Enquête nationale sur la mobilité des français : quelques enseignements de la nouvelle édition et évolutions récentes

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  1. Quelques chiffres qui battent en brèche certaines idées reçues sur les déplacements des français :

    >Le taux de motorisation des ménages a très peu évolué entre 2008 et 2019. Il reste proportionnel aux revenus : **plus on est riche et plus on possède de voitures.** Les ménages des déciles supérieurs ont un taux de motorisation 2 fois plus élevé que les ménages du 1er décile.

    […]

    >Concernant l’utilisation des voitures, on remarque que plus un ménage est riche et plus il utilise intensément la ou les voitures dont il dispose. Les ménages du 10e décile parcourent en moyenne 11 700 km par an avec leur(s) voitures(s) alors que ceux du 1er décile parcourent 9 700 km. Si bien que **la distance totale parcourue en voiture est 2 fois et demi supérieure pour les 40% des ménages les plus riches que pour les 10% les plus pauvres** (17 000 km par an contre 6 700 km).

    >Un autre enseignement est que **plus on est riche et plus on se déplace loin.** Les ménages les plus riches parcourent en moyenne 10 km par trajet (tous modes de déplacement confondus), alors que les ménages appartenant aux 10% les plus pauvres parcourent seulement 5,4 km par déplacement. Ces inégalités ont eu tendance à se renforcer entre 2008 et 2019.

    […]

    > seuls 10% des voitures des ménages du 10e décile sont non-classés ou Crit’Air 4 ou 5 contre 36% pour les ménages du 1er décile. **Bien qu’utilisant moins fréquemment leur voiture et pour des trajets nettement moins longs, les ménages les moins riches risquent donc d’être également les plus pénalisés par les futures ZFE.**

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    >une part importante des trajets faits en voiture sont courts : 15% sont inférieurs à 2 km et 26% font entre 2 et 5 km. **On a donc au total 41% des trajets en voiture qui font moins de 5 km** (contre 45% en 2008), une distance aisément faisable à vélo

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    >Le vélo est souvent caricaturé comme un mode pratiqué par de riches urbains privilégiés. Or les chiffres montrent que ce n’est pas le cas. **Il n’y a aucune corrélation entre le niveau de pratique du vélo et le revenu des ménages.** Les 2 déciles qui se déplacent le plus à vélo sont le 5e (soit les ménages compris entre les 40% et les 50% les moins riches), puis le premier décile (les 10% les plus pauvres). Au contraire, les ménages appartenant aux 10% les plus riches se déplacent moins à vélo que la moyenne.

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    > les hommes se déplacent 2,7 fois plus que les femmes à vélo, et 6,2 fois plus en 2-roues motorisés ! Ce décalage s’expliquerait par la moindre aversion au risque de la part des hommes.

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    >- **L’avion représente désormais 43% des km parcourus pour les trajets de longue distance (contre 30% en 2008)** et la voiture 42% (52% en 2008) alors que la part du train diminue en passant de 14% à 10%. En valeur absolue, les distances parcourues sont presque stables pour tous les modes de transport sauf pour l’avion qui concentre à lui seul la quasi-totalité de l’augmentation des distances parcourues pour les déplacements de longue distance entre 2008 et 2019.

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