
Je viens de voir la vidéo de Seb sur les chanteurs de variétés française et putain j'ai passer 35 mins l'estomac noué par l'horreur des paroles que j'entendais.
Entre Sardou et ses paroles explicites, Gainsbourg cet énorme dégueulasse qui fait chanter à des gamines de 16 ans une chanson sur les fellations, "Clo clo" qui avoue sa préférence pour les filles de 15-18, et les paroles plus qu' explicite.. Bref vraiment un musée de l'horreur.
Et ce n'est même pas une question de mal veillir, les paroles sont explicites même pour l'époque. Du coup je suis curieux qui sont les gens qui defendent corps et âme ce genre de chansons et d'artistes
Est-ce que donc la chose était aussi banalisée?
Lien de la vidéo: https://youtu.be/Bs-eWa0Y1MM?si=UFr9TzjmP70e_E1u
by Tunisiandoomer1
47 comments
Bah le concept c’est que si tu est connu et riche tu échappe à presque tout. Y’a juste à voir les politiques par ex.
Le pire pour cloclo, c’est les interviews des fans qui, mineures, rêvaient d’aller en loge. Et y avaient droit par moment..
Il a vraiment retourné le cerveau d’une partie de ses fans.
Et on oublie pas Balavoine ou Aznavour.
Et l’époque, Cohn Bendit sur la télé parlait ouvertement de pédophilie [faut pas l’oublier](https://youtu.be/6IOAaSFpVCw?si=XnLv69tKwS4nOhFt)
My sharona, girl you’ll be a woman soon… on a pas le monopole des chansons borderline…
A l’époque ce n’était pas considéré comme de la pédophilie à partir du moment où la personne était pubère et à la majorité sexuelle.
La tranche 15-18 (donc légale), oui, c’était hyper courant (ça a un nom technique distinct de pedophilie, mais j’ai oublié, et comme disait un standup US, si t’en es réduit à expliquer ce genre de nuances, c’est mal barré).
Il y a plein de videos du style de celle que tu met en lien, où les mecs reprennent juste les paroles des chansons des années 80s, c’est une “mine d’or”.
Autre exemple:
Balavoine: les petits lolos
>Poupées gonflées à l’hydrogène
Roulées comme des sirènes
Qui s’envolent
On peut les trouver à cinq heures
Devant les écoles
Les lolitas
Dans les années 70, la pédophilie était un orgueil bourgeois. C’est dans ses moments là qu’on pouvait entendre Cohn-Bendit s’en vanter à la télé par exemple.
Il faut quand même considérer le fait que même si ce n’est plus infusé dans la culture populaire, la pédophilie reste un problème bien français. Frédéric Mitterand à pu être ministre sous Sarko, Polanski reçoit des César ou il se compare au capitaine Dreyfus parce qu’on le critique sur ce sujet précis, Depardieu qui selon notre président “rend fier la France” alors qu’il à la bave aux lèvres en imaginant des gamines sud-coréennes et plus globalement la relation entre Emmanuel et Brigitte Macron qui est un débat qu’à priori on n’aura pas dans les grands médias.
L’affaire d’Outreau à montré que la pédophilie c’est mal et c’est déjà ça. Maintenant il faut que la haute société fasse son autocritique et là on est encore loin du compte.
Les paroles de petite poupée de Gainsbourg m’ont foutue extrêmement mal
C’est au moins le signe qu’on avance dans le bon sens sur ce sujet. C’est long et fastidieux et on va continuer de se rendre compte de toutes les dingueries qui ont été faites, mais le fait que ce soit de plus en plus dénoncé, que des affaires sortent, que des procès se fassent… C’est un bon début. Trop tardif, trop lent, encore trop complaisant, mais un début quand même.
Léo Ferré aussi (voir la chanson Petite).
La culture de la pédophilie et l’éphébophilie est encore rampante, bien que ce soit moins bien vu de nos jours. Un documentaire glaçant mais hyper révélateur sur le problème général de la pédophilie, c’est Chasseur de Prédateurs sur Arte.
