Les médias de gauche face à une fracture idéologique générationnelle

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  1. En plein été, il a claqué la porte. Après trois années passées comme administrateur du Monde et de l’Obs, Édouard Tétreau, conseiller de dirigeants et essayiste, s’en est allé avec fracas. Alors que son mandat d’administrateur, représentant les intérêts de l’actionnaire sortant, le Groupe Prisa, venait de toucher à sa fin, on lui propose de siéger à nouveau au conseil à titre personnel. Après quelques secondes de réflexion, Édouard Tétreau décide de décliner l’offre. Pour justifier son refus, il brandit alors la couverture d’un des hors-séries de L’Obs, posé sur la table devant lui:«L’Esclavage, une histoire française».

    À travers cet exemple, il signifie qu’une ligne jaune a été franchie. Selon lui, un journalisme militant et une idéologie d’une gauche de la déconstruction commencent dangereusement à gagner la ligne éditoriale du journal, remplaçant la gauche de Jaurès, Clemenceau, Camus, de Jean Daniel, le fondateur du Nouvel Observateur, ou des Nora. Dans la salle, où étaient présents le président du directoire du groupe Le Monde, Louis Dreyfus, le directeur général de L’Obs, Grégoire de Vaissière, la directrice de la rédaction de L’Obs, Cécile Prieur, la présidente de Télérama, Catherine Sueur, et la journaliste Ursula Gauthier, entre autres, l’incompréhension laisse place à l’indignation face au jugement d’Édouard Tétreau. Certains participants lui reprochent durant de longues minutes d’«utiliser des arguments de la fachosphère». L’interminable réunion s’achève, et les membres du conseil d’administration s’efforcent, au plus vite, d’oublier cet épisode fâcheux.
    Pourtant, l’ancien membre du conseil du magazine de gauche, héritier du Nouvel Observateur, n’est pas le seul à faire entendre sa voix. Sur fond de désaccords idéologiques autour de sujets aussi structurants que la laïcité, les minorités, le genre ou l’école, plusieurs journalistes en poste depuis de nombreuses années estiment qu’un clivage s’est installé dans les équipes rédactionnelles. «On peut aujourd’hui parler de fracture idéologique et générationnelle au sein de la rédaction», confie une journaliste historique de L’Obs.

    Fracture générationnelle

    Dans des rédactions comme L’Obs, Libération et Le Monde, engagées dans la protection des droits des minorités, une partie des journalistes s’inquiètent du conflit latent entre le courant multiculturaliste et la notion d’universalisme républicain. Ce dernier incarnant une conception de la citoyenneté centrée sur l’individu en tant que membre de la collectivité nationale, indépendamment de toute communauté d’appartenance. «Au quotidien, on ne rit plus des mêmes choses, on ne s’indigne plus des mêmes choses», lance un journaliste de L’Obs. La nouvelle génération issue du web et des réseaux sociaux est jugée plus décomplexée sur ses engagements politiques et sociétaux. «Ils ont une tendance à prôner le politiquement correct, avec en tête cette peur de banaliser des idées dangereuses», abonde le journaliste.

    Sans craindre pour leur place, plusieurs journalistes confient leur «lassitude» face aux transformations de ces lignes éditoriales. Ils pointent un fossé générationnel qui se creuse avec l’arrivée, en novembre 2020, à la direction de la rédaction de Cécile Prieur, ancienne directrice adjointe de la rédaction au Monde. «Sa prédécesseur, Dominique Nora, était la dernière gardienne du temple, juge une journaliste. Elle incarnait la stabilité d’une ligne éditoriale de gauche universaliste.» Durant l’été 2020, quelques mois avant que Dominique Nora ne décide de quitter son poste de directrice de la rédaction, son édito – «Ce désastre radical qui jette le discrédit sur le féminisme» – critiquant la militante féministe Alice Coffin, avait suscité des remous. «‘Si tu écris contre elle, tu écris contre tout ce qu’elle défend’, lui avait reproché une partie de la rédaction web lors d’une conférence de rédaction en visio», explique un rédacteur.

