Le déclinisme, ou le mythe du « c’était mieux avant »

by DrFagot

8 comments
  1. Bah putain, s’il y a bien un truc qui ne devrait pas être considéré comme un mythe après deux années consécutives à >5% d’inflation, deux guerres en deux ans, une crise du logement et une pandémie aux répercussions colossales sur l’économie, les libertés individuelles et j’en passe… Je ne suis pas décliniste mais les gars, merde quoi, personne ne se souvient des 80’s ?

  2. La raison pourquoi certains pensent que “C’était mieux avant” c’est simplement une combinaison de la peur le l’avenir combinée avec le fait qu’on ait survécu à notre passé.

    Comme on est toujours là, alors le passé c’était pas si mal, mais l’avenir fait peur et on a aucun moyen de savoir si on va y survivre.

    Donc : C’était mieux avant…

    Évidemment, ceux qui ont survécu aux camps de concentration de la Deuxième Guerre auront probablement une opinion différente.

  3. Oui c’était mieux avant, enfin plein de choses étaient mieux parce qu’on ne réalisait pas encore bien l’ampleur de toute la merde qu’on allait se prendre par la gueule…ou seulement nos enfants.

    Donc ouais les dernières décennies du 20ème siècle **en France et dans les autres pays riches**, c’était nettement plus relax, positif, et easy mode que maintenant.

    Certainement pas parfait, et il y avait aussi du moins bon, mais dans l’ensemble oui c’était mieux.

    Et non, ceux qui n’ont pas vécu cet ‘avant’ ne peuvent pas comprendre, c’est tout simplement impossible, il n’y a pas de simulation assez réaliste en sciences ou dans les arts pour permettre à n’importe qui de n’importe quelle époque de faire l’expérience du passé.

    Alors oui depuis les 2010’s on a de plus en plus de voyants rouges qui s’allument et qui clignotent frénétiquement. Beaucoup de ces voyants s’allumant pour la première fois; contrairement à ce que disent les insouciants l’histoire n’est pas une succession de répétitions de hauts et de bas d’amplitude égale.

    Le problème c’est pas de le reconnaître ou non, c’est pas de comparer au passé parce que ça ne sert à rien, c’est plutôt que certains exploitent la situation, qui en dramatisant pour entretenir les biais, qui en se réfugiant dans le déni. Ça n’aide pas.

    En fait il n’y a que le présent qui compte, et espérons-le une humanité plus responsable face aux problèmes.

    Ce qui est sûr c’est qu’avant, on était beaucoup trop insouciants…

    (enfin il y avait bien des gens conscients des problèmes qui couvaient, et alertaient, mais tant que la population dans son confort relatif ne *vivait* pas encore ces choses flippantes…bah l’insouciance dominait)

  4. Les 30 glorieuses çà ne sort pas de nul part non plus.

    Si tu rajoutes l’immobilier pré-2000 avec beaucoup de retraités disant qu’ils ne seraient même pas capables de racheter leur maison avec la plue-value…

    Bon après si c’est pour claquer 50k € dans un camping-car avec une retraite sans le bac.

    Je les plaint 🙁

  5. Il y a des montagnes de données qui prouvent objectivement que beaucoup de choses étaient mieux avant.

    Les salaires des profs (et d’un tas d’autres catégories de salariés)
    Les prix du logement
    Le nombre de français obligés de sauter des repas.
    Le nombre de personnes qui vont aux restos du cœur.

    Etc, etc …

  6. Je reconnais bien volontiers que les prix de l’immobilier sont un problème aujourd’hui, même si les loyers n’ont pas non plus triplé en 25 ans. Je louais pour 450€ de l’époque un 20m2 dans le 13è à Paris en 1999, soit avec l’inflation, 640 Euros aujourd’hui, alors qu’un bien équivalent semble se louer autour de 800€ maintenant (les parisiens, n’hésitez pas à corriger), soit probablement de l’ordre de 20% d’augmentation en plus de l’inflation. Il y a probablement d’autres choses qui se sont dégradées aussi.

    Par contre, il y a quand même des choses qui étaient moins bien avant, en tout cas dans ma jeunesse des années 80 et 90:

    * les télécommunications étaient vraiment chères. Quand on avait un proche dans une autre ville, il fallait faire attention. C’était 15ct la minute de l’époque, soit 30ct maintenant. Tu te retrouvais vite avec 100€ de note de téléphone si tu avais quelques conversations longues.
    * le dentiste se faisait sans anesthésie, j’ai dans mes souvenirs d’enfance des heures de douleur pure à me faire fraiser par mon dentiste
    * Quand j’étais à l’étranger (j’ai fait des stages au Japon), le seul moyen de s’informer était de lire debout dans une des librairies de la ville un Figaro ou un Le Monde datant d’il y a une semaine.
    * les villes étaient noires de la poussière du charbon et du mazout, littéralement, tous les murs étaient noircis, l’ambiance était vraiment particulière, un peu lugubre
    * La climatisation dans les voitures était un hyper luxe, j’ai aussi le souvenir de traverser la France en 305 en été et d’avoir vraiment très chaud.
    * Il y avait 15000 morts par an de la route (c’est 5 fois moins aujourd’hui).
    * On ne pouvait aller au restaurant sans fumer par procuration un demi paquet de cigarette avec la fumée des voisins, et nos habits puaient pour 1 semaine.
    * J’ai été juste après ma naissance à la fin des années 70 transfusé avec du sang non chauffé. J’aurais pu y attraper une maladie grave. D’ailleurs, je n’ai pas le droit de donner mon sang maintenant car on considère que je suis potentiellement contaminé. C’est un exemple parmi d’autres de médicaments et de traitements maintenant considérés comme trop dangereux qui ont été administrés à l’époque à des membres de ma famille.
    * On respirait la fumée de l’essence au plomb, et les particules des diesels.
    * Parmi plein d’autres produits dangereux interdits depuis, on utilisait de l’amiante partout, et personne ne faisait attention. Un proche de ma famille en est mort à 65 ans je crois, quelques mois après son départ en retraite. Et au passage, il était cadre, puis petit patron dans la métallurgie, pas col bleu, donc pas le plus exposé ce qui veut vraiment dire que le problème était très répandu
    * Les gens n’avaient pas de RTT. D’ailleurs, le chômage était à la fin des années 80 et au début des années 90 autour de 12-13%, avec une grosse phase de désindustrialisation où on apprenait la fermeture d’une usine tous les 3 jours à la télé.
    * Certaines formes de cancer pour lesquelles on a une chance de s’en sortir aujourd’hui étaient des condamnations à mort à l’époque. D’ailleurs, j’ai deux collègues de mon équipe qui ont eu ce type de cancer et s’en sont sortis avec des traitements modernes.
    * L’enseignement n’était pas meilleur en tout. Je trouve que mes enfants ont en particulier de meilleurs cours de langue que ce que j’avais à l’époque, qui était minable. Sur mes 6 profs d’anglais dans le secondaire, peut-être que 2 parlaient un anglais passables.
    * On dit qu’Internet est idiot, mais il faut voir les émissions débiles à la radio et à la télé qu’on avait à l’époque.

  7. En 7/8 mots : l’argent gratuit du pétrole sans changement climatique (visible)

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