>**C’est actuellement la région volcanique en activité la plus dangereuse d’Europe. Située dans le nord-ouest de Naples, la zone des Champs phlégréens est depuis plusieurs semaines l’objet de fortes secousses sismiques, ce qui inquiète la population. Reportage.**
>”Ça continue, tous les jours. Dites-nous ce que l’on doit faire, parce que dans ces conditions, on ne peut pas rester ici, au-dessus. Les secousses sont toujours plus fortes et fréquentes, en continu. Je ne sais plus depuis combien de mois je ne dors plus. Mais je ne suis pas la seule, pour tout le monde c’est pareil. Plus personne ne dort à l’intérieur des maisons”, témoigne mercredi dans Tout un monde Enza, une habitante qui vit sur le volcan de la Solfatara à Pozzuoli.
>La cause de cette crainte: l’augmentation de l’activité dans la zone des Champs phlégréens, un terme provenant du grec et signifiant les “champs brûlants”. Au cours du mois d’août, cette zone de 15 kilomètres sur 12 a encaissé environ 1000 secousses sismiques, la plupart de petite intensité. Mais il y dix jours, un tremblement a tout de même atteint une magnitude de 4,2, le plus fort depuis quarante ans.
>**Des fumerolles dans la ville**
>Par mesure de sécurité, l’école a été fermée. Mais dans ce quartier populaire, les habitants ne savent pas où aller. Alors ils continuent de vivre dans l’inquiétude et guettent l’activité du volcan de la Solfatara, l’un des septante de la zone et qui fume sous leurs pieds.
>”En pratique, les gens vivent sur les versants et sur la croûte principale du volcan. Le quartier est populaire”, raconte Alessandro Elia, avant de pointer du doigt de la fumée qui s’échappe du sol. “Regardez, on appelle ça des fumerolles. On voit toute l’activité volcanique, la terre qui bout, on sent l’odeur du soufre.”
>**La terre poussée vers le haut**
>Plus loin, au bord de la mer, c’est l’étonnante impression de voir le niveau de l’eau baisser qui inquiète la population. Les bateaux, les rochers, tout le village, sont en réalité poussés vers le haut par l’énorme quantité de magma et de gaz relâchée par le volcan.
>Nous passons actuellement de la phase élastique à la phase inélastique. Si je prends un bâton et que je le plie, il a d’abord une phase élastique dans laquelle il se plie. Et quand je le lâche, ça revient. Si je le plie davantage, il commence à craquer, j’entends les craquements”, image dans le 12h45 Nicola Alessandro, sismologue.
>Dans le cas des Champs phlégréens, la branche qui craque serait la croûte terrestre qui se brise. Ce phénomène s’était déjà produit dans les années 1970 et 1980. Le sol s’était soulevé de près d’un mètre, comme aujourd’hui, avant de s’affaisser à nouveau. Mais désormais, la pression augmente toujours plus.
>”Cela signifie que la croûte est plus susceptible de se briser. Mais ça ne veut pas dire que nous nous dirigeons nécessairement vers une éruption conduisant à un événement catastrophique”, nuance Nicola Alessandro.
>**Un supervolcan sous surveillance**
>Le risque est toutefois pris très au sérieux par les sismologues. À l’Institut national de géophysique et volcanologie, l’activité du supervolcan est mesurée en permanence afin que la population puisse être avertie en cas d’urgence.
>”Si les appareils de mesure sismique indiquent des oscillations fortes ou fréquentes, nous le signalons. La protection civile est alors immédiatement informée et des messages d’alarme sont automatiquement envoyés”, détaille le directeur Mauro Di Vito, qui pense qu’une grande éruption comme celle de 1538 est toutefois peu problable.
>”Nous sommes sûrs que la phase sismique va se pouruivre. Elle ne sera pas beaucoup plus forte en terme de magnitude que celle à laquelle nous avons assisté. Mais nous avons la certitude que les tremblements de terre continuerons et avec eux la déformation du sol”.
>**Dans toute la zone des Champs Phlégréens, on parle de plus de 500’000 habitants. C’est beaucoup. – Alessandro Elia, habitant de la région **
>Pour l’heure, les secousses sismiques n’ont provoqué ni blessés, ni dégâts matériels. Mais peu profondes, elles sont fortement ressenties par la population. Avec, pour les autorités, l’énorme difficulté de gérer le stress des populations et de prévoir d’éventuelles évacuations dans un tissu urbain extrêmement dense et embouteillé.
