A l’issue d’un réquisitoire de plus d’une heure, l’avocat général a requis, vendredi 24 octobre, la réclusion criminelle à perpétuité incompressible contre Dahbia Benkired, jugée devant la cour d’assises de Paris pour meurtre d’un mineur de 15 ans et pour viol commis sur un mineur avec torture ou acte de barbarie. “Dahbia Benkired est une criminelle. Mais elle n’est pas coupable de sa déshumanisation, de ce qu’elle a subi et des traumatismes enfouis dans son enfance qui ont ressurgi”, a plaidé Alexandre Valois, avocat de la défense. “Je demande pardon, c’est horrible ce que j’ai fait”, a déclaré l’accusée d’une voix neutre. Le jury s’est retiré pour délibérer, et le verdict est attendu en fin de journée. Suivez notre direct.

• L’accusation retrace l'”éternité de souffrance” subie par la collégienne. Lors de son réquisitoire, l’avocat général a retracé l'”éternité de souffrance” vécue par Lola, plongeant dans les recoins de cette “heure et demie de supplices, au cours desquelles” l’enfant de 12 ans “se fera méticuleusement ôter son enfance, sa féminité et son humanité”. Son corps, “devenu tour à tour objet sexuel, support de violences extrêmes et morceau de chair encombrant”, a été “vidé de toute humanité”, en proie à “la violence sanglante” de Dahbia Benkired.

• Les avocats des parties civiles ont souligné la “résilience” des proches de Lola. Dans une salle d’audience chargée d’émotion, ils ont retracé jeudi le calvaire enduré par la collégienne de 12 ans. “Lola est là, elle est partout”, a lâché l’avocat Mathias Darmon en désignant la famille de la victime. “Elle qui représentait l’innocence, la grâce – championne de gymnastique quand même. Elle était trop forte, Lola, trop forte.”

• L’accusée accessible à une sanction pénale. Les experts n’ont décelé ni abolition ni altération du discernement, confirmant que l’accusée peut être jugée et condamnée. Dahbia Benkired, d’une “intelligence normale”, ne souffre pas “de trouble psychique” et ne présente aucune “pathologie psychiatrique”. Une psychiatre l’a décrite à la barre comme une femme “qui a besoin de l’autre pour exister, pour instaurer un rapport de domination, (…) qui investit l’autre comme un objet qu’on prend, qu’on casse, qu’on jette”.

Le verdict attendu en fin de journée. Dahbia Benkired aura une dernière fois la parole, après les plaidoiries de la défense. Puis, les six jurés accompagnés de trois magistrats professionnels, dont le président, se retireront pour délibérer. Le verdict est attendu dans l’après-midi ou au cours de la soirée. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.