Le secrétaire général du média d’extrême droite Livre Noir condamné pour violences conjugales

by Weekend-Allowed

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  1. Pour moi c’est à la limite entre le fait-divers et le fait d’actualité politique, l’homme étant peu connu mais tout de même influent. Il s’agit du récit d’un procès, avec en plus des entretiens avec la victime, ainsi que la parole à la défense.

    Seul Mediapart a publié et cela m’étonnerait que des sources additionnelles apparaissent dans les heures ou jours à venir.

    Donc que décide la modération ?

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    Nombreux extraits (mais abonnez-vous) :

    > Le 30 septembre, c’est lui qui anime, au Cirque d’Hiver, à Paris, le grand débat avec Éric Zemmour organisé pour le lancement de la nouvelle formule de Livre Noir. Un mois plus tard, c’est encore lui qui est embarqué dans la petite équipe du média qui accompagne le président de Reconquête en Israël.

    >Avant de basculer chez Livre Noir, le jeune homme, diplômé de science politique, fut l’un des administrateurs d’Omerta, le média prorusse lancé à l’automne 2022 par Régis Le Sommier et très apprécié à l’extrême droite. Lorsqu’il rencontre Faustine, en août 2021, via Linkedin, il est encore chargé de mission au cabinet du maire (LR) de Belfort.

    (…)

    >Faustine remarque une dégradation brutale de la santé de ses deux chats et, soupçonnant des violences de son ex-compagnon, elle installe des caméras dans le salon et la chambre. « Je me suis rendu compte qu’il leur faisait peur et leur donnait des coups de balai », affirme-t-elle.

    (…)

    >Elle dénonce des violences physiques contre elle (« gifles », « coups de poing », « de pied » et de « chaussure », « crachats », deux « tentatives d’étranglement »), mais aussi des « menaces de mort » et des violences verbales et psychologiques. « Il m’insultait et me rabaissait quotidiennement dès mon lever. Il me prenait pour son esclave, je devais faire toutes les tâches ménagères », a-t-elle raconté aux policiers, affirmant qu’il l’aurait « éloignée de [son] entourage ».

    (…)

    >Dans leur procès-verbal de synthèse, les enquêteurs soulignent que ces vidéos montrent, à deux reprises, « de la violence physique » (« Sur une [vidéo], il la poussait et chutait et sur l’autre il lui assénait une gifle »), mais aussi « de nombreuses insultes proférées par M. Lavier à l’encontre de sa compagne » : « T’as vu t’es pas une belle femme, tu fais pas des trucs de ménagère. Moi, toutes mes ex m’ont fait mes tâches ménagères. » (18 janvier 2022) ; « T’es vraiment une grosse débile, une grosse débile. » (25 janvier 2022) ; « Ferme ta gueule maintenant c’est bon. Ferme ta gueule pauvre merde. Pauvre conne que t’es. T’es chiante. » (2 juillet 2022) ; « Je te demande de fermer ta gueule, va chercher ma putain de cravate. » (5 juillet 2022) ; « Pam pam, connasse de pute, petite chienne va. Tu commences à me casser les couilles tu fais que de la merde pauvre conne » (8 juillet 2022), etc.

    (…)

    > Confronté aux vidéos, il maintient ses dires, et se dépeint au contraire comme un homme « prisonnier de la relation », victime de « violences psychologiques » de la part de son ex-conjointe et d’un comportement « oppressant ».

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    >« Le 26 octobre, je pensais être libérée, passer à autre chose. Au contraire, je me suis dit “la justice n’est pas de mon côté” », réagit auprès de Mediapart Faustine, qui se dit « choquée » par cette « peine très légère ». « Vous avez beau avoir toutes les preuves, des vidéos, des témoignages, une expertise psy favorable, au final ça n’est jamais suffisant », regrette-t-elle, précisant que « sans les caméras », on ne l’aurait « pas crue » : « Ça aurait été parole contre parole, il y aurait toujours eu une suspicion à mon égard. »

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    >Durant la procédure, le jeune homme s’est plaint d’avoir « dû [se] justifier auprès de [ses] collègues » après que son ex-conjointe s’est confiée à eux. Les policiers ont auditionné deux d’entre eux, passés par Livre Noir et Omerta.

    L’un a confirmé que Faustine lui avait bien fait part, lors d’une soirée en boîte de nuit, des violences qu’elle dénonçait et qu’en retour, lui et ses amis présents avaient « trollé » la jeune femme, lui disant qu’elle était incapable de prouver ces violences. Puis que les photos de bleus sur ses genoux qu’elle avait montrées les avait « beaucoup amusés » au vu de l’emplacement des hématomes.

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    >L’affaire est embarrassante pour Livre Noir, qui multiplie les articles et tweets sur les affaires de violences et d’agressions – en particulier lorsque les auteurs sont des personnes étrangères ou d’origine étrangère. Elle intervient aussi à un moment où le média tente de rebondir après les accusations, en septembre, dans Libération et L’Express, d’anciens collaborateurs dénonçant un « management toxique », des « cadences infernales » et une gestion « frauduleuse » de son directeur, Erik Tegnér – ce que celui-ci conteste. Contacté par Mediapart, Erik Tegnér n’a pas répondu à nos questions (lire notre Boîte noire).

    >Marine Turchi.

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