Attentat dans un lycée d’Arras : on vous explique pourquoi le principal suspect était en situation irrégulière, mais pas expulsable

by EricGocent

3 comments
  1. Cet article éveille un drôle de sentiment. J’essaie de me mettre à la place de cet assassin de 20 ans, pour comprendre l’origine de son geste parce que c’est la seule manière de comprendre ce qu’on peut faire pour que cela se reproduise encore et encore.

    En 2015, il avait 13 ans. Le pays était frappé de sidération face aux attentats du 13 novembre. Depuis, on en a mis des moyens pour lutter contre la radicalisation. Et là, on a un jeune qui a passé le plus clair de son enfance et de sa jeunesse dans nos institutions et qui décide de prendre un couteau pour assassiner des profs dans son ancien lycée.

    Rien que les rebondissements dans les tentatives d’expulsion de la famille depuis son arrivée à l’âge de 5 ans ne peuvent que lui avoir forgé une image déplorable de l’accueil, de la solidarité et de la fraternité à la française. Il y a deux ans, il se voit refuser l’asile, alors que (d’après l’article) aucune raison légale ne le justifiait.

    Apparemment, le seul élément tangible susceptible d’avoir joué sur cette décision, c’est le fait que ses enseignants aient monté un dossier pour radicalisation quelques années plus tôt. Dossier qui a sans doute contribué au fichage S. On n’a donc pas fait grand-chose pour lutter contre sa radicalisation, à part chercher à le mettre dehors alors qu’il avait grandi ici.

    Aujourd’hui, après son geste ignoble, on veut réécrire l’histoire et chercher pourquoi il était encore en France. Alors que le problème est précisément là : notre incapacité chronique à accueillir l’autre ne peut que le pousser à se sentir indésirable, et à chercher ailleurs des valeurs dignes de guider son existence. Parce que nos belles valeurs humanistes, soyons honnêtes, on se torche avec depuis belle lurette.

    Ce n’est pas une découverte. Déjà début 2016, le directeur de recherche spécialiste du djihadisme Scott Atran expliquait tout ça longuement dans un essai traduit et publié par L’Obs : https://www.nouvelobs.com/monde/20160129.OBS3681/l-etat-islamique-est-une-revolution-par-scott-atran.html (paywall)

    Les vrais responsables de ces meurtres sordides, ce sont nos dirigeants politiques qui ignorent les connaissances produites par les chercheurs qui travaillent sur ces sujets. Toute ressemblance avec d’autres grands enjeux contemporains n’a rien de fortuite.

  2. >Les vrais responsables de ces meurtres sordides, ce sont nos dirigeants politiques qui ignorent les connaissances produites par les chercheurs qui travaillent sur ces sujets. Toute ressemblance avec d’autres grands enjeux contemporains n’a rien de fortuite.

    Un long pavé pour finir par inverser victime et bourreau. Vous êtes bien ignoble. Le fait que l’école tire la sonnette d’alarme ne les rend responsable de rien. La radicalisation était déjà là.

    La France ne force personne à venir. Décider de venir dans un pays étranger nécessite de faire des EFFORTS pour s’intégrer (en particulier les parents et les parents vis-à-vis de leurs enfants). Si vous décidez de partir vivre à l’autre bout du monde dans un culture très différente, il est anormal d’attendre que le pays se plie en quatre pour vous.

  3. Ce que je ne suis pas sûr d’avoir compris c’est si il pouvait demander la nationalité française. Si il est arrivé en France à 5 ans, il respecte la condition du droit du sol pour les enfants il me semble. Si c’est le cas je ne vois pas l’intérêt de demander l’asile, qui est moins protecteur et plus incertain à obtenir. Peut-être qu’il ne se sentait pas français ou qu’il haïssait la France, mais dans ce cas c’est bizarre de demander l’asile.

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