A Calais, des affrontements entre migrants et forces de l’ordre

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  1. “Une succession d’événements a témoigné d’un contexte délétère à Calais (Pas-de-Calais) où plusieurs centaines de personnes migrantes se trouvent dans des campements de fortune, dans l’attente d’un passage en Angleterre. Une situation inchangée depuis trente ans, mais qui, régulièrement, se tend.

    Ainsi, jeudi 30 décembre, le démantèlement de l’un des lieux de vie informels par les forces de l’ordre a dégénéré en violences, tandis que le lendemain, une altercation entre des Calaisiens et des Erythréens a viré au drame.

    Dans la soirée du 31 décembre, dans une zone d’habitation proche d’un campement, un couple de Calaisiens aurait été pris à partie par un groupe d’Erythréens. « Une réflexion est faite à la femme, de l’ordre de l’insulte ou de la provocation, rapporte le parquet de Boulogne-sur-Mer, à partir de témoignages. L’homme va appeler des amis en renfort. »

    D’après le parquet, qui précise que les différents protagonistes étaient « très alcoolisés », cet homme a ensuite été passé à tabac par trois Erythréens, notamment au moyen d’une chaîne. En représailles, son frère a pris un véhicule, foncé à plusieurs reprises sur des personnes et roulé sur l’une d’elles au moins. Le pronostic vital de cette dernière est engagé, tandis qu’un autre Erythréen présente une fracture du tibia et du péroné. Le Calaisien qui a été tabassé est sorti de l’hôpital avec dix jours d’incapacité totale de travail.

    (…)

    Dans la continuité de ces faits, une autre altercation a eu lieu entre des migrants et des chauffeurs routiers aux abords d’un parking sécurisé, qui jouxte le campement. Une vidéo qui circule sur les réseaux sociaux montre une dizaine d’hommes se saisir de barres et échanger des projectiles avec des migrants. « Les précédentes opérations d’évacuation ont pu engendrer des tensions, mais jamais de ce niveau et de cette intensité », souligne la préfecture. Qui ajoute qu’un nombre élevé de tentatives d’intrusion dans des poids lourds en novembre et décembre ont nécessité « parfois le recours à des moyens lacrymogènes ». Depuis le mois d’octobre, trois migrants sont morts en tentant de se cacher dans ces camions.

    (…)

    Dimanche 2 janvier, les forces de l’ordre ont à nouveau procédé à l’expulsion du campement où étaient survenues les violences et ont interpellé, dans le cadre de l’enquête pour violence sur personne dépositaire de l’autorité publique, un Soudanais de 18 ans. HRO a dénoncé la violence de cette évacuation et décompté la saisie de trente tentes « alors que de la pluie et des rafales de vent à 75 km/h » étaient prévues la nuit. Contrairement aux engagements pris par l’Etat, « aucune solution de mise à l’abri n’a été proposée ».”

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