Quand on parle de culture du viol, c’est pas une lubie de “féministe aux cheveux bleus” en fait. C’est des tonnes de livres, disques, films…
Remarque que l’on peut faire le même exercice avec les féminicides déguisés en “crime passionnel”. Requiem pour un fou d’Halliday, Marilou de Gainsbourg etc
Je pense que c’est un truc qui remonte aux années 60. Surtout autour de mai 68, qui a représenté une libération sur tous les plans, notamment au niveau des mœurs sexuelles.
A ce moment-là, les jeunes ont commencé à voir toutes les restrictions sexuelles comme de la vieille morale bourgeoise ridicule qu’il fallait transgresser et progressivement déconstruire au nom de la liberté (Je grossis un peu le trait, bien sûr, mais c’est plus ou moins le message qui était envoyé).
En plus de ça, la pédopsychologie commençait à diffuser l’idée qu’un enfant n’était pas qu’un être sans conscience qui devait être construit par ses parents, mais un humain à part entière avec des envies, des désirs propres et un éveil progressif de sa conscience.
Donc au-delà même des artistes, ces avancées ont été instrumentalisées par des intellectuels, politiciens et journalistes qui défendaient ouvertement la pédophilie comme une forme de considération de l’enfant : “C’est un être humain, ne pas être autorisé à désirer un être humain est rétrograde”. Si on avait utilisé l’acronyme LGBTQ à l’époque, des pédophiles auraient pu militer pour y être inclus comme une orientation sexuelle normale.
En 1977, dans Le Monde et Libération, une tribune pro-pédophilie est publiée qui fait encore parler d’elle aujourd’hui. Je te cite quelques passages :
> ” Les 27, 28 et 29 janvier, devant la cour d’assises des Yvelines, vont comparaître, pour attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans (…) Nous considérons qu’il y a une disproportion manifeste, d’une part, entre la qualification de ” crime ” qui justifie une telle sévérité, et la nature des faits reprochés ; d’autre part, entre le caractère désuet de la loi et la réalité quotidienne d’une société qui tend à reconnaître chez les enfants et les adolescents l’existence d’une vie sexuelle (…) La loi française se contredit lorsqu’elle reconnaît une capacité de discernement à un mineur de treize ou quatorze ans qu’elle peut juger et condamner, alors qu’elle lui refuse cette capacité quand il s’agit de sa vie affective et sexuelle. Trois ans de prison pour des caresses et des baisers, cela suffit”.
Parmi les signataires, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Françoise Dolto.
Daniel Cohn-Bendit était également ouvertement pro-pédophilie. Un des premiers vrais militants pro-gay de France, Guy Hocquenghem, fondateur du Front homosexuel d’action révolutionnaire, a publié des tribunes mettant en relation répression de la pédophilie et répression de l’homosexualité (aucune info ne permet de considérer que Hocquenghem était lui-même pédophile). Je cite Wikipedia :
> Comme l’explique Hocquenghem dans son livre intitulé *Le désir homosexuel*, cette discrimination visant les homosexuels attirés par des adolescents est due à la persistance de lois datant de Vichy, qui ne furent pas abrogées à la Libération
Dans les années 70, tu avais aussi des organisations officielles de militantisme pro-pédophilies, le Front de libération des pédophiles (FLIP), éphémère, le Groupe de recherche pour une enfance différente (GRED), le CRIES (Centre de recherche et d’information sur l’enfance et la sexualité), qui finira dissout suite à une affaire de trafic de photos pédopornographiques, le journal “Gaie France”, ouvertement juste pro-LGBT mais en réalité aussi pro-pédophilie, etc.