    Plusieurs plumes historiques du magazine redoutent aujourd’hui l’érosion de leur lectorat historique. Alors que dans le même temps, l’Obs peine à conquérir de nouveaux abonnés numériques (21.000 selon l’ACPM), dans la bataille qui oppose les grands sites d’information. De leur côté, les jeunes journalistes du titre jugent exagéré ce constat dressé par les anciens. «Il y a certains clivages, concède une rédactrice web. Mais sur des sujets qui sont devenus sensibles au sein de la société française. Je pense que sur les valeurs fondamentales de la gauche et du progressisme, on se retrouve.»

    Courants universitaires nouveaux

    Au Monde, également, le traitement des questions autour de la laïcité hérisse certains journalistes. «Il y a toujours eu un pluralisme d’idées, mais on le ressent plus ces dernières années. C’est sur les questions du foulard islamique, du voile et de la présence de la religion dans l’espace publique que les divergences sont perceptibles», explique un rédacteur en chef du journal. Pour rassembler les équipes, la direction a créé un comité de rédaction dédié à l’écriture inclusive, en proposant un lexique sur les «nouveaux mots de l’antiracisme». À l’instar du terme «racisé», à utiliser avec «parcimonie».

    «Chez les plus jeunes, il y a une influence des courants universitaires nouveaux sur la laïcité ou l’histoire de la colonisation. Nous ne partageons plus les mêmes références, analyse un chef de rubrique. Ces nouveaux apprentissages sont partout, ils dépassent la frontière des écoles de journalisme françaises» Dans le journal, le sujet des réunions non mixtes organisées par le syndicat étudiant Unef, réservées aux victimes de racisme ou de sexisme, a posé problème à une période. «On a ressenti une fracture des journalistes. D’un côté, certains disaient que nous n’étions pas allés assez loin dans notre façon de les dénoncer. Alors que d’autres, souvent plus jeunes, trouvaient au contraire que nous avions été intolérants vis-à-vis de ce phénomène», abonde le journaliste.

    Il y a quelques mois, un malaise d’un autre genre a éclaté au Monde, après la polémique autour des manchots du dessinateur de presse Xavier Gorce. Les excuses publiques de la direction pour désavouer son dessin après les critiques sur les réseaux sociaux sont mal passées. Elles ont même inquiété les anciens très accrochés à l’esprit Charlie. «À l’inverse, quelques jeunes poussaient à la censure, explique un journaliste. Heureusement, Le Monde n’a jamais retiré le dessin du site.»

  2. Défense des minorités

    D’autres plumes du Monde se rappellent le scandale de 2018, provoqué par la publication d’une tribune collective de cent femmes signée par l’actrice Catherine Deneuve ou l’écrivaine Abnousse Shalmani – «Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle» -, quelques mois après l’arrivée du mouvement #MeToo en France. Sa publication avait provoqué tensions et menaces de démission.

    Du côté de journal Libération, les questions autour de l’islam, de la présence de la religion dans l’espace public et du féminisme divisent aussi certains services. «Les jeunes qui arrivent à Libé pensent toujours qu’ils rejoignent un journal d’extrême gauche. Or, ce n’est pas forcément le cas, juge un rédacteur de Libé. Alors on s’efforce de rappeler les fondamentaux de la charte du journal: le pluralisme d’expression entre la gauche radicale, la tendance écolo et la social-démocratie.»

    Récemment, l’arrivée dans les pages de Libé de la dessinatrice Corinne Rey, dite Coco (rescapée de l’attentat terroriste contre Charlie Hebdo le 7 janvier 2015), divise la rédaction. La dessinatrice s’affiche comme «anti-woke» sur les réseaux sociaux. Et ses dessins, parfois qualifiés de sexistes et islamophobes, sont critiqués. «Certains ont du mal à accepter qu’elle puisse rire des minorités, explique une journaliste. Pour l’instant, la direction soutient Coco, elle veut relancer ce qui a fait l’ADN du journal: la provoc tout en subtilité.»

