À titre d’exemple, la France s’y inscrira en septembre 2027 au plus tôt quand l’Espagne y adhérera en 2 028…
Les suées se perçoivent jusqu’en Wapi ! Pour nourrir vos échanges au cours de la Saint-Sylvestre, on a voulu démêler la situation avec un interlocuteur tout trouvé de notre région : Olivier Grimonprez, à la fois en sa qualité de directeur du bureau Mouscron – Comines de l’Union des Classes Moyennes mais aussi de gérant/expert-comptable de la fiduciaire CM Consult, ensemble installé dans le même bâtiment de la Rénovation urbaine, à Mouscron.
“Une sensibilisation organisée depuis mars”
Preuve que le lait bout sur le feu : les appels inquiets à propos de cette obligation n’ont pas manqué au cours de notre heure d’échange, ce lundi…
“En tant que groupe UCM Mouscron-Comines, on a joué un rôle de sensibilisation auprès des indépendants et entrepreneurs, avec des mises en pratique, dès le mois de mars. Pour ce faire, on a diffusé des vidéos explicatives par le biais de nos newsletters et des réseaux sociaux mais aussi au travers de rendez-vous de présentation avec des thématiques à destination de nos membres et de nos comptables, une par province, dit notre interlocuteur, tout en rappelant que “la facturation électronique ne concerne que du B to B, soit entre professionnels assujettis à la TVA, comme par exemple un boulanger et ses fournisseurs, et que cela concerne même les franchisés, même les professions libérales”.
Toutes les factures électroniques fileront désormais dans Peppol à l’aide d’une plateforme belge au choix. C’est un nouveau business qui s’est ainsi créé pour des structures souhaitant s’y inscrire. Il en existe une dizaine en Belgique et leur choix est libre.
Sans vouloir faire de la publicité mais pour bien comprendre au travers d’un exemple, la fiduciaire CM Consult a opté pour Falco. “Toutes ces plateformes sont payantes. Avec celle ayant remporté nos faveurs, c’est 3,50 € HTVA par mois pour une coiffeuse qui n’a que des factures entrantes (achats) à envoyer vers Peppol mais pas de sortantes. Pour quelqu’un qui produit 10 factures de vente mensuelles, c’est 14 € HTVA et 21 € HTVA pour 20 par mois. À ce prix-là, toutes les écritures numériques partent directement dans la compatibilité. Quand on est à l’aise avec l’informatique, on y est inscrit en dix minutes et on aide les clients de la fiduciaire qui ont du mal, même ceux qui ne sont pas inscrits à l’UCM. On fait bien sûr la part des choses…
L’avantage, ce sera pour les bureaux comptables et les fiduciaires qui auront accès à toutes les factures en un seul endroit. Ce sera un réel gain de temps.”
L’objectif, bien que peu mis en avant mais que tous devinent en filigrane, est aussi de lutter contre la fraude fiscale et à la TVA puisque TOUT doit passer dans le pipeline en direction de la plateforme Peppol.
Facturation électronique : dès 2026, les entreprises et indépendants belges prendront le PeppolUn accélérateur de… départs à la retraite
Pour le boucher qui a commandé durant toute sa carrière du saucisson au jambon, mais qui n’a jamais appuyé sur le bouton “ON” d’un ordinateur, c’est le dilemme. Certains ont tranché, comme cela a été constaté à l’UCM : “On a des membres qui ont toujours rédigé leurs factures à la main. Devoir passer par la facturation électronique, c’est un sacré changement pour beaucoup. Pour ceux proches de la pension, ils ont souvent décidé d’arrêter leur activité au 1er janvier 2026.”
Les inquiétudes sont aussi apparues de l’autre côté du miroir, au sein de la fiduciaire : “Il a fallu rassurer notre personnel en lui expliquant que l’humain aurait toujours sa place dans notre profession, que la comptabilité va évoluer mais qu’il faudra toujours assurer des vérifications, qu’il faudra un autre type d’encodage. Je n’ai pas peur pour notre métier !”
Réveillez-vous ces mardi ou mercredi !
Point besoin de faire un dessin : ceux qui ne seront jamais prêts ce jeudi, ayant repoussé un mois après l’autre la procédure en pensant qu’il y aurait un report qui n’est jamais arrivé, se retrouvent aujourd’hui au pied d’un mur infranchissable !
“Même avec du personnel logiquement en congé pour les fêtes, la fiduciaire essaie de répondre, d’accompagner au mieux. Mais il y a aussi les informaticiens qui sont débordés en cette période”, éclaire notre interlocuteur. C’est notamment peine perdue pour certains métiers comme les chocolatiers, les traiteurs… qui sont débordés avec ces fêtes et qui ne peuvent rajouter une couche à la lasagne déjà épaisse en besogne !
“Les amendes iront de 1 500 € à 5 000 € mais il y aura un seuil de tolérance de trois mois pour se mettre en ordre. Cependant, la personne devra prouver que ce 1er janvier 2026, elle avait déjà lancé les démarches.”
Lisez entre les lignes : si vous vous y mettez dès ces mardi ou mercredi, vous vous éviterez peut-être bien des ennuis.