🦏 « SUR LA TÉLÉVISION » : QUAND BOURDIEU DÉZINGUAIT LE PETIT ÉCRAN by Syl Tags:france 4 comments et les liens citĂ©s dans la vidĂ©o: – [Sur la tĂ©lĂ©vision](https://www.youtube.com/watch?v=vcc6AEpjdcY) – [Le champ journalistique et la tĂ©lĂ©vision](https://www.youtube.com/watch?v=I7qlfiERLJU) – [l’emission Arret sur images](https://www.youtube.com/watch?v=WvEr36AB524) – [Analyse d’un passage Ă l’antenne de Bourdieu](https://www.monde-diplomatique.fr/1996/04/BOURDIEU/5425) – [RĂ©ponse de Schneidermann](https://www.monde-diplomatique.fr/1996/05/SCHNEIDERMANN/5483) Mdr, “les journalistes sont très dangereux, car ils ne sont pas très cultivĂ©s, historiquement, ils s’Ă©tonnent de choses qui n’ont rien d’Ă©tonnant”. Tellement marrant la violence des propos de Bourdieu, dite sur un ton aussi lĂ©ger que le sien. Bon, sinon je trouve que ce qui motive l’Ă©mission, c’est-Ă -dire montrer que la tĂ©lĂ©vision actuelle n’est pas aussi dĂ©mocratique qu’elle prĂ©tend l’ĂŞtre, puisqu’elle enferme le discours dans un schĂ©ma commercial et n’acceptant pas le temps de la contradiction, est un peu foireux dans l’idĂ©e. Je ne comprends pas pourquoi on s’Ă©vertue, Ă certains endroits du spectre politique, Ă parler du peuple adulte et en moyen de dĂ©cider comme ayant, de manière homogène, vocation Ă rĂ©flĂ©chir sur des sujets de sociĂ©tĂ©, et ce de manière poussĂ©e. Il existe, il me semble, une anecdote assez reprĂ©sentative de tout ceci et se dĂ©roulant Ă l’Ă©poque de Marc-Aurèle. “Marc-Aurèle aurait voulu supprimer les scènes hideuses qui faisaient des amphithéâtres de vrais lieux d’horreur pour quiconque avait le sens moral. Il n’y put rĂ©ussir ; ces reprĂ©sentations abominables Ă©taient une partie de la vie du peuple. Quand Marc-Aurèle arma les gladiateurs pour la grande guerre germanique, il y eut presque une Ă©meute : « Il veut nous enlever nos amusements, cria la foule, pour nous contraindre Ă philosopher. »” (E.Renan, L’histoire des origines du christianisme) Bon, voilĂ , l’homme est ce qu’il est, et c’est pas parce qu’on est allĂ© Ă la mĂŞme Ă©cole rĂ©publicaine qu’on a vocation Ă tous Ă©couter les cours de Raymond Aron au collège de France. Nombreux se contenteront des esclaffades d’Hanouna entre deux passages abrĂ©gĂ©s de sociologie de comptoir. Ça ne rend pas nos Ă©lites plus pertinentes dans leur analyse des choses. Ça ne rend pas le peuple pus bĂŞte dans sa manière d’apprĂ©hender ce qu’on lui prĂ©sente. Y a plein d’autres formes d’intelligence que celle qui consiste Ă conceptualiser les faits de manière longue, rigoureuse et scientifique, et elles se valent (Ă mon sens) toutes. NĂ©anmoins, il m’est d’avis que cette volontĂ© de crĂ©er, un peu indirectement, des clones dans la manière d’apprĂ©hender les choses, tĂ©moigne d’une grande erreur de jugement en ce qui concerne la nature humaine. Et c’est, je le pense, une forme d’Ă©litisme qui ne dit pas son nom. Cette vieille baderne de Bourdieu. Jamais compris la nĂ©cessitĂ© apparente de ce mĂ©dia de s’interdire des plans de plus de 20 secondes. L’idĂ©e c’est d’informer/rĂ©flĂ©chir ou de faire un best of des punchlines de Bourdieu ? Un format par essence militant puisqu’il ne peut convaincre en dĂ©veloppant des idĂ©es sur 20 secondes et ne peut que persuader. Leave a ReplyYou must be logged in to post a comment.
