Ah c’est pour ça qu’on a eu un nom à notre rue d’un coup
Petit lieu-dit de deux maisons au bout d’une route privée.
On nous a imposé un nom de rue au nom d’un personnage introuvable, avec des numéros genre 350 326, car une maison de chaque côté de l’impasse. Pour la poste le nom du lieu-dit n’éxiste plus.
Ca va pas etre populaire mais … Enfin !
J’ai mis longtemps a comprendre l’absence de logique dans les addresses,
On peut ptet critiquer de pas reprendre les noms / demandé l’avis des gens etc. Mais du standard c’est cool.
Mes parents ont eu un nom de rue qui porte le nom du petit bois juste à côté, ils continuent de mettre le lieu-dit sait-on jamais avec les remplaçants des facteurs.
# Dans des milliers de villages, la fin des rues sans nom ni numéro
**La loi a étendu l’obligation de nommer et de numéroter les voies aux communes de moins de 2 000 habitants. Un travail technique et de longue haleine, rendu nécessaire par la géolocalisation. Certains redoutent de voir disparaître, à terme, les noms de hameaux.**
*« Hameau de la grange carrée, la première maison près des lauriers, la grille en fer forgé. »* Agriculteur retraité et natif de Saint-Maurice-la-Clouère (Vienne), Bernard Guyot, 69 ans, a bien connu le temps où l’on usait de descriptions imagées pour indiquer son adresse, beaucoup de rues n’ayant ni nom ni numéro.
Passe encore quand le village ne comptait que 800 habitants, que tout le monde se connaissait, travaillait sur place et que le facteur *« avait ses maisons – celle du coup de rouge, celle du casse-croûte »*. Personne ne risquait de se perdre et les GPS relevaient de la science-fiction. *« Mais avec 1 400 habitants aujourd’hui, la nouvelle population qui travaille sur Poitiers en journée, les gens qui ne se connaissent plus, les facteurs remplaçants, les livreurs déboussolés et les secours qui perdent du temps, on ne pouvait pas rester plus longtemps avec des adresses approximatives »*, résume l’adjoint communal.
Identifier les voies, organiser le numérotage, déterminer une juste dénomination parmi les « routes », « rues », « allées », choisir les nouveaux noms, consulter (si possible) la population… Comme Saint-Maurice-la-Clouère, des milliers de bourgs français sont lancés dans le grand chantier dit de « l’adressage », qui consiste à dénommer l’ensemble des voies et à numéroter tous les bâtiments. Charge à chaque commune de renseigner une « base adresse locale » (BAL) numérique, laquelle a vocation à alimenter la base adresse nationale, devenue le référentiel unique de l’adresse.
## « Une petite révolution »
C’est la loi « 3DS » adoptée en février 2022 – relative à la différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification – qui a élargi l’obligation d’adressage à l’ensemble des communes, quelle que soit leur taille, alors qu’auparavant seules celles de plus de 2 000 habitants y étaient contraintes – soit seulement 15 % des municipalités – ; et non pas les villages. Dans beaucoup d’entre eux, le lieu-dit ou le hameau faisait souvent office d’adresse commune pour plusieurs maisons, sans que toutes les rues n’aient de nom ou de numéro, loin s’en faut. Impensable désormais, alors que tous les services dépendent de la géolocalisation : les secours, les facteurs, les aides à domicile, les livraisons de commandes en ligne qui ne cessent d’augmenter…
Des villages n’ont toutefois pas attendu l’obligation légale pour s’y mettre, décidés notamment par le raccordement à la fibre optique – critère essentiel d’attractivité pour attirer de nouveaux habitants – laquelle requiert une adresse standardisée pour chaque bâtiment sous la forme « numéro, voie, commune ».
