France Travail : le plein de contraintes au nom du « plein emploi »
Inscription automatique au chômage, activités obligatoires et transformation du service public de l’emploi figurent parmi les mesures phares du projet de loi « pour le plein emploi », qui arrive lundi à l’Assemblée. La droite est en embuscade pour durcir le texte.
Cécile Hautefeuille
25 septembre 2023 à 18h26
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Davantage de contraintes et de sanctions pour moins de chômage : c’est la recette du projet de loi examiné à partir du lundi 25 septembre par les député·es, de retour dans l’hémicycle après deux mois de pause.Baptisé « Pour le plein emploi », le texte entend « améliorer » et « renforcer » l’accompagnement des chômeuses et chômeurs pour parvenir à l’objectif fixé par Emmanuel Macron : un taux de chômage à 5 % d’ici à 2027, contre 7,2 % actuellement.Il s’agit surtout de rendre obligatoire l’inscription au chômage « de toutes les personnes en recherche d’emploi ou rencontrant des difficultés sociales et professionnelles d’insertion » ; de leur faire signer un « contrat d’engagement » et de « rénover » le système de sanctions des bénéficiaires du RSA.
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Le service public de l’emploi, rebaptisé France Travail, doit aussi être réformé en profondeur pour fonctionner « en réseau », avec une mise en commun de toutes les procédures et un « partage de données » sur toutes les personnes inscrites.Après examen du texte en première lecture en juillet, le Sénat a adopté une version plus dure, que les député·es de droite comptent bien défendre ces prochaines semaines. Les débats promettent d’être animés. Il aura d’ailleurs fallu à peine six minutes au ministre du travail, ce lundi après-midi, pour lancer le premier assaut contre les Insoumis·es : « Ne parlez pas de travail, vous ne connaissez pas ! », leur a lancé Olivier Dussopt, avant d’enfoncer le clou : « Exprimez-vous sur ce que vous connaissez, je n’ai pas l’impression que le travail et l’emploi soient vos meilleures spécialités. »
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Face à l’hémicycle, le ministre du travail venait de vanter un texte proposant « un projet de société qui donne une place à chacun ». Moins d’un an après avoir siphonné (encore) les droits des demandeuses et demandeurs d’emploi en instaurant la modulation des allocations en fonction de la conjoncture économique, l’exécutif dit « poursuivre ses réformes pour parvenir au plein emploi » en portant « l’ambition d’un emploi pour tous ».
Comme dirait Usul, je deviens le Joker avec ces conneries.
>Le flou sur les contours exacts de la mesure est savamment orchestré par le gouvernement
C’est pas forcément que c’est “savamment orchestré”, c’est peut-être aussi qu’on sait juste pas pas ce qu’on va pouvoir proposer aux gens, la loi n’a pas l’air de consister à créer “artificiellement” des activités sur mesure dont on pourrait facilement prévoir les caractéristiques dans lesquelles on pourrait caser les gens aux RSA mais juste à les forcer à faire une activité si on en a une à leur proposer.
Y a rien qui va dans ce projet de loi, ça a l’air violent et la droite voudrait durcir encore le texte ?
>En cas de « manquement », le revenu de solidarité active serait donc suspendu, « d’abord temporairement […], sans arrêter l’accompagnement de la personne »
Donc juste le temps que la personne devienne clodo, on vit dans un monde merveilleux.
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France Travail : le plein de contraintes au nom du « plein emploi »
Inscription automatique au chômage, activités obligatoires et transformation du service public de l’emploi figurent parmi les mesures phares du projet de loi « pour le plein emploi », qui arrive lundi à l’Assemblée. La droite est en embuscade pour durcir le texte.
Cécile Hautefeuille
25 septembre 2023 à 18h26
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Davantage de contraintes et de sanctions pour moins de chômage : c’est la recette du projet de loi examiné à partir du lundi 25 septembre par les député·es, de retour dans l’hémicycle après deux mois de pause.Baptisé « Pour le plein emploi », le texte entend « améliorer » et « renforcer » l’accompagnement des chômeuses et chômeurs pour parvenir à l’objectif fixé par Emmanuel Macron : un taux de chômage à 5 % d’ici à 2027, contre 7,2 % actuellement.Il s’agit surtout de rendre obligatoire l’inscription au chômage « de toutes les personnes en recherche d’emploi ou rencontrant des difficultés sociales et professionnelles d’insertion » ; de leur faire signer un « contrat d’engagement » et de « rénover » le système de sanctions des bénéficiaires du RSA.
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Le service public de l’emploi, rebaptisé France Travail, doit aussi être réformé en profondeur pour fonctionner « en réseau », avec une mise en commun de toutes les procédures et un « partage de données » sur toutes les personnes inscrites.Après examen du texte en première lecture en juillet, le Sénat a adopté une version plus dure, que les député·es de droite comptent bien défendre ces prochaines semaines. Les débats promettent d’être animés. Il aura d’ailleurs fallu à peine six minutes au ministre du travail, ce lundi après-midi, pour lancer le premier assaut contre les Insoumis·es : « Ne parlez pas de travail, vous ne connaissez pas ! », leur a lancé Olivier Dussopt, avant d’enfoncer le clou : « Exprimez-vous sur ce que vous connaissez, je n’ai pas l’impression que le travail et l’emploi soient vos meilleures spécialités. »
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Face à l’hémicycle, le ministre du travail venait de vanter un texte proposant « un projet de société qui donne une place à chacun ». Moins d’un an après avoir siphonné (encore) les droits des demandeuses et demandeurs d’emploi en instaurant la modulation des allocations en fonction de la conjoncture économique, l’exécutif dit « poursuivre ses réformes pour parvenir au plein emploi » en portant « l’ambition d’un emploi pour tous ».
Comme dirait Usul, je deviens le Joker avec ces conneries.
>Le flou sur les contours exacts de la mesure est savamment orchestré par le gouvernement
C’est pas forcément que c’est “savamment orchestré”, c’est peut-être aussi qu’on sait juste pas pas ce qu’on va pouvoir proposer aux gens, la loi n’a pas l’air de consister à créer “artificiellement” des activités sur mesure dont on pourrait facilement prévoir les caractéristiques dans lesquelles on pourrait caser les gens aux RSA mais juste à les forcer à faire une activité si on en a une à leur proposer.
Y a rien qui va dans ce projet de loi, ça a l’air violent et la droite voudrait durcir encore le texte ?
>En cas de « manquement », le revenu de solidarité active serait donc suspendu, « d’abord temporairement […], sans arrêter l’accompagnement de la personne »
Donc juste le temps que la personne devienne clodo, on vit dans un monde merveilleux.