Edit : Parce que j’ai pas envie qu’on m’accuse de dire que les militants homos et pédocriminels étaient main dans la main à cette époque, il faut aussi dire que les pédophiles se bornaient à demander l’abaissement de l’âge de la majorité sexuelle, ce qui était aussi une revendication du mouvement homosexuel : La majorité sexuelle pour les rapports hétéros et homos était différente, les militants homos voulaient l’alignement des deux. Une fois qu’ils ont obtenu ça, les pédophiles se sont retrouvés seuls à demander que la majorité sexuelle soit encore abaissée voire abolie : En 85, les Verts en Allemagne avaient mis l’abolition de la majorité sexuelle dans leur programme. Les militants homos ont – bien à raison – refusé de les soutenir.
C’est pas qu’une affaire française, aux US c’est aussi la grande époque de NAMBLA (North American Man-Boy Love Association) qui existe toujours aujourd’hui mais largement réduite.
Les artistes que tu cites sont en plein dans cette époque, étaient un peu “jeunes”, avant-gardistes, Gainsbourg était transgressif… Ne pas s’emparer du sujet aurait presque été une faute artistique pour lui. Etait-il lui-même un pédophile ? Je sais pas, vraiment. Cloclo par contre… Beaucoup moins de doutes.
Je me souviens encore quand il y a plusieurs années je dénonçais Gainsbourg et ses penchants de merde, je me faisais limite insulter. Je n’ai jamais compris pourquoi le gars était aussi intouchable.
Gabriel Matzneff, chair a l’académie française…
C’est rien à coté des politiques et de l’intelligentia : Cohn Bendit, Frederic Mitteran, et autres clowns …
Et après, les boomers (les vrais, ceux des années 60) viennent nous les briser sur la violence des films et des jeux vidéos.
Et Bétharram et Bayrou on en parle plus, c’est oublié?
Lis “le consentement” de Vanessa Springora, elle raconte comment elle a été groomée par Matzneff de ses 13 ans à ses 16 ans.
Elle décrit bien comment la pédophilie faisait système dans les années 80 et était jugée acceptable surtout si elle venait de gens qui lui donnaient un vernis artistique ou politique.
Le tout dans une époque biberonnée à la psychanalyse qui justifiait ça.
Il y a eut un vrai mouvement d’une certaine élite bourgeoise intellectuelle dans les années 60-70-80 pour essayer de faire accepter la pedophilie en tant que pratique par la population, notamment en la mettant en scène de manière positive dans les médias (sur lesquels ils avaient une influence importante).
Ils essayaient de la présenter comme un truc innocent voire bénéfique pour l’enfant sous couvert de libération sexuelle.
Ça inclue la littérature avec des gens comme Matzneff mais aussi la musique où certains paroliers écrivaient des chansons pro pédophilie pour des chanteurs à succès.
Ce mouvement a largement échoué auprès de la population et heureusement mais on va pas se mentir il y a toujours aujourd’hui une élite intellectuelle de gros pédos qui continuent à penser qu’ils devraient avoir le droit de toucher des gosses.
Ne commence pas à te renseigner sur l’ASE et la justice des affaires familiales, tu va réaliser qu’il y’a un vrai mépris institutionnalisé du bien-être des enfants et une apologie complète du viol et de l’inceste.
J’aime bien le passage où Claude François sort pas la défense habituelle (“mais elles font très matures”) mais dit clairement la vérité bien puante : il veut des gamines de 15 ans car il peut contrôler, après 18 c’est plus possible…
Pour Gainsbourg ça mériterais une contextualisation, là je vois un youtubeur qui fait sa petite vidéo facile, qui survole le sujet, ça ne permet ni de comprendre ce qui est effectivement grave et pourquoi, et ce qui était fait pour déborder/écœurer dans le climat de pédocriminalité assumée de l’époque.