    Les réseaux sociaux, maîtres du jeu

    Pour Laurent Joffrin, ancien rédacteur en chef de Libé de 2014 à 2020, ces conflits générationnels au sein des rédactions ne sont pas nouveaux. «Je dirais même qu’ils étaient plus exacerbés dans les années 1968, analyse le fondateur du mouvement des Engagées. À l’époque, il y eut un rejet des baby-boomers, accusés de dominer la vie culturelle et médiatique pour perpétrer leur système d’intérêts. Ce qui avait progressivement poussé les plus vieux vers la sortie et donné lieu à la création de nouveaux organes de presse.»

    Si l’histoire se répète au fil des décennies, l’arrivée des réseaux sociaux ces dernières années a indéniablement transformé le métier. Et creusé un peu plus le fossé générationnel entre journalistes. «Les réseaux sociaux sont devenus rois. Ils rythment le temps de l’information, avec une logique de réaction à chaud qui heurte la profession. La problématique se ressent dans toutes les rédactions, indépendamment de leurs affinités politiques», analyse le journaliste Samuel Laurent, auteur du livre J’ai vu naître le monstre. Twitter va-t-il tuer la démocratie?. En quelques années, Twitter s’est érigé comme l’agora centrale des débats. «Il est devenu à la fois notre source et notre éditeur ultime», écrivait la journaliste Bari Weiss dans sa lettre de démission au New York Times, trois ans après avoir été recrutée pour élargir le spectre idéologique du journal à des points de vue conservateurs.

    La multiplication de l’expression des opinions des journalistes sur le réseau social fait débat au sein des rédactions. «Les jeunes ont tendance à être plus influencés par l’hystérisation du débat sur Twitter, analyse un rédacteur en chef. Il y a aussi cette tentation d’être plus radical pour faire grandir sa communauté d’abonnés.» Il y a quelques années, par exemple, des journalistes de Libé s’étaient écharpés avec des membres du Printemps républicain, une association expliquant «promouvoir le commun et la laïcité dans le paysage politique».  «On s’est retrouvés catalogués comme des ennemis du mouvement, cela a créé deux camps artificiels. La direction a dû leur dire d’arrêter de s’exprimer de la sorte», se rappelle le journaliste. Cet épisode avait donné lieu à la création d’une charte sur les réseaux sociaux.

    Influence des modèles anglo-saxons

    Face à ces nouvelles mentalités, certaines plumes des médias de gauche redoutent les effets de la «cancel culture»: la volonté d’effacer une parole jugée non conforme à la défense d’une cause. Et de pointer du doigt, en particulier sur les réseaux sociaux, une personne qui aurait des propos jugés inappropriés. Des méthodes qui gagnent une partie de la presse progressiste américaine à succès, de plus en plus influencée par une approche identitaire des questions de société.

    «En France, il y a toujours eu un esprit de la presse de gauche qui s’inspire des modèles anglo-saxons, note l’historien des médias Alexis Lévrier. Mais nous sommes très loin idéologiquement de ce qui se passe outre-Atlantique.» Le Monde, par exemple, s’est clairement positionné contre les dérives du «woke»: un mouvement qui désigne un état d’éveil et d’alerte face aux injustices et au système d’oppression qui pèsent sur les personnes issues de minorités ethniques, sexuelles ou religieuses.

    Au-delà des motivations idéologiques, certains considèrent que s’afficher dans le «camp du bien» sur des thématiques sociétales répond avant tout à une logique commerciale. «Les actionnaires se laissent séduire par les idées de cette nouvelle génération, qui s’inspire des codes progressistes américains», juge un journaliste. L’objectif étant pour les médias d’obtenir de bons référencements auprès de ceux qui sont devenus, au fil des années, les meilleurs kiosquiers numériques: Google et Facebook. Avec pour modèle le New York Times, passé de 3 millions d’abonnés en 2016 à plus de 8 millions en 2021 (dont 90 % aux offres numériques). Sous la présidence de Donald Trump, s’abonner au quotidien était devenu un acte militant pour tous les anti-Trump. 