Pour les communes qui n’ont pas commencé, l’heure tourne : celles de moins de 2 000 habitants ont jusqu’au 1er juin pour une première mise à disposition de leur BAL (43,8 % l’ont fait) ; celles de plus de 2 000 habitants avaient – en théorie – jusqu’au 1er janvier (57,8 % l’ont fait), bien que la loi ne prévoie pas de sanctions. Petit à petit, la réduction du nombre de voies sans numérotation progresse : à la fin de 2023, La Poste décomptait 202 951 voies non numérotées, soit 8,4 % de la totalité des voies dénommées – elles étaient 15 % à la fin de 2021 et 19 % à la fin de 2019.
*« C’est une petite révolution »*, lâche Bernard Guyot, témoin d’un changement dans le rapport à l’adresse, désormais *« plus utilitaire et éphémère »* : *« Maintenant, les gens habitent moins longtemps le même endroit qu’auparavant. On n’a parfois pas le temps de prendre contact qu’ils sont déjà partis. D’où la nécessité d’adresses précises. »*
C’est arrivé chez mes parents il y a quelques mois de ça. Ça fait bizarre d’avoir un numéro. On a trouvé dommage que il n’y ait pas eu de concertation ou de choix des habitants. C’est une commune de ~ 500 âmes, la discussion était plus que possible…
Ces adresses normalisées sont quand même très rigides et peu adaptées aux particularismes régionaux. Ici, beaucoup de routes sont traditionnellement appelées vies (du latin via), par exemple ‘la vie du mulet’. Or le système d’adresse ne connait pas ce mot donc la route s’appelle maintenant ‘chemin de la vie du mulet’. C’est débile ! On a aussi la même chose avec les trésines qui sont devenues des passages..
Ça a été fait chez moi et ouais c’est n’importe quoi.
Autant je comprends que les rues et numéros c’est plus pratique que quand chaque maison a son propre nom. Mais le fait de sortir de leur cul des noms bidons qui ne veulent rien dire plutôt que de reprendre des noms de hameaux/ponts/gués/bois/monuments/etc. existants que tout le monde connait et qui ont une signification historique je ne comprends pas.
Et puis les numéros métriques sur des routes de plusieurs km c’est vachement simple à retenir… Les rues plus anciennes la dernière maison a le numéro 100 et ensuite on distribuait des numéros arrondis aux autres.
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Ah c’est pour ça qu’on a eu un nom à notre rue d’un coup
Petit lieu-dit de deux maisons au bout d’une route privée.
On nous a imposé un nom de rue au nom d’un personnage introuvable, avec des numéros genre 350 326, car une maison de chaque côté de l’impasse. Pour la poste le nom du lieu-dit n’éxiste plus.
Ca va pas etre populaire mais … Enfin !
J’ai mis longtemps a comprendre l’absence de logique dans les addresses,
On peut ptet critiquer de pas reprendre les noms / demandé l’avis des gens etc. Mais du standard c’est cool.
Mes parents ont eu un nom de rue qui porte le nom du petit bois juste à côté, ils continuent de mettre le lieu-dit sait-on jamais avec les remplaçants des facteurs.
# Dans des milliers de villages, la fin des rues sans nom ni numéro
**La loi a étendu l’obligation de nommer et de numéroter les voies aux communes de moins de 2 000 habitants. Un travail technique et de longue haleine, rendu nécessaire par la géolocalisation. Certains redoutent de voir disparaître, à terme, les noms de hameaux.**
*« Hameau de la grange carrée, la première maison près des lauriers, la grille en fer forgé. »* Agriculteur retraité et natif de Saint-Maurice-la-Clouère (Vienne), Bernard Guyot, 69 ans, a bien connu le temps où l’on usait de descriptions imagées pour indiquer son adresse, beaucoup de rues n’ayant ni nom ni numéro.
Passe encore quand le village ne comptait que 800 habitants, que tout le monde se connaissait, travaillait sur place et que le facteur *« avait ses maisons – celle du coup de rouge, celle du casse-croûte »*. Personne ne risquait de se perdre et les GPS relevaient de la science-fiction. *« Mais avec 1 400 habitants aujourd’hui, la nouvelle population qui travaille sur Poitiers en journée, les gens qui ne se connaissent plus, les facteurs remplaçants, les livreurs déboussolés et les secours qui perdent du temps, on ne pouvait pas rester plus longtemps avec des adresses approximatives »*, résume l’adjoint communal.