Pour Les Sucettes, Gall était majeure contrairement à ce qu’il dit, le problème par contre c’est celui d’un environnement (incluant Gainsbourg) qui peut se servir légalement d’une très jeune chanteuse pour lui faire chanter un truc pareil à son insu. *Edit : bon en fait elle était mineure (l’âge de la majorité est passé de 21 à 18 ans depuis 1974), mais je reste embêtée que la question de l’environnement soit survolée*
Si vous voulez un autre exemple qui ressort souvent, l’interview avec Ringer où il lui dit “vous êtes une p*te”, il se conduit comme un connard ET le fond est vrai, elle même a dit plus tard regretter profondément cette période de sa vie, où les plateaux l’invitaient pour avoir un peu de sensationnalisme et de transgression. Les paratonnerres ce sont elle et Gainsbourg, ce sont eux qui sont cadrés par la caméra du plateau, mais le problème concret c’est l’organisation qui fait que cette situation est possible en premier lieu, cad la TV, les plateaux, et le tout petit panier de crabes qui en vit. L’enfer
Croyez pas qu’ajd le problème a pas juste changé de forme, quand vous enfermez des gens dans un environnement qui les met en position de faiblesse face à un groupe dominant, que ce soit le showbiz, le catéchisme, le monde de l’entreprise ou la famille nucléaire, vous aurez ce genre de violences…
Purée… c’était encore presque hier. Mon Dieu, combien d’années faudra-t-il encore avant que cela soit définitivement condamné ?
la vidéo a déjà été postée sur le sub :
https://old.reddit.com/r/france/comments/1pwi9ix/le_c%C3%B4t%C3%A9_sombre_de_la_vari%C3%A9t%C3%A9_fran%C3%A7aise/
Je pense que le sujet est tellement tabou qu’on n’est pas prêts à savoir que l’attirance physique envers les adolescentes est plutôt courant pour les hommes adultes. J’avais vu un doc sur le sujet, ça parlait de 12% des hommes, mais je crois qu’il est difficile d’obtenir des statistiques fiables tant c’est mal vu.
(Je précise que je ne tire aucune conclusion de tout ça.)
suffit d’aller voir les commentaires sur la vidéo des petits lolos de Balavoine, c’est affligeant
Sans oublier la “pédopsychanalyste” Françoise Dolto, dont les propos étaient pour le moins [ambivalents](https://dupuiselise.canalblog.com/archives/2020/01/09/37926397.html) sur la pédocriminalité : elle la condamne d’un côté ; mais, de l’autre côté, pour elle tout le monde est coupable, sauf… le pédocriminel lui-même !
La mère ? C’est sa faute.
L’enfant ? C’est sa faute.
À gerber.
On a regardé la même vidéo hier, et on s’est fait la même réflexion. J’avais envie de gerber à certains moments. Le fait que ces personnes ont estimé acceptable d’aller ouvertement, en public, chanter sur leurs déviances, m’a éberlué.
“Tiens, pour la chanson 7, je vais raconter que je suis un pédophile. C’est pas mal ça, non ?”
Je suis tellement content de jamais avoir aimé aucun de ces artistes !
J’ai grandi avec Renaud, Brassens et Brel, et jusque-là, je croise les doigts aucun scandale les concernant, même pas de quoi que ce soit qui aurait “mal vieilli”.
Merci papa et maman.
https://www.youtube.com/watch?v=6MassXTn4Pk
Si tu trouves la vidéo de seb un peu difficile, en fait c’était juste un échauffement
Perso au lycée (années 90), j’ai eu plusieurs copines qui sortaient/couchaient avec des mecs bien (bien) plus agées qu’elles. Je serai curieux de savoir si c’est toujours répandu dans les lycées à l’heure actuelle ?
Ça va plus loin que la pédophilie, c’est un système systématiquement violent envers les enfants qui va des habitudes d’éducation (sans être parfait, le compte Instagram de Marion Cuerq est assez éclairant à ce sujet) à la tolérance indéfendable de l’inceste. Les produits culturels ont évidemment une part de responsabilité dans la normalisation de la sexualisation des enfants mais on a tous, collectivement, du sang sur les mains de par notre complaisance.
Je cite l’introduction du rapport de la CIIVISE de 2023, un des seuls trucs positifs des mandats macroniens. Évidemment, aucune préconisation n’a été appliquée et la commission a été vidée de sa substance, sans doute trop dérangeante pour l’ordre établi et trop exigeante pour nos dirigeants.
