Succès militaire russe majeur, ou simple bluff pour influencer les négociations de paix en cours ? La Russie a annoncé, lundi 1er décembre, la conquête de la ville de Pokrovsk, dans la région de Donetsk, dans l’est de l’Ukraine. Si cette information était confirmée, il s’agirait d’un tournant important dans cette zone du front, mais Kiev conteste et dénonce une opération destinée avant tout à peser sur les négociations en cours pour mettre fin au conflit.
Selon un communiqué diffusé par le Kremlin sur sa chaîne Telegram, le chef d’état-major russe, Valeri Guerassimov, a informé Vladimir Poutine de la libération de Krasnoarmeïsk (nom russe de Pokrovsk), ainsi que de Voltchansk, une autre ville dans la région de Kharkiv, au nord-est du pays. En visite dans un poste de commandement, Vladimir Poutine a qualifié la conquête de Pokrovsk de « prise importante », estimant qu’elle permettra de poursuivre les objectifs fixés au lancement de « l’opération militaire spéciale ».
De son côté, l’armée ukrainienne a affirmé lundi avoir repoussé plus d’une quarantaine d’attaques dans le secteur de Pokrovsk, mais n’a admis la perte d’aucune des deux localités.
Pokrovsk, nœud logistique essentiel
C’est peu dire que les combats pour Pokrovsk sont acharnés. Les autorités russes elles-mêmes reconnaissent des milliers de morts et de blessés dans l’offensive qu’elles y mènent depuis des mois. Avant février 2022 et l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, la ville comptait quelque 60 000 habitants. Il s’agit d’un nœud logistique essentiel pour l’acheminement des munitions, des renforts et l’évacuation des blessés ukrainiens. Il est encerclé par les forces russes depuis l’été.
À LIRE AUSSI « Personne ne se rendra » : la résistance héroïque des Ukrainiens de Pokrovsk Toutefois, les bombardements répétés de la part des Russes, visant l’autoroute et la ligne de chemin de fer principales, ont contraint Kiev à mettre en place d’autres axes logistiques, réduisant progressivement le poids stratégique de la cité. En revanche, sa prise ferait peser sur les troupes ukrainiennes basées à Myrnohrad, une ville à proximité, le risque qu’elles soient encerclées à leur tour.
Au même moment, les négociations se poursuivent
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L’annonce intervient dans un contexte diplomatique sensible. Elle suit de peu une série d’entretiens entre responsables américains et ukrainiens en Floride consacrés aux scénarios de sortie de guerre, et suit également la rencontre entre Volodymyr Zelensky et Emmanuel Macron à Paris.
L’annonce précède également de quelques heures la venue, ce mardi, à Moscou, de Steve Witkoff. Accusé de connivence avec le Kremlin, l’émissaire spécial du président américain Donald Trump rencontrera Vladimir Poutine. Lundi, la porte-parole de la Maison-Blanche, Karoline Leavitt, a déclaré que « l’administration Trump était très optimiste » quant aux chances que cette rencontre fasse avancer les négociations.