«En fait, je ne suis pas favorable à ce que toutes les dotations soient accessibles à tous», déclare Chris Rodesch en se référant au contenu des pages d’accueil des sites web des quatre organisateurs de tournois du Grand Chelem (Open d’Australie, Roland-Garros, Wimbledon et US Open). En effet, les curieux peuvent non seulement y voir le montant total des primes distribuées, mais aussi obtenir des informations détaillées sur les gains exacts pour avoir atteint les différents tours.

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Au total, l’US Open, dont les qualifications débutent ce lundi 18 août, distribuera une somme record de 90 millions de dollars (77,2 millions d’euros) en gains, soit 20% de plus que l’année précédente. Les vainqueurs individuels chez les hommes et les femmes recevront chacun cinq millions de cette somme. Cela semble beaucoup à première vue, mais Chris Rodesch sait pourquoi les apparences sont trompeuses.

Le tennis est mon métier et j’en suis arrivé à un point où il faut faire un peu d’argent. Mais je dois aussi payer mon entraîneur, tous les voyages et l’hébergement.

Chris Rodesch

«En ce moment, il y a de grandes discussions sur les finances dans le monde du tennis. Si l’on regarde ce que les organisateurs gagnent, les joueurs n’en reçoivent qu’une fraction en retour», explique Chris Rodesch. Pour décrire plus encore la situation, il précise: «Dans le football, environ 40 à 50% sont consacrés aux salaires des joueurs. Pour le basket-ball, c’est encore environ 30%, alors que seulement 15% des recettes reviennent aux joueurs de tennis.»

Chris Rodesch sur le gazon sacré de Wimbledon. © PHOTO: Getty Images

«Bien sûr, je suis conscient que les gens viennent pour voir Carlos Alcaraz ou Jannik Sinner. Ce sont eux qui rapportent le plus d’argent, ils doivent donc en recevoir beaucoup», explique le joueur de 24 ans. «Malgré tout, la situation globale n’est pas juste.» L’équivalent de 23.600 euros est garanti à Rodesch pour sa participation au 1er tour de qualification de l’US Open. Il s’agit de son troisième tournoi du Grand Chelem. S’il n’y remportait qu’une seule victoire, ce serait déjà 35.870 euros.

La prime du Grand Chelem finance l’année

«Le tennis est mon métier et j’en suis arrivé à un point où il faut faire un peu d’argent», révèle Chris Rodesch. «Cependant, je dois aussi payer mon entraîneur, tous les voyages ainsi que les hébergements. Beaucoup de choses partent très vite. Les Grands Chelems sont donc extrêmement importants pour les 200 meilleurs joueurs du classement mondial. Ces semaines sont là pour nous permettre de couvrir les frais d’autres tournois où nous ne pouvons peut-être pas générer de revenus.»

Si je faisais partie des 150 meilleurs footballeurs, je gagnerais certainement plus. Mais je joue au tennis parce que j’aime ce sport.

Chris Rodesch

Le n°159 du classement mondial illustre par un exemple simple l’écart qui existe entre les petits tournois et un Grand Chelem. «Cette année, j’ai gagné mon premier Challenger ATP. Au final, cela représentait 14.000 dollars, mais cinq matches que je devais gagner pour cela. A New York, c’est au moins le double, même si je perds.» L’argent ne fait pourtant pas tout pour Rodesch.

«Si je faisais partie des 150 meilleurs footballeurs, je gagnerais certainement plus. Mais je joue au tennis parce que j’aime ce sport. Et sur le court, je ne dois pas penser à des choses comme l’argent, cela perturberait trop ma concentration et j’aurais trop de pression.»

Malgré tout, le Luxembourgeois estime que quelque chose doit changer, et cite un certain nombre de problèmes. «Dans les sports d’équipe, les joueurs ont plus d’aide et de soutien. Au tennis, c’est plus compliqué, chacun est plutôt un combattant solitaire. En fait, il faudrait une sorte de syndicat. Malgré tout, les joueurs se rendent de plus en plus compte de ce qui est possible. Oui, il se passe quelque chose. Et c’est important et intéressant pour l’avenir. Après tout, le tennis est l’un des plus grands sports au monde.»

Dimanche, un tirage au sort sera effectué à New York pour savoir qui Rodesch rencontrera au premier tour de qualification (à l’heure où nous publions cet article, il n’est pas encore effectué, NDLR). A Wimbledon, il a réussi à se hisser dans le tableau principal, un objectif que l’ancien joueur universitaire des Virginia Cavaliers vise à nouveau pour son “match à domicile”. «De nombreux anciens membres de l’équipe font le voyage en avion spécialement pour m’encourager. L’ambiance sera formidable. Même des amis de New York ont pris congé pour venir me voir», déclare Chris Rodesch qui ne veut pas décevoir ses fans.

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Si le Luxembourgeois atteignait à nouveau le tour principal, il remporterait l’équivalent d’au moins 94.000 euros. Certes, cela ne représente qu’un peu plus de deux pour cent de la prime du vainqueur du tournoi, mais c’est suffisant pour aborder une nouvelle année sur le circuit professionnel avec la conscience tranquille. Et qui a dit qu’il fallait s’arrêter au 1er tour principal? Peut-être que le jeune Luxembourgeois fera comme Gilles Muller, qui a atteint les quarts de finale à New York en 2008. En 2025, il recevrait 566.000 euros, ce qui n’est pas une si mauvaise somme.

Cet article a été publié initialement sur le site du Luxemburger Wort. Il a été traduit à l’aide d’outils d’intelligence artificielle qui apprennent à partir de données issues de traductions humaines, puis vérifié par Pascal Mittelberger.