Catharine MacKinnon : « Le consentement est une idée romancée »

by hugoboum

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  1. La France doit-elle introduire le consentement dans sa définition du viol ? Pour la féministe américaine, c’est un grand non. Etonnant ? La célèbre avocate s’en explique dans « le Viol redéfini », un essai juridique qui renverse bien des a priori.

    Catharine MacKinnon est une figure mondiale du féminisme. On doit notamment à cette brillante juriste américaine rien de moins que la création de la législation sur le harcèlement sexuel dans les années 1970 ou la reconnaissance du viol comme crime de guerre dans le droit international après le conflit en ex-Yougoslavie. A 77 ans, elle n’a rien perdu de sa fougue.

    Alors que notre pays essuie les plus vives critiques pour avoir refusé de ratifier une définition du viol basée sur le consentement, commune aux 27 Etats-membres, dans le cadre du projet de directive européenne contre les violences faites aux femmes, la célèbre avocate prend position dans le débat, de manière radicale et singulière. L’enjeu est de taille, puisque environ 9 millions d’Européennes ont été violées au moins une fois au cours de leur vie.

    Elle vient en effet de publier « le Viol redéfini » ( Flammarion), un essai juridique inédit, dense et passionnant qu’elle a choisi d’adresser à la France, en forme de plaidoyer contre cette notion de consentement pourtant déjà inscrite dans de nombreuses législations et largement plébiscitées (dans un sondage Ifop publié le 24 novembre, 89 % des Français interrogés se disaient favorables à une loi définissant le viol comme un rapport sexuel sans consentement). De quoi bousculer bien des idées reçues.

  2. Je trouve l’idée d’utiliser l’ “égalité” assez mauvaise dans le sens qui est proposé, ça risque au contraire de casser l’égalité face à la loi. Et je trouve l’idée de ne mettre que le consentement comme critère en remplaçant l’existant mauvaise aussi. Mais si des gens voient des cas de viols qui ne peuvent pas être condamnés aujourd’hui mais qui pourraient l’être avec la notion de consentement, rien n’empêche de rajouter cette notion à l’existant:

    >contrainte, violence, menace, surprise ou absence de consentement

    Et voilà problème réglé, sur le papier. Restera aux juges d’évaluer chaque cas. Pour moi ils transcrivent déjà l’absence de consentement catactérisée dans les catégories existantes donc je suis pas sûr que ça changerait quelque chose.

  3. L’article est assez frustrant puisqu’au moment où elle commence à présenter son idée (prendre en compte l’inégalité pour déterminer le viol), l’article passe à autre chose. Du coup ben on n’en sait pas beaucoup plus. En particulier, en quoi l’inégalité est-elle différente de la contrainte ? Est-ce que l’inégalité prouve nécessairement l’absence de consentement et le viol ? N’est-ce pas la base de la justice moderne que la charge de la preuve pèse sur l’accusation (la victime) et non l’accusé et est-ce une bonne idée de faire des exceptions ?

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