Gros plan sur l’interopérabilité
Les pays partenaires peuvent contribuer aux missions et opérations dirigées par l’OTAN – dans le cadre du soutien de la paix, en assurant la formation de forces de sécurité dans les Balkans occidentaux, ou dans le cadre de la surveillance maritime, en Méditerranée. Ils peuvent également prendre part à des exercices OTAN. Pour que ces contributions soient efficaces, il faut qu’il y ait interopérabilité entre les partenaires et l’OTAN.
L’interopérabilité est l’aptitude à agir ensemble en utilisant des normes, des doctrines, des procédures et des équipements harmonisés. Cela est essentiel pour les activités d’une alliance de pays ayant des forces de défense nationales, et cela est également important pour opérer conjointement avec des partenaires désireux d’aider l’OTAN à atteindre ses objectifs tactiques, opératifs et stratégiques. La coopération au quotidien à l’OTAN – notamment avec les partenaires – porte essentiellement sur la réalisation de cette interopérabilité.
En 2014, les dirigeants des pays de l’Alliance ont répondu à la nécessité de maintenir et d’améliorer l’interopérabilité qui s’est développée avec les partenaires au cours des années d’opérations (notamment en Afghanistan et dans les Balkans occidentaux), reconnaissant qu’il était important de préserver l’interopérabilité avec les partenaires pour gérer les crises futures. L’OTAN a ainsi lancé l’initiative pour l’interopérabilité avec les partenaires (PII), dans le but :
de réaffirmer l’importance de renforcer l’interopérabilité avec et pour tous les partenaires et de veiller à ce que tous les programmes partenariaux d’interopérabilité existants soient pleinement exploités ;de renforcer le soutien apporté aux partenaires qui souhaitent maintenir et améliorer leur interopérabilité, notamment au travers d’une coopération et d’un dialogue approfondis ;d’offrir aux partenaires davantage de possibilités de coopération lorsqu’il s’agit de fournir à l’Alliance des contributions soutenues et substantielles en forces, en capacités, ou autres ;de souligner que l’interopérabilité doit également être une priorité dans le cadre des relations de l’OTAN avec les autres organisations internationales intervenant dans la gestion de crises internationales.
Les outils de partenariat de l’OTAN qui visent à approfondir la coopération bilatérale avec certains partenaires dans des domaines précis, comme l’interopérabilité, comprennent les programmes de partenariat individualisés, le processus de planification et d’examen, et le concept de capacités opérationnelles.
Partenaires « nouvelles opportunités »
L’initiative PII part du principe qu’une interopérabilité forte renforce et resserre les liens entre l’OTAN et les partenaires. À mesure que les contributions des pays partenaires aux missions et opérations de l’OTAN ainsi qu’aux pools de forces gagnent en ambition et en complexité, il serait utile de développer une relation plus ciblée visant à pérenniser ces contributions sur la base de nouvelles opportunités de coopération spécifiques. Peu après le sommet du pays de Galles, en 2014, cinq pays partenaires se sont vu offrir ces nouvelles opportunités : l’Australie, la Finlande, la Géorgie, la Jordanie et la Suède. En juin 2020, l’Ukraine est devenue le sixième partenaire « nouvelles opportunités ». La Finlande et la Suède sont devenues membres à part entière de l’OTAN en 2023 et en 2024, respectivement.
Plateforme d’interopérabilité
L’interopérabilité au service de la coopération militaire actuelle et future face aux défis de sécurité est un volet essentiel des activités courantes de l’OTAN.
C’est pour cette raison que la PII prévoit une configuration permanente pour la coopération OTAN-partenaire sur l’interopérabilité et les questions associées : la plateforme d’interopérabilité (IP). Cette configuration va au-delà des cadres géographiques traditionnels de coopération et rassemble tous les pays partenaires ayant contribué à des opérations de l’OTAN ou ayant pris des mesures concrètes pour accroître leur interopérabilité avec l’Organisation. Elle permet aux Alliés et aux partenaires d’étudier, en prévision de la gestion de crises futures, les questions ayant trait à l’interopérabilité, s’agissant notamment des systèmes de commandement et de contrôle, de la formation et de l’entraînement, ainsi que des exercices ou de la logistique.