« La réalité peut être décrite en quelques chiffres : 160 000 enfants sont victimes de violences sexuelles chaque année, 5,4 millions de femmes et d’hommes adultes en ont été victimes dans leur enfance, l’impunité des agresseurs et l’absence de soutien social donné aux victimes coûtent 9,7 milliards d’euros chaque année en dépenses publiques. Les deux tiers de ce coût faramineux résultent des conséquences à long terme sur la santé des victimes. La réalité c’est d’abord le présent perpétuel de la souffrance. »
On est tellement pitoyables que l’année dernière, l’ONU nous a alertés sur le traitement déplorable des mères lanceuses d’alerte qui participe à la culture de l’impunité et crée des situations abominables où les mères doivent livrer leurs enfants à leurs bourreaux pour ne pas totalement perdre leur garde.
Comme beaucoup d’autres, j’ai commencé à faire partie de ces chiffres dans le courant des années 2000. Si la loi de 2001 sur l’éducation sexuelle et affective avait été appliquée, peut-être que j’aurais pu comprendre que ce qui m’arrivait n’était pas normal et être protégée. On ne le saura jamais puisque 24 ans après, on préfère toujours brosser les réactionnaires dans le sens du poil et se trouver des excuses que de donner aux enfants victimes des chances de s’en sortir.
En 2023 et 2024, le gouvernement a sorti de grandes campagnes de communication autour des violences intra-familiales, pour promouvoir le 119, numéro d’appel d’urgence. Sauf que sur beaucoup de plages horaires, il n’y a qu’un ou deux agents (et pas beaucoup plus le reste du temps) pour répondre aux nombreux appels et les rediriger.
Et après, on arrive à l’ASE, ses multiples scandales, son bilan abyssal et son incapacité à faire face à la demande immense. À tous les maillons de la chaîne, on retrouve de la souffrance et de la cruauté aussi insupportables qu’évitables.
On préfère tourner en boucle sur les détraqués sexuels et sur les élites pédophiles parce que c’est assez éloigné de nous pour qu’on n’ait aucune responsabilité. Protéger réellement les enfants, ça demanderait de remettre en question et de transformer énormément d’éléments constitutifs d’un système intimement lié au patriarcat. Ça demande du courage, de confronter ses propres biais et traumas, de réaliser que des gens qu’on aime et qu’on respecte peuvent avoir commis des violences sur des enfants, de résister à un rouleau compresseur social, culturel, politique et judiciaire.
Je passe mon temps à recommander le podcast « Ou peut-être une nuit » qui explique très bien comment se construit l’inceste. Il faut s’accrocher mais ça en vaut vraiment la peine. On n’a aucune chance de régler quoique ce soit en restant dans le déni.
Les violences sexuelles envers les enfants vont bien au-delà de 3 chanteurs, 2 écrivains, quelques politiques et des “bourgeois” :
[https://www.ciivise.fr/sites/ciivise/files/2024-10/Livret-de-formation-CIIVISE-juin%202023.pdf](https://www.ciivise.fr/sites/ciivise/files/2024-10/Livret-de-formation-CIIVISE-juin%202023.pdf)
55 % des victimes d’agressions sexuelles sont des enfants. Cela représente 3,9 millions de femmes et 1,5 million d’hommes. La quasi-totalité du temps, ce sont des hommes, en grande partie l’oncle ou le beau-père, suivis du père.
Si dans les médias le gros de la vague est visiblement derrière nous, pour le reste quasiment rien n’a changé.
Pour aller au-delà de la pédophilie, et en préalable à #metoo, il était de bon ton, dans les années 70-90, d’avoir beaucoup de femmes (souvent belles et jeunes) nues à la télévision et au cinéma. Beaucoup se sont moqués des “culs-bénis” américains, soit. Mais pour avoir des jeunes femmes nues à la télévision ou au cinéma, il faut les déshabiller et les filmer, souvent très jeunes, ce qui constituait un passage presque obligatoire pour une carrière féminine de l’époque et c’est encore bien souvent le cas actuellement pour une partie des films Français.