et les liens citĂ©s dans la vidĂ©o: – [Sur la tĂ©lĂ©vision](https://www.youtube.com/watch?v=vcc6AEpjdcY) – [Le champ journalistique et la tĂ©lĂ©vision](https://www.youtube.com/watch?v=I7qlfiERLJU) – [l’emission Arret sur images](https://www.youtube.com/watch?v=WvEr36AB524) – [Analyse d’un passage Ă l’antenne de Bourdieu](https://www.monde-diplomatique.fr/1996/04/BOURDIEU/5425) – [RĂ©ponse de Schneidermann](https://www.monde-diplomatique.fr/1996/05/SCHNEIDERMANN/5483)
Mdr, “les journalistes sont très dangereux, car ils ne sont pas très cultivĂ©s, historiquement, ils s’Ă©tonnent de choses qui n’ont rien d’Ă©tonnant”. Tellement marrant la violence des propos de Bourdieu, dite sur un ton aussi lĂ©ger que le sien. Bon, sinon je trouve que ce qui motive l’Ă©mission, c’est-Ă -dire montrer que la tĂ©lĂ©vision actuelle n’est pas aussi dĂ©mocratique qu’elle prĂ©tend l’ĂŞtre, puisqu’elle enferme le discours dans un schĂ©ma commercial et n’acceptant pas le temps de la contradiction, est un peu foireux dans l’idĂ©e. Je ne comprends pas pourquoi on s’Ă©vertue, Ă certains endroits du spectre politique, Ă parler du peuple adulte et en moyen de dĂ©cider comme ayant, de manière homogène, vocation Ă rĂ©flĂ©chir sur des sujets de sociĂ©tĂ©, et ce de manière poussĂ©e. Il existe, il me semble, une anecdote assez reprĂ©sentative de tout ceci et se dĂ©roulant Ă l’Ă©poque de Marc-Aurèle. “Marc-Aurèle aurait voulu supprimer les scènes hideuses qui faisaient des amphithéâtres de vrais lieux d’horreur pour quiconque avait le sens moral. Il n’y put rĂ©ussir ; ces reprĂ©sentations abominables Ă©taient une partie de la vie du peuple. Quand Marc-Aurèle arma les gladiateurs pour la grande guerre germanique, il y eut presque une Ă©meute : « Il veut nous enlever nos amusements, cria la foule, pour nous contraindre Ă philosopher. »” (E.Renan, L’histoire des origines du christianisme) Bon, voilĂ , l’homme est ce qu’il est, et c’est pas parce qu’on est allĂ© Ă la mĂŞme Ă©cole rĂ©publicaine qu’on a vocation Ă tous Ă©couter les cours de Raymond Aron au collège de France. Nombreux se contenteront des esclaffades d’Hanouna entre deux passages abrĂ©gĂ©s de sociologie de comptoir. Ça ne rend pas nos Ă©lites plus pertinentes dans leur analyse des choses. Ça ne rend pas le peuple pus bĂŞte dans sa manière d’apprĂ©hender ce qu’on lui prĂ©sente. Y a plein d’autres formes d’intelligence que celle qui consiste Ă conceptualiser les faits de manière longue, rigoureuse et scientifique, et elles se valent (Ă mon sens) toutes. NĂ©anmoins, il m’est d’avis que cette volontĂ© de crĂ©er, un peu indirectement, des clones dans la manière d’apprĂ©hender les choses, tĂ©moigne d’une grande erreur de jugement en ce qui concerne la nature humaine. Et c’est, je le pense, une forme d’Ă©litisme qui ne dit pas son nom.
Jamais compris la nĂ©cessitĂ© apparente de ce mĂ©dia de s’interdire des plans de plus de 20 secondes. L’idĂ©e c’est d’informer/rĂ©flĂ©chir ou de faire un best of des punchlines de Bourdieu ? Un format par essence militant puisqu’il ne peut convaincre en dĂ©veloppant des idĂ©es sur 20 secondes et ne peut que persuader.