  3. Récemment on a eu des articles et commentaires qui se moquaient de l’idée même de l’existence du mouvement woke. C’est pourtant ça qui se cache derrière cette « fracture idéologique générationelle ».

    Et ça me paraît lourd de conséquence. Tout comme les 68ards ont dégagé leurs aînés et imposé leur idéologie au débat public pendant des décennies, ici c’est un combat culturel qui se joue. Ceux qui s’en moquent ne réalisent pas à quel point ce combat culturel a le pouvoir de transformer la société (en bien ou en mal selon le point de vue). On est loin d’être sur des illuminés de Twitter là, mais dans des médias vraiment mainstream.

    Edit: orthographe

  4. “si tu écris contre elle, tu écris contre tout ce qu’elle défends”

    Et bah, j’aimerai bien des sources parce que là c’est franchement inquiétant comme réflexion pour quelqu’un qui se prétend de gauche

  5. Et pendant ce temps-là Clément Viktorovitch nous dit que le “wokisme” c’est un fantasme d’extrême droite…

  6. Pour lire une autre histoire de l’Obs, Le Monde libre d’Aude Lancelin. Histoire de ne pas laisser penser que l’Obs est un journal de “la vraie gauche ouvrière de Jaurès”.

    C’est un journal de l’intelligensia bourgeoise parisienne qui a voté Macron en 2017 et qui votera Hidalgo en 2022.

  7. “”Certains participants lui reprochent durant de longues minutes d’«utiliser des arguments de la fachosphère».”

    Voila le problème, a chaque fois que quelqu’un veut aborder le sujet, il se fait étiqueté de tous les noms. Comment voulez vous avoir un vrai débats de fond dans un climat pareil? Du coup tout le monde se tait. Un Zemmour au 2eme tour sera de la faute de ces gauchistes intransigeants qui refuse tous débat au nom de la bien-pensance

  8. Ce qui est exceptionnel avec la Gauche c’est leur incapacité à se remettre en question dans un moment de leur histoire où ils en ont le plus besoin.

    C’est quand même un comble qu’une famille politique qui se présente comme la garante du Bien, de la compassion, du progrès et de je ne sais quelle vertu en opposition au mal absolu (tous ceux ne pensant pas comme eux) réussit à générer aussi peu d’adhésion et est littéralement au bord de l’implosion idéologique. Le tout en pointant du doigt tout le monde sauf eux même.

    Les mecs sont tellement occupés à gloser des prétendues fantasmes de l’extrême droite qu’ils sont incapable de voir l’ampleur de leur déchéance idéologique qui ne cesse de se matérialiser dans les urnes. Les électeurs n’ont pas compris et sont manipulés, c’est pour ça qu’ils votent à droite de plus en plus depuis des décennies. Evidemment. Les exemples Danois ou Néo-Zélandais ne nous apprennent absolument rien.

    T’auras beau leur mettre 36 exemples de la fracture idéologique au sein de leur famille, ils viendront te dire que ce sont des manipulations des fascistes. Tu vas leur parler de “wokisme” et “[d’islamogauchisme](https://mensuel.lutte-ouvriere.org/2017/01/22/le-piege-de-la-lutte-contre-lislamophobie_75202.html)” ils feront preuve de tout l’étendue de leur déni en prétendant que ça n’existe pas et que c’est un fantasme…de l’extrême droite, au lieu de voir cette réalité, que toujours plus de monde observe, qu’ils ont tellement de mal à admettre obnubilé qu’ils sont par leur messianisme. Quand tu es le Bien, tu ne peux rien faire de problématique puisque tu défends les gentils contre les méchants fascistes?

    Les mecs vont même jusqu’à se flinguer entre eux dans une course à la pureté idéologique qui n’est pas sans rappeler les grandes heures de Moscou… Découvrir la liste des excommuniés qui ne cesse de se garnir relèverait presque du divertissement si ce qui est entrain de se passer n’était pas aussi inquiétant. On notera d’ailleurs que qualifier de fasciste ou fascisant toute opposition est une arme rhétorique créée par l’URSS Stalinienne… Ca a tellement bien fonctionner qu’aujourd’hui si tu ne te pâmes pas devant la dernière idée déconstructrice (pour ne pas dire destructrice) ça veut dire que tu veux la mort de telle ou telle minorités.