Le consentement et le respect des personnes ne semblent pas avoir été la grande force de la période de provocation et de “liberté” totale de cette période.
C’est assez surprenant que dans les quelques 130 réponses au sujet (au moment où j’écris ces lignes), personne ne pose le caractère structurant et central de la domination dans ces modèles relationnels. Et c’est aussi surprenant que personne ne questionne non plus la construction de la masculinité dans nos sociétés patriarcales.
La pédophilie sur des ados, c’est avant tout fondé sur l’excitation autour de l’ascendance par l’âge qu’on a sur l’autre et donc autour de la position dominante et de domination qu’on peut avoir sur l’adolescent.e, le tout couplé à une bonne dose de transgression. Et dès qu’on parle de domination, je doute qu’il soit nécessaire de faire un dessin pour rappeler que c’est à la fois la base et le levier d’un très grand nombre de kinks. Et là vous aurez l’embarras du choix pour les exemples de kinks fondés sur la domination du partenaire sexuel (qu’elle soit renversée ou non). Idem pour la question de la transgression.
Ce n’est pas surprenant si le gros des affaires de prédation sexuelle sur ados sont faites par des hommes dans la fleur de l’âge, avec une bonne situation, et que la sexualité qui en découle est souvent violente. L’affaire Epstein en est d’ailleurs l’une des plus remarquables illustration.
Et la sur-représentation des profils “masculins” dans ces comportements n’est pas surprenante non plus puisque la question de la domination est au coeur de la construction de la masculinité dans nos société. C’est tout le concept de “mâle dominant” réactualisé ces dernières années par les milieux mascu autour du “mâle alpha”. C’est toujours une question de domination. Depuis l’antiquité la construction de la masculinité est indissociable de la domination dans toutes ses formes.
La pédophilie est dans un sens un type de violences sexistes et sexuelles comme bien d’autres. Elle fonctionne sur les mêmes mécaniques de rapport à la domination et de pouvoir sur l’autre que tout un tas de discriminations (e.g. la misogynie ou le racisme par exemple).
La seule dimension un peu spécifique inhérente à la prédation sexuelle sur ados, c’est le caractère transgressif qui est un peu singulier et qui fait remonter très vite des réactions de réprobations viscérales. Compréhensible quand par empathie, tu imagines que la victime pourrait être ta/ton gosse. Sur ce point là, on retrouvera toujours dans tous les milieux des personnes pour qui la transgression agira comme un levier d’excitation hyper efficace. Le point qu’à titre personnel j’ai du mal à m’expliquer c’est quels schémas psychologiques permettent de s’affranchir de la barrière morale quant à l’exercice de sa propre domination sur des mineurs. J’imagine que la position sociale, notamment dans un cas d’ascendances hiérarchique offre un cadre “permissif” pour l’agresseur, et peut créer une situation et un sentiment d’impunité. J’avoue que là dessus je n’ai pas vraiment de certitude.
Du reste les questions d’époques, qui laissent entendre une vision un peu historique du problème ne sont pas inintéressantes au regard de l’évolution des normes morales. Cependant la permanence des pratiques et de ce problème me laissent penser qu’on est plus face à des distortions de perception que sur de vraies inflexions quantitatives dans les pratiques.
Il n’y a pas que dans les chansons. Florent Pagny qui se vantaient dans les années 80 de ne pas pouvoir être pris en photos dénudées avec Vanessa Paradis puisqu’elle était mineure.
Il avait 27 ans alors qu’elle en avait 15.
https://www.lesoir.be/art/d-20160704-G8R2ZR
S’écrier “Oh la la la pédophilie était banalisée dans les années 60” est une grosse simplification. On parle ici de filles de 15-16 ans. A l’époque, ce n’est pas que “la pédophilie était banale”, mais plutôt qu’il était beaucoup plus largement socialement accepté qu’à 16 ans, “on n’est plus un enfant” (ce que l’on admet encore plus ou moins aujourd’hui, puisque ça ne choque pas grand monde que des jeunes de 16 ans couchent ensemble). Je pense que le plus choquant dans tout ça est plutôt le côté emprise / relation asymétrique entre une star / un chanteur et une gamine manipulable (et qu’elle ait 16 ou 19 ans n’y change pas grand chose).