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et les liens cités dans la vidéo:
– [Sur la tĂ©lĂ©vision](https://www.youtube.com/watch?v=vcc6AEpjdcY)
– [Le champ journalistique et la tĂ©lĂ©vision](https://www.youtube.com/watch?v=I7qlfiERLJU)
– [l’emission Arret sur images](https://www.youtube.com/watch?v=WvEr36AB524)
– [Analyse d’un passage Ă l’antenne de Bourdieu](https://www.monde-diplomatique.fr/1996/04/BOURDIEU/5425)
– [RĂ©ponse de Schneidermann](https://www.monde-diplomatique.fr/1996/05/SCHNEIDERMANN/5483)
Mdr, “les journalistes sont très dangereux, car ils ne sont pas très cultivĂ©s, historiquement, ils s’Ă©tonnent de choses qui n’ont rien d’Ă©tonnant”. Tellement marrant la violence des propos de Bourdieu, dite sur un ton aussi lĂ©ger que le sien.
Bon, sinon je trouve que ce qui motive l’Ă©mission, c’est-Ă -dire montrer que la tĂ©lĂ©vision actuelle n’est pas aussi dĂ©mocratique qu’elle prĂ©tend l’ĂŞtre, puisqu’elle enferme le discours dans un schĂ©ma commercial et n’acceptant pas le temps de la contradiction, est un peu foireux dans l’idĂ©e. Je ne comprends pas pourquoi on s’Ă©vertue, Ă certains endroits du spectre politique, Ă parler du peuple adulte et en moyen de dĂ©cider comme ayant, de manière homogène, vocation Ă rĂ©flĂ©chir sur des sujets de sociĂ©tĂ©, et ce de manière poussĂ©e.
Il existe, il me semble, une anecdote assez reprĂ©sentative de tout ceci et se dĂ©roulant Ă l’Ă©poque de Marc-Aurèle.
“Marc-Aurèle aurait voulu supprimer les scènes hideuses qui faisaient des amphithéâtres de vrais lieux d’horreur pour quiconque avait le sens moral. Il n’y put rĂ©ussir ; ces reprĂ©sentations abominables Ă©taient une partie de la vie du peuple. Quand Marc-Aurèle arma les gladiateurs pour la grande guerre germanique, il y eut presque une Ă©meute : « Il veut nous enlever nos amusements, cria la foule, pour nous contraindre Ă philosopher. »” (E.Renan, L’histoire des origines du christianisme)
Bon, voilĂ , l’homme est ce qu’il est, et c’est pas parce qu’on est allĂ© Ă la mĂŞme Ă©cole rĂ©publicaine qu’on a vocation Ă tous Ă©couter les cours de Raymond Aron au collège de France. Nombreux se contenteront des esclaffades d’Hanouna entre deux passages abrĂ©gĂ©s de sociologie de comptoir. Ça ne rend pas nos Ă©lites plus pertinentes dans leur analyse des choses. Ça ne rend pas le peuple pus bĂŞte dans sa manière d’apprĂ©hender ce qu’on lui prĂ©sente.
Y a plein d’autres formes d’intelligence que celle qui consiste Ă conceptualiser les faits de manière longue, rigoureuse et scientifique, et elles se valent (Ă mon sens) toutes. NĂ©anmoins, il m’est d’avis que cette volontĂ© de crĂ©er, un peu indirectement, des clones dans la manière d’apprĂ©hender les choses, tĂ©moigne d’une grande erreur de jugement en ce qui concerne la nature humaine. Et c’est, je le pense, une forme d’Ă©litisme qui ne dit pas son nom.
Cette vieille baderne de Bourdieu.
Jamais compris la nĂ©cessitĂ© apparente de ce mĂ©dia de s’interdire des plans de plus de 20 secondes. L’idĂ©e c’est d’informer/rĂ©flĂ©chir ou de faire un best of des punchlines de Bourdieu ?
Un format par essence militant puisqu’il ne peut convaincre en dĂ©veloppant des idĂ©es sur 20 secondes et ne peut que persuader.