Sans aller jusqu’au complotisme délirant des raisonnements construits autour de la nocivité de la 5G qui transporterait le virus, ou même qui serait la cause de la crise sanitaire, véritable cause qui serait masquée par la fable d’un virus inexistant, il existe la tentation de déduire de l’importance des mesures répressives le fait que le mal qu’elles prétendent traiter n’existe pas, ou moins qu’on le dit.

Mais ce raisonnement pêche par maints aspects, et surtout par manque de logique.
Pourquoi aurions-nous besoin, pour lutter contre la gestion de la crise sanitaire, de considérer que le virus n’est rien ou pas grand-chose ?
Qu’est-ce que la réalité de l’existence du virus et de son caractère virulent et meurtrier peut bien enlever à la nécessité de lutter contre les mesures que les États prennent pour l’endiguer ?

On dirait une peur irrationnelle de se retrouver happé par l’union sacrée, comme si dès lors qu’on reconnaît qu’il se passe bien quelque chose, on n’aurait plus la force d’attaquer ce que l’État met en place. C’est une position bien faible et angoissée de son propre réformisme, que d’avoir besoin de garde-fous pour ne pas risquer d’être en accord avec l’État ! C’est en fait une sorte de validation du bien fondé de l’expertise de l’État : si virus il y avait, la gestion d’État serait la seule réaction possible, puisqu’on a besoin de dénier le virus pour s’opposer à l’État.

Pourquoi ne pas pouvoir à la fois constater l’existence et la dangerosité du virus, et lutter contre l’État et les politiques mises en œuvre pour contrôler sa propagation ? C’est comme ça en tous cas qu’on rate complètement une période et ce qui s’y déroule. Comment transformer le monde si on ne se met pas en positon de le comprendre, ou pire, si on considère que ne pas le comprendre est nécessaire pour le transformer ?

Pourquoi avoir peur à ce point de ce contre quoi on lutte, pour ainsi avoir à le mutiler fantasmatiquement au lieu de s’y attaquer ? Pourquoi accepter l’inhibition de toute empathie pour ceux qui en souffrent, pour ces morts dont les cadavres s’amoncellent, pour les prisonniers soumis à la diffusion du virus, pour ces patients des EHPAD ou des hôpitaux psychiatriques dont il a déjà été choisi qu’ils ne seraient pas du bon côté des soins ?

N’est-ce pas particulièrement réformiste pour le coup de penser que l’urgence est de lutter contre le fait même de se confiner et pas contre l’État et sa gestion de la pandémie, du confinement, du déconfinement ?

Car quand l’État tarde à confiner pour que l’économie tourne à plein le plus longtemps possible, puis confine pour étaler les urgences sanitaires que l’hôpital ne pourra pas gérer, puis déconfine parce que les pénuries commencent à se faire sentir et parce que l’économie doit recommencer à tourner, la question c’est bien toujours de lutter contre l’État, et pas contre l’idée que rester chez soi peut protéger de la contagion du virus. Alors pourquoi tant de lectures réductionnistes et simplificatrices et tant d’irrationalité ?

Pourquoi c’est justement la réalité que ces lectures simplificatrices ou idéologiques effacent, se condamnant ainsi à l’impuissance ?

►[ici](https://expansive.info/Denegation-et-radicalite-ou-quand-le-Chat-Botte-reduit-l-ogre-en-souris-2219)

1 comment
  1. Si tu penses que la gestion de la pandémie est mauvaise au point de nécessiter de lutter contre elle mais que tu te retiens parce que t’as peur qu’on te prennes pour un complotiste ou antivax… mais vas y je te rassure, personne ne te retiens.

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