Identifier les voies, organiser le numérotage, déterminer une juste dénomination parmi les « routes », « rues », « allées », choisir les nouveaux noms, consulter (si possible) la population… Comme Saint-Maurice-la-Clouère, des milliers de bourgs français sont lancés dans le grand chantier dit de « l’adressage », qui consiste à dénommer l’ensemble des voies et à numéroter tous les bâtiments. Charge à chaque commune de renseigner une « base adresse locale » (BAL) numérique, laquelle a vocation à alimenter la base adresse nationale, devenue le référentiel unique de l’adresse.
## « Une petite révolution »
C’est la loi « 3DS » adoptée en février 2022 – relative à la différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification – qui a élargi l’obligation d’adressage à l’ensemble des communes, quelle que soit leur taille, alors qu’auparavant seules celles de plus de 2 000 habitants y étaient contraintes – soit seulement 15 % des municipalités – ; et non pas les villages. Dans beaucoup d’entre eux, le lieu-dit ou le hameau faisait souvent office d’adresse commune pour plusieurs maisons, sans que toutes les rues n’aient de nom ou de numéro, loin s’en faut. Impensable désormais, alors que tous les services dépendent de la géolocalisation : les secours, les facteurs, les aides à domicile, les livraisons de commandes en ligne qui ne cessent d’augmenter…
Des villages n’ont toutefois pas attendu l’obligation légale pour s’y mettre, décidés notamment par le raccordement à la fibre optique – critère essentiel d’attractivité pour attirer de nouveaux habitants – laquelle requiert une adresse standardisée pour chaque bâtiment sous la forme « numéro, voie, commune ».
Pour les communes qui n’ont pas commencé, l’heure tourne : celles de moins de 2 000 habitants ont jusqu’au 1er juin pour une première mise à disposition de leur BAL (43,8 % l’ont fait) ; celles de plus de 2 000 habitants avaient – en théorie – jusqu’au 1er janvier (57,8 % l’ont fait), bien que la loi ne prévoie pas de sanctions. Petit à petit, la réduction du nombre de voies sans numérotation progresse : à la fin de 2023, La Poste décomptait 202 951 voies non numérotées, soit 8,4 % de la totalité des voies dénommées – elles étaient 15 % à la fin de 2021 et 19 % à la fin de 2019.
*« C’est une petite révolution »*, lâche Bernard Guyot, témoin d’un changement dans le rapport à l’adresse, désormais *« plus utilitaire et éphémère »* : *« Maintenant, les gens habitent moins longtemps le même endroit qu’auparavant. On n’a parfois pas le temps de prendre contact qu’ils sont déjà partis. D’où la nécessité d’adresses précises. »*
C’est arrivé chez mes parents il y a quelques mois de ça. Ça fait bizarre d’avoir un numéro. On a trouvé dommage que il n’y ait pas eu de concertation ou de choix des habitants. C’est une commune de ~ 500 âmes, la discussion était plus que possible…
Ces adresses normalisées sont quand même très rigides et peu adaptées aux particularismes régionaux. Ici, beaucoup de routes sont traditionnellement appelées vies (du latin via), par exemple ‘la vie du mulet’. Or le système d’adresse ne connait pas ce mot donc la route s’appelle maintenant ‘chemin de la vie du mulet’. C’est débile ! On a aussi la même chose avec les trésines qui sont devenues des passages..
Ça a été fait chez moi et ouais c’est n’importe quoi.
Autant je comprends que les rues et numéros c’est plus pratique que quand chaque maison a son propre nom. Mais le fait de sortir de leur cul des noms bidons qui ne veulent rien dire plutôt que de reprendre des noms de hameaux/ponts/gués/bois/monuments/etc. existants que tout le monde connait et qui ont une signification historique je ne comprends pas.
Et puis les numéros métriques sur des routes de plusieurs km c’est vachement simple à retenir… Les rues plus anciennes la dernière maison a le numéro 100 et ensuite on distribuait des numéros arrondis aux autres.