>”Les gens ont peur. Mais le problème, c’est où aller? Ce n’est pas facile. Dans toute la zone des Champs phlégréens, on parle de plus de 500’000 habitants. C’est beaucoup”, relève Alessandro Elia.
>**Le scénario d’une évacuation massive**
>Le gouvernement italien envisage d’ailleurs une éventuelle évacuation massive des dizaines de milliers de personnes vivant autour du supervolcan, ont annoncé début octobre des responsables.
>Car les plans d’évacuation existent. La zone à risque est divisée en sections qui sont chacune jumelées avec une région italienne qui accueillera les évacués en cas de catastrophe.
>Pour se préparer, les autorités organisent régulièrement des exercices. “Ce ne que nous avons testé aujourd’hui, c’est un plan d’afflux massif. Tous les centres d’urgence territoriale ont augmenté le niveau de l’alerte et, par conséquent, des équipes supplémentaires ont été activées. Nous sommes très sensibles à ce qui se passe et nous voulons nous tenir prêts à tout changement d’afflux”, précise dans Tout un monde mercredi Luigi Langella, directeur local des services d’urgence.
>Les autorités assurent qu’il s’agit d’exercices de routine. Mais les opérations de simulation d’évacuation dans les hôpitaux de la zone volcanique des Champs phlégréens ne contribuent pas forcément à rassurer la population. “Nous sommes toujours sur le qui-vive”, conclut Enza.
Je pense qu’en vérité les autorités pensent qu’une évacuation a peu de chances de fonctionner et de toutes manières les retombées de ce genre d’éruption seraient plus que locales. Ça fait bien flipper.
C’est terrifiant, je n’imagine pas comment les gens font pour vivre là bas avec cette ombre qui plane sur euxx.
J’ai l’impression que chaque année apporte sa série de crise, et mon côté humour noir me dirait bien de mettre un billet pour 2024. Mais j’espère plus que tout que le soufflet volcanique retombera sans explosion.
Je me disais bien que la défaite du PiS aurait des conséquences. Trop de bonnes nouvelles ça ne pouvait pas durer.
Quand les années 20 ont décidé de jouer la lambada… Encore 7 ans pour que le séisme en Californie se déclenche, on y croit au bingo.
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>**C’est actuellement la région volcanique en activité la plus dangereuse d’Europe. Située dans le nord-ouest de Naples, la zone des Champs phlégréens est depuis plusieurs semaines l’objet de fortes secousses sismiques, ce qui inquiète la population. Reportage.**
>”Ça continue, tous les jours. Dites-nous ce que l’on doit faire, parce que dans ces conditions, on ne peut pas rester ici, au-dessus. Les secousses sont toujours plus fortes et fréquentes, en continu. Je ne sais plus depuis combien de mois je ne dors plus. Mais je ne suis pas la seule, pour tout le monde c’est pareil. Plus personne ne dort à l’intérieur des maisons”, témoigne mercredi dans Tout un monde Enza, une habitante qui vit sur le volcan de la Solfatara à Pozzuoli.
>La cause de cette crainte: l’augmentation de l’activité dans la zone des Champs phlégréens, un terme provenant du grec et signifiant les “champs brûlants”. Au cours du mois d’août, cette zone de 15 kilomètres sur 12 a encaissé environ 1000 secousses sismiques, la plupart de petite intensité. Mais il y dix jours, un tremblement a tout de même atteint une magnitude de 4,2, le plus fort depuis quarante ans.
>**Des fumerolles dans la ville**
>Par mesure de sécurité, l’école a été fermée. Mais dans ce quartier populaire, les habitants ne savent pas où aller. Alors ils continuent de vivre dans l’inquiétude et guettent l’activité du volcan de la Solfatara, l’un des septante de la zone et qui fume sous leurs pieds.
>”En pratique, les gens vivent sur les versants et sur la croûte principale du volcan. Le quartier est populaire”, raconte Alessandro Elia, avant de pointer du doigt de la fumée qui s’échappe du sol. “Regardez, on appelle ça des fumerolles. On voit toute l’activité volcanique, la terre qui bout, on sent l’odeur du soufre.”
>**La terre poussée vers le haut**
>Plus loin, au bord de la mer, c’est l’étonnante impression de voir le niveau de l’eau baisser qui inquiète la population. Les bateaux, les rochers, tout le village, sont en réalité poussés vers le haut par l’énorme quantité de magma et de gaz relâchée par le volcan.
