**Inondations : « Nous réagissons toujours trop tard face à ces phénomènes »**
Le département du Pas-de-Calais est repassé en vigilance orange, concernant les crues, mercredi 15 novembre, après quasiment deux semaines de fortes perturbations. **La décrue s’annonce très longue, selon Jamal El Khattabi, hydrogéologue et professeur à Polytech Lille**, qui appelle à retenir les leçons de cette catastrophe naturelle.
[…]
Sur le mois de novembre, nous sommes à environ** 400 millimètres de pluie, soit quatre fois plus que ce que nous pouvons avoir habituellement** à cette période. Mais la topographie des lieux est aussi à prendre en compte. Nous sommes dans un secteur où **le relief n’est pas très accentué. Quand la pluie tombe, l’eau s’évacue difficilement**.
[…]
Il va falloir **mettre en place des bassins d’orage ou des plaines d’inondation**. De la même manière que les barrages, ils permettent de maintenir des volumes en amont pour en avoir moins en aval. Il y a quelques aménagements de ce type dans le Pas-de-Calais, mais ce n’est pas suffisant. **L’autre nécessité, c’est de moins imperméabiliser les sols****. Et si nous imperméabilisons, il faut instaurer des systèmes d’infiltration,** afin que l’eau puisse au maximum s’infiltrer là où elle tombe et non s’écouler à d’autres endroits.
[…]
Il ne faut plus construire d’habitations dans ces zones vulnérables. Car le problème actuel, qui explique aussi l’ampleur du sinistre, c’est que certaines maisons se trouvent au mauvais endroit.
[…]
**Par contre, nous ne pouvons pas exclure l’impact du dérèglement climatique**, car avant ces épisodes d’inondation, nous avons eu plusieurs années de sécheresse – nous l’avons encore vu avec ce mois d’octobre exceptionnel.
Nous savons que, lorsqu’il fait très chaud, un degré de plus dégage 7 % d’humidité supplémentaire dans l’air. Toutefois, même dans les années de sécheresse, les moyennes de précipitations n’ont pas changé chez nous, dans le Pas-de-Calais, ce sont les mêmes volumes d’eau.
Simplement, **ils tombent de manière différente**, à des moments où nous ne les attendons pas. Par exemple, cette année, les pluies ont été très tardives. **Ce que je crains, et ce à quoi il faut s’attendre dans les années à venir, ce sont des phénomènes extrêmes qui s’enchaînent**, avec de plus fortes concentrations de pluie et des inondations à répétition.
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**Inondations : « Nous réagissons toujours trop tard face à ces phénomènes »**
Le département du Pas-de-Calais est repassé en vigilance orange, concernant les crues, mercredi 15 novembre, après quasiment deux semaines de fortes perturbations. **La décrue s’annonce très longue, selon Jamal El Khattabi, hydrogéologue et professeur à Polytech Lille**, qui appelle à retenir les leçons de cette catastrophe naturelle.
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Sur le mois de novembre, nous sommes à environ** 400 millimètres de pluie, soit quatre fois plus que ce que nous pouvons avoir habituellement** à cette période. Mais la topographie des lieux est aussi à prendre en compte. Nous sommes dans un secteur où **le relief n’est pas très accentué. Quand la pluie tombe, l’eau s’évacue difficilement**.
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Il va falloir **mettre en place des bassins d’orage ou des plaines d’inondation**. De la même manière que les barrages, ils permettent de maintenir des volumes en amont pour en avoir moins en aval. Il y a quelques aménagements de ce type dans le Pas-de-Calais, mais ce n’est pas suffisant. **L’autre nécessité, c’est de moins imperméabiliser les sols****. Et si nous imperméabilisons, il faut instaurer des systèmes d’infiltration,** afin que l’eau puisse au maximum s’infiltrer là où elle tombe et non s’écouler à d’autres endroits.
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Il ne faut plus construire d’habitations dans ces zones vulnérables. Car le problème actuel, qui explique aussi l’ampleur du sinistre, c’est que certaines maisons se trouvent au mauvais endroit.
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**Par contre, nous ne pouvons pas exclure l’impact du dérèglement climatique**, car avant ces épisodes d’inondation, nous avons eu plusieurs années de sécheresse – nous l’avons encore vu avec ce mois d’octobre exceptionnel.
Nous savons que, lorsqu’il fait très chaud, un degré de plus dégage 7 % d’humidité supplémentaire dans l’air. Toutefois, même dans les années de sécheresse, les moyennes de précipitations n’ont pas changé chez nous, dans le Pas-de-Calais, ce sont les mêmes volumes d’eau.
Simplement, **ils tombent de manière différente**, à des moments où nous ne les attendons pas. Par exemple, cette année, les pluies ont été très tardives. **Ce que je crains, et ce à quoi il faut s’attendre dans les années à venir, ce sont des phénomènes extrêmes qui s’enchaînent**, avec de plus fortes concentrations de pluie et des inondations à répétition.
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