    Non, vraiment la Gauche est exceptionnelle. En France, elle “crée” l’école républicaine (un projet civilisationnel) et aujourd’hui c’est la déconstruction à plein régime… Le tout en t’expliquant que le problème c’est pas eux mais les fachos. Pendant ce temps ça dégringole dans les urnes et chacun peut se sentir plus pure idéologiquement que l’autre.

    Du grand art!

    Ils ont de la chance que Macron va repasser chez nous, ils auraient eu Zemmour autrement et il aurait pu leur dire un grand merci.

  9. Je pense qu’une partie de la gauche s’est rendu compte de son incapacité de changer le modèle économique, et a abandonné ce combat pour se rabattre sur ses “victoires” idéologiques (lutte contre le racisme, féminisme..), et essaye donc de pousser cette idéologie plus loin histoire d’exister et d’essayer de changer le monde.

    (‘fin quand je dis victoire c’est plutôt évolution acceptée des mentalités)

    Manque de bol s’occuper de 10% de la population sur des critères de sexe ou de couleur de peau ça laisse de côté une majorité des citoyens.

    Quand un ouvrier mâle blanc se voit expliquer que lui aussi participe au système oppresseur raciste et sexiste et est donc un privilégié, bah il l’a mal. Fait avouer que dire à un gus qui trime comme un boeuf pour des clopinettes qu’il est privilégié c’est juste con.

    Le pire c’est que ça lui donne envie de voter ED à l’ouvrier, et c’est là le principal problème de cette nouvelle gauche: la maladresse de com, qui rend le vrai fond du discours de gauche inaudible. Le “wokisme” c’est tellement facile à déglinguer auprès des masses que c’est une erreur stratégique monumentale que ne serait-ce qu’aborder le sujet. Mais cette gauche n’en a cure, visiblement plus avide de marqueur identitaire que de reconnaître les soucis du peuple, et plus intéressée par une nouvelle guerre idéologique que de trouver des solutions pratiques pour appliquer les lois anti discrimination déjà existantes.

  10. Je trouve l’article vraiment à mourir de rire. L’Obs c’est un journal centriste, petit-bourgeois bon teint, du genre aile gauche de LREM. Et les journalistes qui en sont interviewés se considèrent comme “la gauche de Jaurès et Camus” rien que ça. Bien entendu aucune introspection de leur part au sujet du décalage entre la manière dont ils se perçoivent et leur lectorat/positionnement actuel.

    Et donc, effectivement, il y a une fracture au sein des rédactions entre les journalistes nés dans les années 80/90 et les plus anciens, c’est pas difficile de l’imaginer… et alors ? les mentalités évoluent… là on a l’impression que les journalistes expérimentés considèrent qu’après leur départ, c’est le déluge, que si des journalistes plus jeunes qui portent une vision du monde différente prennent leur place, c’en est fini !!

    Ils évoquent comme un malaise le départ de Xavier Gorce du monde ? pour une tempête dans un verre d’eau… il est parti parce que le Monde a publié un message d’excuse au sujet d’un de ses dessins qui pouvait être mal compris (dessin qui était toujours disponible)

    Les journalistes de l’autre côté de la fracture générationnel ne sont d’ailleurs jamais interviewés dans cet extrait, on a que des paroles rapportées à leur sujet.

    Le seul point que je trouve intéressant c’est quand ils parlent du rapport à twitter, sur lequel les journalistes passent leurs journées, qui à tendance à orienter l’info et hystériser les débats. Mais là encore c’est pas exclusif aux jeunes, contrairement à ce que semble dire l’article. Beaucoup de journalistes assez âgés y sont accros (Jérôme Godefroy, Renaud Pila, Hubert Huertas pour en citer quelques-uns) et mêmes ceux qui n’y sont pas n’échappent pas aux polémiques qui y sont fabriquées

  11. > Je dirais même qu’ils étaient plus exacerbés dans les années 1968, analyse le fondateur du mouvement des Engagées. À l’époque, **il y eut un rejet des baby-boomers**, accusés de dominer la vie culturelle et médiatique pour perpétrer leur système d’intérêts.