>Nous passons actuellement de la phase élastique à la phase inélastique. Si je prends un bâton et que je le plie, il a d’abord une phase élastique dans laquelle il se plie. Et quand je le lâche, ça revient. Si je le plie davantage, il commence à craquer, j’entends les craquements”, image dans le 12h45 Nicola Alessandro, sismologue.
>Dans le cas des Champs phlégréens, la branche qui craque serait la croûte terrestre qui se brise. Ce phénomène s’était déjà produit dans les années 1970 et 1980. Le sol s’était soulevé de près d’un mètre, comme aujourd’hui, avant de s’affaisser à nouveau. Mais désormais, la pression augmente toujours plus.
>”Cela signifie que la croûte est plus susceptible de se briser. Mais ça ne veut pas dire que nous nous dirigeons nécessairement vers une éruption conduisant à un événement catastrophique”, nuance Nicola Alessandro.
>**Un supervolcan sous surveillance**
>Le risque est toutefois pris très au sérieux par les sismologues. À l’Institut national de géophysique et volcanologie, l’activité du supervolcan est mesurée en permanence afin que la population puisse être avertie en cas d’urgence.
>”Si les appareils de mesure sismique indiquent des oscillations fortes ou fréquentes, nous le signalons. La protection civile est alors immédiatement informée et des messages d’alarme sont automatiquement envoyés”, détaille le directeur Mauro Di Vito, qui pense qu’une grande éruption comme celle de 1538 est toutefois peu problable.
>”Nous sommes sûrs que la phase sismique va se pouruivre. Elle ne sera pas beaucoup plus forte en terme de magnitude que celle à laquelle nous avons assisté. Mais nous avons la certitude que les tremblements de terre continuerons et avec eux la déformation du sol”.
>**Dans toute la zone des Champs Phlégréens, on parle de plus de 500’000 habitants. C’est beaucoup. – Alessandro Elia, habitant de la région **
>Pour l’heure, les secousses sismiques n’ont provoqué ni blessés, ni dégâts matériels. Mais peu profondes, elles sont fortement ressenties par la population. Avec, pour les autorités, l’énorme difficulté de gérer le stress des populations et de prévoir d’éventuelles évacuations dans un tissu urbain extrêmement dense et embouteillé.
>”Les gens ont peur. Mais le problème, c’est où aller? Ce n’est pas facile. Dans toute la zone des Champs phlégréens, on parle de plus de 500’000 habitants. C’est beaucoup”, relève Alessandro Elia.
>**Le scénario d’une évacuation massive**
>Le gouvernement italien envisage d’ailleurs une éventuelle évacuation massive des dizaines de milliers de personnes vivant autour du supervolcan, ont annoncé début octobre des responsables.
>Car les plans d’évacuation existent. La zone à risque est divisée en sections qui sont chacune jumelées avec une région italienne qui accueillera les évacués en cas de catastrophe.
>Pour se préparer, les autorités organisent régulièrement des exercices. “Ce ne que nous avons testé aujourd’hui, c’est un plan d’afflux massif. Tous les centres d’urgence territoriale ont augmenté le niveau de l’alerte et, par conséquent, des équipes supplémentaires ont été activées. Nous sommes très sensibles à ce qui se passe et nous voulons nous tenir prêts à tout changement d’afflux”, précise dans Tout un monde mercredi Luigi Langella, directeur local des services d’urgence.
>Les autorités assurent qu’il s’agit d’exercices de routine. Mais les opérations de simulation d’évacuation dans les hôpitaux de la zone volcanique des Champs phlégréens ne contribuent pas forcément à rassurer la population. “Nous sommes toujours sur le qui-vive”, conclut Enza.
Je pense qu’en vérité les autorités pensent qu’une évacuation a peu de chances de fonctionner et de toutes manières les retombées de ce genre d’éruption seraient plus que locales. Ça fait bien flipper.
C’est terrifiant, je n’imagine pas comment les gens font pour vivre là bas avec cette ombre qui plane sur euxx.
J’ai l’impression que chaque année apporte sa série de crise, et mon côté humour noir me dirait bien de mettre un billet pour 2024. Mais j’espère plus que tout que le soufflet volcanique retombera sans explosion.
Je me disais bien que la défaite du PiS aurait des conséquences. Trop de bonnes nouvelles ça ne pouvait pas durer.
Quand les années 20 ont décidé de jouer la lambada… Encore 7 ans pour que le séisme en Californie se déclenche, on y croit au bingo.