. Appelant la gauche à «un peu de réalisme électoral», la députée de Seine-Saint-Denis a appuyé : «Tous ces mots en «isme» mettent à distance les électeurs. Est-ce qu’on veut rester bien au chaud entre nous ou aller chercher une majorité ?»
Auprès de Chez Pol, Autain précise qu’elle veut en effet bannir l’usage du «jargon militant» et «des mots qui mettent à distance» («capitalisme», «patriarcat», «néolibéralisme» ou «intersectionnalité») lors de ses prises de parole «grand public», mais qu’elle continue de les employer dans des cercles plus restreints. Surtout, l’élue assure qu’il ne s’agit pas de moins parler des sujets en eux-mêmes, mais simplement de ne plus employer certains termes, et qu’elle n’a pas «changé de ligne» et encore moins rejoint celle de Ruffin sur la prédominance du social sur le sociétal.
[Edit 15h10 : ajout des précisions d’Autain et changement du titre, précédemment «Clémentine Autain d’accord avec François Ruffin pour moins parler d’intersectionnalité».]
Ben pour le coup elle a pas spécialement tord, il faut adapter le discours en fonction de l’audience. Tu passes en prime time sur France 2 ou pire, sur TPMP, tu vas pas utiliser le même lexique que dans une interview sur un podcast d’une association militante de gauche. Donc oui “intersectionnalité” c’est pas forcement le genre de terme à placer n’importe où. La politique c’est pas forcément avoir raison, c’est juste convaincre le plus grand nombre. Même ici “intersectionnalité” tu prends des downvote et pourtant c’est pas l’endroit le plus “hostile” qu’il soit.
Bon par contre capitalisme le terme reste largement plus grand public je trouve, faut pas non plus pousser trop loin…
TLDR; c’est la droite qui décide comment la gauche a le droit de parler.
> Une écologie qui n’est pas anticapitaliste, pour moi c’est du jardinage. Le socialisme qui ne met pas en cause le capitalisme, c’est mignon. Et le communisme qui ne se donne pas comme objectif une révolution socialiste, je me demande ce que c’est», tranche l’insoumis en chef.
Un jeton de plus dans la machine “Mélenchon n’est pas d’extrême gauche” sinon.
Et c’est reparti pour un tour du fameux “capitalisme ecocide”