Pendant toute la guerre froide, le principal point de crispation en Europe est l’Allemagne. Depuis 1945, le pays est partagé en deux grandes zones : l’Ouest, sous contrôle américain, britannique et français ; l’Est, sous domination soviétique. Une partition qui aboutit en 1949 à la création de deux états distincts : à l’Ouest, la RFA, république fédérale allemande ; à l’Est, la RDA, république démocratique allemande.
En 1949, le Britannique Lord Ismay déclarait sur la mission de l’OTAN : « garder les Américains à l’intérieur, les Russes à l’extérieur et les Allemands sous tutelle ». Le Royaume-Uni en effet, comme la France, s’oppose à tout prix au réarmement de l’Allemagne. Mais à cause de sa situation géographique en première ligne face au bloc de l’Est, c’est pourtant ce que les Américains réclament… et qu’ils obtiennent en 1955 avec l’intégration de la RFA à l’OTAN. La réaction de l’URSS est immédiate.
Nikita Khrouchtchev, le leader soviétique, décide de fonder, en miroir de l’OTAN, une organisation de défense des pays du bloc communiste : le pacte de Varsovie, qui officialise l’autorité soviétique sur les armées des démocraties populaires. Ce sont les armées du Pacte de Varsovie qui en 1968 écraseront le Printemps de Prague.
Désormais, et jusqu’à la chute du bloc soviétique en 1991, les forces armées de l’OTAN et celles du pacte de Varsovie se font face en Europe.
A lire :
Jenny Raflik-Grenouilleau, Terrorisme et mondialisation : approches historiques, Gallimard, 2016Jenny Raflik Grenouilleau, La IVème République et l’Alliance atlantique, Presses universitaires de Rennes, 2013Amélie Zima, L’OTAN, collection “Que sais-je”, 2023