On peut en débattre autant qu’on veut, le fait reste que les concepts de maturité et de majorité restent des constructions d’abord sociales (puis légales). La “maturité” a tendance être de plus en plus tardive dans les sociétés d’abondance ; il y a 1 siècle, le concept même d’adolescence n’existait pas, dès qu’on pouvait travailler et/ou faire des enfants, on était “adulte” – et c’est encore le cas dans tout un tas de parties du monde où l’on n’a pas le luxe d’être à charge jusqu’à 18 ans. Même en France dans les années 60, c’était encore assez fréquent, surtout à la campagne. Demandez juste à vos grands-parents ou arrière-grands parents si vous pouvez… Combien se sont mariés à 16 ou 17 ans ? Ma grand-mêre a eu mon père a 16 ans, son mari avait tout juste 18 ans, et c’était complètement normal dans leur milieu (ouvriers pauvres en province). Encore une fois, ce qui choque, c’est l’asymétrie, pas l’âge en soi.
Bref, je ne défends pas du tout ces pratiques, c’est une bonne chose que ça ait évolué, mais ça n’a pas beaucoup de sens de juger les mentalités d’il y a 60-70 ans selon nos critères. Et bien évidemment si l’on parle d’enfants de 8 ans, alors non, même dans les années 60 c’était problématique, bien heureusement…
Et de l’autre côté, on a une flopée de femmes françaises qui dénoncent aujourd’hui les abus dont elles ont été victimes jeunes.
Adèle Haenel, Judith Godrèche, Vahina Giocante, Tristanne Bannon, Sand Van Roy, Charlotte Arnould, Coline Berry, Isild Le Besco, Anouk Grinberg, Anna Mouglalis, Lio, Flavie Flament, et bien d’autres
Et n’oubliez pas Garou avec sa chanson dégueulasse qui s’appelle « Criminelle ». C’est même pas soi-disant une autre époque, c’est sortie en 2000 🙁
Je n’ose pas écrire les paroles ici car c’est littéralement criminel!
10% des enfants sont victimes d’aggressions sexuelle. Le chiffre est éloquent.
On voit aussi tous les films français qui ont surfé sur la vague Lolita où des adolescentes cherchent à pécho des vieux mâles mariés de manière très agressive.
Alors que l’expérience de la vie nous montre que ce sont les vieux mâles qui manipulent des jeunes filles pour pouvoir les violer.
Bref’, une culture pédophile bien crade qui, j’espère, est derrière nous.
En plus du politique, du social et de l’économie la génération boomer nous a également condamnée culturellement
Tiens écoutes ca :
https://www.radiofrance.fr/franceculture/quand-des-intellectuels-francais-defendaient-la-pedophilie-2026242
Pas mal la France.
J’ai vu un TikTok ce matin sur Garou et la chanson criminel où il raconte en gros qu’une relation avec une gamine de 14 ans l’a rendue criminel…. Ça date des années 2000… malheureusement ça ne s’est pas arrêté après les 30 glorieuses
ne regarde surtout pas du coté des intellectuels ….
Les gens de ma famille disaient déjà à l’époque que ces mecs étaient des gros degueulasses criminels et que l’impunité dont ils bénéficiaient était totalement injuste et injustifiée. Je n’aime pas beaucoup l’argument « c’était une autre époque » car il laisse penser que tout le monde était ok avec ça, et ce n’était absolument pas le cas. Même chose pour Mattzneff: il y avait même une journaliste canadienne qui s’est insurgée à la TV. Ceux qui trouvaient ça OK étaient déjà considérés à l’époque comme des merdes par les autres. C’est juste que ces derniers n’avaient pas vraiment de plateforme pour s’exprimer alors qu aujourd’hui on a internet et les réseaux sociaux.
Gainsbourg m’a toujours dégoûté
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