    Jojo, en 68, ceux qui se révoltent et tout, *c’est* les baby-boomer. Le baby-boom, c’est globalement 45~60, c’est pas juste un terme hype pour dire les vieux, c’est une génération en particulier, i.e. la tienne.

  12. Article complètement con juste destiné à conforter son lectorat tout en essayant de traîner dans la boue celui d’en face.

    En fait, c’est la conférence Apple mais avec des journalistes…

    Changez rien les gars, vous avez tout compris !

  13. La gauche se regarde le nombril et se renifle le cul pour savoir qui est vraiment de gauche et qui ne l’est pas épisode 13498628.

  14. Je suis le premier à me pincer le nez quand j’entends des bêtises woke, mais là je dois dire que c’est très malhonnête comme article.

    Premièrement, “Esclavage: Une histoire française”, en quoi c’est une lecture de néo-gauchiste?

    Tu vas dans n’importe quelle ville portuaire de la côte Atlantique, pour ne citer que Bayonne que je connais bien, l’esclavage a fait partie de son histoire.
    Pourquoi tu crois que Bayonne est une ville de chocolat? (oui si vous le saviez pas, meilleurs chocolats de France). Y a pas de cacao dans les Pyrénées…
    Y a un quartier de l’agglomération qui s’appelle La “N-word au féminin”, en hommage à une serveuse de taverne noire, selon le mythe populaire.
    Elle est pas venue directement d’Abidjan en regroupement familial il me semble?

    Bah donc l’esclavage a bien fait partie de l’Histoire de France.

    Deuxièmement, certes cette culture gauchiste nous vient des USA, et ça me dérange aussi, l’américanisation de notre gauche.
    Mais l’américanisation de notre droite, elle, non?
    Que les rédactions, y compris à l’Obs et au Figaro, se soient vautrées dans le conflit de civilisations et dans la dialectique néo-conservatrice, elle aussi venue tout droit des USA, elle non ça passe?

    Typiquement ce genre d’articles, s’appuye sur un phénomène certes réel, bien qu’exageré, mais sert surtout de prétexte à des vieux 68ards réacs pour remettre en cause des choses qui n’ont rien à voir avec les “woke” mais avec notre culture républicaine.

    Soyez cohérents, si vous vous méfiez des woke, méfiez vous de leurs adversaires directs. Ils sont tous dans le même bateau.

  15. Ce qui est bien, c’est qu’on se rend compte que tout est question de point de vue. Ca fait un bail que je reproche la baisse de qualité éditoriale du Monde, et le fait que Libé et l’Obs soient dans le fond juste des canards de temps en temps pas mal, souvent sans grand intérêt plus ou moins placés au centre gauche.

    Plus sérieusement, un journal ça a un ancrage, idéologique-historique et compagnie, qui va aussi évoluer avec ses équipes. Tant que c’est annoncé clairement, expliqué, et que tu as pluralité des sources d’infos, je trouve ça top.

  16. Woke est le nouveau islamo-gauchisme. Les modes changent, les mots fourre tout aussi.

    ​

    “Les médias de droite face à une fracture idéologique sur quel ennemi imaginaire aller chialer”

  17. Disclaimer, mon message ne va nul part, mais j’ai envie d’exprimer mes idées sur ces questions, donc je vais le faire m’kay?

    Je suis plutôt de gauche, et je pleure la fin de la nuance, et je vois bien ce souci dans cet article.

    Y a des fonds de vérité dans ce que disent les woke (le sub ne va pas apprécier ca), particulièrement dans les constats qui sont faits.

