Or le système actuel, basé sur un mécanisme nommé Arenh, arrive à échéance fin 2025.
Rappelons que **l’Arenh** (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), créé en 2011 pour instaurer une concurrence face à EDF, **oblige cette dernière à vendre 100 térawattheures (soit un tiers à un quart de son électricité nucléaire) à ses concurrents, à un prix fixe de 42 € le mégawattheure (MWh)**, ce qui est actuellement très bas en comparaison du marché.
C’est aussi ce prix qui **sert de base de calcul au tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE) dont bénéficient 23 millions de ménages et 1,5 million de petites entreprises**, tandis qu’il s’applique également à la plupart des grands industriels français.
[…]
Le gouvernement promet désormais **un seul prix pour toute la production nucléaire d’EDF, qui sera autour de 70 € du MWh** , a promis Bruno Le Maire, ministre de l’Économie.
Mais ce prix sera susceptible d’augmenter, en fonction des fluctuations du prix de marché européen auquel EDF vendra son électricité par ailleurs. Alors c’est un mécanisme rétroactif qui viendra compenser cette hausse : **lorsque le prix de vente dépassera les 78 à 80 €, l’État « captera » la moitié des bénéfices dépassant le seuil et les redistribuera aux consommateurs ; lorsque le prix de vente dépassera les 110 €, il captera 90 %, également pour redistribuer cette « rente »**. Le même principe s’exerce déjà sur les énergies renouvelables.
À titre de comparaison, le prix du MWh en achat instantané sur le marché européen (prix « spot ») était de 80 € en début de mois, contre 225 € l’an dernier au même moment.
[…]
**C’est un grand pas en arrière** , dénonce le Comité de liaison des entreprises consommatrices d’électricité. Son président, Franck Roubanovitch, estime que **nouveau dispositif ne répond à aucune des promesses du président de la République , à savoir un prix de l’électricité stable, prévisible, et proche des coûts de production** .
Il est au contraire est d’une extrême complexité et ne permet pas aux entreprises de prévoir leur coût de production, puisqu’il est **basé sur une redistribution à partir d’un prix de vente d’EDF impossible à connaître à l’avance**
[…]
De son côté, l’Union des industries utilisatrices d’énergie, rappelle qu’ailleurs «en Europe du nord, en **Amérique du nord, en Asie, au Moyen-Orient, des usines bénéficient, sans contrepartie financière particulière, de prix d’approvisionnement à long voire très long terme extrêmement compétitifs, de 15 à 55 dollars le mégawattheure**». Et que la copie doit donc être revue pour les industriels très consommateurs d’électricité.
Concernant les ménages, le ton est tout aussi sévère. **UFC-Que choisir dénonce une usine à gaz** et un prix de l’électricité qui correspond tout de même à une **hausse de 66 % par rapport à l’actuel prix régulé du nucléaire** . Quant au système de redistribution, dont les règles de calculs **sont encore secrètes** , l’association redoute qu’il soit ** inégalitaire et que de nombreux ménages pourtant aujourd’hui fortement affectés par l’inflation ne bénéficient pas de la rente nucléaire**.
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Or le système actuel, basé sur un mécanisme nommé Arenh, arrive à échéance fin 2025.
Rappelons que **l’Arenh** (Accès régulé à l’électricité nucléaire historique), créé en 2011 pour instaurer une concurrence face à EDF, **oblige cette dernière à vendre 100 térawattheures (soit un tiers à un quart de son électricité nucléaire) à ses concurrents, à un prix fixe de 42 € le mégawattheure (MWh)**, ce qui est actuellement très bas en comparaison du marché.
C’est aussi ce prix qui **sert de base de calcul au tarif réglementé de vente de l’électricité (TRVE) dont bénéficient 23 millions de ménages et 1,5 million de petites entreprises**, tandis qu’il s’applique également à la plupart des grands industriels français.
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Le gouvernement promet désormais **un seul prix pour toute la production nucléaire d’EDF, qui sera autour de 70 € du MWh** , a promis Bruno Le Maire, ministre de l’Économie.
Mais ce prix sera susceptible d’augmenter, en fonction des fluctuations du prix de marché européen auquel EDF vendra son électricité par ailleurs. Alors c’est un mécanisme rétroactif qui viendra compenser cette hausse : **lorsque le prix de vente dépassera les 78 à 80 €, l’État « captera » la moitié des bénéfices dépassant le seuil et les redistribuera aux consommateurs ; lorsque le prix de vente dépassera les 110 €, il captera 90 %, également pour redistribuer cette « rente »**. Le même principe s’exerce déjà sur les énergies renouvelables.
À titre de comparaison, le prix du MWh en achat instantané sur le marché européen (prix « spot ») était de 80 € en début de mois, contre 225 € l’an dernier au même moment.
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**C’est un grand pas en arrière** , dénonce le Comité de liaison des entreprises consommatrices d’électricité. Son président, Franck Roubanovitch, estime que **nouveau dispositif ne répond à aucune des promesses du président de la République , à savoir un prix de l’électricité stable, prévisible, et proche des coûts de production** .
Il est au contraire est d’une extrême complexité et ne permet pas aux entreprises de prévoir leur coût de production, puisqu’il est **basé sur une redistribution à partir d’un prix de vente d’EDF impossible à connaître à l’avance**
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De son côté, l’Union des industries utilisatrices d’énergie, rappelle qu’ailleurs «en Europe du nord, en **Amérique du nord, en Asie, au Moyen-Orient, des usines bénéficient, sans contrepartie financière particulière, de prix d’approvisionnement à long voire très long terme extrêmement compétitifs, de 15 à 55 dollars le mégawattheure**». Et que la copie doit donc être revue pour les industriels très consommateurs d’électricité.
Concernant les ménages, le ton est tout aussi sévère. **UFC-Que choisir dénonce une usine à gaz** et un prix de l’électricité qui correspond tout de même à une **hausse de 66 % par rapport à l’actuel prix régulé du nucléaire** . Quant au système de redistribution, dont les règles de calculs **sont encore secrètes** , l’association redoute qu’il soit ** inégalitaire et que de nombreux ménages pourtant aujourd’hui fortement affectés par l’inflation ne bénéficient pas de la rente nucléaire**.
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