    Par exemple, le racisme est vraiment très présent en France (en tant que mec blanc, devoir voir la société du point de vue de mes amis/collègues arabes ou mon ex Marocaine, ca a été un gros choc, perso la police elle m’avait jamais arrêté pour me demander mes papiers, et elle est pas agressive de manière générale, bah clairement, c’est différent si tu es arabe, même si tu es avocat d’affaire “bien habillé” comme mon pote, tutoiement, contacts physiques, etc… être témoin de ca de façon constante, sa fai reflechir).

    Pour autant, la droite a de bons constats que les woke refusent de voir aussi.
    Par exemple, les islamistes existent, et les “radicaux” façon “réactionnaire musulman qui n’est pas activement islamiste mais qui ne veut pas que son fils épouse une chrétienne, et déteste un peu les blancs”, c’est un vrai phénomène, et c’est con de le nier.
    Ils peuvent aller se faire foutre, et je suis bien conscient que parce que des gens sont victimes de racisme, ca ne les rend pas saints.
    Pour autant, je ne supporte pas les amalgames permanents arabe = racaille = délinquance.
    J’ai toujours vécu dans des communautés extrêmement diverses et j’ai adoré ca. Je ne tolère pas simplement l’existences de gens qui sont nés de parents étrangers, ou d’un seul parent étranger, mais je l’apprécie directement.
    Je suis entouré “d’arabes” qui ont fini leurs études, bossent dans toutes les CSP et contribuent, ce que les droitards refusent de voir, et qui est absolument absurde.
    C’est pareil sur leur culture, ils connaissent le Connemara et le chanteront comme des beauf à un mariage, mais au leur on s’habillera comme “là bas”.
    Les gens sont compliqués, et les Zemmouriens refusent ca.

    Donc quand tu prends tous ces constats, au final, il faut lutter des deux côtés, contre les militants anti-racistes qui refusent de voir les soucis, et contre les droitards qui, soit nient le racisme parce qu’ils n’en sont pas victimes, soit sont racistes et cherchent à justifier une haine de 10 millions de personne par des faits divers.
    Ce qui au final te rend assez seul, ou bien donne l’impression d’être mou.

    Une fois posée l’affaire des constats, la question des solutions est plus compliquée pour moi avec les woke.
    En effet, je ne veux pas interdire aux gens d’être musulmans, ou d’avoir leur culture, que j’apprécie beaucoup, pourtant, je suis très anti religieux, mais je crois que la liberté de chacun est vitale, et je refuse de vivre dans un état qui empiète sur ces libertés. Ca se finit toujours mal, et quoi qu’on en dise la liberté de religion fait partie de la Liberté.
    Je ne nie pas non plus que dans certains quartiers et certains coins, y a des soucis gravissimes qui impliquent directement la culture/la religion et qu’il faudrait faire un truc à ce sujet.

    In fine, en regardant le débat politique, je trouve que les solutions de droite sont merdiques “on va leur taper dessus, ca aidera” ou “chasson lai arabe”, et que les “woke” n’a aucune solution formulée convaincante pour répondre aux constats de droite qui sont incontestables.

    De la même façon, les droits des personnes homosexuelles/trans, qui sont un des cheveaux de bataille du wokisme, sont des questions prioritaires pour moi, parce que j’en ai marre de vivre au XVème siècle sur ces sujet parce que certains arrivent pas à grandir au delà du réactionariat culturel.
    Des gens souffrent, et il n’y a aucune raison valide que quelqu’un souffre parce qu’il est gay ou trans, c’est inacceptable.
    Donc ouais, contre l’homophobie/transphobie, etc… faut taper fort.
    Pourtant je pense que le fait de s’attribuer tous des pronoms qu’on impose aux autres c’est de la connerie, et la frange qui le scande décrédibilise une lutte importante.

    En bref, chez les woke comme chez les gens qu’ils détestent, y a d’après moi des constats valides, mais les deux côtés refusent les constats des autres, et la droite à des solutions horribles, et la gauche n’en a pas.

    Hourra.

  18. Je m’intéresse tellement peu au Figaro que je n’ai pas d’abonnement pour lire l’article.

    J’ai ce sentiment d’avoir économisé mon argent et mon temps.

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